Les fautes d’orthographe

Juil 22, 2020 | Humeurs | 12 commentaires

Ah les fautes ! La notion porte en elle-même tout le poids du jugement : vous avez fauté.

La langue française est sans aucun doute notre deuxième fierté nationale après la cuisine. Ne pas la maîtriser à la perfection est alors un outrage à notre héritage.

J’exagère ? A peine, je vous assure. De nombreux enfants refusent la lecture et perdent confiance en eux à cause de l’orthographe. De nombreux adultes complexent, ne veulent plus écrire ou se tordent l’estomac à la vue d’une faute passée inaperçue. On se sent nul, cancre, on revit l’épreuve douloureuse des bulletins de notes et bien souvent humilié.

Relever les fautes est un sport national, sur la presse, les blogs ou les stories intagram. Peu importe qui vous êtes, ce que vous dites ou ce que vous faites, s’il manque un s, vous perdez toute valeur aux yeux de ceux qui vous corrigent et, plus grave, vous perdez confiance en vous.

Faute ou erreur d’orthographe ?

Le terme même de fautes d’orthographes en dit long sur notre vision française : nous faisons des fautes et non des erreurs.

La différence ? Une erreur traduit le fait de se tromper involontairement. C’est d’ailleurs le terme utiliser pour les mathématiques : on fait une erreur de calcul et non une faute de calcul. Parce que ce n’est pas intentionnel et que cela appelle une correction.

Une faute implique une intention de se tromper et de dévier de la norme/règle : le terme de faute est connoté moralement, elle porte un jugement sur le comportement de l’auteur. C’est d’ailleurs un terme lourd de sens moral dans la religion : une faute est bien souvent un péché qu’il faut confesser.

Le fait que l’on parle de fautes d’orthographes et non d’erreurs est ainsi déjà une « erreur » en soi ! Cela explique largement la tension émotionnelle autour de l’orthographe : quand on se trompe, on ne commet pas une erreur que l’on peut corriger mais une faute intentionnelle de nuire à la langue française et de transgresser les règles.

On voit bien cette différence dans la tournure des phrases de ceux qui corrigent. Une erreur de calcul sera soulignée alors qu’une faute d’orthographe sera bien souvent reprochée. On reproche d’ailleurs bien moins violemment les erreurs de calculs (pourtant fréquents en ligne) et on admet plus volontiers le « oh je suis nulle en math tu sais… ».

Plus personne ne sait écrire correctement aujourd’hui !

La vieille rengaine du « c’était mieux avant » où l’on aime dire que les écoliers d’avant maîtrisaient mieux la langue française. Même l’ensemble de la population, à grand renfort de preuve des livres publiés, des cartes postales ou lettres retrouvées.

« De mon temps, on ne pouvait passer son certificat d’étude avec une telle orthographe ! »

Raccourci quand tu nous tiens…(comme quoi, une bonne orthographe n’est jamais le signe d’une bonne déduction) : notre époque voit une profusion d’écrits qui n’a jamais été égalée. Jugée de la qualité de l’orthographe entre une carte postale des années 1920 et un tweet de 2020 méconnait une réalité. A l’époque, l’éducation et l’enseignement étaient réservés à une petite minorité privilégiée et une grande partie de la population savait à peine lire et écrire. L’accès à l’éducation a toujours été un privilège, tout comme le fait de pouvoir écrire (des cartes postales aux livres).

Aujourd’hui, l’écrit est désacralisé et accessible à un plus grand nombre (encore pas tout le monde, je précise…). Et forcément, la quantité apporte aussi une autre vision du respect de l’orthographe et de la grammaire. Tout comme l’accès à l’école et aux premiers diplômes concernent une partie de la population bien plus importante qu’il y a quelques années : le niveau n’est donc pas le même et pas vraiment comparable.

A cela s’ajoute qu’aujourd’hui, les supports sur lesquels on écrit en majorité souffre de la rapidité et de l’instantanéité : Internet. Les mails, les réseaux sociaux, les blogs et les médias en ligne obligent à écrire beaucoup et vite, avec très peu de temps de corrections. Le métier même de correcteur est de moins en moins demandé alors que les écrits non jamais été aussi nombreux. Un manuscrit était corrigé plusieurs fois il y a des années quand il passe aujourd’hui entre les mains d’un correcteur qui a très peu de temps. Un article de presse était relu par l’indispensable secrétariat de rédaction auparavant quand il faut désormais que les journaux en ligne publient des dizaines d’articles par jour avec toujours moins de personnels.

