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Humeurs

  • Je fais partie du problème #blackfriday

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    Comment parler du Black Friday quand on est blogueuse écolo ?

    Pendant plus de 3 ans, j'ai opté pour la sensibilisation sur l'impact écologique de cette journée. J'ai expliqué les chiffres, l'impact social désastreux, donner des exemples... J'ai entendu ceux qui ne peuvent acheter sans promo en trouvant de solutions alternatives, en communiquant sur le mouvement du Green Friday.

    Mais rien a changé. Depuis des semaines, ma boîte mail déborde de promotions. Et ma boîte pro de demandes de partenariats pour parler d'initiatives plus vertueuses de certaines marques. Certaines marques proposent ainsi un partenariat, rémunéré, pour appeler à déconnecter en cette journée et à parler de leur initiative de déconnection.

    Le paradoxe m'a frappé. Parler d'écologie, de minimalisme, de décroissance, d'urgence...et être payé pour vanter une image positive d'une marque qui s'affiche anti-black friday ? Et communiquant sur les opérations positives de plusieurs marques, codes promo assortis ? Si je salue ses initiatives, j'ai fait une overdose. 

    Comment parler de tout ça en restant dans mon moule d'influenceuse rémunérée. La surconsommation et plus globalement notre modèle économique, sont un fléau pour notre planète et notre avenir. Il ne sera plus question de black friday et de code promo quand on sera dans une telle urgence que la question principale sera notre survie dans un monde irrespirable.

    Sauf que je fais partie du problème. 

    Le modèle économique qu'on m'impose est celui de l'influenceur. Parce que mon travail est accessible gratuitement, je dois trouver ma rémunération ailleurs. 

    Garder le modèle des débuts des blogs en travaillant simplement à côté ? Déjà fait et clairement, depuis 10 ans, notre rapport aux contenus web à changer. Je ne pourrais plus suivre le rythme demandé en travaillant à temps plein à côté. Et si je diminue le rythme, je perds de la visibilité mais aussi une grande partie de ce qui me passionne. 

    Trouver un complément proche de mon activité ? Beaucoup de blogueurs ou d'influenceurs exercent à côté des activités de community manager, rédacteur web, etc. D'une part, ce n'est pas vraiment une activité qui m'attire (et dont j'ai les compétences) mais d'autre part, on reste dans le même moule de "travail pour promouvoir une marque". Aussi green soit-elle. C'est une activité à part entière du marketing et de la communication. Et c'est pas vraiment mon domaine de prédilection...

    C'est aussi pour ça que j'ai choisi une autre voie, celle de l'entreprenariat, avec Òrt Magazine, mais on en reparlera. Et aussi pour ça que j'écris des livres ou des articles pour la presse.

    Le modèle économique de base est donc qu'une grande partie de ma rémunération devrait provenir des marques et de leurs partenariats. Et encore, c'est en partant du principe que toutes les marques ont compris qu'il fallait rémunérer les partenariats. Sinon, il n'y a même plus d'intérêt économique mais on reste au cœur du problème : recevoir des produits pour vous en parler ensuite. 

    Bon en vrai, vous le savez, je ne gagne pas ma vie avec les partenariats. En 2019, j'en aurais fait 6 au total qui ont été rémunérés. Mais à cela s'ajouter les produits reçus ou les concours organisés gracieusement pour vous. Je n'ai pas de soucis "éthique" avec ça. Tout ce que je vous montre me tient à coeur, répond à un autre modèle de consommation et toujours pour des entreprises que j'ai plaisir à mettre en avant (la preuve, je le fais encore gratuitement la grande majorité du temps...).

    Il n'empêche qu'un an après ma reconversion, je ne peux pas m'en passer totalement. Mes droits d'auteur et ma rémunération de chroniqueuse ne me permet pas d'avoir un salaire (même le smic hein...). Je dois donc ouvrir un peu de mon "influence" à de la publicité pour certaines marques qui n'ont d'autre objectif final que celui de vendre.

