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economie circulaire

  • Lire éthique

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    On a tous un rapport différent avec la lecture. Certains dévorent les livres, d'autres lisent plusieurs livres en même temps et d'autres encore, ne lisent que deux pages avant de s'endormir. Sincèrement, peu importe. Lire - des livres, des magazines, des journaux - c'est tout ce qui compte. Lire un roman classique de 600 pages ou une bande dessinée, ça permet de s'évader, de ressentir des émotions mais aussi (et là c'est l'ancienne chargée de TD à l'Université qui parle) d'améliorer son vocabulaire et son écriture. 

    Personnellement, j'ai toujours adoré lire mais j'ai eu beaucoup de difficultés à être assidue pendant mes années de thèse. Ma journée se résumait déjà à lire non stop alors mon cerveau et mes yeux étaient bien fatigués le soir. Néanmoins, je suis incapable de m'endormir sans avoir lu quelques pages, d'un livre ou d'une revue, comme pour faire une coupure avec l'activité de la journée. Je lis aussi beaucoup à ma fille, même si maintenant elle préfère me lire les histoires (comprendre les inventer vu qu'elle n'a pas encore 4 ans). 

    Je me suis alors demandée si le comportement de lecteur pouvait être "éthique". Quand on se penche deux minutes sur la question, on voit rapidement que lire, si c'est évidemment bénéfique, fait peser des lourdes conséquences sur l'environnement. 

    Alors quelles sont les possibilités pour lire éthique ? 

    L'impact des livres sur l'environnement 

    Un livre, c'est de la pâte à papier qui consomme énormément d'eau, d'énergie et de produits chimiques, notamment pour le blanchissement. C'est aussi la réalisation de la couverture qui nécessite un film de polypropylène ou d’acétate. Ou encore la phase d'emballage (et ses déchets) et de distribution et transport. Selon WWF, la consommation mondiale de papier dépasse les 330 millions de tonnes par an et rien qu'en France et chez un seul éditeur, les émissions carbones dépassent les 210 000 tonnes de CO2 à l'année. 

    Les éditions Terre Vivante ont réalisé une étude du coût du cycle de vie de leurs livres si cela vous intéresse. 

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    Il y a de nombreuses améliorations possibles pour réduire cet impact : utilisation d'encres végétales, utilisation de papier recyclé, diminution du blanchissement du papier, utilisation d'énergie renouvelable, d'emballages cartons, rapprochement des entreprises du même secteur pour limiter les coûts de transport, etc. Mais toutes ces solutions sont, a priori, entre les mains des éditeurs et des imprimeurs, qui prennent peu à peu conscience de l'impact gigantesque de leur secteur d'activité sur l'environnement.  

    Alors, en tant que lecteur, que peut-on faire ? 

    L'alternative des e-books ? 

    La solution classique que l'on voit parfois est la lecture numérique, l'ebook. Il est évident qu'il est toujours intéressant de diversifier les formes de lecture pour séduire plus largement le public, notamment les plus jeunes. Néanmoins, rien que pour le bilan carbone, l'ebook a un impact environnemental plus néfaste : une dernière étude estime qu'un ebook génère 250 kg de CO2, sans compter l'impact impressionnant de l'extraction des métaux lourds nécessaires à la production des supports numériques. A titre de comparaison, un livre papier génère environ 1,3kg de CO2. 

    A priori, ce n'est donc pas une alternative a favoriser pour devenir un lecteur "éthique". 

    Réduire ses achats de livres neufs

    Encore une fois, une consommation plus responsable s'accompagne d'une dé-consommation. La grande problématique du secteur du livre est sans aucun doute la quantité impressionnante de livres neufs qui arrive sur le marché chaque année. Et ainsi la quantité tout aussi folle de livre qui sont achetés et lu "une seule fois" par une seule personne. En terme de rentabilité, on ne fait pas pire !

    Une très chouette initiative vient de voir le jour : Tonbooktoo. Une communauté sur laquelle on s'inscrit, enregistre ses livres (avec le code comme sur Goodreads) et on peut entrer en contact avec des lecteurs près de chez nous pour échanger ou vendre des livres ! 

    Il y a plusieurs alternatives pour éviter de consommer du neuf à chaque envie de lecture : 

    • acheter entre ami(e)s, par exemple quand on est plusieurs à lire la même saga. 
    • s'inscrire à la médiathèque de votre ville. On hésite souvent, pourtant c'est rapide et pratique à utiliser. Vous pouvez souvent réserver vos livres, être conseillé et l'offre est aujourd'hui bien plus complète. 
    • jeter un oeil aux boîtes à livres qui fleurissent un peu partout en France, on y trouve parfois des petites pépites.
    • ne pas oubliez les brocantes, les dépôts ventes ou autre centre Emmaüs où vous pouvez trouver des classiques à bas prix. 

    Bien entendu, toutes ces astuces valent aussi pour donner une seconde vie à vos livres neufs ! Si vous ne savez pas où les donner chez vous, il est aussi possible de passer par certains organismes comme Recyclivres qui permet d'envoyer ou de déposer des livres que l'on utilise plus.

