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Conso responsable

  • Lire éthique

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    On a tous un rapport différent avec la lecture. Certains dévorent les livres, d'autres lisent plusieurs livres en même temps et d'autres encore, ne lisent que deux pages avant de s'endormir. Sincèrement, peu importe. Lire - des livres, des magazines, des journaux - c'est tout ce qui compte. Lire un roman classique de 600 pages ou une bande dessinée, ça permet de s'évader, de ressentir des émotions mais aussi (et là c'est l'ancienne chargée de TD à l'Université qui parle) d'améliorer son vocabulaire et son écriture. 

    Personnellement, j'ai toujours adoré lire mais j'ai eu beaucoup de difficultés à être assidue pendant mes années de thèse. Ma journée se résumait déjà à lire non stop alors mon cerveau et mes yeux étaient bien fatigués le soir. Néanmoins, je suis incapable de m'endormir sans avoir lu quelques pages, d'un livre ou d'une revue, comme pour faire une coupure avec l'activité de la journée. Je lis aussi beaucoup à ma fille, même si maintenant elle préfère me lire les histoires (comprendre les inventer vu qu'elle n'a pas encore 4 ans). 

    Je me suis alors demandée si le comportement de lecteur pouvait être "éthique". Quand on se penche deux minutes sur la question, on voit rapidement que lire, si c'est évidemment bénéfique, fait peser des lourdes conséquences sur l'environnement. 

    Alors quelles sont les possibilités pour lire éthique ? 

    L'impact des livres sur l'environnement 

    Un livre, c'est de la pâte à papier qui consomme énormément d'eau, d'énergie et de produits chimiques, notamment pour le blanchissement. C'est aussi la réalisation de la couverture qui nécessite un film de polypropylène ou d’acétate. Ou encore la phase d'emballage (et ses déchets) et de distribution et transport. Selon WWF, la consommation mondiale de papier dépasse les 330 millions de tonnes par an et rien qu'en France et chez un seul éditeur, les émissions carbones dépassent les 210 000 tonnes de CO2 à l'année. 

    Les éditions Terre Vivante ont réalisé une étude du coût du cycle de vie de leurs livres si cela vous intéresse. 

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    Il y a de nombreuses améliorations possibles pour réduire cet impact : utilisation d'encres végétales, utilisation de papier recyclé, diminution du blanchissement du papier, utilisation d'énergie renouvelable, d'emballages cartons, rapprochement des entreprises du même secteur pour limiter les coûts de transport, etc. Mais toutes ces solutions sont, a priori, entre les mains des éditeurs et des imprimeurs, qui prennent peu à peu conscience de l'impact gigantesque de leur secteur d'activité sur l'environnement.  

    Alors, en tant que lecteur, que peut-on faire ? 

    L'alternative des e-books ? 

    La solution classique que l'on voit parfois est la lecture numérique, l'ebook. Il est évident qu'il est toujours intéressant de diversifier les formes de lecture pour séduire plus largement le public, notamment les plus jeunes. Néanmoins, rien que pour le bilan carbone, l'ebook a un impact environnemental plus néfaste : une dernière étude estime qu'un ebook génère 250 kg de CO2, sans compter l'impact impressionnant de l'extraction des métaux lourds nécessaires à la production des supports numériques. A titre de comparaison, un livre papier génère environ 1,3kg de CO2. 

    A priori, ce n'est donc pas une alternative a favoriser pour devenir un lecteur "éthique". 

    Réduire ses achats de livres neufs

    Encore une fois, une consommation plus responsable s'accompagne d'une dé-consommation. La grande problématique du secteur du livre est sans aucun doute la quantité impressionnante de livres neufs qui arrive sur le marché chaque année. Et ainsi la quantité tout aussi folle de livre qui sont achetés et lu "une seule fois" par une seule personne. En terme de rentabilité, on ne fait pas pire !

    Une très chouette initiative vient de voir le jour : Tonbooktoo. Une communauté sur laquelle on s'inscrit, enregistre ses livres (avec le code comme sur Goodreads) et on peut entrer en contact avec des lecteurs près de chez nous pour échanger ou vendre des livres ! 

