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Humeurs

  • Changer de job

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    Crédit photo : Emilie Massal

    Après les questions sur la lessive ou les tomates, c'est sans aucun doute la question que je reçois le plus : tu fais quoi dans la vie ?

    Je vous avez promis un article résumé pour vous expliquer les changements qui se sont opérés dans ma vie depuis un an. Mais finalement, ce n'est pas aussi simple à transmettre à l'écrit.

    Je vais tenter de répondre à la question principale et je vous ferais un article plus particulier sur la reconversion en elle-même. Sur Instagram, je vous parle un peu de la difficulté de faire une reconversion, des questions qui se posent, des freins, etc., si ça vous intéresse. Au-delà de ma situation personnelle, le sujet mérite un article à part entière. 

    Je faisais quoi dans la vie

    Un petit rappel nécessaire pour les nouveaux arrivants. Il y a encore un an, j'étais juriste. Je vous avais déjà parlé de mon parcours dans cet article si ça vous intéresse (c'est assez amusant de relire mes mots d'ailleurs). Et pour résumé, j'ai fait de longues études de droit, jusqu'à finir docteur en droit public en 2015. J'ai ensuite enchaîné sur un post-doctorat sur l'économie circulaire en 2016, avec la volonté - plus ou moins claire - de continuer dans la voie universitaire, ou du moins dans un domaine proche du droit de l'environnement. J'ai adoré mes études mais je n'ai absolument jamais voulu être juriste, avocate ou juge. Je voulais écrire, réfléchir, enseigner... Mais le monde universitaire est complexe et changeant, j'ai donc dû me résoudre à prendre un poste en CDD de responsable juridique dans une collectivité territoriale l'année dernière. 

    A côté de cette formation et de ce métier, j'ai toujours eu ce blog puis les réseaux sociaux où je parle depuis plusieurs années d'écologie, au sens large ou dans le quotidien. Je n'en tirais aucune rémunération, comme je vous le racontais dans cet article "Mon blog, pas mon job". 

    Le déclic

    En vrai, il y a eu plusieurs déclics, dont certains que je n'ai pas compris sur le moment. Pour résumé, je dirais avec ce poste de juriste, j'ai compris que j'allais sans aucun doute m'enfermer dans cette voie. L'avantage était que c'était une voie "porteuse" en terme d'emploi puisque je travaillais sur des thématiques vendeuses (coucou le RGPD). Je voyais donc la fin de mon contrat arriver et déjà plusieurs propositions pour continuer dans la même branche. 

    Sauf que si j'ai adoré l'endroit où je travaillais (meilleurs collègues du monde), j'avais des palpitations à imaginer faire ça toute ma vie. Beaucoup de personnes s'épanouissent dans ce métier et tant mieux. Pour ma part, j'étais mal payée, je passais 12 heures hors de chez moi et certains jours, je ne voyais pas ma fille. Les premiers déclics ont plutôt concerné l'équilibre vie pro/vie perso du coup, où je n'avais plus envie de passer à côté de l'enfance de ma fille, ni bouger en région parisienne (lieu préféré des juristes a priori).

    Mais surtout, j'avais l'impression de gâcher ce qui m'animait : l'écologie et l'écriture. Pendant ce contrat, j'ai passé le peu de mon temps libre à écrire ici, à imaginer mon projet de blog de Noël ou à partager sur Instagram. Et clairement, j'étais épuisée de rajouter autant d'heures à mon emploi du temps déjà chargé.

    J'ai terminé mon contrat en juin complètement fatiguée et démoralisée à l'idée de passer à côté de ma vie. J'ai alors décidé de prendre les deux mois de vacances d'été et de décaler ma recherche d'emploi. Ca tombait bien, j'étais positionnée pour un emploi de juriste dont je n'aurais des nouvelles qu'en septembre.

    Je vous raconterais dans l'article sur la reconversion ce que je me suis posée comme question et comment j'ai avancé dans ma réflexion mais ces deux mois ont beaucoup compté pour moi. Pourtant, je suis arrivée en septembre sans idées précises, avec des angoisses impressionnantes à l'idée de reprendre un poste de juriste et de ne jamais trouver quoi faire de ma vie.

    Le changement

    Ma réflexion personnelle a fait ressortir plusieurs envies que j'avais oublié. J'aimais écrire, j'avais même fait des études de droit en attendant de passer les concours pour les écoles de journalisme. Mais surtout, je passais le plus clair de mon temps depuis plusieurs années à parler d'écologie, à promouvoir un certain mode de vie auquel ma vie pro ne correspondait pas. C'est pas faute d'avoir choisi le droit public puis la fonction publique, afin de m'éviter le paradoxe de travailler pour le grand capitaliste. Pourtant, big news, la fonction publique n'est pas épargnée par ce grand capitalisme. Un des grands déclics s'est fait pendant un projet que je devais suivre, projet que je combattais et détestais à titre personnel. Là, mon rôle était d'accompagner et d'aider des gens qui participent - à mon sens - à détruire tout ce auquel je crois. Ca a été très compliqué à vivre et je me voyais mal être confronté à ça dans toute ma vie future.

    J'ai alors pris l'idée de l'écriture, du journalisme et de l'écologie pour essayer de faire germer des choses. J'ai contacté un journal local pour faire des chroniques et je me suis retrouvée avec une proposition de CDD pour du secrétariat de rédaction. En parallèle, une amie qui ouvrait une nouvelle boutique m'a proposé d'animer des ateliers green dans ma ville. J'ai sauté sur l'occasion pour retrouver une action plus concrète que sur le blog. 

    Bref, tout serait encore trop long à vous expliquer mais j'ai testé, contacté, demandé conseils pour essayer de me sortir du cercle sans fin de la fameuse question "mais qu'est-ce que je vais faire de ma vie".

    Malheureusement, je me suis un peu retrouvée au point de départ en janvier avec néanmoins une chronique hebdomadaire dans ce journal local où j'avais travaillé. Une chronique sur l'écologie très concrète chaque semaine et c'est un exercice que j'adore.

