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Maison

  • DIY : les bee wraps

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    La découverte des Bee wraps, c’est une petite révolution dans ma cuisine ! Auparavant, pour conserver des aliments, des plats ou autre au frigo, j’utilisais du film alimentaire ou encore du papier aluminium. 

    Outre le fait que c’est un déchet très rapide puisqu’on jette généralement le papier dès la première utilisation, c’est aussi problématique pour la santé. L’aluminium ou le plastique, notamment lorsqu’ils sont chauffés sont susceptibles de causer des migrations de composants potentiellement toxiques. 

    J’ai alors tenté de trouver d’autres solutions. La plus simple est de mettre les restes ou les repas dans des contenants types tupperwares. Là encore, si c’est en plastique, il faut absolument éviter de le faire chauffer ensuite. J’investis petit à petit dans des contenants en verre mais vu le coût, je ne peux pas tout renouveler rapidement. On peut aussi utiliser la bonne vieille technique de l’assiette retournée sur le bol. Ça fonctionne très bien mais je trouve ça peu pratique : ça prend de la place dans le frigo et vu ma tendance au minimalisme, je n’ai pas énormément d’assiettes à disposition. 

    J’ai alors découvert les bee wraps et j’aurais bien du mal à m’en passer ! Allez je vous dis tout sur mes bee wraps, ceux que j’ai acheté et ceux que j’ai fait 

    C'est quoi un bee wrap ?

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    C’est un tissu enduit de cire d’abeille qui permet de conserver des restes, des plats, des légumes. La cire d’abeille rigidifie le tissu, qui peut prendre la forme désirée grâce à la chaleur de la main. C’est réutilisable à l’infini tant que l’on en prend soin et éventuellement, que l’on rajoute de la cire d’abeille quand il a trop vieilli. 

    Avantages : 

    • pas de déchets, on réutilise. On peut même les fabriquer soi-même et donc donner une seconde vie à des chutes de tissus.
    • C’est joli puisque vous utilisez différents tissus. La prochaine fois que vous amènerez votre sandwich au bureau, vous aurez grave la classe ^^
    • c’est économique, même en achetant vos bee wraps. Auparavant, j’utilisais presque un rouleau de film alimentaire et aluminium par mois, les bee wraps sont donc rentabilisés en 5 mois environ. Et encore, je ne compte pas le fait qu’ils évitent bien d’autres emballages si vous les utilisez aussi en dehors de chez vous. 

    Inconvénients :

    • ils représentent un coût d’investissement à l’achat évidemment. Dans ce cas-là, il vaut mieux les faire vous-même !
    • il faut faire attention à ne pas les chauffer sinon ils s’abîment plus vite : pas d’eau chaude, pas de micro-ondes, etc.
    • Il faut être attentif si vous emballez des choses pour vos enfants, ils auront vite fait de jeter votre bee wraps ! Glissez un petit mot dedans pour dire que c’est réutilisable.

    Acheter ses bee wraps 

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    J’ai commencé par utiliser des bee wraps déjà faits et j’en suis bien contente ! Les miens viennent de la marque Abeillons, petite marque toulousaine. 

    Ils ont réussi à trouver un mélange de cire d’abeille, de résine et d’huile végétale qui rend les tissus très agréables à utiliser et surtout très résistants dans le temps. Les miens ont presque 6 mois, sont utilisés tous les jours et sont encore en très bon état !

    C’est évidemment un petit investissement (les 3 tailles différentes sont à 18 € le lot). Mais clairement, si vous ne vous sentez pas de les faire, c’est une super idée de départ. Clairement, je n’aurais sans doute pas accroché si je m’étais lancé dans le DIY dès le départ. On le verra après, mais les bee wraps maison sont très bien mais nécessite un peu d’entraînement pour être satisfaite du résultat et restent quand même moins agréable à utiliser que ceux d’Abeillons. 

    Bref, si vous avez un cadeau à faire ou si vous n’êtes pas manuelles, c’est une bonne idée de commencer avec une petite marque de bee wraps. 