    Il y a plusieurs alternatives pour éviter de consommer du neuf à chaque envie de lecture : 

    • acheter entre ami(e)s, par exemple quand on est plusieurs à lire la même saga. 
    • s'inscrire à la médiathèque de votre ville. On hésite souvent, pourtant c'est rapide et pratique à utiliser. Vous pouvez souvent réserver vos livres, être conseillé et l'offre est aujourd'hui bien plus complète. 
    • jeter un oeil aux boîtes à livres qui fleurissent un peu partout en France, on y trouve parfois des petites pépites.
    • ne pas oubliez les brocantes, les dépôts ventes ou autre centre Emmaüs où vous pouvez trouver des classiques à bas prix. 

    Bien entendu, toutes ces astuces valent aussi pour donner une seconde vie à vos livres neufs ! Si vous ne savez pas où les donner chez vous, il est aussi possible de passer par certains organismes comme Recyclivres qui permet d'envoyer ou de déposer des livres que l'on utilise plus.

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    Favoriser l'achat responsable

    Pour les achats neufs inévitables, il peut être intéressant d'oublier les géants Fnac et Amazon qui ne favorise pas vraiment la réduction de l'impact environnemental (et social) du secteur du livre. 

    Vous pouvez déjà trouvez une petite librairie indépendante chez vous et vous deviendrez vite accro à l'accueil et aux conseils sans pareil (s'il y a des palois dans la salle, j'aime beaucoup L'escampette, rue des cordeliers).

    Pour pouvez aussi garder vos habitudes d'achats en ligne mais en passant par des réseaux indépendants. Vous avez par exemple le réseau national des Libraires mais aussi plusieurs sites en fonction de votre lieu d'habitation. Par exemple, je passe par Libraires Atlantiques qui est top (cliquez pour retrouver tous les réseaux) : on cherche, on commande, on paye et on choisit une libraire pour aller le chercher.

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    Privilégier les livres en papier recyclé

    Quand vous choisissez un livre neuf, vous pouvez aussi privilégier les livres en papier recyclé. La présence du logo garantit que le papier est fabriqué à base de 50% minimum de papier recyclé. Dans le carré blanc est ensuite écrit le taux total (60% par exemple) et en dessous un numéro d'identification pour s'assurer du processus de fabrication. 

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    Vous pouvez aussi vérifier que le papier a un label FSC ou PEFC qui garantissent une gestion plus durable des forêts (explication des garanties de ces deux labels). En très rapide, la certification permet de s'assurer que la gestion de la forêt dont est issu le bois respecte les capacités de régénération de celle-ci. En gros, on évite la déforestation ou la plante d'eucalyptus (comme en Chine) qui ne permet pas de rattraper les besoins en absorption de CO2.

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    Voilà quelques idées pour lire éthique, être plus responsable et essayer de ne pas faire supporter à la planète notre passion pour les livres ! Si jamais vous ne savez toujours pas quoi faire de vos livres, vous pouvez toujours essayer l'upcycling et les transformer en oeuvres d'art ^^

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  • Consommer mieux...c'est plus cher !

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    On entends partout qu'il faut consommer mieux, plus responsable, plus éthique ou écologique. Bien sûr, on peut être sceptique, voir pas du tout concerné. Mais dans la majeure partie des cas, les gens savent qu'il faut faire des efforts pour consommer mieux. 

    A priori le problème vient surtout du "comment" : par quoi commencer, quoi privilégier, etc. C'était un peu l'objectif de mon blog, vous présentez plusieurs astuces ou idées pour consommer plus responsable. Mais force est de constater qu'il demeure souvent un problème majeur : le prix. 

    Ca fait longtemps que je voulais vous en parler et finalement je vous en ai déjà parlé plusieurs fois. Mais j'ai eu l'idée de finir cet article hier, après le lancement de Numéro 7, la marque de Coline du blog Et pourquoi pas Coline? Sur les réseaux sociaux, une grande partie des commentaires soulignaient les prix élevés de sa collection. Parfois exprimé de manière gentille, parfois un peu plus virulent comme s'il y avait "arnaque" quelque part. 

    Ces critiques ne s'expriment pas que sur sa marque. Toutes les marques made in France, les petits créateurs, les labels écologiques mais aussi l'alimentation bio ou locale : très souvent les gens regrettent le prix. Et ce n'est pas toujours méchant, c'est souvent accompagné d'un "j'aurais adoré mais ce n'est pas accessible", "j'aimerais bien mais mon niveau de vie ne me permet pas d'acheter comme ça". 