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    Favoriser l'achat responsable

    Pour les achats neufs inévitables, il peut être intéressant d'oublier les géants Fnac et Amazon qui ne favorise pas vraiment la réduction de l'impact environnemental (et social) du secteur du livre. 

    Vous pouvez déjà trouvez une petite librairie indépendante chez vous et vous deviendrez vite accro à l'accueil et aux conseils sans pareil (s'il y a des palois dans la salle, j'aime beaucoup L'escampette, rue des cordeliers).

    Pour pouvez aussi garder vos habitudes d'achats en ligne mais en passant par des réseaux indépendants. Vous avez par exemple le réseau national des Libraires mais aussi plusieurs sites en fonction de votre lieu d'habitation. Par exemple, je passe par Libraires Atlantiques qui est top (cliquez pour retrouver tous les réseaux) : on cherche, on commande, on paye et on choisit une libraire pour aller le chercher.

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    Privilégier les livres en papier recyclé

    Quand vous choisissez un livre neuf, vous pouvez aussi privilégier les livres en papier recyclé. La présence du logo garantit que le papier est fabriqué à base de 50% minimum de papier recyclé. Dans le carré blanc est ensuite écrit le taux total (60% par exemple) et en dessous un numéro d'identification pour s'assurer du processus de fabrication. 

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    Vous pouvez aussi vérifier que le papier a un label FSC ou PEFC qui garantissent une gestion plus durable des forêts (explication des garanties de ces deux labels). En très rapide, la certification permet de s'assurer que la gestion de la forêt dont est issu le bois respecte les capacités de régénération de celle-ci. En gros, on évite la déforestation ou la plante d'eucalyptus (comme en Chine) qui ne permet pas de rattraper les besoins en absorption de CO2.

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    Voilà quelques idées pour lire éthique, être plus responsable et essayer de ne pas faire supporter à la planète notre passion pour les livres ! Si jamais vous ne savez toujours pas quoi faire de vos livres, vous pouvez toujours essayer l'upcycling et les transformer en oeuvres d'art ^^

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  • Késaco ? L'économie circulaire

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    Je vous ai déjà dit que je travaille en post-doctorat sur l’économie circulaire et je me suis dis que ça serait bien de vous expliquer plus en détails ce concept d’économie circulaire. Je vous présente à la fin un livre tout récent sur le sujet et accessible au grand public si jamais ça vous intéresse (#optimiste)

    En quelques mots

    L’économie circulaire s’oppose à notre système économique actuel, dit linéaire : on extrait massivement des matières premières, on produit, on consomme et on jette. Les déchets finissent dans ce système majoritairement en décharge.

    Or, plusieurs auteurs ont mis en lumière les limites de ce système à partir des années 70. Notre monde a évolué mais pas notre système économique.

    Fondé sur une forte consommation des ressources naturelles, il n’a pas pris en compte leur épuisement désormais connu, l’impact environnemental de l’extraction, du transport ou de la consommation (gaz à effet de serre, pollution aux particules…). Et l’ensemble du système est organisé pour une production et une consommation qui favorise le moindre coût immédiat et non à long terme. On sait désormais que l’impact de la production sur l’environnement ou encore les traitements des déchets augmenterait considérablement le coût d’un produit s’il était pris en compte. Dépolluer, traiter les déchets et même recycler est extrêmement coûteux pour la société.

    Le modèle de l’économie circulaire propose alors de s’inspirer du fonctionnement de la Nature : en un mot, c’est le fameux « rien ne se crée, tout se transforme ». Alors que nous produisons quantité de déchets non seulement inutiles économiquement mais très polluants, dans la Nature, le fonctionnement est cyclique. Un déchet sera réintroduit dans le processus naturel : il deviendra compost pour alimenter le sol, nourriture pour une autre espèce, etc. Tout est pensé et conçu pour avoir une utilité et ainsi, optimiser l’ensemble du processus. Non seulement, rien se perd mais tout est utilisé parfois plusieurs fois et par plusieurs espèces : c’est un cercle positif.

    Notre système économique pourrait alors s’en inspirer :

                    - extraire raisonnablement les matières premières et favoriser les énergies renouvelables

                    - concevoir des produits pour qu’ils durent plus longtemps, qu’ils soient plus facilement réparables ou recyclables.

                    - privilégier l’usage plutôt que la surconsommation via la propriété (BlaBlaCar, le Vélib, ...tout ça fait partie du concept d’économie circulaire)

                    - consommer responsable : savoir l’impact environnemental de ce qu’on consomme et produit (grâce aux labels par exemple), réduire ses déchets

                    - recycler mais aussi valoriser énergétiquement les déchets (transformer les déchets en énergie).