    Et est-ce que c'est horrible de vouloir vendre ? En soi non, c'est le modèle économique de toutes les entreprises : vendre pour faire des profits, se rémunérer et réinvestir. Et quand c'est orienté sur des marques qui prônent une consommation responsable, de l'éthique, etc., c'est évidemment beaucoup mieux. 

    Mais ça c'est le job des marques et un peu leur propre problème de conscience. Sauf que moi j'arrive comme une interface entre leur volonté de vendre et vous, consommateur. Et comme je vous le disais ici, je n'ai pas envie d'être une régie publicitaire. Mais qu'il est dur de faire autrement sans tomber dans l'insécurité financière...

    Alors, cette année, j'en ai eu marre. Je n'ai pas envie de parler pendant 3 heures du problème du black friday. Je l'ai déjà fait, je doute franchement de l'impact de mes mots. Je n'ai pas envie de partager la communication d'autres marques autour du green friday ou autre mouvement plus engagé. Ce n'est pas mon job de faire leur communication. Je salue leurs initiatives mais je ne veux participer à parler encore de consommation, de marques, de produits...en ce jour si noir pour l'écologie. 

    Je suis une partie du problème et je n'ai pas encore vraiment de solution. J'y travaille. 

    En attendant, aujourd'hui, j'enlève ma casquette de "blogueuse/influenceuse", je ne viendrais pas ici, ni sur mes réseaux. Je ne parlerais d'aucune marque, aucune initiative. Libre aux marques de communiquer au mieux sur leurs initiatives. Libre à vous de faire vos choix de consommation en fonction de vos envies, vos finances et vos besoins.

    Et moi, j'en profiterais pour réfléchir à 2020, à comment gagner ma vie sans dépendre des marques, à l'impact négatif de mon activité mais aussi à ses aspects positifs. De chouettes concours arrivent pour vous en décembre mais je pense que 2020 nécessitera une pause des partenariats ou alors un angle d'attaque un peu différent.

  • Pardon, je pollue

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    J'ai changé d'activité professionnelle, ce qui me permet de beaucoup moins prendre la voiture. D'ailleurs, on s'est séparé d'une voiture, pour n'en garder qu'une, changée aussi pour un modèle à l'essence. On prends beaucoup plus le bus ou le vélo. 

    Je ne mange presque pas de viande. Je ne suis pas entièrement végétarienne (vous savez les étiquettes et moi...) mais l'alimentation à la maison est quasi-végétarienne. Ma fille a même choisi (seule) de passer au menu végétarien à l'écolo.

    Je ne voyage presque pas en avion. Je m'étais limitée depuis des années à un voyage à l'année, souvent pour Paris, parce que le train ne permet pas de faire l'aller/retour dans la journée depuis chez moi. Le grand vient en train à chaque vacances. Si on a pas décidé de ne plus jamais voyager en avion, on est de toute façon pas dans la catégorie "on voyage à l'étranger chaque été". On habite la plus jolie région de France (#teamchauvine) et on part souvent en Provence dans ma famille. C'est pas toujours simple de se déplacer autrement quand on habite dans le sud-ouest mais dans tous les cas, on limite les vols longs-courriers.

    A côté de ces "grands" points (auxquels il manque la banque et notre fournisseur d'énergie), on mange évidemment local et de saison, on réduit de façon importante nos déchets, on utilise peu de cosmétiques, on chauffe peu, etc. 

    Pourtant, je pollue encore énormément.

    pollution,  numérique

    Le poids de la pollution numérique

    Je travaille essentiellement sur ordinateur et sur mon smartphone. J'ai réduit l'impact "nouvel objet numérique" puisque je ne suis pas du style à acheter le nouvel iphone qui sort et que mon ordinateur a 10 ans, il est passé par un changement de disque dur pour retrouver un peu de vitalité. 

    Par contre, je ne travaille que grâce au numérique. Je reçois des dizaines de mails par jour et j'en envoie autant. Je stock des fichiers, des images, des vidéos... J'utilise le Cloud, gère des réseaux sociaux...

    Difficile de savoir précisément l'impact de mon activité en terme d'émission CO2 ou d'effets sur l'environnement mais les chiffres de la pollution numérique sont hallucinants.

