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écologie

  • Un Noël écolo - Le livre

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    De l'idée au blog Santa is green

    Fan de Noël devant l'éternel, j'ai toujours droit à de nombreuses remarques à l'approche des fêtes en raison de mon engagement écologique. Noël est synonyme de surconsommation et le Père Noël est une invention de Coca-Cola. Il est pour beaucoup impossible d'aimer Noël et de prôner la décroissance, le respect de nos ressources ou encore le minimalisme.

    Mon petit côté "chercheur" m'a souvent amené à lire beaucoup de choses sur Noël : son origine, son sens, les traditions, les alternatives... Et j'ai alors voulu partager tout ça. 

    A l'époque, j'étais juriste en collectivité et je rêvais d'en faire un livre sans savoir comment faire. J'ai commencé à écrire, juste comme ça pour rassembler mes idées. Puis, le temps de la reconversion est arrivée, avec son lot de périodes de creux où on se cherche. On était en septembre 2018, je n'avais aucune idée de quoi faire de ma vie.

    J'ai alors crée Santa is green sur un coup de tête le soir, un blog éphémère pour y rassembler des articles, des histoires, des astuces...pour un Noël plus écolo. J'ai appuyé sur "publier" le 15 novembre 2018, en ayant franchement des grands doutes sur l'intérêt de mon projet. Un nouveau blog, sans référencement, sur une plateforme que je ne maîtrise pas et avec pleins d'autres choses à faire à côté, c'était un peu foufou ^^

    Résultat, le blog Santa is green est resté en ligne pendant 6 semaines environ et il a réuni +65 000 visiteurs uniques ! C'était complètement dingue ! J'ai passé la barre des 10k sur Instagram grâce à ce projet, je recevais beaucoup de messages, d'astuces personnelles pour un Noël écolo et j'ai eu des relais incroyables dans la presse.

    Du blog au projet de livre

    Janvier 2019, grosse déprime post-Noël et creux professionnel. J'essaye d'apaiser mes angoisses en me lançant dans la rédaction d'un manuscrit pour transformer le blog en livre. Je passe des heures à faire la liste des maisons d'éditions, à chercher des contacts, à réfléchir au format du livre, au sommaire...

    L'alignement des planètes aura lieu mi-janvier quand Hachette me contacte pour écrire le livre "1 mois pour réduire ses déchets". J'accepte et j'envoie dans la foulée, un peu timidement, "au fait j'ai un autre projet de livre sur Noël si ça vous intéresse, il ne faut pas tarder pour être dans les temps pour Noël 2019". 

    Il y a eu beaucoup de négociations, un livre qui ne se vend que sur 8 semaines, c'est un peu suicidaire dans le monde de l'édition. Pourtant, l'idée a toujours plu et je restais persuadée qu'il y avait la place pour un livre qui parle de Noël sous un angle autre que les loisirs créatifs.

    Le livre Un Noël écolo

    Avril 2019, j'ai mon contrat d'édition pour Un Noël écolo ! Je suis déjà un peu éprouvée par l'écriture rapide du livre "1 mois pour réduire ses déchets" mais je sais qu'il faut que je m'y remette. Le livre doit être fini pour l'été pour pouvoir envisager une sortie à temps pour Noël. 

    La suite est classique : j'écris. Je lis aussi beaucoup, je cherche des informations, des précisions, j'apprends encore tellement de choses sur l'histoire de Noël. Je m'assois par terre pour prendre des notes sur des podcasts sur Noël, sur des émissions sur la culture des sapins... J'ai beaucoup trop de textes pour les pages que je dois remplir. Je coupe, je râle, je résume... C'est le plus dur dans l'écriture, en tout cas pour moi, dire beaucoup de choses en peu de mots.

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    Je passe de nombreuses semaines dans une ambiance de Noël bizarre quand la canicule sévit partout en France. Je force sur la musique de Noël pour ne pas perdre la motivation qui me permet d'écrire. Vous m'aidez beaucoup sur Instagram avec vos mots d'encouragements. 

