Arrêter l’avion…et après ?

Fév 26, 2020 | Écologie | 9 commentaires

L’impact écologique des déplacements en avion est connu depuis longtemps (et il ne faut pas avoir fait polytechnique pour faire le lien entre kérosène et pollution…). Pourtant, c’est soit une question complètement occultée, soit une question abordée dans un sens radical du #flygskam (la honte de prendre l’avion).

Je ne vous ferais pas le rappel de l’impact de ce secteur sur le climat, si besoin, je vous conseille plusieurs lectures :

D’un point de vue écologique, ce n’est pas un débat aussi simple qu’il ne paraît. Les chiffres de l’impact de l’avion sont encore complexes à comparer face à d’autres secteurs. Et bien souvent, on en profite pour minimiser l’impact d’autres modes de transports (la voiture en premier lieu) et d’autres secteurs d’activités, comme le transport de marchandises. Il n’empêche que l’avion comme mode de transport des individus a un impact considérable sur les émissions carbones.

Mais alors d’un point de vue sociologique, psychologique ou encore des mutations de la société à mettre en place, c’est le néant. Dire qu’il faut arrêter de prendre l’avion, privilégier le train ou encore partir en vacances à proximité, c’est très loin de suffire à résoudre le problème. Sinon, on aurait déjà tous arrêter de prendre l’avion.

Qu’on le veuille ou non, l’avion reste indispensable dans beaucoup de professions, fait appel à un idéal de « voyage » et de loisirs très fortement ancré, e t s’en passer nécessite une réflexion globale à mener dans les territoires, le monde du travail et le secteur du tourisme.

Qu’est ce que ça implique d’arrêter de prendre l’avion ?

Ne plus vouloir prendre l’avion est un acte fort pour limiter son impact individuel. Une action individuelle, un petit pas, qui pèsera plus lourd que le fait de se lancer dans le zéro déchet. Mais ça ne signifie pas que c’est plus simple et cela n’aura pas les mêmes conséquences en fonction des individus.

  • revoir ses déplacements professionnels. Beaucoup de jobs nécessitent des déplacements, en France ou à l’étranger, sur une durée plus ou moins courte.
  • faire une croix sur les voyages lointains sur les 5 semaines de congés. Il y a des solutions pour voyager à l’autre bout du monde sans avion. Mais elles sont très peu compatibles avec le temps limité de vacances de la majorité des salariés.
  • moins de déplacements lointains avec les enfants. Là encore, toutes les solutions pour voyager loin s’adaptent mal aux plus petits. Par le temps de trajet, la sécurité de certains modes de transport à l’étranger et le temps des vacances scolaires. C’est encore plus compliqué pour les familles recomposées qui ont moins de vacances en commun.
  • un prix plus élevé dans certains cas. On aime pas trop ce problème dans le monde des militants « sans avion » mais c’est un fait (et un des problèmes à la popularité de l’avion). Le train est encore trop souvent plus cher que l’avion pour certains destinations ou certaines périodes. Résultat, si tu n’as pas les moyens, tu voyageras moins loin, même si tu pouvais le faire sans avion en théorie.
  • des voyages en Europe plus compliqués pour les non-parisiens : les alternatives à l’avion, le train notamment, est relativement aisé pour des destinations européennes…au départ de Paris. Dans de nombreuses régions de France, c’est encore bien compliqué de rejoindre les pays européens, même frontaliers. Et s’il faut rejoindre Paris ou une grande ville, cela rajoute encore du temps de transport et des coûts financiers. Exemple typique : Londres ! Souvent pris comme exemple d’une destination facile sans avion. Sauf que Londres, depuis bien des régions en France, nécessite de passer par Paris et devient vite très chère.
  • reprendre la voiture pour les trajets plus courts : avec toutes les limites (écologiques et financières) de la voiture. Certains n’ont pas de voiture et les prix de location sont encore très chers. D’autres n’ont pas de permis. Et au-delà, remplir les routes de voiture au moment des vacances scolaires, c’est un choix qui devraient se réfléchir (pollution, accidents…).
  • faire une croix sur les voyages lointains et ce qu’ils représentent. Si on décide de se passer d’avion et qu’on a ni les moyens ni le temps pour d’autres types de déplacements pour aller plus loin, il faudra faire une croix sur de nombreux pays. Est-ce un soucis ? Je n’ai pas la réponse. Mais il est bien plus simple de faire une croix dessus quand on a déjà visité de nombreux pays lointains… Encore une fois, la solution est plus complexe que de forcer à arrêter l’avion, c’est un imaginaire collectif à repenser.