    • Le numérique représente 5% des émissions carbones mondiales (pour un secteur en constante croissance).
    • Mon ordinateur représente l'équivalent d'un vol Paris/San Francisco
    • Un salarié émet en un an l'équivalent de 360kg d'équivalent Co2.

    Nos mails, le stockage de nos données et nos recherches sur internet génère une quantité incroyable de CO2 mais consomme aussi beaucoup d'eau, d'énergie ou de ressources naturelles.

    Pour plus d'infos sur le sujet : lire l'infographie de QQFait  ou le dossier La face cachée du numérique de l'Ademe.

    Sur Instagram, je vous conseille le compte de C. L'air du temps qui ont fait une chouette storie (a la Une) sur la pollution numérique.

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    Ma pollution numérique me rend humble (ou bienveillante ou un peu moins relou, au choix)

    L'objectif n'est pas de vous faire un cours sur la pollution numérique, ni de vous donner des astuces pour la limiter, on aura largement le temps d'y revenir.

    Le but de cet article est de remettre les choses en perspective. 

    Toutes les personnes militants, parfois durement, pour certains aspects de l'écologie (viande, avion...) n'aiment généralement pas du tout qu'on leur signale qu'ils polluent autant avec leur activité numérique. La réponse avancée est généralement "oui mais c'est mon job, c'est plus facile ne changer autre chose" ou encore "je compense cette pollution en étant utile pour sensibiliser les gens". 

    Ce sont des arguments complètement valables et ce sont aussi une partie des miens. Je ne pourrais actuellement pas me passer d'ordinateur ou de smartphone. Et j'estime les utiliser pour sensibiliser, bien plus que pour mon propre plaisir ou pour une activité in fine négative pour l'environnement.

    La seule différence, c'est que j'ai conscience de cet aspect de ma vie. Je sais que je pollue énormément à cause de mon activité et que diminuer la viande ou ne pas prendre l'avion cette année, ne compense pas mon bilan. Je n'ai pas de "cheval de bataille", j'aime vous parler de nombreux sujets différents et si je peux sensibiliser certaines personnes sur des aspects différents, ça me va parfaitement. 

    Mais le "cheval de bataille" est de plus en plus répandu, il faut faire ça ou ne plus faire ça (en majorité l'avion ou le zéro déchet ou la composition des produits). Le moindre écart est jugé sévèrement parce qu'on s'écarte de la "solution". 

    C'est faux, il n'y a pas UNE solution. Peu importe ce que je fais (ou ne fais plus), mon activité ici sera toujours un gros point noir dans les émissions carbones que je cherche à réduire à côté.

    Certains prônent le droit à "culpabiliser" pour faire changer. D'une part, ça ne fonctionne pas, il suffit de leur demander pourquoi ces personnes ne faisaient pas tout ça auparavant...alors que toutes les infos qu'elles prônent étaient déjà partout. Simplement parce qu'il existe "un moment et une manière" pour que notre cerveau accepte un message qui nous dérange (c'est de la science cognitive, pas du blabla de personnes qui veulent se déculpabiliser. C'est triste de les voir vanter la véracité des messages scientifiques en écologie et les nier sur le comportement humain). D'autre part, ça occulte toujours une grande part de leurs propres paradoxes, notamment envers l'utilisation numérique.

    Bien sûr que j'aimerais que les gens mangent moins de viande, prennent moins l'avion, arrêtent d'acheter des cosmétiques polluants, arrête le plastique à usage unique... Mais la planète, elle aimerait bien que j'arrête mon activité numérique, alors on fait comment ? On juge les autres pour ce que l'on ne peut pas faire nous même ? 

    Bref, je pollue et je n'ai pas de solution pour remédier à ça. Alors, je sais que tu pollues aussi, peut-être que pour l'instant, tu n'as pas de solution à ta pollution non plus ?

  • Les étiquettes

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    étiquettes, réflexion, écologie

    C'est drôle ce concept d'étiquettes. On en trouve partout, pour tout et chacun à une idée sur l'étiquette de l'autre. 