    C'est là que les planètes se sont un peu alignées - je vous raconterais plus précisément comment plus tard - pour me permettre d'écrire un livre puis bientôt un deuxième. Clairement le job le plus gratifiant de toute ma vie...mais pas le plus rentable !!

    Et aujourd'hui ?

    Je suis donc désormais autrice (auteure, écrivaine, as you want) et chroniqueuse. Je suis évidemment blogueuse mais pour l'instant, sans rémunération directe. Le blog est ma vitrine, ma visibilité et non une source de revenu. Enfin, j'anime des ateliers, pour l'instant au succès discret mais je n'ai pas choisi la simplicité en étant dans une petite ville (si tu habites vers Pau, le planning est sur Facebook @lesateliersgreen).

    Comme tout cela est encore brouillon et pas tout à fait "rentable", j'ai suivi une formation/coaching en reconversion professionnelle dont je vous parlerais dans le prochain article. L'idée générale était surtout de mettre un nom sur ce que je fais, trouver une cohérence et explorer les pistes que j'ai en tête. 

    Parce qu'en dehors de ces activités, je suis une fille à "milles idées" à la minute et j'ai bien envie d'en entreprendre une. Pourquoi pas avant ? Parce qu'entreprendre me fait flipper. Je dois écouter trop de podcasts où tous les entrepreneurs racontent leurs difficultés et les contraintes de ce choix. Si certains voient peut être le fait d'entreprendre ou même d'être freelance comme une facilité, ce n'est pas mon cas ! Et ces difficultés m'ont, jusqu'à présent, complètement bloquée. Pourtant, comme en matière de slow influence, je crois qu'il y a une place pour le slow entreprenariat. Mais ce n'est pas si simple d'entreprendre quand on prône l'écologie et le minimalisme, dans un monde où j'ai l'impression que tout est déjà fait.

    Je serais donc bien embêtée si ma fille devait remplir la case "emploi de la mère" à l'école puisque je suis clairement une "slasheuse" (terme que j'ai évité pendant des années et qui, pourtant, me va très bien). Je suis auteure, chroniqueuse, animatrice et en pleine réflexion d'entreprenariat. Mes revenus ne sont pas encore stables et je ne vais pas vous cacher que je passe par des phases de gros doutes ou de désespoir. 

    Pourtant, pas une seule fois je ne regrette mon ancien boulot. Un salaire fixe et moins de difficultés d'organisation oui, bien sûr. Des collègues aussi et de vrais weekends. Mais j'aurais du commencer par ça : j'ai fait le choix de changer de voie professionnelle pour être en accord avec mes principes. 

    A l'heure où tout le monde s'engueule entre le fait de ne plus manger de viande, de ne plus prendre l'avion, d'être zéro déchet, de limiter la voiture, de consommer bio et local...il y a une zone qui passe à travers les mailles du filet : notre job. On passe pourtant la majeure partie de notre vie à travailler et je n'arrivais plus à me dire que ce temps-là devait être mis à disposition pour construire des choses qui vont à l'encontre de ce que je prône ici. Je ne dis pas que tout le monde peut faire ce choix, le fameux "ça sert à rien de prendre son vélo si c'est pour bosser à Monsanto" me semble très radical. Mais finalement, c'est comme la viande, l'avion ou les déchets, chacun doit pouvoir faire quelque chose en fonction de ses moyens. Je trouve très hypocrite de prôner ici certains comportements raisonnés, et de passer 12h de ma journée à faire exactement l'inverse. C'est un choix personnel, une obligation que j'ai ressenti au fond de moi, mais ça serait bien que chacun se pose des questions sur l'impact de son activité professionnelle dans notre monde avant d'obliger les autres à changer leur comportement dans leur vie personnelle.

    J'espère avoir répondu un peu à vos questions ! Je vous parlerais bien sûr de mon livre (sppoiler: il est déjà en précommande), du second livre et de mon futur projet. Mais avant ça, je voudrais revenir sur la reconversion pro en elle-même, son cheminement, les questions à se poser, les erreurs à éviter. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les mettre en commentaires, ça m'aidera à construire mon article et j'aurais un pro pour vous m'aider à vous répondre !

    *J'aimerais préciser rapidement, avant d'en reparler dans le prochain article, que je partage ici ma propre expérience. Je ne conseille pas du tout de suivre mon chemin, ni de tout quitter du jour au lendemain. Mon cheminement à l'air "soudain" parce qu'il s'est déclenché en peu de temps mais, en vrai, cela fait longtemps qu'il mûrit. Et je ne nie pas mon facteur "chance" et l'aide que m'a apporté mon blog. Il y a pleins de manières de trouver du sens à son métier, il n'est pas obligatoire de passer par ma phase "je vire à 190°C d'un coup" ;)

    reconversion, job, emploi,

  • La slow influence

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    Crédit photo 

    Petite saga sur ma réflexion suite à ma reconversion. Je sais que la thématique ne plaît pas à tout le monde, milles excuses mais c'est un peu ce qui m'occupe le plus en ce moment :) 

    Arf, que je n'aime pas ce mot d'influenceuse. Je vous l'avais déjà dit dans cet article, mais, pour moi, c'est une mauvaise traduction du terme anglais "influence" qui se rapproche davantage du fait "influer", c'est à dire "avoir une action sur".

    Mais j'ai beau reprendre chaque personne qui s'adresse à moi avec ce terme, j'ai bien conscience que je brasse de l'air. Je ne vous ai pas encore fait l'article sur ma reconversion professionnelle mais je ne suis plus juriste. Aujourd'hui, mon activité essentielle est l'écriture : de livres (bientôt!!!), de chroniques (Ma petite planète), sur ce blog et sur Instagram. Rien que cet aspect de ma vie crée une influence puisque je m'adresse à du public (vous!). Mais on m'appelle "influenceuse" simplement pour des raisons de chiffres. Ils ne sont pas secrets : ici, vous êtes entre 40 000 et 50 000 chaque mois, sur Instagram, vous êtes plus de 14 000. C'est d'ailleurs assez marrant de voir le changement sur Instagram dès que vous passez la fameuse barre des 10k : je l'ai attendu pour le fameux swipe et pouvoir vous mettre des liens en stories (qui, finalement, sont très peu utilisés ^^) mais je n'avais pas anticipé le changement de visibilité auprès des marques.

