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Banana Pancakes - Page 4

  • L'Affaire du siècle (mais pas la meilleure communication juridique du siècle)

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    Expliquer simplement des choses complexes et à contre-courant, c'est loin d'être facile. J'ai réécris des tonnes de fois cet article, jusqu'à ne plus rien comprendre ! Finalement, j'ai tout effacé et je me suis lancée en version plus brute.

    L'Affaire du siècle. Rien que le nom m'a mis la puce à l'oreille. Les tonnes d'articles de presse sortis dans les premières 48h m'ont définitivement convaincue d'aller un peu plus loin que la vidéo tournant en boucle sur l'ensemble de mes réseaux sociaux. Au début, j'ai pensé que l'idée étant chouette, les explications plus "justes" ou plus "mesurées" arriveraient rapidement. Mais ça n'a pas été le cas et c'est encore assez rare.

    J'ai beau avoir dit "je ne suis plus juriste", je n'ai pas non plus fait une amnésie. Quand des tonnes de blogueurs, journalistes ou autres, communiquaient sur "les ONG ont fait un recours juridique contre l'Etat", c'est plus fort que moi, j'ai communiqué pour préciser quelques points juridiques (le juriste a beaucoup de mal à ne pas se mêler de tout, saches-le). Et finalement, il y a eu plusieurs réactions sur ce manque d'information et je me suis dis qu'un petit point ici serait plus pertinent que sur Instagram ! 

    Petit point préalable : je ne suis pas "contre" la pétition, ni contre la remise en cause de l'inaction de l'Etat en matière climatique (et bien d'autres d'ailleurs). Je reproche essentiellement à "l'affaire du siècle" d'avoir opter pour une communication qui entretient les malentendus et les approximations...pour faire le buzz dont elle n'avait pas besoin. C'est un peu la traduction du "tous les moyens sont bons", tant que la conclusion est positive (et aussi vendeuse que l'écologie), peu importe les mots, les raccourcis...et les conséquences. On remet en cause quantité de marques, entreprises, célébrité...mais on perd tout sens critique dès qu'on parle d'écologie. C'est aussi le symbole de l'instantanéité sur les réseaux qui fait qu'on partage souvent sans avoir même avoir le lien (ni lu a fortiori).

    Bref, j'avais envie d'écrire sur l'Affaire du siècle !

    La stratégie de communication

    J'entre par la "petite" porte. Cette critique n'en ai pas vraiment une, c'est davantage un point de vue perso. Mais je n'adhère pas du nom à la stratégie de communication qu'il y a derrière l'affaire du siècle.

    - le nom : l'affaire du siècle, je suis désolée, c'est très présomptueux. C'est un avis purement personnel mais le climat c'est "le sujet du siècle", pas une affaire juridique. Quand on regarde les "affaires" les plus célèbres du siècle dernier, qui peut avoir la vérité sur ce qu'il en sera pour notre siècle ? Bref, c'est une simple question de nom mais pour moi, c'était déjà mal parti. C'est comme la crème "miracle", j'ai une légère tendance à me méfier de ces termes. Mais on peut aussi se dire que c'est une stratégie pour attirer l'attention et faut bien avouer que ça fonctionne.

    - la communication : le site internet, la vidéo, les célébrités, la stratégie de partage via les blogueurs ou youtubers, le matraquage sur l'ensemble des réseaux sociaux... Je comprends l'idée derrière cette stratégie. L'enjeu est important, la communication doit l'être aussi. Pourtant, ça me fait l'effet d'un mauvais partenariat qu'on retrouve simultanément sur tous les réseaux sociaux. Ce "matraquage" me fait l'effet de la publicité juvamine qui tournait en boucle... Pour moi, c'est une méthode de communication un peu dépassée, qui pousse les gens au "like" sans lire quoique ce soit (combien de personnes ont lu le courrier envoyé avant de signer? ou même juste le communiqué de presse) et qui oublie bien trop d'expliquer et de nuancer.

    Je caricature un peu (et j'y vais fort!) mais vous voyez l'idée derrière ?

