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  • Ça sent le chimique dis donc !

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    (Si vous saviez comme j'ai galéré à trouver comment illustrer cet article^^)

    En matière de consommation, la question des odeurs n'est pas si anodine. Il suffirait que je comptabilise le nombre de remarque que j'ai reçu sur cette question ou seulement d'écouter ce dont parle les gens en matière de produits de beauté, de nettoyage ou de lessive. Et les odeurs, ce sont aussi des souvenirs, des habitudes, des sensibilités différentes. 

    Mais comme on a tous été globalement élevés aux odeurs "chimiques", notre cerveau a appris à les apprécier, à les associer à des souvenirs ou à des sensations. Combien de personnes aiment dormir dans des draps fraîchement lavés à la lessive conventionnelle ? Combien de personnes testent des nouveaux gel douche en personne après avoir "senti" l'odeur en magasin ? Combien de parents ou futurs parents adorent sentir l'odeur des produits pour bébé ?

    Quand on passe à une consommation plus écologique, évidemment, c'est un nouveau monde d'odeurs qui s'ouvrent : les huiles essentielles, le savon, le vinaigre blanc ou même...le presque zéro odeur ! Je ne sais même plus combien de message je reçois sur la lessive maison qui ne sent "rien" ou combien de personne je vois acheter le nouveau gel douche juste pour son odeur de fraise tagada, malgré une composition catastrophique.

    C'est une question qui m'a beaucoup occupée parce que le passage aux produits plus écologiques ne m'a pas gêné au niveau des odeurs. Je suis quelqu'un de très sensible aux odeurs et j'ai toujours eu beaucoup de mal avec les odeurs chimiques. Je ne tiens pas longtemps dans une parfumerie et je suis vite écœurée par les odeurs trop fortes. Même quand j'utilisais des produits plus "cracra", je choisissais toujours des odeurs plus soft type savon de Marseille! Mais force est de constater que ça n'a pas l'air d'être le cas de la majorité ! J'ai donc cherché des alternatives pour faire "passer" ces changements qui me tiennent à coeur mais à vrai dire, je n'ai plus envie. 

    J'ai envie de vous montrer que la sensibilité aux odeurs chimiques ne sont que culturelles, que le marketing depuis des années nous apprends à dire ce qui sent bon ou pas, et que les odeurs doivent passer avant l'efficacité (parfois les odeurs sont mêmes présentes pour vous faire croire à une efficacité!) ET la composition des produits. Mais quand on fait attention au reste, à ce qui compte, on se rends compte qu'on peut être sensible à pleins d'autres odeurs naturelles. C'est un peu bête à dire mais le monde a déjà pleins d'odeurs chouettes ! 

    Je me suis amusée à lister toutes les odeurs qu'on aime et qui sont en réalité issues d'un bureau de marketing qui a décidé que telle odeur était associée à tel produit ou tel sentiment. Rebellez-vous et ouvrez votre nez aux vraies odeurs autour de vous ♥ 

    L'odeur de bébé

    Combien de fois j'entends "oh cette crème sent le bébé"!! L'odeur c'est sans aucun doute la chose la plus difficile à faire comprendre quand on cherche des produits plus clean : les produits nettoyants pour bébé ont tous une odeur similaire qui rend complètement accro. Le passage à la cosmétique bio, souvent sans parfum, ou plus radical, au savon solide, est toujours accompagné d'un "oui c'est bien mais ça sent plus le bébé".

    Attention je vais spoiler les gens qui n'ont pas encore d'enfant : un bébé est déjà livré avec une odeur de bébé. La sienne, celle que l'on renifle dans son cou, ses petits cheveux et celle dont on se souvient à sa naissance. 

    Mais les industriels et leurs équipes de marketing ont tellement bien travaillé que maintenant, l'odeur de bébé c'est l'odeur de Mustela, de Nivéa, de Mixa...d'où la difficulté à passer à une routine naturelle. Sauf que cette odeur est complètement chimique, nécessite évidemment des ajouts de parfum (du musc en général) dans des compositions absolument pas clean pour la peau des bébé. 

    Alors si vous attendez un bébé ou si vous n'en avez pas encore : profitez de l'odeur de votre bébé qui est unique, réconfortante et dont votre cerveau se souviendra longtemps. Ne surlavez pas votre bébé après sa naissance (qui fait rarement un marathon en journée), utilisez des produits doux, sans tensioactifs et sans parfum !

    Si j'avais envie d'être chiante (loin de moi cette idée...), j'ajouterais même que l'odeur naturelle de la peau a une fonction essentielle chez tous les animaux dont les êtres humains. On reconnaît l'odeur de son enfant parmi des milliers d'autres et inversement. On dit souvent que le bébé a besoin de l'odeur de sa mère pour se rassurer et tous les parents finissent un jour par laisser quelque chose avec "leur odeur" pour rassurer bébé. Je passe aussi sur le fameux "peau à peau" rassurant pour un bébé malade ou qui a du mal à dormir. C'est pas pour rien et c'est sûrement pas l'odeur de Mixa bébé que cherche bébé !!