    Faire ses propres bee wraps

    Au bout de quelques mois d’utilisation des bee wraps Abeillons, je me suis rendu compte que 3 bee wraps c’est trop juste au quotidien et qu’on devait encore utiliser du papier alimentaire (un seul en 6 mois quand même !). 

    J’ai alors relu l’article sur La fabrique en Utopie, acheté un sachet de cire d’abeille et tenté l’expérience. 

    Les premiers essais n’ont pas été très concluants : j’ai utilisé d’anciens mouchoirs en tissus mais le rendu très "orange" de la cire ne faisait pas très joli. Le toucher était aussi très différent de ceux d’Abeillons. Très rigides, assez épais, ils marquaient vite les pliures. 

    J’ai alors investi dans des tissus tout fait de chez Cultura. Ce n’est évidemment pas une obligation si vous avez du tissu chez vous ou si vous en achetez bien moins cher à Emmaüs ou autre. Par contre, ça m’a permis de comprendre quel type de tissu fonctionne le mieux : des tissus foncés de préférence et pas trop fins. Le tissu des mouchoirs était trop fin, trop clair et ne supporte finalement pas bien le cirage. 

    Pour faire des bee wraps : 

    - du tissu de plusieurs tailles : de préférence foncé et pas trop fin. 

    Petit conseil : pensez à repasser vos tissus pour qu’ils soient bien plats. Et si vous devez couper du tissu et que vous ne savez pas faire d’ourlet, couper avec un ciseau cranté, ça évitera qu’il s’effiloche au fil du temps.

    - de la cire d’abeille en pépites ou à râper (en magasin bio)

    - du papier cuisson (à conserver pour cet usage, il se réutilise !)

    Préchauffer votre four à 80 °C (maintien au chaud). Disposer votre feuille de cuisson sur une plaque et étaler votre tissu dessus. S’il est trop grand, vous pouvez le plier, il suffira de le refaire une deuxième fois en le dépliant et en rajoutant un peu de cire.

    Saupoudrer par dessus vos pépites de cire d’abeille. Il ne faut pas recouvrir tout le tissu mais en mettre de façon homogène, en n’oubliant pas les coins. Veiller à ne pas en mettre trop, vous pourrez en rajouter si besoin. Pas besoin de faire les deux côtés, la cire pénètre le tissu entièrement. 

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    Quand c’est le cas, il faut aller vite ! Sortir la plaque et retirer le tissu immédiatement en le tenant par deux coins. Ce n’est pas chaud, pas d’inquiétude ! Tenez-le à la verticale pendant 1 min, la cire refroidie très vite. Si jamais certains endroits ne sont pas bien enduits, vous pouvez remettre votre tissu et ajouter un peu de cire pour faire fondre de nouveau. 

    Astuce pour les faire refroidir plus facilement : je tends un fil entre deux poignées de placard dans ma cuisine, j’ajoute des petites pinces et j’accroche mes tissus pour qu’ils sèchent complètement. C’est plus facile que de les tenir et ça permet d’être sûr qu’ils sont bien secs. 

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    Avec un peu d’entraînement, vous arriverez à trouver la quantité de cire nécessaire et à les sortir rapidement. 

    N’oubliez pas de conserver votre feuille de cuisson, après l’avoir fait refroidir. La cire qu’elle contient sera refondue à chaque fois et ça évite un déchet supplémentaire. 

    Utilisation et entretien des bee wraps

    Une fois qu’ils sont secs, les bee wraps sont très costauds. Ils peuvent prendre la forme que vous désirez, se coller à un bol grâce à la chaleur de votre main, etc. 

    Quelques idées d’utilisation :

    • recouvrir les bols et plats au frigo. Toujours attendre que le plat soit froid avant d’y appliquer le bee wraps (et de toute façon, avant de mettre au frigo aussi !).
    • recouvrir des légumes ou fruits : moitié de légumes que vous avez coupés (potiron, melon, concombre...).
    • envelopper des sandwichs pour les lunchs ou des goûters pour les enfants.
    • envelopper des gâteaux, cakes...

    Contre-indication : les seules choses qu’il vaut mieux éviter d’emballer directement dans un bee wrap sont les aliments crus (viande, poisson...) et ceux qui sont chauds !