    Alors bien évidemment, rappelons que oui, dans la majeure partie des cas, produire mieux, c'est produire plus cher.

    Pour de nombreuses raisons qui peuvent se cumuler :

    •  toutes les choses produites en France coûte plus chères qu'en Chine parce que les entreprises ne sont pas soumises aux mêmes charges.
    •  choisir avec soin l'entreprise de fabrication présente un coût supplémentaire parce que les conditions de travail y seront supérieures (donc le prix aussi), cela nécessite souvent d'y aller, de contrôler, etc. 
    • produire en petites quantités coûtent plus cher qu'en grande quantité (le principe du coût dégressif). Et une petite structure doit répercuter ses coûts de fonctionnement plus fortement sur le prix des ventes puisqu'elle absorbe moins de volume de vente. Idée qu'on oublie souvent mais les budgets relatifs à la publicité, au graphisme ou à la logistique sont un gouffre pour les petites entreprises. 
    •  produire écologiquement présente un coût pour les entreprises qui sont obligées de faire des dépenses supplémentaires pour réduire leur pollution, utiliser des énergies renouvelables ou des matières innovantes. 
    •  l'agriculture biologique subit des coûts supplémentaires par rapport à l'agriculture traditionnelle puisque les rendements ne sont pas les mêmes (plus petites surfaces, moins de pesticides contre les attaques des cultures, culture plus lente, moins productive, etc.). Je ne vous parle même pas des conditions financières pour accéder à un label biologique ou autre, souvent inabordable pour des petites structures. 

    Ce ne sont que quelques idées, il y a encore bien d'autres raisons qui expliquent cela. Mais en gros, si Zara arrive à vendre un débardeur à 20€ alors qu'il sera à 65€ chez Numéro 7, ce n'est pas le bénéfice du deuxième qui est supérieur. Zara produit en très grande quantité, donc à moindre coût, avec des matières fabriquées dans des pays qui n'ont pas la même réglementation (du travail, des impôts, etc...), et tous les frais annexes de fonctionnement de la marque ne représentent plus grand chose pour un seul type de débardeur. 

    Si vous voulez un débardeur avec un tissu français, fabriqué au sein de l'Union européenne, dans des conditions décentes et par une petite marque qui porte des valeurs responsables, vous faites exploser le coût initial, sans même augmenter la marge de bénéfice. A être vraiment franche, la marge de Zara sur son débardeur a de grandes chances d'être supérieure à la marge de Numéro 7. 

    Mais (oui il y a toujours un mais!), cela n'enlève en rien qu'on a pas forcément 65€ à mettre dans son débardeur ! En tout cas, a priori c'est compliqué pour un salaire moyen en France. Le salaire médian en France s'établit à environ 1730 euros. Sur ce salaire, il y a quantité de frais fixes : loyer, nourriture, impôts, téléphone, transport, frais scolaires, etc...Je ne ferais pas de calcul exact mais même sur ce salaire moyen, il ne reste pas énormément pour les loisirs et autres achats. Et c'est le salaire moyen, cela veut dire que la moitié de la population est en dessous. Il y a aussi des différences entre les lieux d'habitation, il est évident qu'à Paris, le budget loyer explose. 

    Donc imaginons qu'il vous reste moins de 100€ pour acheter un vêtement ou que votre budget alimentaire ne doit pas dépasser 100€ par semaine. Il est évident que l'achat de made in France ou de bio réduit considérablement votre pouvoir d'achat. Si vous avez 50€ à dépenser au mois pour un vêtement, vous ne pourrait même pas acheter le débardeur de numéro 7. 

    Je suis consciente de ce problème. Moi même, je me situe en dessous du salaire moyen. Mais alors comment font les gens (et moi-même) pour acheter plus responsable ? Mis à part des bourses mieux dotées, on est tous soumis aux mêmes contraintes financières.  

    Faire ses courses en supermarché et acheter ses vêtements chez Zara ou H&M, c'est pouvoir consommer très régulièrement et souvent au dessus de nos besoins. C'est pouvoir repartir de H&M avec 4 articles sans avoir dépasser les 50€ ou acheter 4 sortes de yaourts différents sans exploser son budget. 