Bref, on écrit plus et on est plus nombreux à écrire.

Relever constamment les fautes chez les autres : un TOC ?

Contrairement à ce que cela a pour objectif, corriger les fautes des autres (proches ou inconnus) ne démontrent pas une compétence ou une intelligente particulière. A l’inverse, une étude de l’Université du Michigan relevait même que les personnes qui corrigent toujours les autres ont plutôt tendance à être moins sympathiques, moins tolérants et moins sociables.

Cela peut même virer au TOC (le trouble obsessionnel compulsif) : la pédanterie grammaticale. C’est le cas des gens qui ne peuvent s’empêcher de corriger, même chez des inconnus ou dans les médias. Quand une erreur met mal à l’aise et qu’on ne peut réellement pas s’empêcher de la signaler. Il n’y a pas d’autres objectifs que de soulager une « pulsion », l’idée n’est pas d’apprendre quelque chose à l’autre, ni même d’entrer dans une discussion.

Plus généralement, ne pas pouvoir s’empêcher de corriger les fautes révèle souvent plus de la personne que souligne que de celle qui fait la faute. Peur de décevoir en faisant des fautes, perfectionnisme, attachement au statut social et au respect des règles, manque de confiance en soi… Il y aurait beaucoup à dire sur cette question, elle est intimement liée à la vision de notre langue et à notre éducation scolaire.

Dans la plupart des cas, il n’y aucune intention derrière le signalement d’une faute : au mieux on ne peut pas s’en empêcher, au pire on dénigre ou on se moque. C’est rare les personnes qui expliquent la règle ou qui savent faire assez de pédagogie pour vous donner des astuces pour ne plus la reproduire. Je ne pense pas avoir reçu de message « pédagogique » sur mes fautes ici ou sur Instagram. Par contre, j’ai été accusée de « prôner la médiocrité auprès de la jeunesse » (j’aime les gens mesurés), d’incompétence, d’impolitesse, de flemmarde…

Une habitude typiquement française

Quand on recherche un peu des informations sur les fautes d’orthographes et cette passion pour l’exactitude de l’écriture, on se rend vite compte que c’est typiquement français. A l’étranger, il sera bien plus rare que l’on vous reprenne à l’écrit, encore plus par des inconnus.

Une des raisons principales est la fierté des français pour leur langue et pour sa complexité. Le français est une des langues les plus complexes à étudier et même les correcteurs vous le diront : elle est fourbe. Les règles ont des exceptions et les exceptions ont des sous-exceptions. C’est d’ailleurs assez drôle de voir des gens pointer les fautes…en faisant eux-mêmes des fautes ! Parce qu’au-delà de la conjugaison du participe passé, il y a la syntaxe et toutes les règles qui vont avec.

Donc oui, le français est complexe. Et on aime se flatter l’égo de maîtriser une compétence complexe. On aime aussi souligner la beauté de cette langue et de ses plus célèbres écrivains. C’est ainsi que l’on supporte mal les fautes dans les journaux, médias ou ouvrages publiés aujourd’hui, comme un outrage à notre brillant passé. Pourtant, les plus célèbres auteurs faisaient quantité d’erreurs (sources à la fin de l’article), certaines ont même passé la vigilance du correcteur.

C’est aussi une habitude que certains aiment mettre en avant pour la fierté nationale…et le racisme ordinaire. La mauvaise maîtrise de la langue française est ainsi un argument de plus pour critiquer une « mauvaise intégration au sein du pays » ou rappeler les origines d’une personne. On aime d’ailleurs se moquer des dialectes ou du verlan, comme une dérive de notre belle langue maternelle.

Le bonheur de la langue française… (source)

Une habitude prise au sein du système scolaire

Tout notre système scolaire est construit autour de cette notion de « faute » et d’importance de la maîtrise de la langue française à l’écrit. Les choses évoluent récemment mais c’est vrai pour de très nombreuses générations.