    Tous ces chiffres ne sont pas fous, beaucoup de blogs ou compte instagram font bien plus. Mais ils sont suffisants pour être intégré dans la case "influenceuse". 

    J'ai un peu tâtonné au début de ma reconversion professionnelle avec ce terme. Comme je dois bien trouver une source de revenu, j'ai réfléchi à la façon de l'utiliser. Et je suis rapidement arrivée à la conclusion que je ne voulais pas utiliser mon influence pour faire de la publicité, je vous en ai parlé récemment dans cet article. Du coup, je refuse désormais 98% des partenariats et des envois produits. Je perds évidemment une source de revenu et j'hésite encore parfois à me dire que c'est le bon choix.

    Pourquoi ? Déjà, parce qu'il y a peu de diversité dans les modes de fonctionnement d'une "influenceuse". A partir du moment où on entre dans cette case et où on créé du contenu (sur un blog, les réseaux...), on se retrouve dans un modèle de partenariat et de stratégie de gestion. On peut bien sûr décider de ne rien faire de cette influence, en tout cas rien de "professionnel" mais dans la plupart des cas, ça sera un "à côté" d'un autre travail et on diminue donc forcément le temps disponible pour cette partie de notre vie. Avoir un blog, des réseaux actifs, répondre à vos messages, aux mails, etc., tout cela demande beaucoup de temps et devient vite une véritable "activité professionnelle" à laquelle il faut bien raccrocher une rémunération. Et dans la majorité des cas, la rémunération viendra de partenariats divers et nécessitera de professionnaliser aussi sa présence "virtuelle" : avoir un blog optimisé, gérer le référencement, connaître le SEO, savoir utiliser Instagram...bref connaître les codes du métier.

    Et pour ma part, ça m'a complètement démoralisé. Je ne suis absolument pas "professionnelle" dans ce que je fais ici ou sur Instagram. Mon blog est encore hébergé sur une vieille plateforme, je ne connais rien au référencement ou SEO, je n'ai pas de stratégie sur Instagram, je n'ai quasiment jamais de #hastags sous mes photos, je n'ai pas de matériel pour faire des vidéos, je n'ai pas de planning de publications, je ne publie pas aux heures qu'il faudrait et même que parfois, je publie plusieurs fois à  la suite ! Rien que cet article est une mauvaise stratégie puisque ça énerve pas mal de monde toutes ces blogueuses qui parlent de leur métier. 

    Cette baisse de moral ne pouvait pas résolu par un "tant pis, je m'en fiche" puisque ma reconversion s'appuie en partie sur la visibilité que m'offre le blog et mes réseaux. Si je ne veux pas faire de partenariats rémunérés, je dois vivre autrement de mon activité. J'ai donc besoin de cette visibilité, comme n'importe quel autre personne qui professionnalise son influence.

    Le doute s'installe aussi en raison de la thématique de mon activité. Il y a 5 ans, on était peu nombreux à présenter une recette de lessive maison, à parler zéro déchet, écologie et slow cosmétique. Aujourd'hui, tout le monde en parle et il faut donc sans cesse se renouveler et s'améliorer pour rester visible. Honnêtement, je ne peux pas dire que ça ne me touche jamais, c'est frustrant d'avoir des messages me demandant si je connais un bon savon de Marseille pour la lessive, quand j'en parle depuis plus de 5ans, que ça m'a demandé un temps incalculable de travailler ce sujet à une époque où la lessive maison était un vrai truc de hippie ^^ Je sais que si j'avais mieux référencé mes articles, si je répétais plus souvent la recette sur Instagram, si j'avais fait une image spéciale Pinterest...je serais sans doute plus visible sur certaines thématiques.

    La multitude de personnes présentes sur le même thème me fait évidemment douté de la pertinence de ma présence. Qu'est-ce que j'apporte de plus que les autres ? Surtout quand moi je ne sais pas en faire une jolie photo/image/vidéo ? Pourquoi ce que j'abordais il y a des années est désormais visible chez d'autres, nouvelles arrivantes dans la sphère green ? Je sais, ça sonne un peu dinosaure frustré...et ça mériterait un autre article sur ce sujet :)

    Je vous rassure, l'objectif de cet article est bien plus positif : je voulais montrer que l'on peut sortir de ces doutes en se posant un peu sur soi et son activité. Et surtout participer à écrire autre chose que "comment faire pour gagner des abonnés sur Instagram". J'ai compris de toute cette période de doutes et de remise en question, que mon principal problème était de ne pas rentrer dans une case, celle de l'influenceuse qui gère à merveille les aspects techniques, marketing, financiers de son activité. Et qu'il me manquait des modèles alternatifs de présence sur internet.

    Oui tu peux très bien t'en sortir sans avoir de stratégie à ta publication, en ne postant pas forcément tous les jours, en faisant des stories sur un coup de tête ou en montant des projets sans y avoir réfléchi. Je sais très bien que ça ne fonctionne pas pour tout le monde, que j'ai sans doute eu une part de chance ou de bon timing. Mais clairement, je suis bien incapable de vous dire pourquoi je gagne toujours autant d'abonnés par semaine sur Instagram et pourquoi vous êtes toujours ici (merci merci merci). Mais en me posant un peu, je me dis que la comparaison avec d'autres comptes est inutile. Tant mieux si mon modèle fonctionne pour moi, pourquoi chercher à entrer forcément dans une case ? On voit toujours le verre à moitié vide en mode "je ne suis pas aussi pro qu'untel ou untel" alors que sous une autre perspective, on peut aussi estimé qu'en étant moins "pro", on arrive à pleins de choses quand même. Franchement, je pense que je fais tout ce qu'il ne faut pas sur Instagram pour gagner des abonnés. Et ça ne m'a pas empêché de dépasser les 10k et d'avoir un chouette taux d'engagement. Pourquoi je devrais me dévaloriser de ne pas être pro alors ? Tu vas me dire, je pourrais peut-être avoir 20k si je faisais les choses correctement mais j'ai déjà tellement de mal à répondre à tout le monde parfois que je préfère largement augmenter petit à petit. 