    Et évidemment, une telle stratégie de communication a eu un effet immédiat dans la presse : en deux jours, les articles se sont multipliés, reprenant les termes approximatifs ou les erreurs juridiques...sans se poser de questions. Je ne compte plus le nombre de médias - des plus discrets au plus généraux - qui ont titré : "recours contre l'Etat " ou "des ONG poursuivent l'Etat en justice"...sachant que ces deux phrases sont fausses...

    Enfin, un dernier mot sur cette stratégie de com : faire passer l'écologie pour quelque chose de cool et de simple. Tout dans le site web ou la vidéo est fait pour que l'on signe : les célébrités qu'on aime, les youtubers cool, les couleurs, les phrases en gros... Tout "surfe" sur cette tendance à ajouter des paillettes à l'écologie, à simplifier des choses bien complexes et à prendre la vague de la tendance "plus de participation citoyenne" entamé par un mouvement plus jaune que vert... Sincèrement, qui ne signerait pas quand on vous dit que vous allez sauver la planète en attaquant en justice un Etat qui ne fait rien pour la planète ? Et quand des gens aussi cool vous disent qu'il suffit de signer ??

    Alors là, ce n'est que mon petit avis perso qui peut largement se discuter (comme tout le reste hein!) mais l'écologie c'est pas "cool", c'est un mode de vie que l'on doit tous adopter rapidement et c'est un changement de modèle politique et économique à enclencher. C'est apprendre à se passer des choses qui nous ont apporté du confort, du progrès parfois ou même des "économies". C'est interroger des gestes automatiques du quotidien, un rapport à la consommation, à l'argent, au bonheur, au travail et au confort...tout ça, c'est pas cool ! C'est dur pour la plupart d'entre nous et tellement difficile que beaucoup sont loin d'avoir encore un orteil dedans. Alors oui pour expliquer, faciliter, rendre plus accessible, moins difficile mais pas pour recouvrir de paillettes à tout prix.

    Les imprécisions juridiques ou la minute chiante

    J'en viens aux origines de l'article. Autant le paragraphe précédent n'est qu'un avis parmi tant d'autres et je n'espère pas vous convaincre de le suivre, je voulais juste partager un autre ressenti que celui qu'on attend de moi en général... Autant, les approximations (ou parfois les erreurs) ne sont pas "mon avis". Bien sûr, le droit ce n'est pas une science exacte et je n'ai pas (du tout) la science infuse. Mais les mots ont un sens et parfois, des conséquences. 

    Je n'espère pas convaincre de ne pas signer la pétition, ni dire qu'elle n'a pas lieu d'être. Mais pourquoi est-ce qu'on se sent toujours obligé d'en rajouter des tonnes quitte à dire des choses fausses, uniquement pour arriver à un but positif ? Du coup, ça rend très très difficile mon exercice ici : critiquer c'est remettre en cause. C'est le moment où je rentre parfaitement dans la caricature du juriste : oui les mots ont un sens et non on ne peut pas dire n'importe quoi pour atteindre son but. Et oui, le droit c'est compliqué, c'est chiant, mais ce n'est pas impossible à expliquer ! Et oui, c'est peut être plus compliqué de faire le buzz avec un "des ONG ont envoyé un courrier au gouvernement et vont essayer de faire bouger la justice climatique pour avoir au minimum une décision médiatique"...plutôt que "des ONG poursuive l'Etat en justice" ! 

    Alors évacuons déjà quelques erreurs/approximations juridiques qui sont surtout ressorties du côté des médias ou des "influenceurs" (c'est non exhaustif hein!) : 

    - recours juridique : non les ONG n'ont pas fait de recours juridique. Ils ont envoyé une lettre au 1er Ministre (et à 12 membres du gouvernement) en demande préalable indemnitaire. L'objectif, en un mot, est d'obtenir une réponse qui sera alors "attaquée". C'est ce qu'on appelle la liaison du contentieux, il faut une décision, même une "non-décision" c'est à dire le silence de l'administration, pour faire un recours indemnitaire, on ne peut pas aller directement devant le juge. Donc les ONG n'ont pas fait de "recours", ils ont envoyé un courrier, c'est une nuance qui a quand même son importance...