    Si vous cherchez des produits de soins plus sains pour bébé, n'hésitez pas à relire mon article Special Kid  ou pour le bain de bébé!

    L'odeur du linge propre

    Ah combien de fois j'ai cette question par commentaire ou mail : votre lessive maison est très bien mais je n'arrive pas à m'habituer au manque d'odeur, je peux utiliser quoi ?? 

    Ben oui, parce que le linge propre, depuis la fin de la guerre, ça sent le musc, la lavande, la papaye exotique ou la fleur de monoï. Evidemment, à côté, le savon de Marseille a du mal à lutter !

    Mais vous savez quoi ? Le propre n'a pas d'odeur ! Il sent à la rigueur légèrement l'odeur de savon mais il doit surtout sentir le "frais" après avoir sécher à l'air libre !

    Sincèrement vous avez besoin de sentir la papaye sur vos vêtements ? Surtout qu'en général, on rajoute notre propre parfum dessus ensuite!! On me dit souvent que le plus difficile c'est pour les draps, il y a un côté rassurant dans un lit tout propre qui sent la lessive. Mais encore une fois, c'est votre cerveau qui vous domine ! Ce sont les souvenirs qui vous font aimer cette sensation. Et je vous assure que c'est tout aussi agréable sans que ça sente la lessive industrielle. 

    Cette idée est tellement ancrée que les partisans de la lessive maison (dont moi) ont élaboré toute une stratégie des huiles essentielles : dans chaque recette, comme dans la mienne, il y a écrit "huiles essentielles" en général de lavande ou de ylang-ylang. Depuis 3 ans que j'utilise ma recette, j'ai beaucoup évolué sur ce point. Les huiles essentielles ne sont pas miscibles dans l'eau et perdent complètement leur efficacité une fois chauffées donc j'ai de gros doutes sur l'utilité de cet ajout mais, surtout, c'est encore ajouter une "odeur" à celle du savon qui ne suffit pas. L'ajout d'un parfum peut s'entendre pour les vêtements très sales comme les vêtements de sport mais pour le reste, une fois propres, ils sentent le propre non ? 

    Désormais, mon linge sent le propre parce qu'il est propre et non parce que j'ai ajouté un parfum. Et je vous assure qu'on se déshabitue très vite à cette odeur chimique. Maintenant je suis gênée quand mon linge est lavée ailleurs par exemple et qu'elle sent la lessive classique. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que je teste en ce moment un service de location de vêtements (Le Closet mais on en reparle très vite) et clairement, le seul point négatif pour moi c'est ça : l'odeur des vêtements qui sortent du pressing ! Ils sentent objectivement bons mais je n'ai pas envie de porter cette odeur là sur moi ! Bref, tout est une question d'habitude mais personnellement, je n'ai pas envie que les grandes marques me disent quelles odeurs mon cerveau doit apprécier !

    Pour retrouver la recette de la lessive maison, direction l'article sur la lessive maison !

    L'odeur d'une maison propre

    Là encore c'est un peu le même combat que la lessive. Il y a tellement de produits ménagers et d'odeur chimique censé transformer votre intérieur en champ de fleurs qu'il est compliqué d'apporter une voix alternative. 

    Le ménage "green" c'est essentiellement du vinaigre blanc et du savon noir, comment veux-tu lutter !!! 

    Pourtant c'est pas faute d'être des produits hyper toxiques, mal tolérés par les enfants ou ceux qui ont les voies respiratoires sensibles. J'ai aussi souvent un retour sur des personnes ayant des migraines après le ménage et ne supportant plus les odeurs artificiels (extrêmement volatiles en plus dans ces produits). Mais on est d'accord, le vinaigre blanc ça pue ! 

    Alors clairement, l'odeur ne reste pas, chez moi ça ne sent pas le vinaigre blanc en permanence ! Mais quand je nettoie, effectivement, ça sent fort. En aérant et 15 min plus tard, ça ne sent plus rien ! Je préfère quand même nettoyer mes sols au savon noir, parce que j'aime bien son odeur plus douce et moins agressive sur une si grande surface. 

    Là encore vous pouvez utiliser des huiles essentielles si vous voulez améliorer l'odeur mais franchement, nettoyer, c'est ça qui compte non ? Et si besoin, il y a pleins de techniques pour donner une odeur plus franche à votre intérieur : cuisiner un gâteau au chocolat, piquer des clous de girofle dans une orange, utiliser ponctuellement des bougies végétales, un diffuseur d'huiles essentielles...

    Pour retrouver les recettes de ménage green, rendez-vous dans la catégorie Ménage green !

    L'odeurs des soins cosmétiques

    Je me répète, c'est la même chose mais en cosmétique c'est devenu complètement n'importe quoi !!! Attention je vais m'attaquer à une célèbre marque de gel douche que beaucoup adore...mais vraiment je ne comprends pas. 

    A quel moment notre société si évoluée, qui a inventé les antibiotiques, envoyé des gens sur la lune ou construit Notre Dame de Paris, a décidé que maintenant on avait besoin de gel douche...à la madeleine, à la brioche ou à la tartelette aux fraises ??