    Juillet 2019, je rends le livre, je pars en vacances au bout du rouleau ^^ Le travail reprend vite, je dois corriger, relire, reprendre au mois d'août. Jusqu'à l'organisation de la séance de photos pour illustrer le livre. Je suis accompagnée d'Emilie, la photographe du livre, et je me lance dans un job de direction artistique inconnu. On fait la séance un jour où il fait beaucoup trop chaud pour mon pull en laine. Mais on rigole bien chez Sébastien qui nous a prêté son appartement pour l'occasion, avec son fils de 3 ans ne comprenant pas trop pourquoi on fête Noël à cette période !

    Septembre 2019, le livre est terminé, il reste quelques relectures et corrections. On valide les superbes illustration de Kei Lam et on m'envoie la maquette de la couverture.

    La date est fixée, le livre sortira le 23 octobre 2019.

    C'est quoi "Un Noël écolo" ? 

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    C'est un livre qui compte beaucoup pour moi. Comme toujours, j'aurais pu faire mieux, écrire plus, ajouter des choses. Il y a des modifications de la maquette que j'aurais aimé mais qui ont été impossible. Du stress que j'aurais préféré évité. Mais je suis fière de permettre aux gens de lire autre chose sur Noël et de partager un peu les raisons de mon amour inconditionnel pour cette fête. 

    Un Noël écolo est un livre organisé en 4 chapitres : Préparer ; Décorer ; Offrir ; Célébrer. Il y a aussi une longue introduction pour expliquer l'impact écologique de Noël et l'origine de cette fête. Et enfin, j'ai tenu à y inclure des passages historiques sur l'origine de telle ou telle chose à Noël (l'origine du sapin, de la couronne, des cadeaux...).

    Ce n'est pas un livre de loisirs créatifs, de DIY ou de cuisine. C'est plutôt un livre d'inspiration, d'histoires et d'écologie. 

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    Pour prolonger le contenu du livre, j'ai voulu reprendre l'idée d'un blog et aidé par Chloé, ma super webmaster chez Les Instantanées, on a construit le site internet Un Noël écolo !

    Il est réalisé pour vous donner accès aux coulisses du livre, à davantage de photos et de contenu. N'hésitez pas à aller y jeter un oeil en cliquant ici !

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    Voilà, j'espère que l'histoire du livre Un Noël écolo vous a plu. Vous me posez souvent des questions sur l'écriture à proprement parlé, je pense que j'en ferais une vidéo sur IGTV (@julie_pancakes). N'hésitez pas à m'écrire vos questions en commentaires, ça m'aidera beaucoup. 

    Et sinon, pour le livre et toutes les informations, direction le site web Un Noël écolo

    Pour l'achat du livre, il est disponible dans toutes les librairies. Vous me signalez déjà quelques ruptures, j'en suis désolée, je sais que les grandes enseignes (Fnac, Cultura, Parvis) ne commandent pas forcément beaucoup d'exemplaires. N'hésitez pas à appeler directement votre libraire pour le recevoir chez lui. 

    Le livre est aussi disponible en format e-book, directement sur le site de Hachette.

    Merci à vous pour votre soutien

  • Les étiquettes

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    étiquettes, réflexion, écologie

    C'est drôle ce concept d'étiquettes. On en trouve partout, pour tout et chacun à une idée sur l'étiquette de l'autre. 

    Il y a des tonnes d'étiquettes dans la vie en général mais prenons les exemples qui me parlent : 

    - être zéro déchet

    - être végétarienne

    - être féministe

    - être minimaliste

    - être écolo (sans aucun doute la meilleure celle-là)

    - être optimiste

    - être bienveillante

    - ...

    Je suis souvent mise sous l'une, l'autre ou toutes ces étiquettes (et toi aussi sans doute). Et le principe d'une étiquette, c'est que soit tu y colles, soit tu dois y renoncer. L'étiquette est censée te définir, comme la couleur de tes yeux ou la taille de tes pieds. Elle ne supporte pas de concessions, de défauts, d'approximations.