    Pour les nettoyer si besoin, utilisez toujours de l’eau froide et du savon. Faites bien sécher avant de les replier pour les ranger. 

    Il peut arriver que certains aliments les tachent, pas d’inquiétude, ils restent opérationnels !

    Je conserve tous mes bee wraps repliés, à disposition dans la cuisine.

    Votre bee wrap fatigue ? Au bout d’un certain temps, la cire peut devenir trop fine à certains endroits ou carrément disparaître. Dans ce cas, on repasse au four avec un peu de cire et c’est reparti !

    Amusez-vous à jouer sur les tissus, les tailles, etc. pour avoir du plaisir à réutiliser vos bee wraps. Vous verrez, votre frigo va devenir sacrément joli au fur et à mesure 

  • {DIY} Un avocatier chez moi !

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    Faire pousser un avocat, c'est non seulement assez facile mais ça permet d'avoir une plante gratuite et de ne pas jeter les noyaux d'avocat ! Attention par contre, une fois que vous aurez compris la technique et ce qui fonctionne chez vous, vous vous retrouverez avec des tonnes de noyaux dans tous les sens ! 

    La technique de base pour faire pousser un noyau d'avocat est bien connue : il faut d'abord le faire germer dans l'eau avant de le planter en terre. Vous trouverez sur des blogs ou sur Pinterest des tonnes de DIY pour comprendre comment faire germer votre noyau. 

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    Faire germer un noyau d'avocat dans l'eau 

    Step 1 : on nettoie le noyau et on laisse tremper dans l'eau 24h avant de le faire sécher 48h.

    Step 2 : on plante 2 ou 3 allumettes sur les côtés du noyau et on le plonge dans l'eau, jusqu'au niveau des allumettes. On met toujours la partir la plus grosse dans l'eau, c'est de là que sortira le germe.

    Step 3 : on lui choisit un endroit très lumineux, on change l'eau 2 fois par semaine et on en rajouter si on voit que le niveau baisse. La base du noyau doit toujours être immergée.

    Step 4 : on apprends la patience ! En moyenne, le germe sortira au bout de 3 semaines mais parfois ça peut être beaucoup plus long. Vous saurez que ça progresse en regardant votre noyau : il se fend de plus en plus pour laisser passer la plante et la base se "gonfle" avant que le germe n'apparaisse. 

    Chez moi, j'ai certains noyaux qui sont sortis très rapidement, d'autres qui ont mis plus de 2 mois ! 

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    Planter son noyau germé en terre

    Une fois que le germe a pris et que la plante est sortie avec de petites feuilles, vous pouvez le planter en terre. Ne tardez pas trop, il aura vite besoin des nutriments de la terre pour grandir ! Sur la photo, vous voyez à peu près la taille à laquelle je les plante en terre. 

    Pour le planter, c'est simple : choisissez un pot assez profond (mais pas forcément très large). Faites un trou dans la terre pour y déposer le germe. Il peut s'enrouler, ce n'est pas grave, il prendra sa place tout seul. La base du noyau doit ensuite être recouverte de terre pour ne laisser sortir que le dessus avec la tige. 

    Vous pouvez aussi planter plusieurs avocats dans un même pot mais veiller à en choisir un assez grand. Mon grand pot bleu comporte 

    Les premières semaines, veillez à le mettre dans un endroit très lumineux et de toujours garder la terre humide (sans la noyer!).

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    Faire grandir son avocatier

    L'entretien de l'avocatier est assez simple, il faut seulement beaucoup de lumière (en évitant la lumière trop directe surtout l'été) et un arrosage assez fréquent. Plus il grandira, moins il aura besoin d'eau. 

    La seule manipulation à faire pour un avocatier en pot et de veiller à "pincer" la tête des feuilles une fois qu'il sera grand. Pour cela, attendez que votre plante ait atteint 25/30cm de haut et coupez la toute petite feuille au milieu. Cela forcera votre avocatier à s'épaissir et à augmenter ses branches. Faites de même avec les nouvelles branches au fur et à mesure. 

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    La méthode alternative : faire pousser son noyau directement en terre

    Cette méthode est rarement mise en avant et pourtant elle a eu de bons résultats chez moi. Parfois même, certains noyaux germaient plus rapidement en terre que dans l'eau.