    Je vous passe la composition absolument pourrie (désolée hein mais en vrac : Sodium Laureth Sulfate, parfum en haut de la liste, Ppg-5-Ceteth-20, Ceteareth-60 Myristyl Glycol, etc....bref une petite bombe de produits irritants qui ont tendance à rendre la peau perméable ou à être suspectés d'être des perturbateurs endocriniens). 

    Infliger tout ça à sa peau (ou pire à celle de ses enfants) pour sentir la madeleine !! Là je suis désolée mais je suis à court d'argument. 

    Ok la douche c'est un moment de plaisir. Mais ça sert aussi à se laver hein ! On sent le savon, on est propre et voilà voilà... Tout ces inventions pour vous faire croire qu'il est indispensable de polluer et de mettre sa santé en danger juste pour des odeurs improbables. J'irais plus loin, je pousserais même la réflexion au pourquoi ce rapport cosmétique/plaisir olfactif. Certes quand ça sent bon c'est mieux mais il y a des tonnes de choses naturelles qui sentent bon ! Est-ce que le plaisir ne devrait pas être ailleurs que dans des produits industriels extrêmement polluants et problématique pour la santé ? Est-ce qu'on a pas un rapport bizarre avec le plaisir olfactif, complètement déconnecté du plaisir à appliquer des produits sains. 

    Si vous aimez vraiment les madeleines, allez en cuisine plutôt ^^ et pour retrouver des soins cosmétiques sains, direction l'article sur ma routine visage ou celui sur les savons solides !

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    Voilà, loin de moi l'idée de vous dire quoi utiliser comme produits mais j'aimerais qu'on prenne l'habitude de réfléchir aux odeurs avec un peu plus de "raison". Un mode de consommation plus naturel implique forcément de s'adapter à ces nouvelles odeurs plus brutes, plus fortes parfois et moins persistantes dans le temps. Mais notre cerveau devrait apprendre à se méfier des odeurs chimiques qui sont souvent le signe d'une composition moins clean. Et apprécier certains composants naturels, certaines odeurs qui ont aussi des effets positifs sur notre moral ou notre santé. 

    Et vous, vous en êtes où niveau odeur ? 

  • Savon de Marseille & huile de palme

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    Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que le savon de Marseille et moi, c'est une grande histoire d'amour. Originaire de Salon de Provence, je vais aux savonneries provençales depuis toujours et l'odeur du savon de Marseille fait partie de mes madeleines de Proust à moi. 

    Depuis, j'ai appris à l'utiliser pour mon linge, ma maison, mes plantes...et je vous partage ici plusieurs de mes recettes ou astuces. 

    Mais j'ai depuis longtemps de nombreux messages sur leur composition, la présence d'huile de palme, la différence entre le vert et le blanc ou autre. J'ai essayé de répondre à plusieurs questions dans l'article Comment reconnaître un vrai savon de Marseille ou encore dans la FAQ sur la lessive au savon de Marseille. Mais finalement les questions se cristallisent sur l'huile de palme présente dans certains savons de Marseille. 

    J'ai fait une mini storie sur Instagram pour expliquer un peu le cas de l'huile de palme dans les savons mais ça me semble utile d'y revenir ici dans un petit article. 

    La composition officielle du savon de Marseille : 100% huile d'olive

    Le savon de Marseille et plus largement la fabrication de savons en Provence est très ancienne en raison de la présence d'huiles végétales, de soude et de sel dans la région.

    Le processus de fabrication n'a été établit qu'en 1688, par l'Edit de Colbert, visant à limiter les dérives de certaines fabricants qui ajoutaient des graisses animales. C'est ainsi qu'un savon de Provence doit être cuit dans un chaudron (des chaudières) et ne contenir que de l'huile d'olive. Pas de graisses animales, pas d'autres huiles végétales. Il deviendra ensuite ce qu'on appelle aujourd'hui un savon de Marseille sous Napoléon. 

    L'ajout d'autres huiles végétales : palme, coprah... 

    Rapidement, les savonneries françaises se sont retrouvées en concurrence avec d'autres types de savons produits à l'étranger, notamment à base de graisses animales, qui produisaient ainsi un savon bien moins cher et plus facile à utiliser (plus de mousse, plus facile à rincer). La fabrication a base d'huile d'olive pure est en effet très complexe, coûteuse et le savon ne mousse que très peu.

    L'huile d'olive demeurait en effet une matière première très chère en raison de sa production (et c'est encore le cas aujourd'hui!). Le Port de Marseille a donc salué l'arrivée d'autres huiles végétales à partir de 1820 en provenance des Iles ou de l'Afrique du Nord, notamment l'huile de palme et l'huile de coprah (mais aussi la désormais célèbre arachide). 

    Les savonneries ont alors intégré une part de ces huiles à la recette originelle afin de faire baisser les prix et de sortir des savons plus faciles à utiliser. L'huile de palme ou de coprah notamment ont des propriétés "moussantes" (pour faire simple!) appréciées par les consommateurs. C'est à cette époque que les savonneries sortent aussi le savon blanc qui devient rapidement prisé pour le linge jusqu'à la seconde Guerre Mondiale. 