Deux compétences sont surévaluées par rapport aux autres : les mathématiques et les dictées. Des générations entières ont ainsi été éduquées à tendre vers la perfection dans ces matières et pour certains, traumatisées si ce n’était pas le cas. Pendant très longtemps, les dictées ont été notées par des points perdus à chaque faute, jusqu’à des notes négatives. Avoir -20 à une dictée, je vous assure que ça n’apporte rien à la confiance et à l’envie de travailler.

Et tous ceux qui ont eu une bonne expérience de l’orthographe et des dictées ont ainsi intériorisé la vision scolaire : vous êtes intelligents. De l’intelligence qui donne des bonnes notes sur le bulletin, des encouragements par les professeurs et de la fierté chez les parents. Les élèves en échec sur l’orthographe sont alors vu comme des « cancres », un échec assimilé à un manque de travail et d’investissement. On y ajoute bien souvent l’idée qu’une bonne orthographe est une marque de respect et de politesse. Bien étrange vision pour une compétence scolaire ! Si vous êtes nuls en math ou en biologie, vous vous sentez impoli envers vos pairs ?

Devenus adultes, un élève bon en orthographe a donc intériorisé cette vision : son collègue qui fait des fautes est vu comme un cancre et un flemmard. C’est souvent la critique qui revient le plus : « tu pourrais quand même faire l’effort de te relire !« . Derrière cette simple phrase se cache toute la méprise que l’on a pour les gens qui font des fautes : elles le font exprès !

Pourtant, on sait depuis longtemps qu’il n’est pas question de flemme ou de manque d’intelligence et que globalement, il est difficile de se corriger soi-même. L’orthographe n’est nullement liée à l’intelligence, à la créativité, aux compétences... Etre bon en orthographe n’a jamais été le gage de la réussite dans les études supérieures, même dans des domaines littéraires, ni dans la vie professionnelle. Et évidemment, être bon en orthographe ne fait pas de vous une meilleure personne.

Pourquoi fait-on des fautes ?

Finalement, le plus important est sans doute c’est idée de faute versus erreur. Parce que derrière l’idée de faire une faute intentionnelle se cache le jugement d’une personne : idiot, incompétent, cancre, impoli, irrespectueux. A l’inverse, la personne qui souligne la faute se place automatiquement dans la position du « bon élève » et d’une certaine idée de l’intelligence.

Pourtant, estimer que l’autre fait une « faute » revient à méconnaître toutes les raisons derrière une mauvaise maîtrise de l’orthographe. Et finalement, l’ignorer, c’est faire preuve d’une grande intolérance et d’un manque d’empathie problématique pour les relations humaines.

Une mauvaise maîtrise de l’orthographe et de la grammaire peuvent venir :

  • d’une mauvaise scolarité, qui peut avoir beaucoup de visages et d’origines : école avec peu de moyens, « mauvais » professeurs, maladie prolongée avec un retard difficile à rattraper, déménagements fréquents…
  • d’une éducation non privilégiée : que ce soit matériellement, financièrement, émotionnellement ou autre, tous les enfants n’ont pas eu une enfance leur permettant de suivre une bonne scolarité, de progresser, d’avoir confiance et de s’épanouir. A cela s’ajoute la quantité d’enfants qui ont des parents qui ne parlent pas la langue française, ce qui peut compliquer aussi son apprentissage.
  • d’un trouble du langage comme la dyslexie qui peut prendre de nombreux visages mais perturbe toujours l’apprentissage de l’écrit. Il a été très long de faire reconnaître la dyslexie comme un réel trouble neurologique qui nécessite l’adaptation de l’environnement scolaire. Vaut pour tous les types de handicaps qui peuvent ralentir l’apprentissage de la langue et qui compliquent l’adaptation à l’école.
  • d’une langue non maternelle : l’apprentissage du français est jugé complexe, parfois très complexe suivant la langue maternelle d’origine. Parfois la langue est parfaitement maîtrisée à l’oral sans que l’on sache que ce n’est pas la langue maternelle de notre interlocuteur.
  • personne pour nous corriger : oui, la plupart des choses que vous lisez sont corrigées ! On oublie alors vite que certains supports n’ont pas de correcteur à part soi-même : les réseaux sociaux et les blogs en priorité. A noter que l’on est toujours un très mauvais correcteur de soi-même parce qu’on ne « voit » pas les fautes. Une vraie correction orthographique se fait sans lire le sens des phrases, ce qui est compliqué quand on a écrit soi-même le texte.
  • enfin 70% des fautes d’orthographe sont des fautes d’inattention… Là encore reprocher une « faute » à un manque d’attention en dit plus long sur la personne qui relève la faute que sur celle qui l’a fait.