    Attention spoiler : on ne dépense pas "responsable" comme on dépense "traditionnel" ! 

    Justement parce que ça n'a pas le même prix ! Parfois, faut revenir à la logique : si c'est plus cher, j'achète moins.

    Reprenons l'exemple de notre débardeur. Il fut un temps où à l'approche de l'été, j'avais envie d'acheter de nouveaux hauts pour l'été. Forcément, vu mon budget d'étudiante, j'allais chez Zara, H&M ou Pimkie  les jours de disette (quoique maintenant les prix se sont alignés). Je devais en avoir pour grand maximum 50€ et de quoi regarnir mon armoire. Pour recommencer invariablement l'été d'après...

    Cette année, vu ma réflexion sur le minimalisme, j'ai eu besoin de peu d'achats. Un joli teeshirt noir et un débardeur peplum. J'ai alors vendu plusieurs de mes vêtements pour pouvoir m'acheter le teeshirt Stockhlom de la marque Les Sublimes à 45€. Il me restait peu pour le débardeur que j'ai fini par trouver chez Kiabi (contre toute attente!). Résultat, j'ai dépensé à peu près la même somme pour deux fois moins de vêtements. 

    Acheter responsable, c'est arriver à comprendre qu'il faut acheter moins mais mieux. Prendre le temps d'économiser, profiter des anniversaires, revendre, et surtout identifier ses besoins. 

    Vous savez quoi, je trouve le débardeur de numéro 7 très joli mais je n'en ai pas besoin. Par contre, j'ai vraiment besoin d'une jolie veste et j'adore celle de la marque. Vu le prix, il est évident que je ne peux pas me l'acheter dans l'immédiat. Mais avec encore un peu d'argent de la vente de mes vêtements non portés, un peu d'économie ces prochaines semaines et sans doute un coup de pouce de mon anniversaire, je pourrais sans problème me l'offrir. Par contre, oui entre temps, je n'aurais pas acheté grand chose d'autres ! 

    Même débat pour l'alimentation mais j'avais déjà un peu abordé la question dans cet article. Ne faites pas vos courses en magasin bio comme au supermarché. Arrêtez la tentation des nouveautés, des aliments marketing ou de la peur du manque. 

    En fait, pour consommer mieux, il faut réapprendre à consommer. On n'achète pas chez Zara comme chez Numéro 7. Comme on achète pas au marché comme en supermarché. C'est un paradoxe que de vouloir avoir les deux. Sinon, imaginez bien que les prix ne seraient pas les mêmes, chez Zara comme chez numéro 7 !

    On est tous d'accord pour dire que les entreprises ne peuvent plus polluer l'atmosphère comme avant. C'est un peu la même chose pour nous, la prise de conscience écologique nous montre qu'on ne peut plus consommer comme avant. La modification des comportements est longue, je vous l'accorde mais c'est assez libérateur de ne plus se sentir victime de la surconsommation, du marketing, des modes.

    Prendre le temps et réfléchir, c'est une nouveauté dans nos sociétés où tout va vite et où tout est jetable.

    Quelques conseils pour pouvoir consommer plus responsable : 

    • établir un budget (loisirs, alimentation,etc) même si c'est un budget peu précis. C'est toujours bien d'avoir une idée de votre pouvoir d'achat, en dehors des frais fixes.
    • avoir des objectifs d'achats "raisonnables" : "avant l'été, je voudrais me trouver une robe et une paire de sandales" et non "tiens je vais voir ce qu'il y a chez Zara". C'est la meilleure façon de ressortir avec 10 fringues que vous ne remettrez jamais et effectivement de ne plus avoir de budget pour des achats plus onéreux. 
    • revendez vos vêtements non portés et faites vous payer sur Paypal. Vous aurez ainsi une cagnotte "virtuelle" pour faire des achats un peu plus onéreux mais plus responsables, sans toucher directement votre compte en banque.  
    • traquez les promos, les soldes, etc...Aussi bien dans l'alimentaire que pour les vêtements. 
    • faites des compromis. Si vous avez le budget pour un teeshirt en coton bio, vous n'avez peut être pas de budget pour des chaussures vegan fabriquées en France. Ce n'est pas grave, commencez là où pouvez commencer. 
    • avoir des priorités : le made in france, le bio, l'éthique, les petites structures...souvent on ne peut pas tout privilégier en même temps. Choisissez ce qui vous tient à coeur en priorité, vous vous améliorerez petit à petit.
    • si vous n'arrivez pas encore à voir comment acheter plus cher, faites le calcul sur un mois de toutes vos dépenses vestimentaires. Ce n'est pas toujours le cas, même souvent 10€ + 10€, et on arrive vite au 65€ nécessaires pour ce fameux débardeur. 
    • d'ailleurs traquez les petites dépenses inutiles qui pourraient augmenter votre budget : papeterie, magazines, bouquet de fleurs, maquillage, etc. Avec un budget limité, on ne peut pas tout avoir. C'est pas fun mais c'est comme ça. Alors si vous voulez consommer mieux, il va falloir réorienter vos dépenses. 
    • partager ! Pourquoi ne pas acheter une pièce plus chère en commun avec une amie qui fait la même taille ? 