    - attaquer l'Etat, poursuivre l'Etat, etc. : nombre de termes utilisés mélangent largement les juridictions (pénales et administratives) et utilisent des mots qui portent à confusion. Pour faire simple, on ne "poursuit" par l'Etat devant le juge administratif...ni ailleurs puisque l'Etat est une "fiction" qui ne peut pas finir derrière les barreaux. Ni le Président, ni aucun membre du gouvernement ne seront dans la salle d'audience, ce n'est pas eux dont on met en cause la responsabilité mais l'institution fictive de l'Etat. Nuance là encore et grosse déception pour ceux qui veulent faire tomber des têtes...

    - la suite donnée à la lettre envoyée est aussi très peu expliquée dans la com : la réponse attendue devra être considérée comme une décision administrative faisant grief, c'est à dire un acte qui crée des droits et des obligations, sinon la requête sera irrecevable. Et clairement - ce n'est que mon avis - c'est loin d'être gagné que la réponse apportée (ou le silence) sera recevable devant un juge. Je pourrais aussi ajouter que dans les normes soulevées pour contester l'action de l'Etat, il faudra des règles de droit directement applicables ou combinées à d'autres normes que le juge voudra bien mobiliser ( et clairement, le juge administratif, c'est pas le plus écolo qu'on puisse trouver...). Enfin, l'argumentaire principal se base sur des objectifs à atteindre en 2020, ça complique légèrement le travail du juge de condamner avant la date de réalisation des objectifs (même s'ils sont mal partis). Etre responsable de quelque chose qui n'a pas encore eu lieu, c'est pas le plus facile à construire devant une juridiction.

    - une petite aparté Pays-Bas puisque c'est un exemple souvent repris pour dire "ils l'ont fait eux". En effet, il y a eu une décision très novatrice aux Pays-Bas - la décision Urgenda - où le juge a prononcé une injonction envers l'Etat de réduire les émissions CO2 d'au moins 25% d'ici 2020. Je ne vais pas vous faire l'analyse de jurisprudence ici mais je voulais seulement ajouter que prendre des exemples juridiques étrangers est toujours risqué. L'architecture juridique n'est pas la même et il est complexe de transposer entre plusieurs pays. Et au-delà, la décision Urgenda a fonctionné par "poids politique". Le juge n'a pas prononcé de sanctions ni expliquer quelles mesures prendre. Et c'est bien ici que se trouve l'essentiel de ce que je reproche : penser que le juge doit agir en politicien.

    J'ajouterais que le site de l'Affaire du siècle fournit le courrier envoyé et le communiqué de presse, mais le "brief juridique" censé expliquer les fondements juridiques de cette action est toujours "en cours de publication"...comme si ces précisions ne comptaient pas pour signer la pétition...

    Le coeur du problème : la confusion entre le politique et le juridique

    On va terminer par ce qui me chiffonne le plus. Enrober une telle action de toute cette communication et de ces approximations juridiques portent une confusion bien plus dangereuse à court ou long terme : confondre la justice et la politique. C'est déjà quelque chose de très fréquent. Je ne compte plus les gens qui me parlent de "mes copains au parlement", confondant juriste et député. Faire peser la lutte contre le changement climatique sur le juge, c'est le penser comme un politicien. Le choix des actions, les financements, les orientations énergétiques, les interdictions ou la réglementation...tout ça est une affaire de politique ! Si le juge n'est pas armé pour apporter certaines garanties, c'est que le politique ne l'a pas voulu (je généralise, le juge garde un certain "pouvoir" hein...). 

    Et dans le domaine environnemental, c'est encore plus risqué. C'est penser que le juge est capable de dire ce qui doit être fait ou non pour lutter contre le réchauffement climatique. Qu'il doit dire aux "décideurs" (exécutif ou législatif) où est le bon chemin pour faire baisser les émissions de CO2. Il doit décider quoi alors ? D'accélérer la transition énergétique? Donner raison à ceux qui soutiennent le nucléaire, moins émetteur de CO2, contraindre l'Etat à contraindre les entreprises, interdire aux consommateurs (nous) d'acheter de la viande (plus gros émetteur de CO2), etc. Le juge n'est pas un technicien, ce n'est pas un climatologue...ni un décideur. Si j'osais, je dirais que c'est aussi penser que l'Etat français est le seul à même à décider (ou pas) de ce qu'il doit faire...ce qui est loin d'être le cas (et d'ailleurs ça voudrait dire qu'on est tous d'accord sur ce qu'il doit faire...là encore c'est loin d'être le cas). 

