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image de soi

  • Les complexes

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    Dimanche, je vous parlais de l'article "le complexe de la femme parfaite" du blog The French life.

    La deuxième partie de la vidéo traite d'un sujet tellement sensible, tellement vrai et si difficile à accepter que j'ai voulu vous en parler un peu plus longuement.

    A vrai dire, ça fait longtemps que je veux partager avec vous mes pensées sur le sujet des complexes et de l'image de "femme parfaite" (ou "d'homme parfait" d'ailleurs). Mais c'est toujours délicat d'aborder ce type de sujet sans froisser personne, sans avoir l'air de vivre mieux que les autres son rapport au corps et de se moquer de ce que certaines personnes endurent. Cet article est en réalité en attente depuis de longues semaines sans arriver à trouver l'angle d'attaque, ni le courage de le publier.

    Alors j'espère sincèrement ne heurter personne, ce ne sont que des pensées, non abouties de quelqu'un qui se demande pourquoi on passe notre temps à complexer et qui s'interroge sur l'étrange rapport que l'on a avec son corps.

    Tout d'abord, tout le monde complexe. Ça semble évident et pourtant on dénigre souvent les complexes des autres à partir du moment où on estime qu'ils sont plus proches de notre "idéal" que nous. Nos complexes sont toujours plus grands que ceux des autres et on pense souvent que les autres sont fous de complexer. Une femme mince et belle à nos yeux n'a donc aucune raison de complexer. Sauf, que c'est 1- un avis très subjectif 2- oublier que d'autres doivent penser la même chose de nous. 

    C'est essentiellement pour cette raison que je n'ai pas publié cet article avant. Je suis considérée comme "mince" et "jolie" donc étaler mes complexes seraient insultants par rapport à d'autres qui auraient plus de raisons de complexer... Mais qui a raison de complexer ? Quel est la limite à franchir pour avoir le droit de complexer ? Je pèse 54kg donc je ne dois me plaindre de rien ? Mais les complexes ne viennent pas forcément avec les kilos et ne disparaissent pas avec eux non plus.

    En y réfléchissant un peu, et comme la vidéo de The French Life l'explique très bien, les complexes sont irrationnels. Et c'est pourquoi ils touchent tout le monde, que ce soit "justifié" ou non. Ils sont le fruit de notre représentation de ce "à quoi je devrais ressembler" pour être jolie/épanouie/amoureuse/etc... Ils ont évolué avec le temps et les changements des standards de beauté, faisant que la peau très blanche d'auparavant peut très bien être un complexe pour celles qui veulent désormais avoir le hâle doré des surfeuses. Ou que les formes marquées ne sont plus valorisées aujourd'hui par rapport aux corps extrêmement minces de nos magazines.

    Bref, je complexe car je ne suis pas comme l'image parfaite de ce que la société me renvoie. Et souvent, parce qu'on m'a fait sentir un jour que je ne correspond pas à cette image.

    Voilà, c'est là où le complexe atteint sa limite. L'image parfaite renvoyée par la société n'est qu'une image. Comme sur instagram, facebook ou les blogs, les images sont travaillées, le maquillage est étudié, la lumière améliorée, les défauts masqués... Ce qui fait que même la fille qui s'en approche le plus au naturel complexera de ne pas y arriver entièrement. Les mannequins sont souvent des filles complexées, aussi étrange que cela nous semble !

    A cela s'ajoute le fait que notre cerveau ne voit jamais notre corps comme il est perçu par les autres et vous avez mille raisons de complexer. On est habitué à se détailler, une partie du corps après l'autre et à lister mentalement tout ce qui pourrait être amélioré : pas d'espace entre le haut des cuisses ou le fameux thigh gap ? des fesses trop plates ? des doigts de pieds boudinés ? un tache de naissance ? des cils trop courts ? Tout y passe et rien ne va jamais (ou presque).