Et de tant d’autres choses aussi : un accès à la lecture difficile, une situation financière compliquée, une écriture rapide, une mauvaise correction de la vue, une fatigue émotionnelle…

Pour ma part, j’entends souvent que les fautes, c’est un mauvais parcours scolaire, une mauvaise éducation (ou un mauvais milieu familial) et un manque de lecture. Je suis l’exemple même que c’est loin d’être le cas partout (et je suis loin d’être seule). J’ai toujours adoré lire, écrire, j’ai fait de hautes études et j’ai été élevée dans une famille privilégiée, avec des parents eux-mêmes issus de l’enseignement supérieur. Et je fais des erreurs. Un peu par dyslexie : je confonds les P et B par exemple et même si j’ai eu droit à de la rééducation, avec la fatigue, ça revient vite. Et beaucoup parce que j’écris beaucoup et vite, notamment sur les réseaux ou sur ce blog. Personne ne me relit ici, je suis donc à la merci de ma mauvaise correction. Pour tout ce qui est « professionnel », je me fais relire (proches ou correcteurs) et j’ai toujours eu de très bons retours de mon travail sur ce point. Mais oui, dans cet article, il y aura sans doute des fautes (je suis sympa, je l’ai passé au correcteur word quand même !).

Si l’envie vous prend de souligner une faute et surtout, d’y mettre un jugement moral, rappelez-vous d’abord que vous ne savez pas les raisons de la mauvaise maîtrise de la langue chez les autres.

Alors, on ne corrige plus les autres ?

J’ai très envie de dire non mais c’est un peu plus complexe. Tout dépend du contexte, de la personne que vous reprenez et du support. Corriger quelqu’un qui vous le demande, c’est bien normal. Corriger un texte important que vous voyez en souligner gentiment les fautes, ça peut être utile. Corriger une faute dans une storie Instagram = zéro utilité !

Personnellement, j’estime qu’avant de souligner une erreur, il faudrait :

  • parler d’erreurs et de fautes. On limite ainsi le jugement moral porté sur la personne.
  • se demander si la personne peut corriger l’erreur. Un mail que votre assistant vous fait relire peut être corrigé, une storie Instagram non.
  • vérifier le rapport qu’on a avec la personne. Collègues, proches, familles, connaissances…il sera plus simple de signaler avec bienveillance une erreur. Corriger un inconnu ou un titre de presse (sur un post facebook bien souvent) est peu utile et signifie largement que vous ne pouvez passer au-delà de cette erreur.
  • point enfant : si vous n’êtes pas les parents ou les enseignants de l’enfant, lâchez lui la grappe. Surtout s’il vous écrit un message personnel. Au minimum, demandez lui si vous pouvez le corriger.
  • se demander pourquoi on veut signaler l’erreur. Si ce n’est pas pour apprendre quelque chose, pour éviter une quelconque incompréhension du fond, pour « réparer » quelque chose qui peut l’être : passez votre chemin. Si c’est parce que vous ne « supportez pas » cette faute ou pour toute raison qui porte un jugement moral sur la personne : passez votre chemin. Si c’est pour vous moquez : j’espère que vous ne lisez pas ce blog ! En bref, qu’est-ce qui se cache derrière ce comportement : bienveillance et pédagogie ou fierté scolaire et pulsion de corrections ? Est-ce que cela vous rend fier d’avoir vu cette erreur ? Est-ce que c’est difficile pour vous de faire des erreurs ? Pourquoi ? Est-ce que vous soulignez aussi les erreurs de mathématiques ? Est-ce que l’on peut être brillant et faire des fautes pour vous ?

Voilà, je vous laisse avec cette petite réflexion psycho-personnelle pour remettre en cause son propre rapport à la langue française, à notre rapport à la perfection, la réussite scolaire et l’intelligence.

Une erreur ne devient une faute que si l’on refuse de la corriger.