     Voilà quelques idées, j'attends bien sûr vos propres idées sur le sujet ! C'est difficile pour vous d'acheter plus responsable ? Ou d'acheter moins ? 

  • Des pistes pour éviter le gaspillage alimentaire

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    Le gaspillage alimentaire, en France, c'est 20kg de déchets par an et par personne, dont 7kg encore emballés. Au niveau mondial, c'est environ 1/3 de l'alimentation qui serait jetée sans être consommée…!! Tout ça a un coût financier, 160€ par personne/par an, soit des milliards à l'échelle de la France. Et encore, on ne comptabilise que le coût direct de l'alimentation jetée et non le coût global d'une production alimentaire qui finit à la poubelle…

    Bref, le gaspillage alimentaire, c'est la cata ! Et finalement, c'est souvent un regret que les gens expriment sans trouver réellement de solutions faciles à appliquer. 

    Je voulais vous donner quelques astuces et pistes de réflexions pour éviter le gaspillage chez vous.

    Avant toute chose, il est essentiel de connaître votre gaspillage : que jetez-vous en majorité ? Des aliments périmés non consommés ? Des restes de repas ? 

    Le BA.BA de la liste des courses

    Faire les courses avec une liste permet d'éviter d'acheter en trop grande quantité et donc de jeter des aliments non consommés. 

    Le must du must est d'allier cette liste de courses à une liste de menu. Réfléchir, même rapidement au repas de la semaine permet de n'acheter que le nécessaire et réduit même les dépenses. Néanmoins, j'ai toujours échoué à la liste des menus chez moi. Trop fastidieux sur le long terme, j'abandonne toujours au bout de quelques semaines par manque de temps, d'idées...

    Mais je baisse pas les bras pour autant ! Soit j'ai assez de motivation pour faire une mini liste des menus avec quelques idées rapides pour me repérer. En général, ça donne : pâtes à la sauce tomate ; soupe ; légumes rôtis ; croque-monsieur... Et autour, je brode en ajoutant les basiques ou en faisant en fonction de ce que je trouve au marché. 

    Soit, je fais une liste de courses...à l'envers ! C'est à dire que j'inscris d'abord ce que j'ai chez moi et je cherche quoi faire avec. Ensuite, j'inscris sur ma liste uniquement ce qui me manque et souvent, il s'agit de produits basiques type beurre, huile, pâtes... La liste à l'envers est un bon truc à faire au moins une fois par mois pour vider un peu ses placards. Vous pouvez même vous lancer le défi d'une semaine sans achat (autre que les produits de premières nécessités) ! Vous seriez surpris de savoir combien de temps on peut tenir en réalité ! 

    Ce mode de fonctionnement me correspond bien car on consomme surtout des légumes et des céréales/légumineuses. Donc je sais rapidement s'il faut que je rachète des lentilles vertes ou du riz. 

    Un dernier conseil, faites votre liste de courses en fonction de l'organisation de votre magasin d'alimentation pour éviter de perdre du temps et d'être tenté par autre chose ! 

    ⇒ faire une liste des menus même rapide

    ⇒ faire une liste de course à l'envers

    Gérer ses courses

    En général, il y a les partisans des "grosses courses" auxquelles s'ajoutent des petites courses ponctuelles et les partisans des petites courses plus régulièrement. Chacun fait comme il peut/veut en fonction de son emploi du temps. Néanmoins, si vous voyez que vous gaspillez beaucoup d'aliments, essayer de faire des courses plus régulièrement. Et si vous avez une alimentation plus végétale, il faudra aussi faire des achats frais sans doute plus souvent. 