Il y aurait encore beaucoup de points à détailler. Mais pour l’essentiel, quand on creuse la question, on se retrouve face à un choix très inégalitaire : ceux qui auront les moyens de continuer à prendre l’avion le feront. Ceux qui auront les moyens et le temps de voyager autrement le feront. Ceux qui habitent à Paris pourront plus facilement se déplacer hors-France. Mais une immense majorité des personnes sont dépendantes des déplacements via la province, des contraires des congés payés et des vacances scolaires, des moyens financiers limités, etc. Encore une fois, les réponses aux problèmes écologiques sont loin d’être des réponses aux inégalités sociales.

Revoir les déplacements professionnels

C’est un point qui est rarement mis en avant dans la diminution de l’avion parce que ce serait plus complexe à modifier dans le cadre professionnel. Pourtant, c’est un poids incroyable dans les trajets en avion et c’est loin d’être un comportement sans alternatives. A titre perso, j’habite dans une ville qui est le siège social d’une très grosse entreprise (aux activités bien polluantes) et une grande majorité des cadres font encore des allers-retours quotidiens ou hebdomadaires à Paris ou ailleurs par avion. Et partout, dans de nombreuses entreprises, il est encore courant de déplacer des gens pour quelques heures de réunions…

On a vu le problème posé par le centralisme de la France et les habitudes de travail avec les grèves ou certains évènements climatiques : comment faire quand les salariés ne peuvent se déplacer ?

Les alternatives possibles :

  • privilégier les réunions à distance (et si on pouvait aussi revoir notre amour pour les réunions à tout bout de champ…).
  • former les gens au travail à distance et aux outils nécessaires.
  • utiliser le train au maximum dans le milieu professionnel.
  • avoir un budget hôtel pour permettre de voyager par train quand l’aller-retour est impossible dans une journée.
  • réserver les voyages lointains pour un temps de travail suffisant et pour lequel la présence physique est nécessaire.
  • adapter les contraintes des voyages aux salariés et à leur situation personnelle (coucou il y a des salariés qui ont une famille…).
  • se familiariser avec le télétravail et travailler sur les préjugés qui y sont rattachés (notamment dans la fonction publique).
  • trouver des lieux à mi-chemin pour des moments de travail d’équipe.
  • encourager les salariés à opter pour des transports moins polluants pour les voyages pro.
  • réfléchir au lieu d’implantation des entreprises et aux conséquences sur le déplacement des salariés.

Voyager moins, voyager plus longtemps

Pour les trajets qu’il est impossible de faire autrement que par avion, il est déjà nécessaire de s’interroger sur l’importance du voyage mais aussi sur sa durée. Il vaut mieux partir loin plus longtemps que faire de nombreux trajets plus courts dans l’année. C’est un peu l’envers négatif du « weekend en Europe » où l’on essaye de vendre de multiples séjours courts.

En bref, à vous de voir en fonction de votre conscience mais dans tous les cas, si vous comptez faire un voyage lointain, autant y rester 3 semaines.

Améliorer les trajets en train

En renonçant à l’avion, il y a une alternative simple et moins polluante : le train. Mais une fois qu’on a dit cette évidence, il faut pouvoir réfléchir sur la manière de rendre plus accessible. Parce que l’alternative « train » n’en est souvent pas une.