    Et le problème de l'étiquette, c'est qu'on ne sait jamais trop comment elle arrive. Parfois, tu te la colles toi-même "je suis féministe", parfois on fait un raccourci entre tes actions et une étiquette, "tu réduis tes déchets ? Tu es zéro déchet". Mais bien souvent, l'étiquette arrive, sans qu'on y fasse attention et sans trop savoir comment. 

    Le problème de l'étiquette, ce n'est pas le fait qu'elle existe mais le fait qu'elle nous enferme.

    Se dire féministe, écolo, zéro déchet, végétarienne...c'est une façon de s'affirmer et de faciliter les rapports sociaux. Au restaurant, dire que vous êtes végétarien(ne) permet d'afficher clairement que vous ne mangez pas d'animaux et qu'il faut vous proposer un plat en conséquence. C'est quand même plus simple que de dire "alors, j'aurais besoin de précision parce que l'impact écologique de l'élevage intensif compte beaucoup pour moi, je ne veux plus participer aux conditions d'élevage et d'abattage des animaux et puis, j'essaye de ne plus faire de spécisme....vous me proposez quoi ?"...!

    Et ça vaut pour toutes les étiquettes. En général, c'est plus simple, plus rapide et même plus "engagé" qu'un long monologue. 

    Mais les étiquettes nous emprisonnent. Non pas par leur simple existence mais parce qu'en réalité, chacun a sa définition et ses frontières de ce à quoi correspond une étiquette. Et en général, l'étiquette ne supporte pas d'approximations, d'exceptions, de demi-mesure. C'est du tout ou rien !

    En creusant un peu, on se rend compte qu'une grande majorité des personnes confondent l'étiquette, l'image qu'ils en ont et les actions qui doivent en découler. Être féministe ne signifie rien d'autre que le fait de prôner l'égalité homme/femme dans tous les domaines de la vie. Mais être féministe s'exprime avec une grande variété d'actions, de pensées ou de mécanismes. Et surtout, être féministe ne préjuge en rien du comportement de la personne qui se revendique (ou non) sous cette étiquette. Autrement dit, tu peux être féministe et mettre du vernis à ongles.

    Autre exemple, tu peux te ranger sous l'étiquette ZD parce que tu es attachée à produire moins de déchets et à trouver des solutions plus durables au quotidien. Mais l'étiquette ZD ne préjuge en rien de l'étendue de ton comportement au quotidien, de ton niveau de "gestion des déchets" ou encore de ton mode de vie. Autrement dit, tu peux avoir l'étiquette ZD et acheter un produit avec emballage.

    On confond ainsi des combats, valeurs, principes que l'on souhaite mettre en avant, revendiquer, porter, exprimer, approfondir...avec un mode de vie prédéfini. Or, par définition, les modes de vie diffèrent et changent au cours même de la vie. Les étiquettes ne signifient pas un taux d'accomplissement de 100% puisqu'il serait impossible de savoir sur quoi baser ce 100%. Être 100% ZD, c'est quoi ? Être 100% écolo, féministe, etc. ?

    Autre soucis, les étiquettes arrivent même sur nos "caractéristiques physiques ou psychologiques". Alors certes, si tu as les yeux bleus, tu as les yeux bleus, toutes nos caractéristiques physiques difficilement modifiables sont rarement concernées. Mais il en va différemment de ce qui changeant : la nature des cheveux, le fait de se maquiller ou non, le style vestimentaire, etc. Exemple typique des méfaits des étiquettes : j'ai les cheveux bouclés et j'aime en parler, montrer comment les accepter, les coiffer...mais ça ne veut pas dire que je renie quelque chose si je les attache ou, pire, si je les lisse ! Vous n'imaginez même pas le nombre de messages de "déception" que je reçois sur instagram quand je parle avec les cheveux lisses. Sans le vouloir, on m'a collé l'étiquette "curly" et je ne devrais pas en sortir. Idem pour la case des étiquettes psychologiques : avoir l'étiquette "optimiste" t'empêche souvent le moindre coup de mou ; ou la case des étiquettes vestimentaires : avoir l'étiquette "casual" te collera à la peau si un jour tu mets une tenue chic...