John Fitzgerald Kennedy

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12 Commentaires

  1. Roussay Margaux

    Hello ! Déjà merci pour cet article ! Je fais partie de celles/ceux qui corrige les erreurs d’orthographe mais jamais dans le but de rabaisser ou de moquer, simplement dans le but d’expliquer, j’essaie de donner des tips pour que la personne ne fasse plus cette erreur à posteriori, j’ai du mal avec le fait de laisser une faute si je peux expliquer comment ne plus la faire, tout simplement parce que j’aimerais qu’on le fasse pour moi si je faisais une erreur (et j’en fais parfois comment tout le monde !). Aussi, je prends toujours des pincettes et je ne le fais qu’avec des personnes susceptibles d’accepter, et ça ne me viendrait pas à l’idée de corriger quelqu’un sur Instagram que je ne connais pas (ou sur un support non professionnel; Instagram si la personne n’en fait pas son métier par exemple).

    Merci pour cet article complet qui me fait réfléchir, notamment sur la dualité faute/erreur, que je trouve très intéressante, et sur le « pourquoi je corrige », alors pour ton travail, erreurs ou non, merci.

    De plus, je suis d’accord sur le fait qu’on peut tout à fait réussir dans les études (et même dans la vie – encore heureux) sans être un Dieu/une Déesse de l’orthographe, notre niveau de langue ne dit rien sur la personne que nous sommes, merci de le rappeler pour les jeunes qui pourraient passer par là !

    Je ne sais pas vraiment pourquoi je t’écris, peut être parce que j’ai vraiment été touché par ce sujet via tes stories Instagram (notamment le manque de bienveillance des professeurs, je me destine à ce métier et ça me semble bien loin de l’idée que j’ai du métier).

    D’habitude je ne commente jamais mais j’ajoute une dernière chose : j’adore ton contenu ! De A à Z !

    Bonne soirée.
    Margaux 🙂

    Réponse
    • Julie

      merci beaucoup à toi !

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  2. Élodie Peony

    Je n’aime pas les « erreurs » à l’écrit pour une raison très simple : cela m’empêche de comprendre ce que la personne veut dire. Et quand il y en a trop, cela me distrait. Sans devenir un ayatollah de l’orthographe, il y a quand même un minimum à respecter. « On va manger, les enfants », ce n’est pas « on va manger les enfants ». Désolée mais quand je vois des Community managers qui font une faute par phrase (l’accord de l’auxiliaire être bat tous les records) ou des blogueurs professionnels qui n’ont pas pris la peine de se relire, je n’ai guère d’indulgence. Le français a des règles, elles ont quand même un sens. Et aujourd’hui, on ne manque pas d’outils numériques pour corriger ses écrits.

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  3. Sarah

    Bravo pour cet article bien documenté et merci!!!

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  4. Mi

    Bonsoir Julie,
    Merci beaucoup pour ce post, que j’ai lu avec attention. Je suis quelqu’un d’intelligent, j’ai fait de belles études, j’ai été dyslexique et ma langue maternelle n’est pas le français. J’ai toujours eu une orthographe difficile. Je me souviens de mon prof de CM2 qui me mettait des notes négatives, qui me gardait en classe pour refaire les dictées, alors que moi, je voulais rentrer chez moi pour etre avec ma mère malade. Il m’a appris à ne pas faire confiance aux profs et à leur égo, mais pas à persévérer (ça la vie s’en est chargée !) Bref, ce que tu as écrit m’a beaucoup parlée et intéressée, merci.
    PS: grâce à toi, j’ai fait ma première FIV le mois dernier (sur un potimarron, j’attends un heureux événement d’ici une semaine ou deux)