    Il y a des tonnes d'étiquettes dans la vie en général mais prenons les exemples qui me parlent : 

    - être zéro déchet

    - être végétarienne

    - être féministe

    - être minimaliste

    - être écolo (sans aucun doute la meilleure celle-là)

    - être optimiste

    - être bienveillante

    - ...

    Je suis souvent mise sous l'une, l'autre ou toutes ces étiquettes (et toi aussi sans doute). Et le principe d'une étiquette, c'est que soit tu y colles, soit tu dois y renoncer. L'étiquette est censée te définir, comme la couleur de tes yeux ou la taille de tes pieds. Elle ne supporte pas de concessions, de défauts, d'approximations.

    Et le problème de l'étiquette, c'est qu'on ne sait jamais trop comment elle arrive. Parfois, tu te la colles toi-même "je suis féministe", parfois on fait un raccourci entre tes actions et une étiquette, "tu réduis tes déchets ? Tu es zéro déchet". Mais bien souvent, l'étiquette arrive, sans qu'on y fasse attention et sans trop savoir comment. 

    Le problème de l'étiquette, ce n'est pas le fait qu'elle existe mais le fait qu'elle nous enferme.

    Se dire féministe, écolo, zéro déchet, végétarienne...c'est une façon de s'affirmer et de faciliter les rapports sociaux. Au restaurant, dire que vous êtes végétarien(ne) permet d'afficher clairement que vous ne mangez pas d'animaux et qu'il faut vous proposer un plat en conséquence. C'est quand même plus simple que de dire "alors, j'aurais besoin de précision parce que l'impact écologique de l'élevage intensif compte beaucoup pour moi, je ne veux plus participer aux conditions d'élevage et d'abattage des animaux et puis, j'essaye de ne plus faire de spécisme....vous me proposez quoi ?"...!

    Et ça vaut pour toutes les étiquettes. En général, c'est plus simple, plus rapide et même plus "engagé" qu'un long monologue. 

    Mais les étiquettes nous emprisonnent. Non pas par leur simple existence mais parce qu'en réalité, chacun a sa définition et ses frontières de ce à quoi correspond une étiquette. Et en général, l'étiquette ne supporte pas d'approximations, d'exceptions, de demi-mesure. C'est du tout ou rien !

    En creusant un peu, on se rend compte qu'une grande majorité des personnes confondent l'étiquette, l'image qu'ils en ont et les actions qui doivent en découler. Être féministe ne signifie rien d'autre que le fait de prôner l'égalité homme/femme dans tous les domaines de la vie. Mais être féministe s'exprime avec une grande variété d'actions, de pensées ou de mécanismes. Et surtout, être féministe ne préjuge en rien du comportement de la personne qui se revendique (ou non) sous cette étiquette. Autrement dit, tu peux être féministe et mettre du vernis à ongles.

    Autre exemple, tu peux te ranger sous l'étiquette ZD parce que tu es attachée à produire moins de déchets et à trouver des solutions plus durables au quotidien. Mais l'étiquette ZD ne préjuge en rien de l'étendue de ton comportement au quotidien, de ton niveau de "gestion des déchets" ou encore de ton mode de vie. Autrement dit, tu peux avoir l'étiquette ZD et acheter un produit avec emballage.

    On confond ainsi des combats, valeurs, principes que l'on souhaite mettre en avant, revendiquer, porter, exprimer, approfondir...avec un mode de vie prédéfini. Or, par définition, les modes de vie diffèrent et changent au cours même de la vie. Les étiquettes ne signifient pas un taux d'accomplissement de 100% puisqu'il serait impossible de savoir sur quoi baser ce 100%. Être 100% ZD, c'est quoi ? Être 100% écolo, féministe, etc. ?