    Enfin, la plus complexe des étiquettes est celle de "l'écolo". A mon sens, le terme est bien trop large pour être une seule étiquette mais, là encore, pour des raisons de facilité dans la vie courante, on se colle souvent soi-même cette étiquette, à partir du moment où notre impact écologique a une importance pour nous. Cependant, comme elle est trop, on colle rarement à la définition de notre/nos interlocuteur(s). Pour cocher toutes les cases de l'étiquette écolo, il faut se lever tôt : être ZD ; végétarien ; à la mobilité douce (sans voiture, sans avion) ; acheter bio, éthique, local ; avoir un job à impact positif...bref je pourrais continuer encore longtemps.

    Les étiquettes, c'est pratique dans la vie de tous les jours et c'est même nécessaire pour porter plus fort ses valeurs, mais c'est une sacré prison qui nous fait culpabiliser, cacher certains comportements, se critiquer les uns les autres, abandonner certains principes... Il est impossible d'éviter les étiquettes, phénomène classique de l'être humain qui a besoin de tout ranger dans des cases. Mais on pourrait essayer de distinguer l'étiquette du comportement, ou plus justement, l'étiquette de la valeur d'un être humain.

    Vous avez une étiquette vous ?

  • Challenge Summer Green

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    challenge, ecolo, été

    L'été arrive ! Enfin la météo est encore drôlement capricieuse mais logiquement, les vacances ne sont pas loin pour une grande partie des gens. 

    Et je me suis dit que ce serait chouette de vous lancer un défi pour cet été, à faire pendant vos vacances ou non  ! Adopter un mode de vie plus green, ce n'est pas de tout repos. Il faut souvent se renseigner, tester, comparer, prendre de nouvelles habitudes, recommencer... Pendant l'année, on a pas toujours le temps de faire la recette de lessive qui attend depuis 6 mois ou de se renseigner sur les circuits-courts près de chez nous.

    Alors pourquoi ne pas profiter de cette période où on ralentit en général un peu, où l'on a plus de temps chez soi et en famille, pour se lancer dans ce qui attend depuis trop longtemps ? 

    Je vous ai fait un petit mémo que vous pouvez remplir et partager sur les réseaux, je le mettrais aussi sur Instagram.

    Télécharger le mémo Challenge Green Summer.

    L'objectif est de trouver 5 choses à faire cet été pour modifier/tester/réfléchir et rendre son mode de vie plus "écoresponsable". Pour vous donner quelques idées, je vous ai préparer une liste, il y en a pour tous les goûts, du plus débutant au plus confirmé, pour ceux qui ont le temps ou pas, etc. !

    N'hésitez pas à partager vos idées ou votre liste en commentaire, ça donnera des idées à tout le monde ! Et sur Instagram, vous le retrouverez en storie pour pouvoir le partager à votre tour.

    Idées Green pour le challenge

    1. Faire sa lessive maison
    2. Faire des conserves pour l'hiver
    3. Apprendre à faire des cookies pour le goûter
    4. Installer un composteur
    5. Acheter un livre de cuisine végétarienne
    6. Faire des beewraps
    7. Regarder "The True Cost" sur Netflix
    8. Faire du tri dans son armoire
    9. Apprendre à coudre des cotons lavables
    10. Acheter du café éthique
    11. Laisser ses cheveux au naturel
    12. Planter du persil
    13. Acheter du savon solide à la place du gel douche
    14. Apprendre les ingrédients à éviter en cosmétique
    15. Faire de la pâte à modeler maison 
    16. Tester de faire ses menus pour une semaine
    17. Faire un challenge "sans viande"
    18. Faire macérer des écorces d'orange dans du vinaigre blanc
    19. Tester la cup, les serviettes lavables ou les culottes menstruelles
    20. Achetez un ingrédient nouveau en vrac par semaine
    21. Utiliser de l'huile de coco comme soin corporel
    22. Ne pas aller au fast-food de l'été
    23. Regarder "Planète"sur Netflix
    24. Lire "Comment j'ai arrêté de manger les animaux", d'Hugo Clément
    25. Faire réparer quelque chose de casser 
    26. Acheter un vêtement d'occasion
    27. Se faire un moodboard Pinterest avec les marques éthiques repérées
    28. Changer ses ampoules pour les LED
    29. Ne pas prendre l'avion
    30. Nettoyer le sol au savon noir

    Si vous avez besoin d'autres idées, n'hésitez pas à fouiller sur le blog évidemment ou, attention auto-promo flagrante, à acheter mon livre pour trouver des idées pour réduire vos déchets.