    Bref, il y a encore tout à construire mais je voulais montrer que l'on peut avoir une activité "d'influence" sans entrer dans la case "j'élabore une stratégie/je fais des partenariats". Cette case fonctionne très bien pour certaines mais elle est étouffante pour d'autres. Tu peux décider de faire les choses autrement, plus doucement...de la slow influence. 

    Et enfin, oui tu peux trouver d'autres sources de rémunération que la publicité. Je ne vais pas vous cacher que ce n'est pas le modèle le plus rentable et qu'il me faut encore réfléchir à comment ajuster ma vie professionnelle pour m'en sortir financièrement. Je vais aussi essayer de résoudre ce souci de blog/référencement un peu archaïque mais sans devenir une technicienne que je ne suis pas. Et je vais tenter de valoriser un peu plus ce que je fais, en arrêtant de me comparer à celles qui maîtrise les codes (jeu de mot quand tu nous tiens). Je suis fière de partager avec vous des projets comme Santa is Green ou le Gang des tomates. Oui, c'est zéro revenu pour moi mais, tant pis, c'est à moi de trouver une solution à tout ça et pas en me forçant de rentrer dans le seul moule que l'on connaît. Et puis zéro revenu, ce n'est pas tout à fait vrai. L'énergie que j'ai dépensé à faire un blog éphémère sur Noël ne m'a rien rapporté en terme financier sur le moment. Mais ça m'a rapporté en "notoriété" et la notoriété, c'est du potentiel revenu...qui me permet aujourd'hui de travailler sur sa version livre !

    Voilà, c'était un article complètement décousu (ça va pas arrangé mon référencement tout ça!) mais je voulais prendre la parole pour montrer qu'il y a en réalité pleins de façon d'être "professionnelle" et d'utiliser son influence pour en faire un métier, sans forcément rentrer dans une case pré-établie. Tout ça reste finalement très nouveau et je crois qu'il y a de la place pour tout le monde. Même quand on est nulle en SEO ou qu'on refuse de faire de la publicité rémunérée. Si le sujet vous intéresse, je serais ravie d'avoir votre avis évidemment. 

  • A partir de quand est-on écolo ?

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    Source Medness

    *mini réflexion sur cette écologie à la mode qui oublie parfois d'y accoler la décroissance.

    C'est assez marrant comme on hiérarchise les changements à faire dans nos vies pour être plus écolo. C'est un peu comme si chacun choisissait un camp et le trouvait toujours plus "important" que le camp du voisin. Certains revoient leur alimentation, d'autres changent leurs cosmétiques ou s'intéressent à la mode éthique. Certains prônent le zéro déchet, d'autre le végétarisme et d'autre encore le zéro plastique. Bien sûr de nombreuses personnes cumulent les changements, dans des thèmes très divers. Et tant mieux.

    Mais le flou de ce qu'on appelle aujourd'hui l'écologie amène aussi un flou dans les réponses apportées à titre individuel. Certains découvrent l'écologie par le biais des scandales sanitaires, des risques alimentaires ou de la santé au sens large. D'autres grâce à un documentaire bien pensé sur la pollution plastique, l'impact de l'industrie de la mode ou l'élevage intensif. 

    Il existe une partie de ces personnes qui font des changements radicaux dans de nombreux domaines de leur vie et qui ont vraiment un avant/après la prise de conscience écologique. Mais il y a surtout une très grande majorité de personnes qui se sensibilisent petit à petit, grâce aux nombreuses informations dont on dispose aujourd'hui (surtout plus médiatisées depuis quelques années).

    J'appelle ça l'effet COP21. Ce n'est qu'un constat personnel mais 2015 a marqué une vague médiatique sur l'écologie et une prise de conscience plus générale. Les sujets autrefois réservés aux "écolos-hippies" sont devenus populaires, à la mode et, surtout, il est désormais compliqué d'en faire abstraction (certains y arrivent quand même encore vachement bien). J'ai commencé mon post-doctorat sur l'économie circulaire juste avant la COP21 et je devais constamment expliqué ce que signifié ce terme. Un an après, tout le monde avait son avis à donner sur mon sujet d'étude. 

    Les changements sont donc plus courants, parfois encore subtils, mais de nombreuses personnes réorientent leur mode de vie en ayant conscience de l'impact qu'il a sur la planète : la consommation de produits issus de l'agriculture biologique, de produits locaux, l'attention portée aux cosmétiques, le tri sélectif, la diminution de la consommation de viande... Aujourd'hui, je croise très souvent des personnes qui "scannent" leurs produits alimentaires ou cosmétiques en magasin, cherchant à obtenir une validation écolo de leurs choix. 

    Pour tout cela, les cinq dernières années marquent un changement. Positif dans le sens où l'écologie n'est plus réservée à une élite informée mais se diffuse dans tous les foyers. Mais, sans être négatif, ce changement présente un inconvénient majeur : il perturbe l'essence même de l'écologie (ou plutôt de ce que devrait être l'écologie). 

    Entendons-nous bien. Je suis ravie que l'envie de changer son comportement quotidien se diffuse et touche des personnes qui étaient aux antipodes de ces questions. Chaque geste compte, c'est complètement vrai. Mais chaque geste ne vaut que si on est conscient du chemin qu'il reste à parcourir et non si on s'estime "écolo" parce que l'on mange bio ou que l'on a acheté une gourde en inox.

    A partir de quand est-on écolo ? 