En vrac :

  • améliorer le réseau, la fréquence et le prix.
  • relancer des trains de nuit en améliorant le confort et la sécurité.
  • permettre aux gens de travailler : wifi, prises électriques qui fonctionnent…(ne me dites pas que c’est déjà le cas, c’est très loin d’être efficace et optimisé, notamment en 2nd classe).
  • relancer des lignes régionales pour pouvoir voyager à proximité sans voiture.
  • améliorer les espaces disponibles pour les valises, les poussettes, les vélos.
  • réfléchir à des espaces familles.

Il y aurait tellement à dire sur notre politique de transport en train, la disparition de certaines lignes, le prix, le confort… Si on veut que les gens arrêtent de prendre l’avion pour des distances courtes, il faudra bien lancer une vrai réflexion et un vrai chantier pour donner envie de prendre le train, et non en faire un choix par défaut.

Améliorer le tourisme durable en France

Pour limiter réellement les voyages en avion, la solution la plus simple est de partir moins loin 😀 C’est même la seule solution si vous avez des enfants, peu de vacances ou de moyens financiers. A priori, rien de révolutionnaire, la France est un beau pays et il ne manque pas de coins magnifiques à visiter. Pourtant, ce n’est pas si simple en pratique.

Voyager en France, c’est encore dépendre de son lieu d’habitation, charger encore un peu les routes et les lieux de vacances les plus prisés. Et le tourisme, même sans avion, est loin d’être un secteur éco-responsable. Donc voyager en France, oui, mais pas n’importe comment. Encore une fois, il faudrait mener une réflexion plus large sur ce secteur, accompagner les principaux acteurs à faire leur transition, protéger les territoires les plus fragiles et sensibiliser les gens à adopter les bons gestes en vacances.

Les alternatives :

Beaucoup d’autres idées et infos sur Voyager autrement.

Petite réflexion sur l’importance du voyage

Je voulais juste écrire quelques lignes sur ce qui ressort du débat sur le voyage : arrêter de faire le lien entre ouverture d’esprit et voyage lointain. C’est d’abord une idée courante…chez ceux qui voyagent beaucoup ! D’ailleurs, la plupart des personnes que j’ai rencontré et qui ont renoncé ou limité leurs voyages en avion, sont toujours des gens qui ont beaucoup voyagé dans le passé ! Il est évidemment plus simple de prendre la décision d’arrêter quand on est déjà sorti hors de son pays. Et il est toujours délicat d’aller donner des leçons aux gens qui ont rêvé toute leur vie de voir tel pays…quand on y a déjà été soi-même (et qu’on en garde des souvenirs, des photos, des conseils sur ce voyage…).

Il demeure que dans l’esprit d’une grande partie de la population (occidentale et favorisée), les voyages forment la jeunesse, ouvre l’esprit à la tolérance, aux modes de vie différents, et bien souvent, à l’urgence écologique. Difficile à nier, les seuls voyages lointains que j’ai fait m’ont vraiment marqués et appris beaucoup de choses. C’est un peu comme la menace sur la biodiversité, c’est cool de lire les panneaux dans les zoos, c’est beaucoup plus marquant d’en discuter avec des personnes sur place. C’est chouette de dire qu’il faut limiter ses déchets, mais c’est un choc de voir l’accumulation de déchets dans certains pays.

Je n’ai pas de réponse simple à donner. Il faut évidemment revoir notre consommation de l’avion si on veut limiter drastiquement les émissions carbones. Mais encore une fois, ceux qui feront le plus de sacrifices seront ceux qui n’auront pas les moyens de faire autrement. D’autres continueront à aller voyager loin et à faire rêver les autres. Et comment gérer les générations futures ? Est-ce que voyager à proximité, c’est toujours plus écologique ? Vu le comportement de certains vacanciers loin de chez eux, j’ai un gros doute sur l’impact d’une augmentation drastique du nombre dans certains coins.