    Réponse
  5. Manon Woodstock

    Merci pour cet article Julie !!!! (Je pense que tu devrais suggérer à certains commentateurs de se faire embaucher à la rédaction du Bled, il paraît qu’ils recrutent 😛 Le perfectionnisme tue, c’est bon de le signaler ^^ !).
    De mon côté, j’ai toujours adoré l’orthographe, c’était une matière que je kiffais à l’école…mais j’ai pris conscience il y a peu de temps qu’il fallait d’urgence arrêter de spotter les erreurs des autres ou alors de les dévaloriser (même intérieurement, sans leur dire) quand ils en faisaient. C’est juste ok d’en faire. De mon côté, j’ai toujours eu du mal en conjugaison, je fais encore très souvent des erreurs – et ce, même en ayant fait de longues études ET en ayant grandi dans une famille culturellement privilégiée…
    Perso, c’est ma mère qui m’a refilé cette insupportable manie d’attraper des pustules devant une erreur (mais je me soigne)…d’ailleurs, je me souviens que quand j’étais gamine, je lui avais fait un photo montage pour la fête des mères avec plein de coquilles – elle avait corrigé ma production au crayon directement dessus et ça m’avait profondément choquée. ça me choque encore aujourd’hui (c’est dire si une banale correction peut marquer et blesser).
    Il y a aussi une différence entre les erreurs à l’écrit et celles à l’oral qui ne s’abordent pas de la même manière. A l’écrit, il me semble essentiel de demander à la personne concernée, adulte ou enfant, si il/elle souhaite une relecture et une correction.
    De plus, je pense que tu as tout à fait raison sur le fait de ne pas s’autoriser à corriger les erreurs de n’importe qui n’importe où et n’importe comment. Avec les enfants, tout dépend si on a une relation proche ou pas (et je crois que corriger à l’oral de manière légère sans en faire tout un fromage ça passe, mais alors obliger à répéter EURK ^^ Bonjour le Mussolini de l’orthographe). Idem avec les adultes, ça me paraît super malpoli de corriger quelqu’un dont on n’est pas extrêmement proche. Par ex, mon mec fait beaucoup beaucoup d’erreurs à l’écrit que je ne corrige jamais sauf quand il me pose la question et à l’oral, je me permets juste de souligner quand il dit un truc qui pique vraiment les oreilles genre « ils croivent » et c’est toujours en plaisantant, avec humour – car c’est notre manière de communiquer.
    Dans ma ville, il y a un café littéraire qui a lancé une super initiative, ils font une dictée une fois par mois pour apprendre de nouveaux mots avec correction tous ensemble à la fin. C’est toujours blindé, ça a beaucoup de succès et c’est fait dans une ambiance super conviviale.
    Bref, le commentaire le plus brouillon de tous les temps, mais merci pour cet article passionnant. Je vais aller explorer tes sources.
    (Même pas je relis, en mode guedin du français !!!)

    Réponse
    • Julie

      ahah merci pour ton commentaire ! C’est dur les corrections sur les écrits des enfants oui ! Ma grand-mère corrigeait toutes mes cartes postales des vacances, ça m’a traumatisé ^^ C’est une chouette idée le café littéraire qui fait des dictées, il y a pleins de choses intéressantes pour progresser !

      Réponse
  6. Emma

    Merci pour cet article décomplexant. Merci pour tout le contenu que vous partagez !

    Réponse
  7. Lynda

    Merci pour cet article et cette réflexion très intéressante ! J’avoue avoir eu du mal parfois avec des collègues ou des camarades pendant mes études qui faisaient des fautes, et puis récemment j’ai appris des règles de grammaire qui m’ont fait réaliser que je faisais des erreurs alors que je pensais bien me débrouiller en orthographe. Depuis je prends du recul, et j’essaie de me détacher de ces jugements issus des idées reçues véhiculées comme tu le dis justement depuis l’école. J’aime beaucoup ta réflexion sur le fait que rien que le mot « faute » illustre bien le problème que l’on a avec l’orthographe. J’ai beaucoup aimé l’article « Je fais des fautes mais je me soigne », merci aussi pour ce partage.

    Bonne journée !

    Réponse
  8. Jean-Paul XAVIER

    Très bien l’article … et lien Youtube Arnaud et Jerome superbe ….

    Réponse
  9. Marie Hélène

    Merci pour cet article tellement déculpabilisant. Je voudrais apporter mon témoignage. Je suis animatrice d’Atelier d’Ecritures avec un S et souvent j’ai des participants qui, en première approche, me disent ne pas savoir écrire et faire beaucoup de fôtes !! Régulièrement je leur réponds que je m’en fiche ! L’Orthographe n’est pas un critère d’écriture, pour moi, et, peut être un frein pour eux, souvent. Depuis qu’ils sont en atelier, pour certains « ecrivants » ayant été en échec scolaire, l’écriture est devenue un vrai plaisir et certains ont participé à des concours. Trop fière d’avoir pu les déculpabiliser.

    Réponse
    • Julie

      oh c’est tellement bien ! L’écriture est un outil puissant pour beaucoup de choses de la vie et c’est tellement dommage de s’en éloigner à cause de l’orthographe ! Bravo à toi !

      Réponse

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