    Bref, c'est faire passer une situation extrêmement complexe pour quelque chose qui est entièrement dans les mains d'un juge (paye ta pression !). 

    Il y a évidemment une grande part de tout ça qui n'est que mon avis. Je pense que les "solutions" viennent plus du politique que du juridique, largement sous armé pour ça, mais qu'elles viennent surtout du monde économique et de chacun d'entre nous...une fois qu'on aura accepté de renoncer au système actuel. Mais même en essayant de prendre du recul et d'être plus objective, je ne peux m'empêcher de penser aux conséquences qu'aura une décision du juge : s'il refuse de déclarer l'acte recevable ou s'il est dans l'incapacité d'enjoindre quoique ce soit, que dira la presse ? Et les signataires de la pétition ? Et les climatosceptiques ?

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    Voilà voilà, j'espère ne pas vous avoir perdu ni exaspéré. Et surtout, pas convaincu de ne rien signer. Mais plutôt de lire, vous informer, ne pas vous précipiter et savoir exactement à quoi vous attendre. Et surtout ne pas attendre la décision d'un juge pour changer des choses dans votre vie. Consommer moins, passer au bio, au naturel, moins dépendre des énergies fossiles, orienter votre argent vers des projets verts, aligner votre emploi vers un avenir plus écologique, manger moins de viande, acheter local, diminuer le jetable...c'est moins cool et bien plus long que de remplir une pétition mais ça permet de ne pas attendre pour avancer ♥

    Pour lire un peu plus sur le sujet :

    - le site de l'Affaire du siècle

    - la chronique d'Arnaud Gossement (avocat en droit de l'environnement) ou l'écouter en podcast avec Audrey Pulvar sur France Inter (que je remercie mille fois d'avoir pris la parole sur le sujet et souvent mis les mots sur mes idées brouillons!)

    - et promis, je regarde ce qui s'écrit ailleurs mais je vous assure que c'est pas simple à trouver, quand on met de côté les sites franchement climatosceptiques !

  • Pas de résolutions, pas de révolution

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    Après un temps d'absence ici, en raison d'occupation sur Santa is green, je vous souhaite enfin une très belle année 2019 ! Et j'en profite pour vous remercier pour être toujours présent par ici, pour avoir partager autant de choses en 2018, que vous soyez dans l'ombre ou en commentaires ! 

    Je ne suis pas du tout une fille de janvier. J'ai toujours préféré prendre des résolutions ou faire des bilans en septembre. En janvier, je déprime un peu de la fin des fêtes et du froid qui s'annonce. Janvier pour moi, ça a longtemps été signe de partiels à la fac, puis de recherches de boulots sans trop savoir où était ma place. Aujourd'hui, c'est toujours un peu le bazar dans ma vie professionnelle et du coup, je n'aspire à rien de particuliers. 

    Les résolutions, c'est un peu bancal comme concept. On se met plus de pression pour faire des choses qu'on a pas réussi à faire auparavant. On fait des bilans de ce qui nous manque ou de ce qu'on pourrait améliorer. Mais en fait, on pourrait toujours décider de changer ou d'améliorer les choses. Et ça nous entraîne à voir ce qui ne va pas plutôt que ce qui fonctionne. Même les bilans peuvent être complexes à certaines périodes de la vie. Il est toujours positif de prendre du recul sur son année, de voir ce qu'on a accompli, ce dont on a manqué, etc.

    Mais on peut aussi aspirer à laisser le bilan se faire seul, quand on sera prêt à digérer notre année. Accepter que les choses ne changent pas parce que le numéro de l'année change. Avancer jour après jour, ne pas toujours planifier, prévoir, envisager. Etre un peu plus carpe diem ? 