    Autre soucis, les étiquettes arrivent même sur nos "caractéristiques physiques ou psychologiques". Alors certes, si tu as les yeux bleus, tu as les yeux bleus, toutes nos caractéristiques physiques difficilement modifiables sont rarement concernées. Mais il en va différemment de ce qui changeant : la nature des cheveux, le fait de se maquiller ou non, le style vestimentaire, etc. Exemple typique des méfaits des étiquettes : j'ai les cheveux bouclés et j'aime en parler, montrer comment les accepter, les coiffer...mais ça ne veut pas dire que je renie quelque chose si je les attache ou, pire, si je les lisse ! Vous n'imaginez même pas le nombre de messages de "déception" que je reçois sur instagram quand je parle avec les cheveux lisses. Sans le vouloir, on m'a collé l'étiquette "curly" et je ne devrais pas en sortir. Idem pour la case des étiquettes psychologiques : avoir l'étiquette "optimiste" t'empêche souvent le moindre coup de mou ; ou la case des étiquettes vestimentaires : avoir l'étiquette "casual" te collera à la peau si un jour tu mets une tenue chic...

    Enfin, la plus complexe des étiquettes est celle de "l'écolo". A mon sens, le terme est bien trop large pour être une seule étiquette mais, là encore, pour des raisons de facilité dans la vie courante, on se colle souvent soi-même cette étiquette, à partir du moment où notre impact écologique a une importance pour nous. Cependant, comme elle est trop, on colle rarement à la définition de notre/nos interlocuteur(s). Pour cocher toutes les cases de l'étiquette écolo, il faut se lever tôt : être ZD ; végétarien ; à la mobilité douce (sans voiture, sans avion) ; acheter bio, éthique, local ; avoir un job à impact positif...bref je pourrais continuer encore longtemps.

    Les étiquettes, c'est pratique dans la vie de tous les jours et c'est même nécessaire pour porter plus fort ses valeurs, mais c'est une sacré prison qui nous fait culpabiliser, cacher certains comportements, se critiquer les uns les autres, abandonner certains principes... Il est impossible d'éviter les étiquettes, phénomène classique de l'être humain qui a besoin de tout ranger dans des cases. Mais on pourrait essayer de distinguer l'étiquette du comportement, ou plus justement, l'étiquette de la valeur d'un être humain.

    Vous avez une étiquette vous ?

  • 5 ans d'enfant écolo

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    Ma fille a 5 ans et demi (oui le demi ça compte !) et je me suis dit que c'était le bon moment pour faire un mini bilan de notre mode de vie sur le fait d'élever un enfant. 

    Je n'entrerais pas dans le débat "faire un enfant, ce n'est pas écolo", je vous en parlerais dans un autre article, mais si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. La seule chose que je peux vous dire, c'est qu'avoir un enfant a largement contribué à accélérer mes changements de vie à l'époque. Aujourd'hui, la cosmétique bio, les produits d'entretien maison ou le zéro déchet sont visibles et plutôt bien admis en société. Il y a 6/7 ans, c'était loin d'être le cas et attendre un enfant m'a beaucoup aidé à passer certaines étapes d'une vie plus "écologique".

    Je vous détaille un peu nos réflexions et changements à chaque étape de sa vie et du coup, je vous remets les articles publiés ici, si le sujet vous intéresse.

    Attendre un enfant

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    Le déclic "cosmétique" a eu lieu pendant ma grossesse. J'utilisais déjà certains produits cosmétiques bio mais je changeais très souvent de routine, je cumulais les produits et le maquillage. J'avais aussi beaucoup de difficultés à limiter ces produits en raison de certains complexes qui me faisaient régulièrement tomber dans le marketing de certaines marques.

    Après quelques mois de grossesse, j'ai complètement changé de routine et j'ai commencé à m'intéresser à la routine slow et à l'utilisation d'huiles végétales. Ma peau a beaucoup changé, j'ai eu la chance d'avoir les hormones sympa : pas de boutons, peau plus lumineuse, etc. Par contre, j'avais de nouveaux soucis comme la peau déshydratée, plus sensible et, surtout, je devenais petit à petit hyper sensible aux odeurs. 

    J'ai alors découvert avec bonheur le combo huile végétale/aloé vera et l'avantage d'avoir peu de produits. Petit à petit, je me suis alors plongée dans la lecture des ingrédients et j'ai changé mes gels douches, shampoing ou autre. Le plus difficile a été le passage au naturel sur les cheveux, il faut beaucoup de temps pour qu'ils s'adaptent à l'absence de silicone notamment. Pour la peau par contre, ça a été rapidement un coup de foudre et je n'ai plus jamais lâché mes huiles végétales depuis. 