    Je sais bien qu'il n'y a pas de "minimum", de critères à remplir, ni de vérité absolue. Le chemin n'a pas de fin, il est donc difficile de marquer son commencement. Mais l'écologie, ce n'est pas (que) adapter ses gestes non écolos du quotidien. C'est un peu le soucis des sujets à la mode qui créé de nouveaux segments de marché. On nous fait croire qu'il suffit d'acheter différemment : remplacer des objets polluants par des versions durables, acheter sous réserve d'un label reconnu, investir dans des nouvelles alternatives. C'est vrai pour l'essentiel mais cela efface complètement le message initial que sous-tend l'écologie : la décroissance

    La décroissance, c'est un concept qui prône la réduction de productions de biens (et de services) afin de préserver l'environnement. C'est le lien direct entre notre consommation et la destruction de nos ressources. Et même sans utiliser des théories économistes, être écolo ne peut se passer d'une réflexion sur la consommation, en terme quantitatif.

    Il y a, pour moi, une vraie incohérence entre "l'écologie à la mode" d'aujourd'hui, celle où tout le monde peut se revendiquer "écolo", écrire des articles sur toutes les thématiques de l'écologie...et continuer à consommer de la même manière. Pour résumer, acheter différemment c'est bien - acheter moins, c'est mieux. Vous savez que je tiens plus au concept du "minimalisme" qu'à tous les autres concepts de l'écologie. C'est parce que c'est le seul qui permet de passer des messages complètement cohérents : si tu as besoin d'acheter, fais le mieux (bio, local, made in France, sans pétrole ou sans exploitation animale, etc.). Mais la priorité des priorités devrait justement être de ne pas acheter !

    Je sais bien que ce n'est pas la démarche la plus simple. Notre société est construite sur la consommation, à tel point qu'elle se réadapte rapidement à ces questions environnementales en ouvrant de nouvelles parts de marché. L'overdose de produits à disposition - rapidement et à moindre coût - de sollicitations marketing, l'impact des inégalités sociales, l'épuisement des vies professionnelles, font qu'acheter quelque chose, c'est un geste devenu automatique et rassurant. Et que si l'on prends conscience de l'urgence écologique, on ne remet pas systématiquement en question ce geste, que l'on déplace vers des alternatives plus respectueuses de l'environnement. On continue d'acheter autant mais différemment.

    Alors, je ne sais toujours pas à partir de quand on peut s'appeler "écolo". Mais je sais que je continuerais à me sentir vaguement mal quand je verrais certains en prendre le terme tout en déballant quantité d'achats quotidiens. Je sais combien le monde nous tente pour acheter, tout le temps, partout, à chaque heure de la journée. Mais peu importe les petits gestes écolos du quotidien si on a pas encore pris en compte notre consommation en terme quantitatif. Elle est là l'incohérence écologique, pour moi, pas dans nos défauts du quotidien (et que tout le monde aime pointer du doigt). Votre voisin fait encore trop de déchet ? Votre copine ne veut pas lâcher son shampoing au pétrole ? Votre mec continue à s'enfiler du saucisson en cachette ? Spoiler : ce n'est pas grave. Chacun ses incohérences, son rythme et ses qualités. Mais consommer comme pendant les Trente Glorieuses, ce n'est plus possible, nos défis sont devant nous, pas dans la victoire d'après-guerre et la fin des restrictions. 

    Alors, s'il te plaît, range un peu ta CB. Arrête les déballages de colis quotidiens. Au moins certains jours ou quelques heures. Dis non à ton cerveau qui te fait croire qu'acheter une vingtième paire de chaussures c'est cool. Arrête de cumuler les produits cosmétiques sous prétexte qu'ils sont bio. Ne cours pas acheter la dernière nouveauté pour produire moins de déchets...sans te demander si tu t'en sers vraiment. Ne te lance pas dans l'achat des 12 sachets de poudres ayurvédique si ton shampoing te convient. Sors, respire, plantes des tomates ou re-regarde Friends pour la 17ème fois. Ou écris moi un commentaire tiens, c'est gratuit ;) 

  • Tu fais de la pub ma cocotte !

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    Un article un peu différent aujourd'hui, je vous fait part de ma réflexion personnelle sur la publicité en tant que blogueuse. Ouais, t'as vu, vaste programme !

    Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que je ne tire pas de revenus de mon blog, ce n'est pas mon job à proprement parlé. Je n'ai donc jamais fait de partenariat rémunéré directement par une marque. J'ai par contre accepté de recevoir des produits, parfois pour moi, parfois pour faire des concours pour vous. Toujours choisi soigneusement, ils ont été très rares et m'ont toujours été proposé sans contrepartie. Je pouvais donc en parler (ou pas), quand et comme je voulais. 

    Pourquoi mener une réflexion alors ? Parce que d'une part, ma "communauté" grandit, notamment sur Instagram, et je deviens donc davantage visible pour les marques. Les sollicitations sont plus nombreuses et ma boîte mail devient compliqué à gérer (déjà que j'étais pas hyper bonne en gestion des mails...). Et en 10 ans de blog (#mamieduweb), mes rapports avec les marques ont été très rares, je n'ai donc pas construit ma présence ici ou sur les réseaux autour de ce principe de collaboration. Mais aussi parce que la situation a changé depuis 10 ans, les marques ont désormais bien conscience de l'impact des blogs et réseaux sur leur stratégie publicitaire et les sollicitations deviennent plus nombreuses et plus complexes. 

    Et surtout, parce que je suis en pleine reconversion professionnelle et si je ne veux toujours "professionnaliser" mon blog au sens propre du terme, mes opportunités actuelles se construisent quand même autour. J'avais envie de me poser un peu, réfléchir à mon rapport avec les marques, ce que je voulais faire, ce qui me dérangeait... Peut-être que toute ma réflexion sera différente dans quelques mois mais pour l'instant, j'ai mis tellement de temps à écrire cet article qu'il reflète assez bien ce que je pense à ce instant T. 