    La modification de la composition des savons de Marseille avec d'autres huiles végétales est ainsi très ancienne, sous les pressions économiques et celles des consommateurs. 

    La composition des savons de Marseille en 2017

    Aujourd'hui, il subsiste peu de véritables savonneries traditionnelles, tout simplement parce qu'il reste peu de "chaudrons" en activité. L'industrie a connu de grandes difficultés après la seconde Guerre Mondiale et l'arrivée de nouveaux produits chimiques plus économiques, plus faciles à utiliser, plus modernes, a fortement fait diminuer la demande en savon solide.

    A priori, il ne reste qu'un savon qui présente toutes les caractéristiques de l'Edit de Colbert, à savoir un 100% d'huile d'olive : Alepia. Cuit en chaudron et uniquement à base d'huile d'olive, il est cependant fabriqué en Ile de France, ce qui enlève un peu de son charme...à mon humble avis ^^ Mais il reste intéressant pour ceux qui cherchent à éviter à tout prix l'exploitation d'autres huiles végétales.

    Les autres savonneries offrent désormais un savon de Marseille qui contient de l'huile d'olive et d'autres huiles végétales, en très grande majorité de l'huile de coprah. A ma connaissance, il n'y a que Rampal Latour qui ajoute aussi de l'huile de palme dans son savon vert. En revanche, tous les savons blancs contiennent huile de palme et huile de coprah, comme depuis l'origine. 

    Alors, on évite l'huile de palme et l'huile de coprah dans les savons ? 

    C'est une question à laquelle je ne peux pas vous donner de réponse absolue, c'est un choix personnel. Par contre, je peux vous expliquer mon propre choix. 

    Premièrement, utiliser un savon de Marseille 100% huile d'olive pure est très différent d'un savon qui contient d'autres huiles végétales : il moussera moins, l'odeur sera plus forte, il se rincera plus difficilement. L'ajout de l'huile de palme ou de l'huile de coprah n'est pas le résultat d'une décision "tiens si on participait à la déforestation?". C'était à la fois une nécessité économique face au prix et parfois à la pénurie de l'huile d'olive. Et aussi une demande des consommateurs qui avaient des difficultés à s'approprier un savon si difficile à utiliser. 

    Deuxièmement, la problématique de l'huile de palme est souvent prise dans son ensemble sans réflexion (ou en tout cas, un peu rapidement à mon sens). 

    L'huile de palme, issue du palmier à huile, est majoritairement produite en Indonésie et en Malaisie, mais aussi en Amérique Latine. C'est désormais la plus grande production d'huile, en raison de sa rentabilité (le palmier produit beaucoup chaque année et pendant plus de 30 ans) et ils demandent moins de surface que la plupart des autres arbres à huiles. C'est donc uniquement des raisons de rentabilité économique qui font qu'aujourd'hui, c'est l'huile la plus consommée et la plus utilisée dans le monde. 

    Du coup, on augmente sans cesse les parcelles de palmiers à huile, en éliminant des forêts entières qui jouaient un rôle essentiel, notamment pour l'absorption du CO2, ainsi que toute la biodiversité qui dépendait de ses arbres divers. On pourrait ajouter que la consommation a proprement parlé d'huile palme n'est pas idéal pour la santé, vu que c'est une huile qui contient énormément d'acides gras saturés. 

    Si ça vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil à l'article du National Geographic sur l'huile de palme.

    Mais alors, si on veut éviter l'huile de palme, il faut absolument utiliser un savon de Marseille sans huile de palme ?

    Ben oui et non, je vous dirais. L'huile de palme est utilisée dans trois secteurs différents : 80% pour l'alimentaire, 19% en cosmétologie, 1% en énergétique (dans l'essence). Il est alors étrange de diaboliser les savons de Marseille pour l'ajout de l'huile de palme. Bien évidemment dans une logique pure, on devrait proscrire tout produit à base d'huile de palme. Néanmoins, comme on ne vit pas dans une logique pure, il me semble évident de commencer à éliminer l'huile de palme dans l'alimentaire. Et pour tenter de le faire, c'est loin de se limiter au Nutella !!

    Mais alors en cosmétologie, ça concerne aussi les savons non ? Il faut déjà comprendre que l'huile de palme se retrouve rarement sous sa forme originelle dans les cosmétiques mais elle est transformée. Présente dans la grande majorité des cosmétiques classiques, dans les crèmes, les démaquillants, etc., on la reconnaît grâce à différentes dénomination : tous les suffixes -capryl ou les préfixes -lauryl -cetear -palm...

    Pour plus d'infos, je vous recommande l'article de Oolution sur l'huile de palme en cosmétique. En gros, si vous évitez déjà la cosmétique classique ou que vous privilégiez des produits bruts, vous avez déjà une grande partie de la solution.  Et là encore, c'est loin d'être simple de reconnaître l'huile de palme dans toutes les compositions.

    On fait quoi alors pour le savon de Marseille ? 

    On privilégie au maximum les savons de Marseille qui ne contiennent que de l'huile de coprah et de l'huile d'olive (toujours le savon vert). Il ne s'agit pas de substituer l'huile de coco à l'huile de palme mais il semblerait que ce soit pour l'instant moins problématique d'un point de vue écologique. 