Bref, dites moi tout sur ce que vous inspire le voyage sans avion, les difficultés rencontrées, les choix que vous conseillez !

Pour s’inspirer :

  • le blog Les Globe Blogueurs ou l’Atelier bucolique (je n’en connais pas d’autres, si jamais vous en connaissez d’autres, n’hésitez pas). Si vous passez par Pau, l’Atelier Bucolique a même fait un article !
  • les aventures de Céline et David avec leur tour du monde sans avion (sur Instagram)
  • suivre des personnes qui voyagent autrement, à proximité, en famille, sans avion. Et arrêtez de suivre des gens qui mettent des photos d’un nouveau pays chaque semaine 😀
  • si jamais vous venez dans le sud-ouest, je vous conseille Natureo !

Source photos – Photo by Thought Catalog on Unsplash – Photo by Boudewijn “Bo” Boer on Unsplash – Photo by Balazs Busznyak on UnsplashPhoto by Jacky Lo on Unsplash

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9 Commentaires

  1. From soap to lipstick

    Cette question de l’avion m’énerve au plus haut point ! Surtout sur Instagram ! Je suis des comptes très intéressants qui montrent une autre façon de voyager plus écologique. C’est d’ailleurs très intéressant ! Mais ils peuvent parfois ce montrer tellement moralisateur ! Comme ces blogueuses qui passent du temps en Asie et qui disent « je vous montre des paysages magnifiques mais je n’ai pas envie de vous donner envie de venir… Blabla » je suis d’accord sur le fait que les entreprises pourraient faire plus d’efforts pour éviter les déplacements. Comme les réunions en vidéo-conférence. Le télétravail… Certaines personnes voyage à l’étranger mais ne connaissent pas la France. (j’ai parcouru la France entière et il y a des endroits magnifiques) malheureusement le sud en août revient beaucoup plus cher qu’un voyage à l’étranger en pension complète. De nos jour, le côté financier joue énormément ! Les familles regardent le prix avant la destination ! Ensuite ce sujet montre encore les inégalités sociales. Faire le tour du monde sans avion c’est cher ! Puis ça demande beaucoup de temps ! Qui peut se permettre de partir plus de 5sem dans l’année ? Bahhh… A part les riches qui peuvent se permettrent de prendre une année sabbatique, les personnes qui peuvent travailler grace à internet et voilà !!! Sinon nous, français moyens, ouvrier, fonctionnaires salariés devont rester tranquillement dans notre France à regarder les autres voyager et vivrent pour nous nos rêves… Et les écouter nous rabâcher « l’avion c’est pas bien !! » il y a des personnes qui ne ressentent pas cette envie de voyager mais d’autre comme moi qui en ont l’envie ! Et je prendrais l’avion car ça restera ma seule option. Par moment je me demande si l’écologie n’est pas réservé à une certaine classe social. Manger bio, acheter éthique neuf… Voyager… Faire son potager… Mais bon c’est un autre débat.

    Réponse
  2. Katleen

    Hello Julie !
    Ha enfin un article intéressant sur ce fameux débat lié au voyage en avion. MelleBene a également fait un article la dessus il y a 15 jours et je lui faisais part comme toi qu’il était compliqué de ne pas prendre l’avion lorsqu’on a 5 semaines de congés payés par an. Personnellement je rentre une fois chez moi (en Guadeloupe) et je m’accorde un voyage loin tous les deux ans et cette année c’est le Mexique. Est-ce que c’est égoïste ? Sûrement. Mais à mes yeux voyager une voire deux fois dans l’année ce n’est pas polluer. Je connais des gens qui partent tous les week end ailleurs alors j’économise dur pour me ressourcer ailleurs qu’en France et le reste du temps je fais du covoiturage, je prends le train et je visite les pays frontaliers (la Suisse, l’Espagne, l’Italie, les pays bas etc) et c’est tout aussi intéressant.
    Je reste persuadée cependant que l’ouverture d’esprit ne vient qu’en voyageant, je ne voyais pas comment on peut imaginer une autre société que notre société occidentale que si on ne va pas à la rencontre des autres dans leur pays.
    Je pense que si on instaurait ce quota déjà les émissions de CO2 ralentirait.
    Et la encore je trouve que cette fameuse culpabilité rejetée sur le consommateur lambda ne sert qu’aux plus riches et industriels. C’est notre mode de fonctionnement actuel qui est à remettre en question et pendant que nous nous posons toutes ces questions eux continuent à prendre l’avion comme les influenceuses , les journalistes, les représentants d’états, les responsables commerciales 20 fois dans l’année.
    A mes yeux il faut de la mesure dans tout et arrêter les voyages en avion superflu.