    Et si vous faites le marché pour vos légumes/fruits ou autre produits frais, essayez de faire vos courses complémentaires après. Typiquement, je fais le marché le samedi et le dimanche, du coup, je n'achète le reste qu'en début de semaine. Ca me permet d'avoir le temps de finir ce que j'ai le week-end, là où j'ai plus de temps pour réfléchir aux recettes et cuisiner, et de faire une liste de courses ou de repas pour la semaine. Ainsi, j'achète uniquement ce dont j'ai besoin pour la semaine. Et comme on consomme beaucoup de légumes, il arrive que je refasse un tour le jeudi en général, j'ai profite pour acheter ce que j'ai pu oublié. 

    En faisant des courses plus régulièrement, je suis moins tenté de prévoir beaucoup par peur de manquer puisqu'au pire, je ferais une autre course dans la semaine. Et ça me force aussi à utiliser ce que j'ai chez moi et donc à limiter le gaspillage ! 

    Mais si vous ne pouvez faire autrement que les courses une fois par semaine, ça sera alors davantage en cuisine qu'il faudra s'organiser en essayant de cuisiner les choses périssables avant le reste. Et d'avoir toujours quelques trucs faciles pour les fins de semaine : pâte à pizza, sauce tomate, etc.

    ⇒ faire ses courses plus régulièrement et toujours les produits frais en premier

    S'organiser en cuisine

    Là aussi il y a plusieurs écoles : les "j'aime pas cuisiner", les "je fais tout moi-même", les "j'ai pas le temps", etc. Encore une fois, il faut trouver comment adapter votre mode de vie pour éviter de gaspiller. 

    Si vous jetez surtout des aliments non consommés, essayer de mieux gérer vos repas pour consommer en priorité ce qui se périme vite. Rangez votre frigo en fonction : au fond ce qui dure le plus longtemps ; devant, à consommer rapidement. Idem pour vos fruits et légumes, les plus accessibles doivent être les plus périssables rapidement. 

    Si vous avez un peu de temps le weekend, essayer de cuisiner pour le début de semaine avec ce qui se périme le plus vite : des soupes, des tartes, des plats en sauces à réchauffer, etc. Je fais souvent une soupe le dimanche par exemple, j'en congèle une partie et on en mange 2 ou 3 jours ensuite. Vous pouvez aussi cuisiner des féculents, céréales ou légumineuses pour la semaine, ça se conserve très bien et ça vous sauvera les soirs un peu speed.

    Les quantités cuisinées sont très importantes pour limiter le gaspillage alimentaire. Vous avez deux options : soit apprendre à cuisiner les quantités justes. Ce qui implique de savoir gérer les quantités nécessaires par personne, ce qui n'est pas toujours évident. Soit cuisiner en plus grande quantité pour faire deux repas : pour le midi si vous mangez chez vous ou au travail ; pour un autre soir, sous une autre forme. Typiquement, si vous faites des pâtes et que vous êtes toujours du genre à en faire trop, gardez en la moitié que vous cuisinerez le lendemain en gratin par exemple. 

    Enfin, si vous jetez des aliments périmés parce que finalement vous n'avez pas eu envie (ou le temps) de les consommer comme prévu, pensez soit à les cuire, ils se garderont plus longtemps, soit à les congeler pour une autre fois. 

    ⇒ organiser son frigo

    ⇒ cuisiner les justes quantités ou en double

    Inventer des plats de "restes"

    En général, on a pas trop envie de manger les restes. Soit parce qu'il y en a pas assez pour un repas, soit parce qu'on a pas envie de manger deux fois la même chose. 

    Plusieurs astuces peuvent vous permettre d'éviter de les jeter : 

    - la fameuse cuisine des restes : tarte, soupe, pizza, gratin ou pâtes avec les restes d'un repas. D'où l'utilité d'avoir toujours ces bases chez soi pour reconvertir un repas. Si vous ne savez pas cuisiner, faites au plus simple, ajouter des féculents ou faites une pizza ! 