    Je continue personnellement à utiliser le savon de Marseille blanc, à l'huile de palme donc. Parce que la recette de la lessive maison a un bien meilleur résultat comme ça et que j'estime que mon impact reste meilleur à faire ma lessive maison qu'à utiliser les lessives conventionnelles (qui doivent en plus contenir aussi de l'huile de palme sous forme transformée).

    Pour l'instant, je traque l'huile de palme dans l'alimentation et la cosmétique classique. Et je ne culpabilise pas du tout de continuer à utiliser le savon de Marseille blanc pour ma lessive. J'estime que le fait de faire ma propre lessive est un geste important d'un point de vue écologique et un des rares gestes à faire en tant que consommatrice qui n'achète plus de lessive depuis 2 ans.

    Et surtout, je n'ai pas du tout envie d'entrer en guerre contre les quelques savonneries traditionnelles pour leur utilisation de l'huile de palme ! Je comprends les remarques des personnes qui veulent limiter l'huile de palme et sont déçues de sa présence dans le savon de Marseille. Pourtant, chez moi, ce savon, qu'il soit avec ou sans huile de palme, me permet de me passer de lessive industrielle, de détachant, de gel douche ou de liquide vaisselle parfois, de produits pour mes plantes malades, etc... Clairement, je préfère limiter tout ces produits même si cela signifie d'acheter encore un savon à base d'huile de palme. Et autour de moi, je suis déjà loin d'être dans la majorité à ne plus acheter ces produits (ni ceux de la cosmétiques traditionnelles). 

    Quand on fera pression sur les industriels qui utilisent à tout va l'huile de palme, je n'aurais plus d'états d'âmes à faire pression sur les savonneries traditionnelles pour qu'elles utilisent autre chose. En attendant, c'est un combat que je trouve un peu injuste : blâmer un savoir faire traditionnel qui offre tant de possibilités pour utiliser des produits moins polluants et moins dangereux pour la santé, c'est (encore une fois à mon sens) une hérésie.

    Allons déjà combattre l'industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique ainsi que les gouvernements des pays qui traînent à mettre en place une règlementation contre la déforestation et à appuyer un label durable d'exploitation des palmeraies...puis on passera en Provence discuter savon de Marseille et huile de palme ♥

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  • Lire éthique

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    On a tous un rapport différent avec la lecture. Certains dévorent les livres, d'autres lisent plusieurs livres en même temps et d'autres encore, ne lisent que deux pages avant de s'endormir. Sincèrement, peu importe. Lire - des livres, des magazines, des journaux - c'est tout ce qui compte. Lire un roman classique de 600 pages ou une bande dessinée, ça permet de s'évader, de ressentir des émotions mais aussi (et là c'est l'ancienne chargée de TD à l'Université qui parle) d'améliorer son vocabulaire et son écriture. 

    Personnellement, j'ai toujours adoré lire mais j'ai eu beaucoup de difficultés à être assidue pendant mes années de thèse. Ma journée se résumait déjà à lire non stop alors mon cerveau et mes yeux étaient bien fatigués le soir. Néanmoins, je suis incapable de m'endormir sans avoir lu quelques pages, d'un livre ou d'une revue, comme pour faire une coupure avec l'activité de la journée. Je lis aussi beaucoup à ma fille, même si maintenant elle préfère me lire les histoires (comprendre les inventer vu qu'elle n'a pas encore 4 ans). 

    Je me suis alors demandée si le comportement de lecteur pouvait être "éthique". Quand on se penche deux minutes sur la question, on voit rapidement que lire, si c'est évidemment bénéfique, fait peser des lourdes conséquences sur l'environnement. 

    Alors quelles sont les possibilités pour lire éthique ? 

    L'impact des livres sur l'environnement 

    Un livre, c'est de la pâte à papier qui consomme énormément d'eau, d'énergie et de produits chimiques, notamment pour le blanchissement. C'est aussi la réalisation de la couverture qui nécessite un film de polypropylène ou d’acétate. Ou encore la phase d'emballage (et ses déchets) et de distribution et transport. Selon WWF, la consommation mondiale de papier dépasse les 330 millions de tonnes par an et rien qu'en France et chez un seul éditeur, les émissions carbones dépassent les 210 000 tonnes de CO2 à l'année. 

    Les éditions Terre Vivante ont réalisé une étude du coût du cycle de vie de leurs livres si cela vous intéresse. 

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    Il y a de nombreuses améliorations possibles pour réduire cet impact : utilisation d'encres végétales, utilisation de papier recyclé, diminution du blanchissement du papier, utilisation d'énergie renouvelable, d'emballages cartons, rapprochement des entreprises du même secteur pour limiter les coûts de transport, etc. Mais toutes ces solutions sont, a priori, entre les mains des éditeurs et des imprimeurs, qui prennent peu à peu conscience de l'impact gigantesque de leur secteur d'activité sur l'environnement.  

    Alors, en tant que lecteur, que peut-on faire ? 

    L'alternative des e-books ? 