    J'ai toujours fait une distinction simple : 

    - un envoi de produit sans exigence particulière est un envoi presse, exactement comme dans une rédaction presse (magazine ou journal). Il ne nécessite pas de rémunération particulière puisque je suis libre d'en parler ou non.

    - un envoi de produit (ou autre) avec des exigences particulières est une demande de partenariat qui nécessite une rémunération : écrire un article, faire telle ou telle photo, participer à une opération de communication de la marque, etc. 

    Sauf qu'aujourd'hui les pistes se brouillent, les marques sont bien plus conscientes de l'impact des "influenceurs" et les mauvaises pratiques (des deux côtés) sont encore trop courantes. J'espère avoir réussi à résumer ma pensée de façon assez fluide, clairement c'est un sujet complexe qui nécessiterait encore deux ou trois épisodes ! Et je précise évidemment que je parle surtout de mon cas personnel et que j'utilise le biais de la "généralité", je sais bien qu'il y a autant de modèles différents que de blogs, c'est pour ça qu'il faut mener sa propre réflexion.

    Ah et oui, si tu t'en fous, tu peux aussi zapper l'article, je conçois que le sujet reste assez personnel et propre au microcosme des gens qui parlent à leurs téléphones ;)

    Pourquoi les marques me contactent ?

    Cette question a été le point de départ de ma réflexion et elle m'a beaucoup aidé. 

    La majorité des marques contactent des "influenceurs" (que ce mot est moche...) justement pour leur "influence" et donc pour toucher leur "communauté". Il y a aussi des marques, notamment les plus petites et les plus jeunes, qui veulent avoir un retour sur leurs produits, par des "experts" dans un domaine. Il n'empêche que dans la majeure partie des cas, il s'agit surtout de toucher des potentiels "clients" dans une communauté déjà bien ciblée et assurer leur présence sur les réseaux sociaux. 

    Il est donc important de garder en tête que les marques, même les plus vertueuses, savent très bien pourquoi elles vous proposent un produit ou une collaboration : pour bénéficier de votre influence et toucher une future clientèle souvent parfaitement adaptée à leurs produits.

    C'est donc un biais publicitaire pour les marques. Une marque "green" aura bien plus d'intérêt à se faire connaître des blogueuses green que de payer (beaucoup plus cher!) un encart publicitaire dans un magazine. Ainsi, il y a un intérêt de "ciblage" évident mais aussi....un aspect budgétaire ! Envoyer un produit coûte bien moins cher que les canaux classiques de la publicité.

    Je ne critique pas en soi cette stratégie, la nécessité de publicité pour une marque est évidente, ce n'est ni bien, ni mal. Mais il faut être conscient que l'on agit dans ce cadre de "vecteur publicitaire" quand on collabore avec une marque.

    Je suis donc un relais publicitaire pour les marques

    Je n'avais jamais marqué noir sur blanc cette phrase. Pourtant, le fait de parler d'un produit ou d'une marque est une publicité. Il y a donc une part de l'activité d'un blog qui est d'être un vecteur publicitaire pour les marques. Parce qu'en raison de votre influence, vous favorisez la notoriété, voir la crédibilité d'une marque et déclenchez dans la plupart des cas, des ventes.

    Et c'est là que ma réflexion commence à être complexe : à partir du moment où on a une certaine "influence" (toute relative dans mon cas hein!), on est un vecteur publicitaire. Même celle qui refuse tous les contacts avec une marque mais qui sont suivies par des milliers de personnes entrent, à mon sens, dans ce cercle de vecteur publicitaire. C'est ce qui impose de choisir avec soin ce dont on parle, c'est une responsabilité.

    Pour ma part, réfléchir à cette question m'a fait comprendre que je ne voulais pas que mon blog ou mes réseaux sociaux soient un vecteur publicitaire. Ou plus justement, je ne veux pas entrer dans la stratégie publicitaire des marques...mais c'est assez compliqué d'y échapper !

    Pourquoi est-ce qu'on accepte de collaborer avec les marques ? 

    Une question que l'on se pose rarement. Evidemment je mets de côté ceux qui collaborent pour remplir leurs placards (et d'une manière générale, j'aborde ici le sujet par le prisme d'influenceurs "éthiques" hein...).

    On accepte généralement de collaborer parce que le produit ou la marque nous intéresse et peuvent intéresser notre communauté. On souhaite aussi participer à promouvoir des produits ou des marques qui correspondent à nos valeurs, notamment dans le cadre des blogueurs "green". Collaborer avec une marque éthique, c'est aussi participer à augmenter sa visibilité dans un monde saturé de publicité pour des marques conventionnelles. Ensuite, cela peut avoir un aspect créatif puisque de nombreux partenariats permettent justement de créer du contenu adapté et donc de s'exercer, gagner en compétence, etc. Cela rejoint l'aspect "créateur de contenu" : si c'est notre métier, on est évidemment intéressé par les projets que peuvent apporter certaines marques. 

    Et est-ce qu'on collabore pour gagner en visibilité ? C'est clairement l'argument le plus courant dans les mails de marques. Sauf que si on vous contacte, c'est que vous avez déjà de la visibilité ! Je ne compte plus le nombre de mails qui mentionnent "on a pas de budget mais vous gagnerez en visibilité", tout en ayant beaucoup moins d'abonnés que moi ^^ Donc non, l'immense majorité des marques veulent gagner en visibilité en utilisant votre influence et non l'inverse !

    Enfin, il y a aussi une part "contenu supplémentaire", qui était un peu à l'origine des partenariats pour les blogs. Dans un format "classique" de blog, recevoir des produits permet aussi de pouvoir tester plus de choses qu'avec nos propres moyens et de renouveler les publications. Je suis moins concernée par ce critère, vu que je parle déjà peu de "produits" en soi mais, évidemment, j'ai le problème classique de la blogueuse minimaliste qui utilise toujours le même shampoing et je ne compte plus les demandes de "est-ce que tu as testé tel produit"? Je n'estime pas être redevable de tester tous les produits sur le marché bien sûr, mais j'avoue que, parfois, je regrette de ne pas pouvoir vous donner mon avis sur plus de choses !