    Je vais réfléchir à mon propre challenge et je vous montrerais ça sur Instagram !

  • A partir de quand est-on écolo ?

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    Source Medness

    *mini réflexion sur cette écologie à la mode qui oublie parfois d'y accoler la décroissance.

    C'est assez marrant comme on hiérarchise les changements à faire dans nos vies pour être plus écolo. C'est un peu comme si chacun choisissait un camp et le trouvait toujours plus "important" que le camp du voisin. Certains revoient leur alimentation, d'autres changent leurs cosmétiques ou s'intéressent à la mode éthique. Certains prônent le zéro déchet, d'autre le végétarisme et d'autre encore le zéro plastique. Bien sûr de nombreuses personnes cumulent les changements, dans des thèmes très divers. Et tant mieux.

    Mais le flou de ce qu'on appelle aujourd'hui l'écologie amène aussi un flou dans les réponses apportées à titre individuel. Certains découvrent l'écologie par le biais des scandales sanitaires, des risques alimentaires ou de la santé au sens large. D'autres grâce à un documentaire bien pensé sur la pollution plastique, l'impact de l'industrie de la mode ou l'élevage intensif. 

    Il existe une partie de ces personnes qui font des changements radicaux dans de nombreux domaines de leur vie et qui ont vraiment un avant/après la prise de conscience écologique. Mais il y a surtout une très grande majorité de personnes qui se sensibilisent petit à petit, grâce aux nombreuses informations dont on dispose aujourd'hui (surtout plus médiatisées depuis quelques années).

    J'appelle ça l'effet COP21. Ce n'est qu'un constat personnel mais 2015 a marqué une vague médiatique sur l'écologie et une prise de conscience plus générale. Les sujets autrefois réservés aux "écolos-hippies" sont devenus populaires, à la mode et, surtout, il est désormais compliqué d'en faire abstraction (certains y arrivent quand même encore vachement bien). J'ai commencé mon post-doctorat sur l'économie circulaire juste avant la COP21 et je devais constamment expliqué ce que signifié ce terme. Un an après, tout le monde avait son avis à donner sur mon sujet d'étude. 

    Les changements sont donc plus courants, parfois encore subtils, mais de nombreuses personnes réorientent leur mode de vie en ayant conscience de l'impact qu'il a sur la planète : la consommation de produits issus de l'agriculture biologique, de produits locaux, l'attention portée aux cosmétiques, le tri sélectif, la diminution de la consommation de viande... Aujourd'hui, je croise très souvent des personnes qui "scannent" leurs produits alimentaires ou cosmétiques en magasin, cherchant à obtenir une validation écolo de leurs choix. 

    Pour tout cela, les cinq dernières années marquent un changement. Positif dans le sens où l'écologie n'est plus réservée à une élite informée mais se diffuse dans tous les foyers. Mais, sans être négatif, ce changement présente un inconvénient majeur : il perturbe l'essence même de l'écologie (ou plutôt de ce que devrait être l'écologie). 

    Entendons-nous bien. Je suis ravie que l'envie de changer son comportement quotidien se diffuse et touche des personnes qui étaient aux antipodes de ces questions. Chaque geste compte, c'est complètement vrai. Mais chaque geste ne vaut que si on est conscient du chemin qu'il reste à parcourir et non si on s'estime "écolo" parce que l'on mange bio ou que l'on a acheté une gourde en inox.

    A partir de quand est-on écolo ? 