    Réponse
  3. Aline

    Je suis invitée a un mariage a l’équateur en juin mais clairement je n’ai pas les moyens financiers de payer 3000€ d’avion pour mon mari et mes enfants même si sur place je serai logée et nourrie. Je sais que ça serait un beau voyage mais fin juin = hors vac scolaire et je sais que pr mon mari ça serait impossible de poser 3 semaines de congés… (Mes filles sont en maternelle ça ne serait vmt pas grave) et suis d’accord ya tellement de beaux endroits à visiter en France! J’ai une amie qui a 3 enfants et vmt pas bcp d’argent et l’été dernier elle est partie 1 semaine à 2h de route de chez elle et a été hébergée gracieusement en échange de s’occuper des animaux des gens. Ça peut être aussi un bon plan a partager… 😉
    Merci pr tous tes articles !

    Réponse
  4. Lucile

    Merci beaucoup pour ton article qui traite d’un sujet très intéressant mais très complexe…

    Pour ma part, j’ai décidé de ne plus prendre l’avion depuis un peu plus d’un an, je ne suis jamais sorti du continent européen et je sais que ce sera désormais compliqué d’aller dans certains pays. Mais pour autant depuis que j’ai pris cette décision, j’ai plein d’idées de voyage ! Parfois on cherche à aller loin, alors qu’il y a de magnifiques régions, villes, paysages, cultures … à découvrir près de chez nous. J’habite à Strasbourg, et par exemple la foret noire est pleine de coins très chouettes à découvrir !

    Je pense également que le fait de voyager en train ou bus nous fait prendre conscience du voyage en lui-même, c’est à dire du trajet, du temps que l’on parcourt. Avec l’avion, on ne se rend plus compte des distances, on va d’un point A à un point B, alors que je trouve qu’en train on vit les choses différemment. J’ai par exemple fait Milan – Bale en train et c’est l’un des plus beaux trajets que j’ai pu réaliser à travers les lacs et montagnes suisses !

    Je suis aussi d’avis qu’on ne met pas assez en avant certaines alternatives, il y a interrail qui est assez connu, mais certains pays mettent aussi en place des pass avec des tarifs très avantageux, comme l’Allemagne avec un pass qui permet de voyager en illimité sur une journée dans un land par exemple, et puis il y a les trains de nuit aussi, un bon compromis lorsque l’on n’a pas le temps de voyager. Il existe des trajets comme Bale – Berlin par exemple, ou Zurich-Vienne (qui sont en plus proposés à des prix intéressants !).

    Bref, c’est un sujet passionnant dont on va entendre parler dans les années à venir …

    Réponse
  5. Elisa

    Merci beaucoup pour cet article encore très détaillé et nuancé!

    Peut-être que la question n’est pas tant de prendre l’avion ou non mais à quelle fréquence on le prend, si c’est « justifié » (en sachant que les critères pour ça peuvent être très subjectifs bien sûr) et quel est le comportement de la personne le reste du temps en ce qui concerne l’écologie.