    Sincèrement, je n'aspire qu'à trouver plus de calme. Le calme qu'on ne retrouve plus dans l'actualité, dans les discussions entre proches ou sur les réseaux sociaux. Le calme qui me manque quand je me compare aux autres ou quand je ne sais toujours pas quoi cocher aux questions fondamentales de la vie. 

    Evidemment, je me souhaite de la réussite, de l'amour, du bonheur et surtout de la santé. Mais en vrai, j'ai déjà la santé et beaucoup d'amour. Donc j'ai déjà du bonheur non ? Le reste n'arrivera pas parce que je l'aurais décidé. Je ne suis pas toujours maître de ma réussite ou de mes échecs. Je fais des choix, j'essaye, je rate, je retente. Peu importe le nombre de résolutions que je ferais, la vie sera toujours plus imaginative que moi.

    Alors en 2019, je souhaite du calme. Des jours sereins pour construire ce que je souhaite. Pour pouvoir me relever quand j'échoue. Pour apprécier ce que j'ai quand on me signale ce que je n'ai pas. Du calme pour partager mes idées et mes envies. Même quand on les attaque ou qu'on ne les comprends pas. Du calme pour trouver comment parler d'écologie dans un monde où tout va si vite qu'on ne s'interroge plus sur rien. Du calme pour comprendre plutôt que juger. Du calme en moi quand tout bouillonne dehors et que je ne comprends plus les gens. Du calme pour répondre aux jugements hâtifs et aux incompréhensions d'un monde où il faut avoir réussi en surface quitte à être malheureux au fond. Du calme pour apprécier les choses simples que j'adore dans ma vie. 

    En 2019, le monde bouillonne et moi, je veux du calme. Pas de résolution, encore moi de révolution. Juste du calme.

     

     

     

  • Un Noël Green !

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    Je ne suis pas très présente par ici mais c'est pour la bonne cause et j'ai plusieurs choses à vous annoncer ! 

    J'ai lancé Santa is Green, le blog éphémère pour un Noël écolo mi-novembre et je suis ravie de l'accueil que vous lui faites ! Vous trouverez plusieurs articles, de la décoration aux cadeaux pour passer un Noël un peu plus Green ! A venir : les wishlists de cadeaux et des idées de repas de Noël. Sans oublier quelques articles "histoires" où je vous raconte l'origine de quelques traditions de Noël. 

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    Et à ce propos, je participe à un collectif de blogueuses pour vous offrir un ebook spécial Noël : Ebook pour un Noël green à télécharger gratuitement chez Audrey de Naturopathie Coaching ! J'espère qu'il vous plaira !

    « Un Noël Green », c’est un projet collectif dans lequel plusieurs blogueuses se mobilisent pour vous proposer de passer des fêtes de fin d’année dans la bienveillance et en toute sérénité. Au programme de ce Noël 100% green : une alimentation saine, des recettes gourmandes, de la beauté bio, du développement personnel, du bien-être, de la spiritualité, de la déco et de l’écologie ! Pour l’occasion, nous avons créé un ebook dans lequel vous retrouverez mon intro sur l'histoire du Père Noël et l'article sur le comparatif écolo des sapins ! Mais aussi plein d’autres conseils, astuces et DIY qui vous assurent de passer des fêtes sereines et éthiques !

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    Enfin, pour les habitants du sud-ouest, j'organise plusieurs ateliers green sur Pau et je viens de créer un page facebook spécifique qui va vous permettre de retrouver toutes les informations sur ces ateliers : Les Ateliers Green. Au programme : des ateliers Furoshikis, Beewraps, lessive maison, etc. 

    Voilà pour l'essentiel ! On se retrouve très vite par ici !

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  • Sorcières et plus si affinités

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    Quelques jours après avoir terminé Sorcières de Mona Chollet, je n'arrive toujours pas à décrire mon avis simplement (enfin si, ne t'enfuis pas tout de suite).

    Je l'ai commandé dès que j'ai écouté l'interview de l'auteure dans le podcast de La poudre. Je la connaissais uniquement comme journaliste au Monde diplomatique mais j'ai adoré l'écouter parler du statut de la femme et du rapport avec l'histoire des sorcières.