    La solution classique que l'on voit parfois est la lecture numérique, l'ebook. Il est évident qu'il est toujours intéressant de diversifier les formes de lecture pour séduire plus largement le public, notamment les plus jeunes. Néanmoins, rien que pour le bilan carbone, l'ebook a un impact environnemental plus néfaste : une dernière étude estime qu'un ebook génère 250 kg de CO2, sans compter l'impact impressionnant de l'extraction des métaux lourds nécessaires à la production des supports numériques. A titre de comparaison, un livre papier génère environ 1,3kg de CO2. 

    A priori, ce n'est donc pas une alternative a favoriser pour devenir un lecteur "éthique". 

    Réduire ses achats de livres neufs

    Encore une fois, une consommation plus responsable s'accompagne d'une dé-consommation. La grande problématique du secteur du livre est sans aucun doute la quantité impressionnante de livres neufs qui arrive sur le marché chaque année. Et ainsi la quantité tout aussi folle de livre qui sont achetés et lu "une seule fois" par une seule personne. En terme de rentabilité, on ne fait pas pire !

    Une très chouette initiative vient de voir le jour : Tonbooktoo. Une communauté sur laquelle on s'inscrit, enregistre ses livres (avec le code comme sur Goodreads) et on peut entrer en contact avec des lecteurs près de chez nous pour échanger ou vendre des livres ! 

    Il y a plusieurs alternatives pour éviter de consommer du neuf à chaque envie de lecture : 

    • acheter entre ami(e)s, par exemple quand on est plusieurs à lire la même saga. 
    • s'inscrire à la médiathèque de votre ville. On hésite souvent, pourtant c'est rapide et pratique à utiliser. Vous pouvez souvent réserver vos livres, être conseillé et l'offre est aujourd'hui bien plus complète. 
    • jeter un oeil aux boîtes à livres qui fleurissent un peu partout en France, on y trouve parfois des petites pépites.
    • ne pas oubliez les brocantes, les dépôts ventes ou autre centre Emmaüs où vous pouvez trouver des classiques à bas prix. 

    Bien entendu, toutes ces astuces valent aussi pour donner une seconde vie à vos livres neufs ! Si vous ne savez pas où les donner chez vous, il est aussi possible de passer par certains organismes comme Recyclivres qui permet d'envoyer ou de déposer des livres que l'on utilise plus.

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    Favoriser l'achat responsable

    Pour les achats neufs inévitables, il peut être intéressant d'oublier les géants Fnac et Amazon qui ne favorise pas vraiment la réduction de l'impact environnemental (et social) du secteur du livre. 

    Vous pouvez déjà trouvez une petite librairie indépendante chez vous et vous deviendrez vite accro à l'accueil et aux conseils sans pareil (s'il y a des palois dans la salle, j'aime beaucoup L'escampette, rue des cordeliers).

    Pour pouvez aussi garder vos habitudes d'achats en ligne mais en passant par des réseaux indépendants. Vous avez par exemple le réseau national des Libraires mais aussi plusieurs sites en fonction de votre lieu d'habitation. Par exemple, je passe par Libraires Atlantiques qui est top (cliquez pour retrouver tous les réseaux) : on cherche, on commande, on paye et on choisit une libraire pour aller le chercher.

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    Privilégier les livres en papier recyclé

    Quand vous choisissez un livre neuf, vous pouvez aussi privilégier les livres en papier recyclé. La présence du logo garantit que le papier est fabriqué à base de 50% minimum de papier recyclé. Dans le carré blanc est ensuite écrit le taux total (60% par exemple) et en dessous un numéro d'identification pour s'assurer du processus de fabrication. 

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    Vous pouvez aussi vérifier que le papier a un label FSC ou PEFC qui garantissent une gestion plus durable des forêts (explication des garanties de ces deux labels). En très rapide, la certification permet de s'assurer que la gestion de la forêt dont est issu le bois respecte les capacités de régénération de celle-ci. En gros, on évite la déforestation ou la plante d'eucalyptus (comme en Chine) qui ne permet pas de rattraper les besoins en absorption de CO2.

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    Voilà quelques idées pour lire éthique, être plus responsable et essayer de ne pas faire supporter à la planète notre passion pour les livres ! Si jamais vous ne savez toujours pas quoi faire de vos livres, vous pouvez toujours essayer l'upcycling et les transformer en oeuvres d'art ^^

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  • Consommer mieux...c'est plus cher !

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    On entends partout qu'il faut consommer mieux, plus responsable, plus éthique ou écologique. Bien sûr, on peut être sceptique, voir pas du tout concerné. Mais dans la majeure partie des cas, les gens savent qu'il faut faire des efforts pour consommer mieux. 

    A priori le problème vient surtout du "comment" : par quoi commencer, quoi privilégier, etc. C'était un peu l'objectif de mon blog, vous présentez plusieurs astuces ou idées pour consommer plus responsable. Mais force est de constater qu'il demeure souvent un problème majeur : le prix. 