    Par contre, je ne suis pas sûre qu’il soit nécessaire de voyager en avion pour acquérir une certaine ouverture d’esprit: il me semble qu’il y a tellement d’autres moyens de le faire, comme lire, échanger par écrit avec des personnes d’autres pays, se renseigner sur leur culture et façon de voir les choses, … Il me semble qu’a contrario, beaucoup de personnes qui voyagent le font de façon assez superficielle finalement, sans vraiment se mêler à la vraie vie des pays qu’ils visitent et sans chercher à comprendre les habitants de ces pays. Alors bien sûr, je ne nie pas qu’un voyage fait de la « bonne façon » puisse apporter une énorme ouverture au monde mais je ne pense pas que ça soit le seul moyen, ni que ce soit ce que la plupart des touristes retirent de leurs voyages.

    Réponse
    • Hannao94

      Pour vraiment voire d’autres pays, se familiariser avec leur culture etc, on peut aussi envisager (attention envisager ne veut pas dire que ça convienne à tout le monde ou que c’est facile mais je trouve qu’on y pense pas assez) l’expatriation. Personnellement, j’ai la chance d’avoir un métier qui me permet de le faire. Et du coup vivre quelque année dans un nouveau pays / nouvelle région et la découvrir puis changer ou pas.

      Ce n’ est clairement pas possible pour tous (métier, famille, caractère) mais ça peut être une option pour ceux qui peuvent et veulent et c’est cool d’y réfléchir même si on décide que non c’est pas pour nous.

      Je sais quel point c’est choix qui peut être difficile. Car malgré une première expatriation, j’ai refusé une seconde opportunité dans un autre pays car je n’ai pas encore prête à quitter ma ville d’adoption.

      D’ailleurs c’est plus le concept de déménager dans une nouvelle région pour la découvrir. Pour certains ça semble extrême (et c’est OK, on ne force personne à faire ça) et pour d’autres c’est une solution idéale pour prendre le temps de voir et découvrir d’autre région de France et d’ailleurs.

      Bonne journée

      Réponse
  6. Hannao94

    Pour vraiment voire d’autres pays, se familiariser avec leur culture etc, on peut aussi envisager (attention envisager ne veut pas dire que ça convienne à tout le monde ou que c’est facile mais je trouve qu’on y pense pas assez) l’expatriation. Personnellement, j’ai la chance d’avoir un métier qui me permet de le faire. Et du coup vivre quelque année dans un nouveau pays / nouvelle région et la découvrir puis changer ou pas.

    Ce n’ est clairement pas possible pour tous (métier, famille, caractère) mais ça peut être une option pour ceux qui peuvent et veulent et c’est cool d’y réfléchir même si on décide que non c’est pas pour nous.

    Je sais quel point c’est choix qui peut être difficile. Car malgré une première expatriation, j’ai refusé une seconde opportunité dans un autre pays car je n’ai pas encore prête à quitter ma ville d’adoption.

    D’ailleurs c’est plus le concept de déménager dans une nouvelle région pour la découvrir. Pour certains ça semble extrême (et c’est OK, on ne force personne à faire ça) et pour d’autres c’est une solution idéale pour prendre le temps de voir et découvrir d’autre région de France et d’ailleurs.