    - un repas au choix par semaine : un soir, chacun mange en fonction des restes et de ce qu'il a envie. Plutôt en fin de semaine quand le frigo se vide par exemple. Les enfants peuvent finir les pâtes ou autres féculents facilement, les restes de poulet rôti pour un sandwich, etc. 

    - donner une seconde vie : du bouillon pourra être congeler pour d'autres plats, des bananes trop mûre un banana bread, des pommes abimées de la compote...

    Par exemple, une grande aberration pour moi : la quantité de pain jeté ! Alors qu'il est si simple d'en faire des croûtons (ou de la chapelure) et que c'est si bon !!!!!

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    Connaître les dates limites de consommation

    On jette énormément de nourriture encore consommable, poussés par les fameuses dates qui nous donnent toujours l'impression de s'empoisonner passé minuit ! 

    Déjà, il faut faire une différence entre la DLUO (date limite d'utilisation optimale) et la DLC (date limite de consommation). La DLUO n'indique qu'une date optimum pour les produits "secs" type céréale, conserves, etc. Les aliments restent consommables après cette date mais plus vous vous éloignez, plus ils perdront en goût, ou texture. La DLC concerne les produits plus fragiles et indique la date après laquelle il est impossible de commercialiser le produit. Vous devez donc respecter cette date pour la consommation...mais pas à la minute!

    Je vous conseillerais de toujours prendre le moins de risques possibles avec tous ce qui est très frais : la viande ou charcuterie achetées chez le boucher (2/3 jours max), le lait frais ou entamé, tout ce qui est cru en général. 

    Fiez vous à l'odeur et l'aspect pour savoir si c'est encore consommable. Pour les oeufs, plongez les dans un verre d'eau, s'il remonte, il n'est plus bon !

    Il ne s'agit pas de prendre des risques mais uniquement d'être conscient des produits les plus fragiles. Tous les aliments en conserves ou secs n'ont pas à être jetés le lendemain de la DLUO !

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  • What's in my bag ?

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    Je vous avez proposé récemment un petit aperçu de mes courses "classiques" lorsque je vais à l'épicerie bio, c'est enfin chose faite ! Je vous explique ce que j'ai acheté, pour combien et pour faire quoi.

    Quelques précisions :

    • généralement, j'achète plutôt mes légumes et fruits au marché, ce qui me revient un peu moins cher. Mais comme je sais que tout le monde ne va pas au marché, ça vous donnera une idée.
    • je fais mes courses pour une semaine mais je précise qu'on ne mange chez nous que le soir et qu'on se réserve souvent un soir de la semaine pour un restaurant/pizza/chez les parents". Donc je prévois environ 6 repas. J'ajoute qu'on ne mange pas d'entrées et très peu de desserts. On ne se restreint pas du tout, croyez-moi, mon homme mange pour 4! Mais, personnellement, je ne pourrais pas manger les quantités que je vois parfois en photo chez certaines, ni autant de viande ou de produits gras/sucrés. Je ne suis pas du tout au régime mais j'écoute seulement mon appétit :)
    • je n'achète que ce que j'ai besoin pour la semaine, pas de stock pour la semaine d'après. Cette fois, il n'y a donc pas quelques produits classiques que j'achète souvent mais dont je n'avais pas besoin : lait, crème liquide, fromage, café ;) J'ai souvent assez de stock de céréales, pâtes, riz, farine ou autres pour ne pas avoir besoin d'en acheter chaque semaine. Je n'ai aussi pas acheté de compote ni de fruits car il me reste pleins de pommes et de poires que je dois finir.
    • il faut rajouter à ces courses, un petit tour au supermarché pour prendre ce que je ne prends pas à l'épicerie bio : un peu de viande ou de charcuterie (on en consomme cependant très peu le soir donc ça se limite souvent à du jambon et du poulet) mais aussi des couches, du papier wc, etc... Çà représente environ 10€ supplémentaire pour une semaine.
    • enfin, je ne prétends nullement faire des courses parfaites ! Ce sont MES courses en fonction de mon alimentation, de mon budget et de mes goûts. Je veux juste vous montrer que faire les courses en épicerie bio ne coûtent pas forcément plus cher, il faut surtout manger différemment. Je vous renvoie à mon article sur "mieux faire ses courses" avec quelques astuces.