    Le début de la méthode est identique, on rince et on fait sécher le noyau. Ensuite, il suffit de le planter dans un petit pot en faisant bien sortir le haut du noyau. Veiller à trouver un endroit lumineux et à toujours garder la terre humide. 

    Vous verrez alors le noyau se fendre petit à petit avant de laisser apparaître la jeune pousse ! 

    Et si c'est long à pousser, je trouve ça moins embêtant de garder quelques petits pots de terre à arroser dans l'espoir qu'ils germent, plutôt qu'un verre d'eau. 

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    Et voilà, il n'y a plus qu'à attendre...une dizaine d'années avant d'espérer avoir un avocat !! ^^

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  • La recette de la lessive maison au savon de Marseille

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    Me revoilà avec la recette qui me vaut le plus de visite ici et sans aucun doute ce qui me vaut le plus de questions ou de remarques de votre part !

    Plus de trois ans après avoir commencer à vous parler de lessive au savon de Marseille, je suis ravie de l'écho que ma petite recette a eu et du nombre d'adeptes autour de moi. 

    Vous pouvez retrouver tous mes articles sur le sujet sur le blog :

    - la recette originale de lessive au savon de Marseille

    - mon bilan après 1 an d'utilisation

    - la FAQ avec toutes vos questions les plus fréquentes

    - un article pour apprendre à reconnaître un vrai savon de Marseille

    - un article sur la question de l'huile de palme dans les savons de Marseille

    Et comme je suis sympa, je vous ai fait un fichier un peu plus "joli" à conserver, imprimer ou à partager pour avoir la recette sous le coude !

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    Pour télécharger le PDF de la recette de la lessive maison : c'est ici

    N'oubliez pas que j'ai déjà répondu à beaucoup de questions pratiques dans les différents articles ci-dessus mais je reste évidemment à votre disposition si vous avez des soucis !

  • Savon de Marseille & huile de palme

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    Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que le savon de Marseille et moi, c'est une grande histoire d'amour. Originaire de Salon de Provence, je vais aux savonneries provençales depuis toujours et l'odeur du savon de Marseille fait partie de mes madeleines de Proust à moi. 

    Depuis, j'ai appris à l'utiliser pour mon linge, ma maison, mes plantes...et je vous partage ici plusieurs de mes recettes ou astuces. 

    Mais j'ai depuis longtemps de nombreux messages sur leur composition, la présence d'huile de palme, la différence entre le vert et le blanc ou autre. J'ai essayé de répondre à plusieurs questions dans l'article Comment reconnaître un vrai savon de Marseille ou encore dans la FAQ sur la lessive au savon de Marseille. Mais finalement les questions se cristallisent sur l'huile de palme présente dans certains savons de Marseille. 

    J'ai fait une mini storie sur Instagram pour expliquer un peu le cas de l'huile de palme dans les savons mais ça me semble utile d'y revenir ici dans un petit article. 

    La composition officielle du savon de Marseille : 100% huile d'olive

    Le savon de Marseille et plus largement la fabrication de savons en Provence est très ancienne en raison de la présence d'huiles végétales, de soude et de sel dans la région.

    Le processus de fabrication n'a été établit qu'en 1688, par l'Edit de Colbert, visant à limiter les dérives de certaines fabricants qui ajoutaient des graisses animales. C'est ainsi qu'un savon de Provence doit être cuit dans un chaudron (des chaudières) et ne contenir que de l'huile d'olive. Pas de graisses animales, pas d'autres huiles végétales. Il deviendra ensuite ce qu'on appelle aujourd'hui un savon de Marseille sous Napoléon. 

    L'ajout d'autres huiles végétales : palme, coprah... 

    Rapidement, les savonneries françaises se sont retrouvées en concurrence avec d'autres types de savons produits à l'étranger, notamment à base de graisses animales, qui produisaient ainsi un savon bien moins cher et plus facile à utiliser (plus de mousse, plus facile à rincer). La fabrication a base d'huile d'olive pure est en effet très complexe, coûteuse et le savon ne mousse que très peu.