    C'est donc un cercle vicieux et on n'est jamais en paix avec soi-même. Les images dont nous sommes inondées ne font qu'accentuer le phénomène et entraînent  hommes et femmes à comparer l'incomparable.

    En vrai, le corps humain est variable. En fonction de votre alimentation, de votre cycle menstruel, de votre sommeil, de la lumière...votre corps n'a jamais le même aspect et cette "versatilité" n'est jamais représenté dans l'image de la femme parfaite. La peau est faite de tâches, d'irrégularités et le corps subit les variations qu'on lui impose et que notre morphologie supporte. Certaines filles ne pourront jamais atteindre la taille 36, d'autres auront toujours une forte poitrine. On a un nez, des yeux, une bouche et pleins d'autres choses que l'on pourra difficilement changer sans passer par des méthodes radicales.

    Alors pourquoi on complexe pour atteindre une image de perfection qui est de toute façon erronée dès le départ ? 

    J'y ai beaucoup réfléchi et je ne suis toujours pas sûre qu'il y ait une seule réponse. Mais je pense quand même qu'elles peuvent toutes se regrouper sous le "pour être plus heureuse" avec toutes les déclinaisons possibles. Dans l'imaginaire, celle qui atteindra l'image de la femme parfaite ou en tout cas réunira le plus de caractéristiques de cette image, sera forcément plus heureuse. Parce qu'elle plaira, parce qu'elle ne luttera pas contre son corps, etc... On aimerait être "parfaite" pour ne plus avoir à se soucier de notre enveloppe corporelle ou à l'inverse pour pouvoir s'assurer de notre capacité à plaire et à jouer de notre corps.

    Or, si c'était le cas, il y aurait un sacré nombre de filles à ne plus complexer !

    Non, les complexes ne s'arrêtent pas, malgré la perte de poids, la taille de vêtements ou les compliments.

    Ce qui m'a touché dans la vidéo de The French Life et ce pourquoi j'ai décidé de publier cet article, c'est qu'on oublie une dernière donnée sur les complexes.

    On complexe parce qu'on croit être moins bien et valoir moins bien qu'une autre plus "jolie/mince/grande/brune/blonde/pulpeuse...". Parce qu'on croit être seule. Ou du moins seule avec ses semblables qui ont raison de complexer (toutes les grosses/petites/maigres...). On ne parle jamais de ses complexes, comme s'ils allaient devenir encore plus grands en les verbalisant. Comme si les autres ne verraient plus que ça, alors qu'on est déjà persuadé qu'ils nous voient comme ça.

    On a tort. J'ai eu tort. De ne pas partager mes complexes. De ne pas lutter davantage pour comprendre que je ne serais pas plus heureuse sans eux. Qu'on peut essayer d'en changer, certains avec des régimes, du sport ou de la chirurgie mais que d'autres naîtront. Non, être heureuse dépend d'autres choses, même ça c'est un autre (vaste) sujet !

    Tout le monde complexe. Même votre copine canon qui choppe tout ce qui bouge ;)

    Je veux que ma fille sache qu'il est normal de complexer car tout le monde complexe, même celles qu'on estime mieux que soi. Qu'il est dur de vivre dans un monde mitraillé d'images de femmes parfaites et que les complexes sont alors presque inévitables. Mais que si tout le monde complexe, alors qui est cette "femme parfaite" à qui on veut ressembler ? Celle qui est tellement parfaite qu'elle ne complexe jamais ?

    Le complexe a moins de force s'il est partagé. Parce qu'il devient moins grave à partir du moment où tout le monde éprouve ce sentiment. Et surtout, qu'on pourra enfin le déconnecter du bonheur et comprendre qu'aucune amélioration de l'extérieur ne rendra plus heureux que des changements intérieurs.

    Je partage alors certains de mes complexes et je serais ravie de me sentir moins seule en lisant les vôtres (#froussarde) ! Des petits complexes ou des plus gros, peu importe, ils sont tous dans le même sac!

