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Conso responsable

  • Achats responsables : les erreurs à ne pas faire !

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    Quand je parle d'alimentation plus responsable avec quelqu'un, toute la conversation tourne en général autour des courses. Et les questions sont souvent les mêmes : où faire les courses, est-ce que ça coûte plus cher, comment tu trouves tout...

    La plupart du temps, j'aime répondre que le tout premier pas dans une consommation responsable, c'est d'admettre qu'il faut faire les courses différemment. On n'achète pas les mêmes choses aux mêmes endroits. Pour que le changement fonctionne, il y a un deuil à faire, celui des courses classiques en supermarché. C'est pour cette raison que le changement est long à mon sens, on garde souvent quelques habitudes de nos achats en grande-surface et on ne sait pas vraiment où l'on fait des erreurs. 

    Résultat : 90% du temps, on payera deux fois plus cher que d'habitude. Et les 10% restants, on perdra beaucoup plus de temps à faire des courses.

    Du coup, un petit récapitulatif des erreurs de débutants m'a semblé être intéressant quand on débute dans la démarche. Pour éviter quelques erreurs mais surtout pour se rendre compte du changement qu'il va falloir enclencher. Et qu'évidemment, c'est normal de ne pas tout changer en 1 mois !

    Copier/coller son caddie d'une grande-surface à une épicerie verte

    L'erreur la plus courante ! Pousser la porte d'une magasin bio et vouloir acheter exactement la même chose qu'en grande-surface est un grosse erreur. Non seulement, vous allez payer un demi-rein mais il y a pleins de choses que vous ne trouverez pas. 

    Quand on souhaite changer sa consommation, c'est très bien de se tourner vers les magasins bio mais il faut éviter le copier/coller. Le changement nécessite de la réflexion au début et un peu de vigilance sur les prix. 

    On fait quoi alors ? On lit la suite de l'article déjà ! Mais surtout on se répète plusieurs fois par jour qu'il faudra consommer MOINS, de SAISON, et privilégier les produits BRUTS. 

    Acheter ses produits frais uniquement en magasin bio

    Vous en avez marre des légumes ou fruits de supermarché bourrés de pesticides ou hors de prix ? C'est parfait mais attention à ne pas se ruer dans les magasins bio ! Ou en tout cas, pas pour le plus gros de vos achats. 

    En règle générale, les produits frais seront souvent assez chers, pas toujours de très bonne qualité (pardon mais c'est souvent le cas) et on reste assez déconnecté du produit que l'on achète. Sans oublier que pour une grande majorité des gens, la première fois qu'on entre dans un magasin bio, on est complètement perdu !

    On fait quoi alors ? On cherche un marché près de chez nous, on teste plusieurs producteurs. Encore mieux, on cherche des circuits courts, il y en a beaucoup qui existe aujourd'hui. Les plus connus : les AMAP, la Ruche qui dit Oui mais aussi beaucoup d'autres ! Le principe, on choisit ou non ses légumes et fruits et on va les chercher directement auprès du producteur ou dans un lieu précis. Les avantages : le prix est considérablement réduit (même souvent moins cher qu'en supermarché) et on rencontre directement le producteur ! On a des conseils, des idées de recettes et on peut découvrir des nouveaux produits. On peut aussi s'ouvrir à une agriculture raisonnée, pas forcément biologique mais tout aussi favorable. Et évidemment, tout ça vaut aussi pour les autres produits frais comme le fromage, les oeufs, etc.

    Continuer à prendre 10 sortes différents d'un produit

    Cette erreur rejoint le point 1. En général, quand on copie/colle les caddies entre un supermarché classique et un magasin bio, on s'en sort pour beaucoup plus cher ! Et c'est surtout parce qu'on oublie qu'on ne doit pas faire les courses de la même façon. C'est une erreur de penser qu'on peut consommer mieux sans consommer moins. C'est bien le frein principal pour une grande partie des gens qui ne veulent pas changer leurs habitudes. 

    Acheter de meilleure qualité signifie en premier lieu de revoir sa consommation : avez-vous vraiment besoin de trois sortes de yaourts différents ? De quatre fromages pour la semaine ? De cinq sortes de pâtes ? En vrai non (mais c'est pas simple à se l'avouer). Consommer davantage en magasin bio implique de consommer plus simplement et au plus juste de sa consommation. On privilégie les produits natures que l'on peut arranger à la maison. Et non, ce n'est pas plus 'triste", c'est plus simple ! Il est tout aussi important de se sortir de la tête des années de marketing à base de couleurs, goût et formes de plus en plus diversifiés.

    On fait quoi alors ? On achète une sorte de yaourt, un bon fromage pour la semaine, deux sortes de pâtes que l'on cuisinera différemment, un jus de fruit, etc. Rien n'empêche de prévoir des extras plus chers de temps en temps mais il faut vraiment arriver à prendre d'autres habitudes. On commence petit à petit, produit par produit afin de pouvoir réadapter si besoin.

    Ne pas réduire la quantité des dépenses les plus chères (viande, plats préparés...)

    Là encore, ce point rejoint le précédent. Continuer à acheter viandes, plats préparés, gâteaux industriels, jus de papaye et biscuits apéros à chaque course en magasin...va vous coûter un bras !! Et au-delà, c'est contreproductif dans la volonté de mieux consommer. Bio ne signifie pas plus sain, c'est le choix des produits qui permet de manger mieux et non uniquement le label.

    On fait quoi alors? On diminue drastiquement la consommation de viande et on freine doucement sur les plats préparés. Si on a vraiment pas l'habitude de cuisiner, on diminue doucement en achetant par exemple des choses plus simple comme de la sauce tomate et on cherche des recettes simples pour démarrer. 