    Ca fait longtemps que je voulais vous en parler et finalement je vous en ai déjà parlé plusieurs fois. Mais j'ai eu l'idée de finir cet article hier, après le lancement de Numéro 7, la marque de Coline du blog Et pourquoi pas Coline? Sur les réseaux sociaux, une grande partie des commentaires soulignaient les prix élevés de sa collection. Parfois exprimé de manière gentille, parfois un peu plus virulent comme s'il y avait "arnaque" quelque part. 

    Ces critiques ne s'expriment pas que sur sa marque. Toutes les marques made in France, les petits créateurs, les labels écologiques mais aussi l'alimentation bio ou locale : très souvent les gens regrettent le prix. Et ce n'est pas toujours méchant, c'est souvent accompagné d'un "j'aurais adoré mais ce n'est pas accessible", "j'aimerais bien mais mon niveau de vie ne me permet pas d'acheter comme ça". 

    Alors bien évidemment, rappelons que oui, dans la majeure partie des cas, produire mieux, c'est produire plus cher.

    Pour de nombreuses raisons qui peuvent se cumuler :

    •  toutes les choses produites en France coûte plus chères qu'en Chine parce que les entreprises ne sont pas soumises aux mêmes charges.
    •  choisir avec soin l'entreprise de fabrication présente un coût supplémentaire parce que les conditions de travail y seront supérieures (donc le prix aussi), cela nécessite souvent d'y aller, de contrôler, etc. 
    • produire en petites quantités coûtent plus cher qu'en grande quantité (le principe du coût dégressif). Et une petite structure doit répercuter ses coûts de fonctionnement plus fortement sur le prix des ventes puisqu'elle absorbe moins de volume de vente. Idée qu'on oublie souvent mais les budgets relatifs à la publicité, au graphisme ou à la logistique sont un gouffre pour les petites entreprises. 
    •  produire écologiquement présente un coût pour les entreprises qui sont obligées de faire des dépenses supplémentaires pour réduire leur pollution, utiliser des énergies renouvelables ou des matières innovantes. 
    •  l'agriculture biologique subit des coûts supplémentaires par rapport à l'agriculture traditionnelle puisque les rendements ne sont pas les mêmes (plus petites surfaces, moins de pesticides contre les attaques des cultures, culture plus lente, moins productive, etc.). Je ne vous parle même pas des conditions financières pour accéder à un label biologique ou autre, souvent inabordable pour des petites structures. 

    Ce ne sont que quelques idées, il y a encore bien d'autres raisons qui expliquent cela. Mais en gros, si Zara arrive à vendre un débardeur à 20€ alors qu'il sera à 65€ chez Numéro 7, ce n'est pas le bénéfice du deuxième qui est supérieur. Zara produit en très grande quantité, donc à moindre coût, avec des matières fabriquées dans des pays qui n'ont pas la même réglementation (du travail, des impôts, etc...), et tous les frais annexes de fonctionnement de la marque ne représentent plus grand chose pour un seul type de débardeur. 

    Si vous voulez un débardeur avec un tissu français, fabriqué au sein de l'Union européenne, dans des conditions décentes et par une petite marque qui porte des valeurs responsables, vous faites exploser le coût initial, sans même augmenter la marge de bénéfice. A être vraiment franche, la marge de Zara sur son débardeur a de grandes chances d'être supérieure à la marge de Numéro 7. 

    Mais (oui il y a toujours un mais!), cela n'enlève en rien qu'on a pas forcément 65€ à mettre dans son débardeur ! En tout cas, a priori c'est compliqué pour un salaire moyen en France. Le salaire médian en France s'établit à environ 1730 euros. Sur ce salaire, il y a quantité de frais fixes : loyer, nourriture, impôts, téléphone, transport, frais scolaires, etc...Je ne ferais pas de calcul exact mais même sur ce salaire moyen, il ne reste pas énormément pour les loisirs et autres achats. Et c'est le salaire moyen, cela veut dire que la moitié de la population est en dessous. Il y a aussi des différences entre les lieux d'habitation, il est évident qu'à Paris, le budget loyer explose. 

    Donc imaginons qu'il vous reste moins de 100€ pour acheter un vêtement ou que votre budget alimentaire ne doit pas dépasser 100€ par semaine. Il est évident que l'achat de made in France ou de bio réduit considérablement votre pouvoir d'achat. Si vous avez 50€ à dépenser au mois pour un vêtement, vous ne pourrait même pas acheter le débardeur de numéro 7. 

    Je suis consciente de ce problème. Moi même, je me situe en dessous du salaire moyen. Mais alors comment font les gens (et moi-même) pour acheter plus responsable ? Mis à part des bourses mieux dotées, on est tous soumis aux mêmes contraintes financières.  

    Faire ses courses en supermarché et acheter ses vêtements chez Zara ou H&M, c'est pouvoir consommer très régulièrement et souvent au dessus de nos besoins. C'est pouvoir repartir de H&M avec 4 articles sans avoir dépasser les 50€ ou acheter 4 sortes de yaourts différents sans exploser son budget. 

    Attention spoiler : on ne dépense pas "responsable" comme on dépense "traditionnel" ! 

    Justement parce que ça n'a pas le même prix ! Parfois, faut revenir à la logique : si c'est plus cher, j'achète moins.