    Bonne journée

    Réponse
  7. Manon

    J’ai beaucoup aimé lire cet article qui a le mérite d’être nuancé en mettant le doigt sur la complexité du problème. Pour ma part, ce qui me dérange avec l’avion, c’est que c’est un secteur responsable de 5% des émissions de CO2 alors que seulement 10% de la population mondiale a les moyens de le prendre et que les classes privilégiées auront d’avantage les moyens de se prémunir contre le réchauffement climatique. Donc, les classes moyennes ont beau « taper sur les bourgeois » qui auront toujours les moyens de voyager en avion, n’oublions pas que c’est un privilège que de pouvoir le faire (c’est d’ailleurs pour ça que je suis opposée aux bourgeois y compris pour des raisons écologiques ^^ – je dis ça en déconnant mais ça prouve que la crise écologique réssuscite la question de la lutte des classes et je trouve que ce n’est pas une mauvaise chose…). Et, aussi, je suis tout-à-fait d’accord sur le fait qu’un vrai service public du train représente un enjeu politique majeur.
    Par ailleurs, je ne suis pas du tout d’accord avec le fait que voyage lointain rime avec ouverture d’esprit. Il y avait plus d’ouverture d’esprit chez mon arrière-grand-mère qui a été paysanne toute sa vie durant que chez nombre de mes contemporains. Se frotter à d’autres conceptions du monde peut se faire au moyen de la lecture, de l’art ou de la discussion. Par ailleurs, le voyage de masses rendu possible avec les compagnies low-coast fait des ravages anthropologiques. Il n’y a qu’à voir la défiance des Vénitiens face aux touristes, le logement devient inaccessible à un grand nombres de Lisboètes, la folklorisation des cultures des peuples aborigènes a des relents colonalistes (exemple en Laponie)… Bref, je ne vois pas où est l’ouverture d’esprit dans tous ça. Je n’y vois que l’implacable loi du marché qui nous mène droit dans le mur et contre laquelle, en effet, il faut opposer un autre récit, un imaginaire collectif différent.

    Réponse
  8. Marion

    Je n’ai pas eu le temps de lire l’ensemble des commentaires, mais il y a en effet beaucoup à dire.
    Etant de région parisienne, mais après avoir décidé de réduire drastiquement les vols (en gros, on voyagera en avion pour raisons familiales très impttes), on a pas perdu l’envie de voyager.
    Connaitre la France me semble important. Je n’aime pas les grosses chaleurs, mes parents sont en Bretagne et je suis loin d’avoir exploré la région. Je suis également fan du Cotentin (qui reste le coin le plus frais en période de canicule).
    Connaitre les pays limitrophes de nos régions me semble aussi important. C’est toujours quelque chose qui m’a étonné en France, j’ai grandi à la frontière belge, bah on m’en a jamais parlé à l’école, je n’ai jamais eu de cours de flamand ou de néerlandais. Bref. Ces régions sont finalement assez accessibles pour beaucoup, à part si on habite en plein de centre de la France. De la région Rhône-Alpes, l’Italie est accessible en train, en voiture. Une fois à Turin ou à Milan, on peut aisément circuler en train en Italie.
    Autre idée, faire des étapes, et beaucoup de choses deviennent accessibles. En avril, nous partons en Allemagne, le Paris-Berlin en train est long, donc on fait une étape de deux jours à Cologne à l’aller et une d’une journée à Francfort au retour, le tout sur huit jours. Je n’ai pas fait le calcul, mais on en a pour moins de 300 euros à trois avec un enfant, donc je pense qu’au niveau financier, c’est à peu près équivalent de l’avion, voire un peu moins cher.
    Se souvenir que les vacances sont un intense marqueur social, que ces questions sont quand même plus celles des CSP+ et que dans certaines configurations, on peut demander des congés longs, pour faire des voyages longs.https://www.inegalites.fr/Les-riches-sont-deux-fois-plus-nombreux-a-partir-en-vacances-que-les-pauvres-et?id_theme=19
    Et que l’écologie devrait s’inviter à la table des négociations dans les grandes entreprises. Je ne vois pas pourquoi des consultants acceptent encore de faire des Paris-Rio sur moins de trois jours, c’est délirant du point de vue écologique et de la santé.
    Enfin, le bus reste une alternative vraiment peu onéreuse par rapport au train, dont le prix est assez indécent. Son bilan carbone n’est pas aussi vertueux que celui du train, mais bien moins pire que l’avion et le voyage de nuit permet parfois de gagner des nuits d’hôtel. En Europe, celà reste une belle option (et il y a plein de gens qui voyagent comme ça avec leurs enfants et ça se passe bien).

    Réponse

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