    Je sais bien qu'il n'y a pas de "minimum", de critères à remplir, ni de vérité absolue. Le chemin n'a pas de fin, il est donc difficile de marquer son commencement. Mais l'écologie, ce n'est pas (que) adapter ses gestes non écolos du quotidien. C'est un peu le soucis des sujets à la mode qui créé de nouveaux segments de marché. On nous fait croire qu'il suffit d'acheter différemment : remplacer des objets polluants par des versions durables, acheter sous réserve d'un label reconnu, investir dans des nouvelles alternatives. C'est vrai pour l'essentiel mais cela efface complètement le message initial que sous-tend l'écologie : la décroissance

    La décroissance, c'est un concept qui prône la réduction de productions de biens (et de services) afin de préserver l'environnement. C'est le lien direct entre notre consommation et la destruction de nos ressources. Et même sans utiliser des théories économistes, être écolo ne peut se passer d'une réflexion sur la consommation, en terme quantitatif.

    Il y a, pour moi, une vraie incohérence entre "l'écologie à la mode" d'aujourd'hui, celle où tout le monde peut se revendiquer "écolo", écrire des articles sur toutes les thématiques de l'écologie...et continuer à consommer de la même manière. Pour résumer, acheter différemment c'est bien - acheter moins, c'est mieux. Vous savez que je tiens plus au concept du "minimalisme" qu'à tous les autres concepts de l'écologie. C'est parce que c'est le seul qui permet de passer des messages complètement cohérents : si tu as besoin d'acheter, fais le mieux (bio, local, made in France, sans pétrole ou sans exploitation animale, etc.). Mais la priorité des priorités devrait justement être de ne pas acheter !

    Je sais bien que ce n'est pas la démarche la plus simple. Notre société est construite sur la consommation, à tel point qu'elle se réadapte rapidement à ces questions environnementales en ouvrant de nouvelles parts de marché. L'overdose de produits à disposition - rapidement et à moindre coût - de sollicitations marketing, l'impact des inégalités sociales, l'épuisement des vies professionnelles, font qu'acheter quelque chose, c'est un geste devenu automatique et rassurant. Et que si l'on prends conscience de l'urgence écologique, on ne remet pas systématiquement en question ce geste, que l'on déplace vers des alternatives plus respectueuses de l'environnement. On continue d'acheter autant mais différemment.

    Alors, je ne sais toujours pas à partir de quand on peut s'appeler "écolo". Mais je sais que je continuerais à me sentir vaguement mal quand je verrais certains en prendre le terme tout en déballant quantité d'achats quotidiens. Je sais combien le monde nous tente pour acheter, tout le temps, partout, à chaque heure de la journée. Mais peu importe les petits gestes écolos du quotidien si on a pas encore pris en compte notre consommation en terme quantitatif. Elle est là l'incohérence écologique, pour moi, pas dans nos défauts du quotidien (et que tout le monde aime pointer du doigt). Votre voisin fait encore trop de déchet ? Votre copine ne veut pas lâcher son shampoing au pétrole ? Votre mec continue à s'enfiler du saucisson en cachette ? Spoiler : ce n'est pas grave. Chacun ses incohérences, son rythme et ses qualités. Mais consommer comme pendant les Trente Glorieuses, ce n'est plus possible, nos défis sont devant nous, pas dans la victoire d'après-guerre et la fin des restrictions. 

    Alors, s'il te plaît, range un peu ta CB. Arrête les déballages de colis quotidiens. Au moins certains jours ou quelques heures. Dis non à ton cerveau qui te fait croire qu'acheter une vingtième paire de chaussures c'est cool. Arrête de cumuler les produits cosmétiques sous prétexte qu'ils sont bio. Ne cours pas acheter la dernière nouveauté pour produire moins de déchets...sans te demander si tu t'en sers vraiment. Ne te lance pas dans l'achat des 12 sachets de poudres ayurvédique si ton shampoing te convient. Sors, respire, plantes des tomates ou re-regarde Friends pour la 17ème fois. Ou écris moi un commentaire tiens, c'est gratuit ;)