    Je ne suis pas vraiment quelqu'un de très "spirituel", dans le sens où je ne suis pas vraiment sensible à tout ce qui se développe aujourd'hui autour du "sacré", des astres ou de l'influence de la lune. J'aime lire certaines choses dessus mais ce n'est vraiment pas mes lectures habituelles. 

    Mais les sorcières, c'est un peu à part. Déjà parce qu'elles m'ont toujours fascinées plus jeune mais surtout car je ne les résume pas à un mouvement mystique ou imaginaire. C'est une partie de notre Histoire dont dérive aujourd'hui de nombreuses choses : les propriétés des plantes, une certaine forme de médecine, etc.

    Pourtant, je n'ai jamais rien lu de très précis sur cette partie de l'histoire, sur le statut des sorcières, qui elles étaient et pourquoi elles ont été poursuivies. Dans son interview, elle casse déjà certains mythes qui m'ont intéressés : la chasse aux sorcières, ce n'est pas vraiment un mouvement du Moyen-âge ni un cruauté initiée uniquement par l'Eglise catholique. 

    Mais j'ai surtout été fascinée par son résumé sur l'impact de ce pan de notre Histoire si sombre et pourtant complètement oubliée sur la place de la femme aujourd'hui. En quelques mots, elle explique que la sorcière était avant tout poursuivie pour son symbole de femme libre, sans enfant, indépendante... Une femme qui finalement ne correspondait pas au statut de la femme que l'époque cherchait à mettre en place : une femme soumise, à son père ou à son mari, faite pour enfanter et qui, à un certain âge, devait se retirer de la société. 

    En bref, quelques minutes de ses paroles m'ont convaincue à en lire davantage et la lecture promettait d'être enrichissante sur cette histoire dont on ne parle jamais...

    Evidemment, il s'agit de mon avis, par définition personnel. Et comme pour tout, si vous avez un doute, il vous suffit de lire son livre ^^

    En un mot...

    Pour ceux qui n'ont pas envie de se farcir mon article, je vous livre mon avis principal. Si vous avez envie de lire un essai sur la place de la femme aujourd'hui (en Occident), sur le poids de la société patriarcale et sur des automatismes de réflexions qu'on ignore même en se disant "féministe" : foncez ! Je nuancerais un peu mon propos en suivant mais il reste très intéressant pour déconstruire certaines images de la femme, de son rôle, sa place et sa relation à l'âge ou à la maternité. 

    Mais si vous voulez lire sur l'histoire des sorcières, leurs procès, leurs identités...vous risquez d'être déçus ! Même le lien entre chasse aux sorcières et statut de la femme aujourd'hui est relativement rapide. L'introduction reste, à mon sens, la partie la plus instructive sur cet aspect (et mérite amplement l'achat du livre).

    L'histoire des sorcières...trop rare

    C'est bien là ma déception. Et ça m'embête beaucoup parce que globalement j'ai beaucoup apprécié le livre. Mais il faut beaucoup de recul pour apprécier un livre pour autre chose que ce à quoi on s'attend. C'est comme acheter un livre pour son histoire d'amour et se retrouver avec un thriller. Si le thriller est bon, vous apprécierez sans doute, mais il faudra d'abord aller au-delà de la déception et du sentiment de "publicité mensongère".

    L'introduction mise à part, les références historiques sont relativement éparses dans le livre. Et la plupart du temps, elle se résume à des références cinématographiques. Au fil des pages, les références sont très (trop?) présentes et il y a rarement un chapitre sans description d'un film. Si je comprends le lien entre le cinéma, la représentation erronée de la sorcière qu'il retranscrit et le statut de la femme aujourd'hui...ça ne me semble pas indispensable d'en mettre autant tout au long du livre.

    Ce sentiment ne semble pas vraiment partagé quand je lis les avis du livre. Alors il est sans doute purement personnel, je suis toujours en quête d'informations historiques, de liens, de descriptions que je ne connais pas et parfois, ça me rend un peu trop exigeante... Mais clairement, j'ai trouvé le titre et le résumé un peu trop alléchant par rapport à ses propos. Elle pose sa "thèse" de l'impact du statut de la sorcière sans réellement expliquer comment elle arrive à cette proposition. 