    C'est la fameuse boucle de valeur positive de l'économie circulaire. Et si je vous ai perdu, voilà un schéma pour les enfants qui devrait vous parler :

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    Source : blog Au four et au moulin

    Ainsi, le système est créateur d’emplois et d’innovation mais minimise les impacts sur l’environnement afin d’éviter l’effondrement de notre système économique : on dépensera moins en dépollution ou en traitement des déchets, mais même plus loin que ça on améliore la qualité de vie des citoyens grâce à une meilleure qualité de l’eau et de l’air par exemple.

    Pour quelques exemples, je vous ai déjà mis BlablaCar ou Vélib mais il y a quantité d’entreprises qui innovent grâce au concept d’économie circulaire : Michelin, Philips, La Poste, H&M, les grandes entreprises d’énergies (Engie, ect…). Ou encore des marques qui développent des concepts zéro déchets (Lamazuna par exemple ou les épiceries vrac) ou des produits plus sains dont tout le processus de production est pensé pour minimiser les impacts (Rainett par exemple). Des collectivités mettent aussi en place des processus d’économie circulaire, notamment en matière de déchets : favoriser le compost et le tri, inciter à la valorisation énergétique, éviter le gaspillage alimentaire…

    J’espère ne pas vous avoir perdu avec ces explications, je trouve le concept tellement passionnant que je m’emballe souvent ! Ce n’est pas un changement simple, il implique de faire travailler ensemble des secteurs économiques qui ne sont pas habitués, à réfléchir à chaque étape de vie d'un produit et surtout, à opérer un changement chez le consommateur.

    Avis sur "Activer l'économie circulaire"

    Si jamais, ça vous intéresse, je vous fais un petit compte-rendu du dernier livre sur l’économie circulaire que j’ai lu : « Activer l’économie circulaire », de Nicolas Buttin et Brieuc Saffré aux éditions Eyrolles.

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    Le livre est conçu comme un guide pour mettre en pratique une logique d’économie circulaire : explication du concept, enjeux mais aussi application du principe par les acteurs économiques et surtout présentation d’exemples d’initiatives en matière d’économie circulaire.

    Le but est de montrer le chemin (les chemins en fait) pour une économie plus juste, plus performante et plus écologique.

    Le livre est organisé en trois parties : Le monde change / Comment agir / Cas pratiques.

    Ici l’économie circulaire est définie comme « une économie du bon sens qui cherche constamment à optimiser le processus de production et l’énergie nécessaire pour l’activer, afin de faire beaucoup plus et beaucoup mieux avec le minimum de moyens possibles ».

    J'ai trouvé la première partie très pédagogique. Tout est présenté très simplement, on comprend rapidement le fonctionnement du système économique, de la Nature, les problèmes environnementaux actuels. Le style est court, avec des schémas ou illustrations, pas besoin d'être un économiste pour comprendre !

    On aborde facilement le problème de l’épuisement des ressources naturelles et l’impact sur notre modèle de croissance économique, le fonctionnement cyclique des écosystèmes et la difficulté pour l’humain de s’en inspirer.

    Cette première partie s’intéresse aussi particulièrement au design, ce que j’ai trouvé plus innovant car rarement abordé. En effet, repenser notre mode de production et de consommation pour diminuer nos impacts environnementaux nécessite de se pencher sur le design. Il est nécessaire d’allier l’innovation, le beau, l’utile, etc…tout en intégrant la donnée environnementale. Les auteurs rassemblent les 10 règles pour un bon design : être innovateur, utile, esthétique, compréhensible, discret, honnête, utile à long terme, pensé dans les moindres détails, respectueux de l’environnement et minimaliste.

    Je ne suis absolument pas spécialiste du design donc je ne saurais dire l’utilité de ces règles mais je trouve l’idée intéressante de ne pas se pencher uniquement sur la production ou la consommation mais aussi, en amont, sur le design de nos produits (au sens large).

    La suite est plus classique : explorer des énergies propres, repenser l’utilité de l’eau, des déchets, etc…

    La deuxième partie est à mon sens la plus originale. Au lieu de terminer sur les belles ambitions de l’économie circulaire, les auteurs s’intéressent à sa mise en pratique au sens d’une entreprise. Grâce à un planning, à des objectifs et à un business plan adapté, l’économie circulaire devient extrêmement concrète.

    Et si jamais on doute, la troisième partie vous présente de nombreuses innovations en matière d’économie circulaire, pas toujours connue du grand public mais qui permettent de rendre le concept plus concret.

    C’est un livre très utile, assez innovant et très pédagogique. Pour moi, il devrait être envoyé à tous les industriels, les responsables de la politique de développement dans les entreprises, les entrepreneurs…

    L’économie circulaire, ce n’est pas un fonctionnement utopique pour l’avenir et uniquement fondé sur la protection de l’environnement. C’est un modèle économique qui permet d’assurer de la croissance, de l’emploi, de l’innovation et donc de faire aussi des bénéfices. Seulement, il prône que cela n’est possible qu’en intégrant une forte composante écologique dans l’ensemble de notre société. Et en réalité, c'est une voie que l'on a déjà commencé à emprunter !

    Un grand merci à ceux qui ont lu jusqu'au bout ! Alors, l'économie circulaire ça vous parle ?

     

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