Etre optimiste

Fév 8, 2016 | Humeurs | 6 commentaires

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Oh un article bla-bla ! Ca fait un moment que je voulais partager avec vous une petite réflexion personnelle. On me reproche constamment le fait d’être optimiste, voir complètement naïve. Et souvent dans le domaine de l’écologie. Faire des efforts dans le tri, consommer différemment, s’intéresser au sort de l’Océan ou des tortues marines…tout ça apparaît souvent comme bien futile, un peu naïf ou carrément utopiste. Je serais alors un peu stupide de croire en tout ça et surtout de croire que cela va changer quelque chose. 

C’est pas réellement que je m’inquiète de ce que l’on pense de moi mais à force, j’ai tenté de réfléchir à pourquoi j’étais comme ça et surtout à pourquoi je continuais à l’être alors que la majorité semble penser que je me fatigue inutilement. 

En fait, je suis optimiste. C’est un fait, c’est ma personnalité et je pense que j’ai toujours été comme ça.

Je vois le bon avant le mauvais. Je vois les efforts avant les échecs. Je pense « ça va s’arranger » avant de penser « c’est foutu ». Je crois qu’il faut du temps avant d’abandonner. Je suis éblouie par certaines personnes ou certaines actions bien plus que désespérée par certaines autres.

C’est un trait de caractère dont je suis fière. Pourtant, ce n’est pas simple et ça me demande souvent un gros travail sur moi-même, au point parfois de ne plus réussir à savoir pourquoi je suis optimiste.

Les informations et les réseaux sociaux mettent plus souvent en avant les catastrophes, les horreurs et les désespoirs du monde que les petits bonheurs. Je lutte alors sans cesse pour y voir du bon, du positif, de l’humanité. Il est tellement plus aisé d’être fataliste. Mettre en avant « le tous pourris! », le « ça sert à rien » demande bien moins de courage que l’inverse. Un peu comme le bonheur. J’ai toujours trouvé qu’il fallait plus de courage pour accepter d’être heureux que d’attendre en permanence la réalisation de ce bonheur.

Après les attentats du 13 novembre, j’ai été abattue comme tout le monde. L’horreur de enlèvement, la peur pour mes proches, les images, les témoignages…il était difficile de rester optimiste. Pourtant, comme pour les attentats de Charlie Hebdo, mon cerveau s’est mis en « pilote automatique » pour ne retenir que le bon : l’élan de solidarité, l’émotion collective, le besoin retrouvé de dire à ses proches qu’on les aime, l’envie de montrer au Monde que l’on ne pliera pas…

Et chaque jour, mes convictions écologiques pourraient me rendre folles. Je m’intéresse à l’écologie et je travaille dans ce domaine. Je passe donc les 3/4 de ma journée à lire des informations alarmantes, inquiétantes et surtout soulevant si peu l’indignation des gens. Si je n’étais pas optimiste, sincèrement, j’aurais arrêté ce blog, arrêter de soutenir certaines causes et trouver un boulot moins sensible. Mais finalement, à la fin d’une journée, si je me suis inquiétée pour beaucoup de sujets, j’ai aussi eu connaissance de tellement de projets innovants, rencontré des gens qui œuvrent tous les jours pour changer les choses et même ici, je lis des commentaires vraiment positifs et encourageants. Alors je préfère retenir tout ça et me dire que tout le négatif aura bien le temps d’évoluer.

La grande majorité des gens voit l’optimisme comme synonyme de naïveté. On me reproche des combats perdus d’avance, des causes peu importantes face à la misère humaine, des gestes qui ne changeront pas la face du monde. Je me suis très longtemps posée la question de savoir où était la frontière entre les deux. Au point de vouloir abandonner ce blog puisque ces questions n’intéressent personne ou parce qu’on me sortira toujours l’excuse du « politique pourri » qui anéantira tous mes efforts.

Aujourd’hui j’ai choisi et j’espère ne plus en douter. J’ai choisi de cultiver cet optimiste et d’en être fière. Je ne peux pas changer ma nature, ni mes convictions. Je sais très bien qu’on continuera à me trouver naïve ou pleine d’illusions. Je sacrifierai encore beaucoup de mon calme et de ma tension sur certains sujets mais je suis maintenant bien plus sereine sur les raisons qui me poussent à faire ça.

L’équation est simple. Je me préoccupe de l’environnement (au sens large) et j’ai un enfant. Je ne peux pas faire autrement que de croire profondément en l’être humain, en ses capacités, en sa faculté à changer les choses. Tout simplement parce que si j’abandonne cette croyance, je ne saurais pas comment être maman. Comment expliquer à ma fille qu’elle doit croire en elle, qu’elle peut changer le monde et qu’elle est responsable de ces actions dans le monde ? Comment lui expliquer que les choses vont mal et qu’on ne fait rien ? Quand on ressent l’urgence d’une situation, lutter contre son naturel optimiste revient à s’effondrer plusieurs fois par jour.

J’ai bien conscience que tout ça sonne « bateau » et très naïf. Mais c’est exactement comme ça que je ressens les choses. Les commentaires que vous faites ici, les échanges que j’ai sur les réseaux sociaux et les discussions avec mes proches me donnent raison d’être optimiste. Je ne suis pas naïve, je suis réaliste MAIS optimiste. Il est facile de se laisser aller à la peur, au désespoir et de passer à côté de tous ces gens, ces projets, ces entreprises qui font tous les jours un petit pas dans le bon sens.

Alors, si vous passez par ici, merci pour tout ça. Grâce à vous, je suis heureuse d’être optimiste, d’avoir des opinions, des envies, des valeurs et surtout, d’avoir l’envie de les partager. Je ne culpabilise plus d’avoir un « petit » blog, ni un thème qui soulève moins les passions. Je me dis qu’un seul commentaire « je vais tenter » ou « merci pour la découverte » vaut bien que je continue à m’exprimer !

Je ne changerais pas le monde mais si les gens optimistes ne continuaient pas à l’être, les autres feraient comment pour être pessimistes ?

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6 Commentaires

  1. Ge

    Super article. Pour moi l’optimisme et la naïveté sont 2 choses bien différentes. Et c’est merveilleux d’être optimiste. Je suis pessimiste et je lutte tout les jours pour que la petite lueur d’espoir en moi prenne le dessus. Parce que le pessimisme ça te bouffe de l’intérieur et ça rend pas heureux (et ça m’empêche d’être maman ). Alors tant qu’a etre sur cette planète, autant être heureux et voir les choses du bon cot. ce sont les gens optimistes qui changent le monde. Et si on fait attention on peut voir qu’ il y a des choses qui changent tout doucement. Et puis au pire, on aura fait notre part de colibri. Bref merci pour cet article et pour ton blog a l’optimisme contagieux!

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  2. Eve

    MERCI MERCI !!!
    Ton optimisme et tes idées déteignent sur moi et j’aime ça !!!!

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  3. Claire

    D accord avec toi sur le fait d’éduquer nos enfants avec l’optimisme comme valeur. Sinon, comment leur expliquer que lorsqu’on chute, il faut se relever et apprendre de nos erreurs plutôt que de pleurer sur notre sort?! (Bon ca marche pas encore très bien avec les petits car ils voient d’abord le « bobo » mais je ne désespère pas!!!)

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  4. Batinette

    Bien bel article! Et bien bel état d’esprit!!!

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  5. Enairods

    Je remplacerais « naïve » par « intelligente »….
    🙂
    Go on, moi je te suis

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  6. Ju'

    merci pour cet article je vois que je ne suis pas la seule ! soyons optimistes !!!

    Réponse

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