    Reprenons l'exemple de notre débardeur. Il fut un temps où à l'approche de l'été, j'avais envie d'acheter de nouveaux hauts pour l'été. Forcément, vu mon budget d'étudiante, j'allais chez Zara, H&M ou Pimkie  les jours de disette (quoique maintenant les prix se sont alignés). Je devais en avoir pour grand maximum 50€ et de quoi regarnir mon armoire. Pour recommencer invariablement l'été d'après...

    Cette année, vu ma réflexion sur le minimalisme, j'ai eu besoin de peu d'achats. Un joli teeshirt noir et un débardeur peplum. J'ai alors vendu plusieurs de mes vêtements pour pouvoir m'acheter le teeshirt Stockhlom de la marque Les Sublimes à 45€. Il me restait peu pour le débardeur que j'ai fini par trouver chez Kiabi (contre toute attente!). Résultat, j'ai dépensé à peu près la même somme pour deux fois moins de vêtements. 

    Acheter responsable, c'est arriver à comprendre qu'il faut acheter moins mais mieux. Prendre le temps d'économiser, profiter des anniversaires, revendre, et surtout identifier ses besoins. 

    Vous savez quoi, je trouve le débardeur de numéro 7 très joli mais je n'en ai pas besoin. Par contre, j'ai vraiment besoin d'une jolie veste et j'adore celle de la marque. Vu le prix, il est évident que je ne peux pas me l'acheter dans l'immédiat. Mais avec encore un peu d'argent de la vente de mes vêtements non portés, un peu d'économie ces prochaines semaines et sans doute un coup de pouce de mon anniversaire, je pourrais sans problème me l'offrir. Par contre, oui entre temps, je n'aurais pas acheté grand chose d'autres ! 

    Même débat pour l'alimentation mais j'avais déjà un peu abordé la question dans cet article. Ne faites pas vos courses en magasin bio comme au supermarché. Arrêtez la tentation des nouveautés, des aliments marketing ou de la peur du manque. 

    En fait, pour consommer mieux, il faut réapprendre à consommer. On n'achète pas chez Zara comme chez Numéro 7. Comme on achète pas au marché comme en supermarché. C'est un paradoxe que de vouloir avoir les deux. Sinon, imaginez bien que les prix ne seraient pas les mêmes, chez Zara comme chez numéro 7 !

    On est tous d'accord pour dire que les entreprises ne peuvent plus polluer l'atmosphère comme avant. C'est un peu la même chose pour nous, la prise de conscience écologique nous montre qu'on ne peut plus consommer comme avant. La modification des comportements est longue, je vous l'accorde mais c'est assez libérateur de ne plus se sentir victime de la surconsommation, du marketing, des modes.

    Prendre le temps et réfléchir, c'est une nouveauté dans nos sociétés où tout va vite et où tout est jetable.

    Quelques conseils pour pouvoir consommer plus responsable : 

    • établir un budget (loisirs, alimentation,etc) même si c'est un budget peu précis. C'est toujours bien d'avoir une idée de votre pouvoir d'achat, en dehors des frais fixes.
    • avoir des objectifs d'achats "raisonnables" : "avant l'été, je voudrais me trouver une robe et une paire de sandales" et non "tiens je vais voir ce qu'il y a chez Zara". C'est la meilleure façon de ressortir avec 10 fringues que vous ne remettrez jamais et effectivement de ne plus avoir de budget pour des achats plus onéreux. 
    • revendez vos vêtements non portés et faites vous payer sur Paypal. Vous aurez ainsi une cagnotte "virtuelle" pour faire des achats un peu plus onéreux mais plus responsables, sans toucher directement votre compte en banque.  
    • traquez les promos, les soldes, etc...Aussi bien dans l'alimentaire que pour les vêtements. 
    • faites des compromis. Si vous avez le budget pour un teeshirt en coton bio, vous n'avez peut être pas de budget pour des chaussures vegan fabriquées en France. Ce n'est pas grave, commencez là où pouvez commencer. 
    • avoir des priorités : le made in france, le bio, l'éthique, les petites structures...souvent on ne peut pas tout privilégier en même temps. Choisissez ce qui vous tient à coeur en priorité, vous vous améliorerez petit à petit.
    • si vous n'arrivez pas encore à voir comment acheter plus cher, faites le calcul sur un mois de toutes vos dépenses vestimentaires. Ce n'est pas toujours le cas, même souvent 10€ + 10€, et on arrive vite au 65€ nécessaires pour ce fameux débardeur. 
    • d'ailleurs traquez les petites dépenses inutiles qui pourraient augmenter votre budget : papeterie, magazines, bouquet de fleurs, maquillage, etc. Avec un budget limité, on ne peut pas tout avoir. C'est pas fun mais c'est comme ça. Alors si vous voulez consommer mieux, il va falloir réorienter vos dépenses. 
    • partager ! Pourquoi ne pas acheter une pièce plus chère en commun avec une amie qui fait la même taille ? 

     Voilà quelques idées, j'attends bien sûr vos propres idées sur le sujet ! C'est difficile pour vous d'acheter plus responsable ? Ou d'acheter moins ?