    L'huile d'olive demeurait en effet une matière première très chère en raison de sa production (et c'est encore le cas aujourd'hui!). Le Port de Marseille a donc salué l'arrivée d'autres huiles végétales à partir de 1820 en provenance des Iles ou de l'Afrique du Nord, notamment l'huile de palme et l'huile de coprah (mais aussi la désormais célèbre arachide). 

    Les savonneries ont alors intégré une part de ces huiles à la recette originelle afin de faire baisser les prix et de sortir des savons plus faciles à utiliser. L'huile de palme ou de coprah notamment ont des propriétés "moussantes" (pour faire simple!) appréciées par les consommateurs. C'est à cette époque que les savonneries sortent aussi le savon blanc qui devient rapidement prisé pour le linge jusqu'à la seconde Guerre Mondiale. 

    La modification de la composition des savons de Marseille avec d'autres huiles végétales est ainsi très ancienne, sous les pressions économiques et celles des consommateurs. 

    La composition des savons de Marseille en 2017

    Aujourd'hui, il subsiste peu de véritables savonneries traditionnelles, tout simplement parce qu'il reste peu de "chaudrons" en activité. L'industrie a connu de grandes difficultés après la seconde Guerre Mondiale et l'arrivée de nouveaux produits chimiques plus économiques, plus faciles à utiliser, plus modernes, a fortement fait diminuer la demande en savon solide.

    A priori, il ne reste qu'un savon qui présente toutes les caractéristiques de l'Edit de Colbert, à savoir un 100% d'huile d'olive : Alepia. Cuit en chaudron et uniquement à base d'huile d'olive, il est cependant fabriqué en Ile de France, ce qui enlève un peu de son charme...à mon humble avis ^^ Mais il reste intéressant pour ceux qui cherchent à éviter à tout prix l'exploitation d'autres huiles végétales.

    Les autres savonneries offrent désormais un savon de Marseille qui contient de l'huile d'olive et d'autres huiles végétales, en très grande majorité de l'huile de coprah. A ma connaissance, il n'y a que Rampal Latour qui ajoute aussi de l'huile de palme dans son savon vert. En revanche, tous les savons blancs contiennent huile de palme et huile de coprah, comme depuis l'origine. 

    Alors, on évite l'huile de palme et l'huile de coprah dans les savons ? 

    C'est une question à laquelle je ne peux pas vous donner de réponse absolue, c'est un choix personnel. Par contre, je peux vous expliquer mon propre choix. 

    Premièrement, utiliser un savon de Marseille 100% huile d'olive pure est très différent d'un savon qui contient d'autres huiles végétales : il moussera moins, l'odeur sera plus forte, il se rincera plus difficilement. L'ajout de l'huile de palme ou de l'huile de coprah n'est pas le résultat d'une décision "tiens si on participait à la déforestation?". C'était à la fois une nécessité économique face au prix et parfois à la pénurie de l'huile d'olive. Et aussi une demande des consommateurs qui avaient des difficultés à s'approprier un savon si difficile à utiliser. 

    Deuxièmement, la problématique de l'huile de palme est souvent prise dans son ensemble sans réflexion (ou en tout cas, un peu rapidement à mon sens). 

    L'huile de palme, issue du palmier à huile, est majoritairement produite en Indonésie et en Malaisie, mais aussi en Amérique Latine. C'est désormais la plus grande production d'huile, en raison de sa rentabilité (le palmier produit beaucoup chaque année et pendant plus de 30 ans) et ils demandent moins de surface que la plupart des autres arbres à huiles. C'est donc uniquement des raisons de rentabilité économique qui font qu'aujourd'hui, c'est l'huile la plus consommée et la plus utilisée dans le monde. 

    Du coup, on augmente sans cesse les parcelles de palmiers à huile, en éliminant des forêts entières qui jouaient un rôle essentiel, notamment pour l'absorption du CO2, ainsi que toute la biodiversité qui dépendait de ses arbres divers. On pourrait ajouter que la consommation a proprement parlé d'huile palme n'est pas idéal pour la santé, vu que c'est une huile qui contient énormément d'acides gras saturés. 

    Si ça vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil à l'article du National Geographic sur l'huile de palme.