    1- le number One de mes complexes et sans doute pour toujours : mes grains de beauté ! J'en ai des tonnes (un jour, j'ai commencé à les compter, j'ai arrêté à 200!), des petits et des gros en relief (beurk) et surtout, je n'ai absolument aucune zone de mon corps sans eux. Sur mon visage, je suis toujours hyper gênée de me voir autant "constellé" sur les photos... Sans compter le fait que j'en ai un au coin de l'oeil qui m'empêche de mettre du liner facilement. J'ai tellement eu de moqueries (hello chocapic) et on voit si peu de filles couvertes de grains de beauté dans les magazines que j'ai détesté mes grains de beauté depuis toujours. Ma mère a bien essayé de me dire que c'était parce que j'étais belle mais les filles belles ont, pour moi en tout cas, toujours la peau d'une perfection absolument. Si j'ajoute à ça que c'est potentiellement dangereux, nécessite un suivi médical et une bonne protection solaire, c'est vraiment la chose dont je me passerai volontiers si je pouvais !

    2- mon ventre. Je pense n'avoir jamais eu le ventre plat, même avant ma grossesse. J'ai beau être plutôt mince, je ne fais pas vraiment beaucoup de sport (ceci explique cela) et j'attends encore patiemment que mes abdos poussent tous seuls ! Aujourd'hui, j'ai appris à faire avec mon petit ventre rebondi et surtout à me dire que le jour où je me mettrais au sport ça ira mieux. Mais, j'ai beaucoup complexé sur ça, je choisissais généralement mes hauts et mes robes en fonction de l'effet "anti-femme enceinte". Je connais toutes les techniques pour cacher le ventre sur les photos ou dans la vie ! J'ai particulièrement aimé être enceinte, seul moment où on a le droit d'avoir "du ventre".

    3- mes bras tout maigres. Là encore, vu que je fais pas de sport, vous me direz que c'est ma faute ! Mais bon, il reste que je déteste mes bras, souvent taxé "d'anorexiques" (#lesgenssontmauvais). Je pourrais y ajouter mon haut du corps (omoplates et clavicule) qui fait que je suis très "osseuse" et que ce n'est pas très joli en bustier par exemple. Ce complexe et celui de mon ventre expliquent en grande partie pourquoi je ne suis pas à l'aise dans des vêtements très "féminins" et près du corps. Même si je le vis mieux aujourd'hui, je continue à fuir ce type de vêtements.

    4- mes yeux. Non seulement, je n'aime pas tellement qu'ils soient verts (là encore #vertvipère pendant ma jeunesse) mais ils sont très petits et pas symétriques (comme tout dans le corps mais j'arrive pas à l'intégrer). Sur les photos, j'ai toujours un œil plus fermé que l'autre, au point de supprimer constamment mes photos et autres selfies en me traitant de Frankenstein (#amour toujours). 

    5. mes rides. C'est un "nouveau" complexe mais j'avoue avoir du mal à vivre avec mes rides. J'ai un visage très expressif donc forcément marqué et je n'ai plus 20ans. Face à l'image de la femme parfaite, il est difficile de s'assumer avec des rides. Pour l'instant, je lutte contre mais un jour je vais devoir apprendre à vivre avec plutôt. 

    Et bien sûr, comme 90% de la population féminine, j'aimerais être plus mince, avoir des jambes plus fines, une poitrine plus ferme, une peau sans imperfections, des cheveux soyeux...(100 balles et un mars?). Je dois avouer qu'avec l'âge (et le regard de l'amoureux), je vis mieux mes complexes, je les tolère sans essayer sans cesse de les combattre. Je suis peut-être sur la bonne voie?

    J'adorerais avoir votre avis et votre sentiment sur les complexes. Et si vous vouliez en partager un ou deux, ici ou ailleurs, peut-être qu'à force, on serait moins complexés d'être complexés ;)

    Edit : on est synchro avec Victoria de Mango and Salt, allez lire son joli article sur La beauté imparfaite !

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