    Pour préciser un peu ma "relation" avec les marques, j'ai réalisé ce petit exercicelister mes différents partenariats et produits reçus. J'ai ensuite souligné leurs points communs, mis de côté ceux que j'avais préféré, ceux qui m'avaient dérangé, ceux que je referais sans problème, etc. 

    En rapide et non exhaustive, j'ai "collaboré" (dans le désordre) avec Le Moly, Greenma, Landmade, Ludilabel, Marius Fabre, Pousse Pousse, l'Echoppe végétale, Le Fer à cheval, Natifs, Sabe Masson, Balzac Paris, Egotopie, Nuoo Box, Ballot Flurin...et j'ai reçu quelques livres ou magazines aussi.

    Le point commun est évidemment la démarche de ces marques ou produits que je souhaitais mettre en avant. Il y a une grande différence par contre entre des petites marques qui souhaitent obtenir plus de visibilité et de plus grandes marques qui ont déjà une stratégie publicitaire bien établie. Je n'ai jamais eu de regrets, notamment parce que j'ai toujours gardé la liberté de pouvoir en parler ou non (ce qui est aussi le cas parfois). Est-ce que je suis contente d'avoir eu des contacts avec ces marques ? Pour la plupart oui, ce fus de belles découvertes et je reste en contact avec la plupart. Est-ce que j'aurais eu connaissance de ces produits/initiatives autrement ? Pour certaines oui, pour d'autres non clairement, soit parce qu'elles étaient encore assez confidentielles, soit parce que je n'aurais pas de moi-même acheté les produits par manque de moyens, soit parce qu'ils vous étaient destinés (concours ou produit que je connais déjà bien comme les box jardinage). 

    Je pourrais encore dérouler ma réflexion sur mes anciens "partenariats" (des envois-presse en majorité) mais je préfère vous partager ma conclusion : la publicité que j'ai pu faire ici ou plus souvent sur Instagram ne me pose pas de problème en soi. Ce sont des produits auxquels je crois et pour beaucoup des marques que j'utilise toujours à titre perso. Je ne pense pas non plus que vous avez ressenti un "trop" de publicité ni une publicité hors sujet. Ce n'est donc pas le contenu qui me "dérange" mais bien davantage le fait d'être aujourd'hui confronté à un choix plus large et de devoir donc entrer pleinement dans la stratégie publicitaire de ces marques.

    Les mentions obligatoires pour les publicités

    Un petit point juridique (malgré ma reconversion, j'y reviens sans cesse!). Collaborer avec des marques impose plusieurs "contraintes" juridiques qui sont encore trop souvent oubliées. 

    Quand on fait des partenariats rémunérées, vous devez évidemment le mentionner expressément : outil publication sponsorisé, les #ad #sponsorisé...tout ce qui vous semble pertinent et visible directement pour le lecteur. Sans cette mention, il s'agit d'une pratique commerciale trompeuse, susceptible d'être sanctionnée. Ensuite, un partenariat rémunéré nécessite, la plupart du temps, un contrat avec la marque afin de préciser les obligations de chacune des parties et les modalités de paiements. Enfin, la rémunération obtenue doit être déclarée dans vos revenus et nécessite souvent la création d'un statut juridique qui peut être incompatible avec certaines professions (coucou la fonction publique). Si jamais ça vous intéresse, je peux remettre ma casquette juriste le temps d'un article sur ces contraintes :) 

    Mais ce qui m'intéresse particulièrement, c'est le cas des simples envoie presse. Là, les obligations juridiques sont plus floues, mais non moins existantes (et déjà bien présentes à l'étranger) : communiquer sur un produit reçu gratuitement doit être mentionné expressément. En toute logique, il n'y a pas de forme particulière et vous pouvez déjà vous contenter de "produit offert par..." mais sachez qu'à l'étranger, de nombreuses législations imposent les mêmes contraintes de mentions que pour les partenariats rémunérés. 

    Pourquoi ces obligations ? Justement parce que vous êtes un vecteur publicitaire ! Une marque ne peut pas envoyer des dizaines de produits gratuitement sans que cela soit ensuite mentionné dans les publications. Ce ne sont pas des avis clients et il faut arrêter de penser qu'une marque envoie gratuitement un produit sans chercher à obtenir votre avis public...et donc votre influence !

    J'ajouterais que certains pays obligent aussi les "influenceurs" a inscrire le fameux #ad dès lors qu'ils parlent d'une marque en la mentionnant, sans avoir reçu le produit gratuitement. Oui, si vous partagez votre marque de shampoing préféré, acheté avec votre argent, mais que vous êtes suivi par des milliers (ou plutôt millions) de personnes, cela revient à en faire de la publicité. Cette pratique peut surprendre mais c'est le revers de "l'influence" : l'impossibilité de déconnecter le fait de parler d'un produit avec les conséquences financières pour une marque. 

    Première conclusion : je ne souhaite pas être un vecteur publicitaire. Mais comment faire concrètement ?

    Refuser les demandes de partenariats sans rémunération

    C'est le seul point facile à résoudre pour moi mais c'est très personnel. Je ne souhaite pas faire de la véritable "création de contenu" et donc tirer une rémunération via mon blog et surtout via les marques*. 

    En pratique, cela signifie que je refuse les partenariats rémunérés mais surtout, je refuse - et explique ce refus - les partenariats non rémunérés qui nécessitent une rémunération ! 

    A partir du moment où une marque me sollicite pour "créer" du contenu et impose des exigences, ce n'est plus un simple envoi presse, c'est un travail ! Cela demande donc un statut, un contrat et une rémunération. Je ne peux pas accepter gratuitement ce que certaines font pour gagner leur vie. Je ferais donc un mail type pour expliquer que la demande nécessite d'être réorientée vers des "créateurs de contenu" avec tout ce que cela implique...