    On ne mange chez nous que le soir, je mange peu de viande et pas des quantités énormes. Je cuisine pas mal donc pas besoin de plats préparés et ma fille mange comme nous. Donc, vraiment, ce n'est à prendre que comme un exemple pas du tout comme un objectif (car même en bio/zéro déchet, elles sont loin d'être parfaites!).

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    Liste des courses

    -6 œufs bio

    -du jus d'orange-carottes bio

    -de la pâte à tartiner bio

    -une boîte de cookies

    -400g de lentilles corail (vrac)

    -400g de millet (vrac)

    -du pain de mie aux céréales

    -une botte de poireaux

    -un petit chou-fleur

    -une botte de carottes

    -4 courgettes rondes

    -4 navets jaunes

    Quelques explications

    • le jus de carottes c'est la grande passion de ma fille mais j'ai voulu tenter le carottes/orange que je trouve meilleur ;) La bouteille nous tient largement la semaine.
    • la pâte à tartiner est une nouveauté et je l'adore déjà ! Vous la trouverez aussi en supermarché classique ou au Monoprix. J'alterne entre ça et de la confiture en général.
    • les cookies sont pour le petit déjeuner ou le goûter car je n'ai pas toujours le temps de préparer du fait-maison, ni parfois le temps de prendre un petit-déjeuner. Je fais surtout attention à en prendre sans huile de palme (pas simple à trouver) et avec une teneur en sucre "acceptable" (lire "dont sucres" dans la liste dus ingrédients pour le glucose). Ceux là sont les meilleurs du monde (exagération bonjour!)
    • Idem pour le pain de mie, je m'en sers surtout le matin quand j'ai le temps et le soir pour faire des croques-monsieur. Celui-là est aux céréales, je l'aime beaucoup!

    Recettes associées

    Je ne fais pas mes menus mais j'essaye de réfléchir un minimum à quelques idées d'ingrédients auxquels j'associe des recettes, ensuite j'improvise en semaine selon l'envie :

    -lentilles corail : en soupe probablement! Accompagnée de toast au chèvre chaud je pense!

    -courgettes rondes : farcies avec des céréales et du fromage.

    -navets jaunes et carottes rôtis au four ou peut-être glacés à la poêle...!

    -millet : encore des croquettes !

    -navets, poireaux, carottes : pour une soupe

    -poireaux : en tourte avec du poulet

    -chou-fleur : la recette dont je vous parlais dans la revue web #14 ou encore gratiné au four avec du jambon

    A cela, j'ajoute ce que mes placards m'offrent : des pâtes et de la sauce tomate, des croques-monsieur. Et les œufs me serviront pour faire des gâteaux, des omelettes ou autres!

    Pour combien ?

    Généralement, on me sort toujours que les courses en épicerie bio sont plus chères et qu'on passe plus de temps si on doit faire épicerie bio et supermarché classique.

    Au total ,j'en ai eu pour 30€ (29.99 exactement!). Quelques exemples de prix : les céréales sont à moins de 2€ pour 400g, les cookies à 2,65€ et les légumes varient entre 2€ et 2,40€. Le plus cher étant les courgettes rondes, 4,42€ les 4 mais elles font facilement un repas complet en ajoutant une farce peu chère à base de céréales.

    Côté timing, je fais mes courses à la pause déjeuner donc en moins d'une heure et j'ai eu le temps de passer à l'épicerie bio et au supermarché. En allant à l 'essentiel et avec une liste, on perd moins de temps !

    En réalité, je dépense beaucoup moins et perds moins de temps quand je fonctionne comme ça que quand je passe entièrement par le supermarché. Je suis bien plus tentée d'acheter du superflu et ça finit souvent en gaspillage.

    Je ne sais pas du tout si cela représente beaucoup ou trop peu pour certaines. Pour nous, ça nous permet de manger mieux, pour un peu moins cher et sans gaspillage. J'accorde surtout mon attention à éviter les produits transformés et sinon je privilégie le sans-palme et avec une teneur en sucre acceptable. On est loin de manger parfaitement, on s'accorde aussi beaucoup de pizza ou autre mais ça permet de limiter les dégâts sur la semaine entière !

    J'essayerais de vous en refaire dans quelques temps avec des légumes du printemps et d'autres achats classiques. Et dites moi si ça vous aide ;)