    Et juste avant l'accouchement, j'ai commencé à regarder les produits pour bébé et j'ai pris un peu peur de certaines compositions. C'était décidé, je ne pouvais plus utiliser un produit sans regarder sa composition et il fallait que je trouve les bons produits pour ma future fille. 

    Au passage, j'ai mené une réflexion similaire pour l'équipement de puériculture. On a voulu limiter l'accumulation d'objets pas forcément nécessaires et on a opté pour du mobilier en bois, made in France. Finalement, je me suis surtout concentrée à chercher des informations sur le portage et l'allaitement.

    Conclusion : attendre un enfant m'a appris à lire les compositions des produits cosmétiques et à commencer à comprendre l'importance de ce qu'on utilise sur notre peau. Mon aversion pour les odeurs a aussi beaucoup contribué à me vacciner contre les odeurs chimiques pour l'avenir. Mais surtout, j'ai touché du doigt, sans m'en rendre compte à l'époque, qu'un mode de vie plus léger, moins axé sur la possession et plus orienté vers l'acquisition de connaissances, me facilitait drôlement la vie. Peu stressée pendant la grossesse, j'ai ainsi découvert le yoga, appris à ne pas écouter les conseils et pu affronter une césarienne programmée sans problème. Quand je regarde ma vie aujourd'hui, ce moment de la grossesse a vraiment créé un déclic sur ma volonté de consommer moins et mieux.

    Les articles à relire : 

    - La césarienne, cette aventure

    - Leçons de grossesse 

    Avoir un bébé

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    Du point de vue des soins bébé, j'ai fait mon choix petit à petit, en testant plusieurs choses. Le plus drôle, c'est que c'est par ma fille que je suis arrivée au savon solide puisque c'est le seul produit lavant que je trouvais facilement et de bonne composition. J'ai aussi décidé de limiter dès le début le nombre de produits que j'utilisais sur elle. Je n'ai aucun moyen de savoir l'impact que ça eu sur elle mais toute petite, elle a avait quand même la peau assez sensible (merci les gênes de papa et maman) et on a rarement eu d'épisodes compliqués avec sa peau. Les rougeurs ou autres étaient très vite réglés avec du liniment, une huile végétale ou de l'aloé vera. Je me suis aussi lancée dans le liniment maison et dans les DIY comme la pâte à modeler pour éviter les compositions toxiques. Par contre, on a pas passé le cap des couches lavables, on voulait attendre un peu qu'elle grandisse et finalement la flemme nous a rattrapé et elle a été propre à 2 ans (je rassure ma conscience). Aujourd'hui, l'offre s'est bien amélioré, j'aurais peut être tenté !

    Pour son alimentation, j'ai vite abandonné l'allaitement à cause des douleurs (pas aidée par les suites de la césarienne je dois avouer) et on a un peu tâtonner pour la recherche de lait. Finalement, là encore, j'ai appris à lire, me renseigner, comprendre, pour finir par oser demander un lait sans lactose (sans PLV plus précisément). Là encore, impossible de savoir l'impact, elle a pu manger des produits laitiers dès la diversification mais il n'empêche que ça lui a changé la vie (et nous nos nuits!). Et pour ma part, ça m'a convaincue d'arrêter complètement le lait de vache ;) Ensuite, ça a logiquement débouché sur une diversification alimentaire douce, à son rythme et surtout, menée pour lui faire découvrir des goûts. Je dois avouer que j'ai été bien aidé par un pédiatre très cool sur ce sujet, qui m'a appris à ne pas stresser sur les quantités ou l'équilibre alimentaire. J'ai toujours gardé cette habitude, si à 5 ans elle passe par la phase "les légumes verts c'est horrible", je ne la force pas, on teste, on re-teste (7 fois avant de dire "j'aime pas), on s'amuse à faire des concours de la meilleure soupe, bref, on s'amuse avec la nourriture pour éviter de penser la nourriture comme une contrainte ou une récompense. 