    Mais alors, si on veut éviter l'huile de palme, il faut absolument utiliser un savon de Marseille sans huile de palme ?

    Ben oui et non, je vous dirais. L'huile de palme est utilisée dans trois secteurs différents : 80% pour l'alimentaire, 19% en cosmétologie, 1% en énergétique (dans l'essence). Il est alors étrange de diaboliser les savons de Marseille pour l'ajout de l'huile de palme. Bien évidemment dans une logique pure, on devrait proscrire tout produit à base d'huile de palme. Néanmoins, comme on ne vit pas dans une logique pure, il me semble évident de commencer à éliminer l'huile de palme dans l'alimentaire. Et pour tenter de le faire, c'est loin de se limiter au Nutella !!

    Mais alors en cosmétologie, ça concerne aussi les savons non ? Il faut déjà comprendre que l'huile de palme se retrouve rarement sous sa forme originelle dans les cosmétiques mais elle est transformée. Présente dans la grande majorité des cosmétiques classiques, dans les crèmes, les démaquillants, etc., on la reconnaît grâce à différentes dénomination : tous les suffixes -capryl ou les préfixes -lauryl -cetear -palm...

    Pour plus d'infos, je vous recommande l'article de Oolution sur l'huile de palme en cosmétique. En gros, si vous évitez déjà la cosmétique classique ou que vous privilégiez des produits bruts, vous avez déjà une grande partie de la solution.  Et là encore, c'est loin d'être simple de reconnaître l'huile de palme dans toutes les compositions.

    On fait quoi alors pour le savon de Marseille ? 

    On privilégie au maximum les savons de Marseille qui ne contiennent que de l'huile de coprah et de l'huile d'olive (toujours le savon vert). Il ne s'agit pas de substituer l'huile de coco à l'huile de palme mais il semblerait que ce soit pour l'instant moins problématique d'un point de vue écologique. 

    Je continue personnellement à utiliser le savon de Marseille blanc, à l'huile de palme donc. Parce que la recette de la lessive maison a un bien meilleur résultat comme ça et que j'estime que mon impact reste meilleur à faire ma lessive maison qu'à utiliser les lessives conventionnelles (qui doivent en plus contenir aussi de l'huile de palme sous forme transformée).

    Pour l'instant, je traque l'huile de palme dans l'alimentation et la cosmétique classique. Et je ne culpabilise pas du tout de continuer à utiliser le savon de Marseille blanc pour ma lessive. J'estime que le fait de faire ma propre lessive est un geste important d'un point de vue écologique et un des rares gestes à faire en tant que consommatrice qui n'achète plus de lessive depuis 2 ans.

    Et surtout, je n'ai pas du tout envie d'entrer en guerre contre les quelques savonneries traditionnelles pour leur utilisation de l'huile de palme ! Je comprends les remarques des personnes qui veulent limiter l'huile de palme et sont déçues de sa présence dans le savon de Marseille. Pourtant, chez moi, ce savon, qu'il soit avec ou sans huile de palme, me permet de me passer de lessive industrielle, de détachant, de gel douche ou de liquide vaisselle parfois, de produits pour mes plantes malades, etc... Clairement, je préfère limiter tout ces produits même si cela signifie d'acheter encore un savon à base d'huile de palme. Et autour de moi, je suis déjà loin d'être dans la majorité à ne plus acheter ces produits (ni ceux de la cosmétiques traditionnelles). 

    Quand on fera pression sur les industriels qui utilisent à tout va l'huile de palme, je n'aurais plus d'états d'âmes à faire pression sur les savonneries traditionnelles pour qu'elles utilisent autre chose. En attendant, c'est un combat que je trouve un peu injuste : blâmer un savoir faire traditionnel qui offre tant de possibilités pour utiliser des produits moins polluants et moins dangereux pour la santé, c'est (encore une fois à mon sens) une hérésie.

    Allons déjà combattre l'industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique ainsi que les gouvernements des pays qui traînent à mettre en place une règlementation contre la déforestation et à appuyer un label durable d'exploitation des palmeraies...puis on passera en Provence discuter savon de Marseille et huile de palme ♥

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