    Beaucoup de blogueuses (ou plus souvent sur Instagram) estime qu'à partir du moment où ce n'est pas leur job, elles peuvent choisir de collaborer gratuitement. Si je comprends la logique, cela concurrence directement celles qui demanderont une rémunération et permet aux marques de continuer à faire de la publicité gratuitement. Soit on accepte uniquement les envois-presse (voir le paragraphe suivant) et on peut le faire sans rémunération, soit on accepte des contraintes de la marque et il s'agit d'un travail.

    Pour ma part, les seuls partenariats que je pourrais accepter en tant que "travail" seraient justement ceux pour lesquels j'aurais envie d'effectuer ce travail : ce que j'appelle les "vraies" collaborations, qui proposent de travailler ensemble et non pas "pour une marque".

    *les raisons qui font que je ne veux pas en tirer de rémunération seraient trop longues à expliquer dans cet article, je vous en parlerais à propos de ma reconversion pro.

    Refuser les simples "envois-presse" 

    Un simple "envoi-presse" doit déjà l'être : comme dans les rédactions presse, les envois n'ont aucune contrainte de publication. Si vous décidez d'en parler, il faudra seulement mentionner que le produit vous a été offert mais cela ne justifie pas (forcément) de rémunération.

    Pourtant, ça me pose aujourd'hui un cas de conscience puisqu'il s'agit quand même d'en faire la publicité gratuitement. Et que contrairement aux rédactions presse, je ne tire pas de salaire de mon "média" (blog et réseaux sociaux).Surtout, ça ne simplifie pas ma gestion quotidienne. Si je pouvais gérer les quelques demandes auparavant, c'est aujourd'hui plus complexe : comment choisir, qui privilégier, quels critères posés ? C'est long, très long, de gérer les mails que l'on reçoit et je préfère utiliser mon temps à vous répondre à vous, qui me lisez !

    Mais la solution "je ferme les portes à tous les envois presse" n'est pas forcément plus simple ! A partir du moment où je partage quelque chose de "marchand" - qui peut donc s'acheter - j'utilise mon "influence" et je créé une opportunité publicitaire pour la marque. La seule solution complètement cohérente serait d'arrêter complètement de vous partager des choses que vous pouvez acheter...ça me semble un poil radical :)

    Et surtout, on pense rarement au fait que cela créé aussi une inégalité entre les "influenceurs" : il y a ceux qui pourront se passer de rémunération directe et de relations avec les marques parce qu'ils ont le temps et l'argent de le faire. Clairement, Instagram n'a pas amélioré la situation, les "influenceurs" qui n'ont pas de blog à tenir sont évidemment favorisés puisqu'ils ont bien moins d'investissement en temps et en argent à fournir. Mais plus largement, c'est aussi pour cela que l'on trouve beaucoup d'étudiants, de freelance ou de personnes travaillant à domicile, puisque le rapport au temps n'est pas le même. Faire avec ses finances et son temps quand on est célibataire et salarié (dans le meilleur des cas), c'est bien plus complexe que si on travaille à domicile, si on fait des études ou si on a un conjoint qui nous épaule financièrement. Bref, je m'égare, mais je voulais juste signaler que l'option "on arrête toutes les relations avec les marques" n'est pas forcément une option très "égalitaire" sur le long terme. 

    Réfléchir à un autre rapport avec les marques

    J'en reviens à la question "pourquoi j'accepte de collaborer avec certaines marques". La seule réponse qui compte pour moi est de vous partager des marques, produits ou initiatives, qui font sens pour moi. Et je n'ai pas envie d'arrêter ce côte "relais" et je n'ai pas de solution miracle malheureusement. Tout ce que je peux faire est de continuer à privilégier le relais personnel - sans rapport avec les marques - et être encore plus sélective dans ce que je peux accepter des marques. A titre personnel, le tri se fera essentiellement sur la "notoriété" de la marque : la grande majorité des mails que je reçois provient de marques qui ont (ou devraient avoir) un budget publicité, je n'ai donc pas besoin de mettre "mon influence" à leurs services. 

    Mais j'ai aussi envie de réfléchir plus largement à cette question. Un média qui fonctionne grâce à la publicité, finalement, c'est le modèle le plus courant dans la presse. Et c'est bien cela qui permet à certaines blogueuses d'en vivre : alterner les partenariats rémunérés avec leurs articles (ou autre) propres, comme un journal alterne articles et encart publicitaire. 

    D'autres questions m'occupent alors : est-ce qu'il est possible de se passer des marques quand on a un blog/des réseaux sur lesquels on parle aussi de produits marchands ? Est-ce qu'il y a d'autres solutions que l'envoi de produits pour faire la publicité d'une marque que l'on veut mettre en avant ?

    Réfléchir à un autre modèle économique

    Enfin, et ce sera ma conclusion, toutes ces questions m'imposent de réfléchir autrement à mon "modèle économique". Parce que la question des partenariats provient essentiellement d'un besoin de financement de l'activité (et du temps) que l'on passe. Collaborer avec des marques, c'est aussi et surtout se rémunérer afin de pouvoir proposer d'autres contenus sans rémunération. Ça ne serait pas "plus simple" pour moi de faire des partenariats rémunérés mais ça me permettrait néanmoins de ne pas avoir à réinventer l'eau chaude pour pouvoir partager toujours autant, voir plus, et quand même payer mes factures !!

    Je ne peux nier le temps et l'investissement que je mets ici ou sur les réseaux, et aujourd'hui, si ce n'est toujours pas mon job, c'est ce qui me permet de travailler à côté, un peu comme "ma carte de visite". Je dois donc trouver un modèle qui me permet de dégager à la fois du temps et de l'argent afin de pouvoir continuer à passer des heures à vous parler des plantations de tomates ^^

    Mais c'est une autre réflexion, qui nécessite un autre article ! 

    Est-ce que ça vous intéresse ces sujets d'ailleurs ou ça serait mieux que je continue face à moi-même ? :)