    La seule chose que j'ai "raté" et que je ferais différemment aujourd'hui : l'accumulation de jouets et de vêtements. Etant très grande, on a changé sa garde robe tous les 2/3 mois pendant 2 ans et j'avais encore beaucoup de mal à évaluer le nombre de vêtements nécessaires.

    Enfin, et c'est un des gros changements de notre vie, on a changé complètement nos produits d'entretien vers ses 6 mois, quand elle a commencé à traîner par terre à la maison (et à tout mettre à la bouche!). J'étais déjà bien au fait de la toxicité des produits industriels mais je ne trouvais pas le temps/la motivation de me lancer dans autre chose. Il est vite devenu impossible pour moins de laver mon sol avec ces produits et j'ai alors plongé dans le monde du ménage green...qui s'est traduit ici par de nombreuses recettes ! Du vinaigre blanc, du savon noir, une lessive maison, on a tout changé rapidement ! Et encore une fois, impossible de dire l'impact sur sa vie mais pour en avoir souvent discuté avec son pédiatre, il est évidemment que ça joue sur les maladies respiratoires, la guérison plus rapide des petits rhumes, etc. J'ai aussi affirmé mon caractère cool qui m'a valu beaucoup de remarque mais oui, l'essentiel était que ma fille se mobilise, pieds nus et non en chaussures, et qu'elle explore le monde. Je ne voulais pas lui apprendre le stress pour d'éventuelles maladies ou l'impossibilité de marcher par terre parce qu'elle va se salir. Bref, ça m'a appris à me relaxer et à lui faire confiance...et c'est pas mal ;) 

    Du côté éducation "écolo", c'était encore balbutiant à cet âge, j'ai plutôt opté pour lui apprendre à s'émerveiller de la nature, à jardiner et cuisiner avec moi. A mettre les mains dans la farine, aimer goûter de nouvelles choses et être douce avec les animaux. Ce n'est pas écolo à proprement parlé mais je pense que c'est important pour pouvoir les sensibiliser plus tard à certaines choses essentielles.

    Les articles à revoir :

    - Diversification alimentaire menée par l'enfant

    - Pâte à modeler maison

    - Liniment maison

    - Le bain de bébé

    - Ménage green et recette de la lessive maison

    Eduquer un enfant

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    Côté soin, on a désormais une routine bien établie : en priorité un savon solide et souvent un gros flacon de gel douche/shampoing ; une brosse à dent à tête changeable et un dentifrice bio ; une seule crème dans sa chambre, la Weleda au calendula mais je pourrais désormais me limiter à utiliser mes propres produits sur elle si besoin. 

    Côté alimentation, on reste sur une dynamique "on ne stresse pas" et ça fonctionne plutôt bien. Le grand défi qui nous attends est l'alimentation végétarienne puisqu'elle commence à comprendre le lien entre son repas et l'animal. A la maison, on mange essentiellement végétarien et elle sait pourquoi moi je limite ma consommation. Désormais elle veut arrêter la viande, on le respecte évidemment mais elle n'a pas encore compris qu'il allait falloir abandonner le jambon ^^Je pense qu'on la mettre aux menus végétariens de la cantine et qu'on verra avec elle le soir ce qu'elle veut manger, le but n'est absolument pas de lui refuser la viande mais de suivre ses envies.

    Côté jouets, vêtements et autre, on s'améliore d'années en années dans le "minimalisme", on arrive à privilégier les achats d'occasions et à limiter sa garde-robe vu qu'elle grandit encore très vite. 

    Mais on a évidemment pris un autre virage depuis ses 3 ans environ puisqu'elle est en capacité de comprendre certaines choses. C'est très rare que je lui explique quelque chose en écologie par ma volonté, en général, c'est plutôt elle qui me questionne. Ca vient généralement d'une habitude qu'on a et elle pose des questions : pourquoi on a plusieurs poubelles ?, ils vont où les déchets ?, pourquoi cet animal est en danger ?, pourquoi il faut pas gaspiller l'eau ?, pourquoi tu achète en vrac ?, etc.