    Le résultat est que pour moi, Sorcières est un essai féministe - très intéressant - et non un livre sur les sorcières. C'est comme si elle avait sauté l'argumentation pour développer uniquement sa conclusion sur le statut des femmes aujourd'hui.

    Le statut de la femme aujourd'hui...très personnel

    Pour le coup, si vous voulez déconstruire certains mythes, réfléchir aux mécanismes inconscients de la soumission des femmes, il vous plaira. Par le prisme des trois femmes - indépendant, sans enfant et âgée - elle aborde a peu près toutes les constructions qui font que, siècles après siècles, l'homme a modelé l'image de la femme pour qu'elle soit moins effrayante...et plus contrôlable.

    J'ajouterais que c'est un livre que je ferais lire en priorités à toutes ces femmes qui trouvent le féminisme, un peu "trop", qui prône leur consentement aux rôles que les féministes remettent en question sans jamais s'interroger sur l'origine de celui-ci. Les questions flirtent avec la philosophie mais à partir de quand est-ce qu'on décide en pleine conscience de s'occuper de sa famille, de faire des enfants, de se teindre les cheveux blancs ou de ne pas exprimer leur colère...sans que cela reflète des siècles de construction qui nous amène à penser ces choix comme les nôtres ? 

    Bref, pour toutes ces raisons, c'est un essai passionnant sur le statut de la femme et toutes ces choses insidieuses, presque invisibles, qui guident nos choix aujourd'hui sans que l'on s'en rende compte.

    J'apporterais un bémol à ces propos, non pas en forme de critique du fond mais plutôt du style (mais ça vient peut être de la forme de l'essai dont les contours m'échappent encore). J'ai été gênée à plusieurs reprises par ses propos très focalisés sur sa propre vie, ses propres choix. Notamment dans le chapitre sur la maternité. Alors évidemment, vous me direz, j'ai une fille, je ne partage évidemment pas son choix de ne pas avoir d'enfant. Mais j'ai beaucoup réfléchi à la question et j'adore que des voix s'élèvent pour dire que la maternité n'est pas ni obligation ni un moyen d'accomplissement de la femme qui lui manquerait si elle ne voulait/pouvait pas enfanter. Je trouve justement que ses propos à ce sujet manque de nuances, de mise en perspective et sont un peu parasités par sa propre envie de ne pas en avoir. Pour moi, ça véhicule tout autant une image très masculine de la maternité, qui, si elle se réalise, bouleverse le statut de la femme au point qu'elle se dévoue entièrement à ça et qu'elle souffre le martyre si elle n'y arrive pas biologiquement. C'est un sujet bien trop complexe pour l'aborder ici en quelques lignes mais j'ai trouvé dommage de ne pas nuancé ce qu'elle estime être une vérité pour elle.

    Certains passages sont bien plus "construits" dans le sens où elle utilise ses propres expériences pour démontrer l'impact de ces siècles de façonnage de ce que doit être une femme...exacerbé depuis la chasse aux sorcières.

    En conclusion, 

    J'ai pris énormément de plaisir à lire ce livre...jusqu'à sa moitié. Après, il m'a fallu dépasser ma déception d'en apprendre plus sur les films que sur les sorcières. Ca reste toujours un moment désagréable de devoir passer au-delà de ce que l'on voulait y trouver pour apprécier le reste.

    Petite déception néanmoins, puisqu'ayant adoré son style d'écriture, j'ai filé acheter Beauté Fatale, auquel je saurais davantage à quoi m'attendre (quoique?). J'ai eu de vrais coup de coeur pour certaines thématiques qu'elle développe et qu'on lit que trop rarement. C'est le cas de son dernier chapitre et de l'image de la femme "stupide" face aux questions sérieuses du monde, peu importe son niveau d'éducation et son expérience. Ou encore, de la thématique de la vieillesse, de la sexualité passée à la quarantaine (oui, si tu ne le savais pas, après on est périmé logiquement), bref, autant de thèmes que j'aimerais qu'elle développe à l'avenir !

    Et vous, votre avis ?