Et le désert disparaîtra

Fév 10, 2020 | Écologie | 0 commentaires

Les questions écologiques sont encore trop absentes de la littérature. Même dans la catégorie des fantastiques/fantasy, où il y a parfois des mondes où la nature a été modifiée suite à des évènements climatiques. Il y a des dystopies – fiction où le monde est dépeint de manière sombre – ou encore des romans, souvent plus anciens, qui ont tenté d’imaginer le monde futur. Mais on oscille trop souvent entre magie et science-fiction.

On passe notre temps à alerter de l’effondrement et des catastrophes à venir. Et c’est assez logique de se concentrer sur d’éventuels solutions. Pourtant, la littérature a toujours eu une place importante pour dépeindre les défis de la société à une époque donnée. On a besoin d’imaginaire, de pistes, d’inspiration. D’abord pour éviter de sombrer dans un climat anxiogène qui paralyse. Mais aussi parce que c’est un bon moyen de sensibiliser et de donner un déclic.

J’ai alors découvert le dernier roman de Marie Pavlenko : Et le désert disparaîtra, aux éditions Flammarion.

Comme beaucoup de romans du genre, il est classé « Jeunesse » ou plutôt Young Fantasy. Vous savez que je n’adhère pas à cette distinction. La « Young Fantasy », c’est de mettre en scène un jeune héro dans une quête ou aventure qui l’amènera au passage de l’âge adulte. Cela ne signifie nullement qu’elle est réservé à des lecteurs adolescents… Mais bref, je m’égare !

Le synopsis officiel de « Et le désert disparaîtra »

Samaa vit dans un monde qui pourrait être le nôtre dans quelques siècles. La vie a presque entièrement disparue de la surface de la Terre. Le sable a tout dévoré.
Elle appartient à une tribu nomade. Pour survivre, son peuple traque les derniers arbres et vend leur bois. Samaa aimerait être une chasseuse, elle aussi, mais c’est une charge d’hommes.
Alors, un jour, elle désobéit et suit les chasseurs.
Mais le désert a mille visages. Elle se perd, et dans tombe dans une trouée. Au fond, un arbre. Gigantesque.
Coincée là, blessée, Samaa va peu à peu réaliser que tout ce en quoi elle croit est faux.
Elle changera le destin de sa tribu à jamais.

Mon synopsis non officiel

On découvre Samaa et son univers post-réchauffement climatique. La végétation, les lacs, les villes et les animaux ont disparu. Il ne reste qu’un immense désert aride, qui brûle en journée et devient glacial la nuit. Les hommes vivent en clans, à l’exception de la grande ville où demeure des immeubles et de machines. Ces dernières utilisent le peu d’énergie qu’il reste pour créer de la nourriture en barre, de l’eau gélifiée et des bouteilles d’oxygène.

Samaa vit avec son clan en plein désert. On ne trouve plus d’arbres, plus de végétaux, plus d’eau et l’air manque d’oxygène. Pour survivre, les hommes chassent les seuls biens qu’ils peuvent échanger à la ville : les derniers arbres. Les femmes restent au clan, s’occupe des plus petits et des aînés qui sont exilés pour mourir seuls attaqués par les seuls bêtes effrayantes qui existent encore (sympa…). L’Ancienne est déjà à l’écart dans sa tente mais elle persiste à survivre, lune après lune. Elle raconte des histoires étranges sur l’ancien monde où les arbres apportaient la vie, l’air et l’eau.

Samaa ne croit pas ses paroles, les arbres servent juste à nourrir le clan et elle ne rêve que d’une chose : devenir chasseur et rapporter un arbre. Elle part suivre le groupe de chasseur, malgré le danger et les interdits, armée de barres protéinés, d’eau gélifiée et de bouteilles d’oxygène. Mais le désert est hostile et elle perdra vite la trace du groupe, jusqu’à tomber dans un trou…où l’attend un arbre, un vrai.

Mon avis

Le livre est bien écrit, le rythme est lent mais au fur et à mesure des pages, on est à la place de Samaa. On a chaud, froid, soif, on s’inquiète… Il est très difficile à refermer et je suis presque déçue de l’avoir lu si vite ! C’est un livre comme un récit de voyage ou une introspection, à la manière des récits d’aventuriers perdus seuls dans un univers hostile.

L’apport écologique est vraiment intéressant. Pour une fois, on est dans la peau de quelqu’un qui ne comprend pas l’impact de l’homme sur la planète, mais ce n’est ni bien ni mal. C’est l’histoire qui a effacé les mémoires et il faut tout réapprendre. L’utilité des arbres, l’origine de l’eau, l’avantage de l’oxygène, de l’ombre, des nuages…c’est presque poétique à certains moments !

Il est parfois difficile de lire des histoires imaginaires sur ce à quoi risque de ressembler le monde dans 200 ans. Mais ce livre n’est pas tout noir. Il porte aussi l’espoir que la nature résiste et nécessite parfois peu de choses pour réinvestir les lieux d’où elle a été chassée. Autre point que j’ai adoré, l’histoire a un angle d’écoféminisme puisque dans le monde décrit, l’inégalité homme/femme, encore très marquée participe aussi à un monde stérile. Samaa fera explosé la frontière…

Une très jolie découverte que j’espère vous avoir donné envie de lire. Je le conseille à tout âge, même aux plus jeunes dès 11/12 ans sans soucis si ce sont des questions qui les intéressent.

♡ Le livre est imprimé sur du papier fabriqué à partir de bois et résidus, certifié PEFC, l’encre est végétale et la couverture n’est pas pelliculée.

♡ Livre offert par l’agence La Bande.

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