    Je me sers de tout un tas de choses du quotidien pour lui montrer l'impact de nos choix, l'importance d'apprendre, de faire attention à la nature et de consommer différemment. Je m'aide aussi de certains de ses livres ou dessin-animés mais finalement, ça vient bien plus souvent d'un de nos comportements. Certaines de ses habitudes me font rire désormais, elle s'amuse à tout réparer "pour ne pas jeter" et me demande toujours si tel ou tel produit "fait du mal à la planète". Elle comprend pourquoi on essaye de se passer de voiture et adore expliquer le tri des déchets à notre entourage. Tout ça me conforte dans l'idée que c'est par l'exemple qu'on change les choses, en montrant et en expliquant, mais sans vouloir à tout prix changer un comportement. Il y a quantité de choses qu'elles trouvent normal parce qu'elle n'a pas connu un autre mode de fonctionnement : fabriquer sa lessive, utiliser un savon solide, emballer des cadeaux dans du tissu, utiliser des beewraps, des gourdes, un compost, etc. 

    Ce n'est évident pas toujours simple, les enfants baignent dans un mode de surconsommation et ils aiment entrer dans le moule. On essaye alors de faire à son rythme, de lâcher un peu sur certains points et de garder en tête les quelques "règles" qui comptent pour nous.

    Enfin, il nous semble logique de lui montrer l'aspect positif de toutes ces choses et de ne pas insister sur des choses anxiogènes. Je préfère qu'elle comprenne qu'il est important de planter des fleurs pour les abeilles, plutôt que de lui répéter les dangers liés à leur disparition et surtout à lui donner cette notion "d'urgence". C'est très personnel, et ça fait écho à ma propre vision des choses, mais la peur bloque plus que le fait de savoir que nos choix comptent. Elle sait très bien qu'il y a des animaux qui disparaissent et que la pollution de l'air c'est une catastrophe. Mais on essaye de ne pas transmettre l'idée d'une urgence et de risques mortels à tout ça. Elle retient surtout que l'on a quantité de choses que l'on peut faire pour moins gaspiller, moins polluer, moins jeter et protéger davantage certains écosystèmes.

    Articles à relire : 

    - Parler d'écologie aux enfants

    - Beauty spécial Kid

    Les livres que j'utilise :

    - La famille Zéro déchet spécial kids

    - L'histoire de Macaron et Canelé

    - Le livre jeu pour sauver la planète

    Conclusion

    Avoir un enfant a changé beaucoup de choses dans ma vie. Evidemment, un enfant change toujours la vie mais on affiche toujours les inconvénients : ne plus sortir comme on veut, le manque de sommeil, les difficultés d'éducation, le coût financier, etc. Je comprends tout ça et je sais aussi que j'ai un avantage indéniable d'être assez présente pour elle (et d'avoir un enfant qui dort ^^).

    Mais personnellement, ça m'a apporté beaucoup de sérénité, d'assumer ma personnalité qui était toujours un peu critiquée avec des termes de "timide, introvertie, ect.". En vrai, être calme et patience, c'est un vrai avantage quand on est parent : ne pas crier n'est pas un effort pour moi, prendre le temps pour elle plutôt que pour faire le ménage, aimer partager avec elle certaines de mes passions... Et surtout accepter de faire à son rythme, la considérer comme un vrai petit humain avec ses goûts et sa personnalité que je peux pas changer.

    Et surtout, ça a été un vrai déclic dans un mode de vie plus green. Je voulais pouvoir lui montrer les choses, l'élever dès le début avec des habitudes plus écologiques et ne plus avoir d'excuses à certains de mes comportements. Même encore aujourd'hui, elle me pousse à améliorer certaines choses parce qu'elle pose des questions, s'interroge et comme tous les enfants, elle a zéro filtre ^^ Et je dois vous avouer que je suis remplie de fierté quand je remarque qu'elle m'a piqué un beewrap pour mettre dans sa cuisine ou qu'elle est épatée de personnes qui achètent de la lessive ♡

    Je termine ainsi un peu les articles "bébé", ma fille est désormais une "grande". Mais il y a quantité d'autres blogs pour trouver des idées de soins, DIY ou autre si vous attendez ou avez un bébé. Par contre, si le sujet des enfants vous intéresse, je continuerais sans doute les articles, à destination des enfants plus grands !