    Fuir le rayon vrac...ou se jeter dessus !

    Quand on se lance dans une consommation plus raisonnable, on a souvent un rapport très radical sur le vrac : soit on trouve ça super et on file TOUT acheter en vrac, soit on trouve ça vraiment trop bizarre et on fuit le rayon. Les deux options sont des erreurs classiques ! Dans le premier cas, en général on finit épuisé à chercher des bocaux, à ne pas savoir combien en prendre, à en avoir trop ou pas assez...! Et dans le deuxième cas, on augmente considérablement la part de plastique puisque beaucoup de choses sont paradoxalement sur-emballées de plastique en magasin bio.

    On fait quoi alors ? On y va doucement ! On regarde ce qu'on consomme le plus au rayon "sec" : farine, sucre, pâtes. Et on choisit une sorte de produit pour tester le vrac. Si ça convient, on en tente un deuxième la semaine d'après. Personnellement, je trouve ça plus simple de commencer par des ingrédients qu'on utilise moins parce qu'on a souvent du mal à gérer les quantités au départ. Pour moi, c'était la farine, le sucre, etc. Mais pour vous, ça peut être autre chose !

    ♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥♥

    N'oubliez pas que l'erreur la plus courante est de vouloir être parfait sur tous les points dès le départ. Changez doucement vos habitudes, testez de nouveaux magasins, découvrez de nouveaux producteurs...et soyez indulgents avec vous !

    Les autres articles à lire : 

    - Petit guide de l'achat en vrac

    - Le vrac pour débutants

    - Mieux faire ses courses

  • Paille or not paille

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    pailles, consommation,

    Les pailles. 

    J'avais dis que je ne ferais pas d'article dessus. Parce que le fond de mon "questionnement" reste un combat écologique important que je ne souhaite pas dénigrer. Mais aussi parce qu'en faire un article, c'est participer à ce que je dénonce précisément. Mais bon, comme toujours le clavier me démange et puis, ça me calmera peut-être d'ouvrir le débat ici ^^

    C'est quoi le problème écologique des pailles ? 

    En France, c'est 8,8 millions de pailles jetées chaque jour. Et encore, en regardant les chiffres des pailles jetées chaque seconde aux Etats-Unis, le vertige est encore plus grand ! Etant quasiment impossible à recycler, elles finissent avec les autres déchets plastiques...dans l'Océan. La plupart se dégradent en micro-billes ultra polluantes, toxiques pour les animaux marins et que l'on retrouve ensuite dans leurs estomacs (et ton assiette si tu manges du poisson). Mais certaines n'ont pas le temps de se dégrader qu'elles finissent avaler par un poisson ou une tortue, causant des blessures ou la mort. 

    Bref, la paille, c'est 5 min le temps de boire sa limonade et des années de pollution derrière. 

    Le combat contre les pailles 

    La lutte contre la pollution des pailles jetables est menée depuis plusieurs années par plusieurs associations et gagne désormais en visibilité sur les réseaux. 

    L'association Bas les pailles fait par exemple un travail formidable de sensibilisation.

    Depuis c'est des tonnes de blogueurs ou autres qui sensibilisent à utiliser des pailles réutilisables et à boycotter les pailles jetables en plastique.

    Bref, que du positif non? 

    Mais lâche moi avec ta paille en inox

    Alors pourquoi le sujet des pailles m'énerve tant ? 

    Premièrement, parce que le débat à tendance à éclipser les raisons principales de la pollution des Océans. Et là on rejoins un thème important qui mériterait un article rien qu'à lui : culpabiliser le consommateur face au désastre écologique et occulter les actions gigantesques qui pourraient être menées à côté. Alors oui le consommateur a un vrai pouvoir et on vote dès qu'on achète...MAIS culpabiliser le citoyen "lambda" parce qu'il n'a pas sa paille en inox ou sa brosse à dent en bambou me laisse franchement perplexe. 

    Un exemple tout simple ? Demandez aux gens ce qu'on retrouve en majorité dans les déchets plastiques de nos Océans. Une très large majorité des déchets plastiques sont composés par exemple des filets de pêche. Est-ce que l'on voit tout le monde parler des matériaux ou des techniques de pêche à privilégier ? Nope.

    Je sais bien que tout fonctionne par "mode" et je suis ravie quand c'est un truc plus responsable qui se retrouve sur le devant de la scène. Mais c'est un peu comme les blogueuses mode font le même partenariat, à la fin de la journée, je n'en peux plus de voir s'afficher le même produit partout sur les réseaux !

    Deuxièmement, parce que ce "buzz", aussi favorable soit-il, développe un nouveau marché et donc une nouvelle consommation. Tapez "paille réutilisable" dans google et vous verrez apparaître des tonnes de nouvelles marques, eshop ou autre proposant des pailles en bambou, en inox, en verre, compostable, etc. 

    C'est chouette si le marché économique se développe vers des produits réutilisables mais ça reste encore sur le même modèle de surconsommation où tous les articles finiront un jour sur Aliexpress ou chez Action. Clairement, je ne comprends pas qu'on puisse prôner une diminution de la pollution en créant un nouveau segment de marché qui fonctionnera selon exactement les mêmes principes!

    Troisièmement, et surtout, parce que tout ce nouveau marché crée un nouveau besoin pour répondre à un problème dont la solution est simple : n'utilise pas de pailles ! Et arrête de prendre les enfants comme excuse à la consommation de pailles !

    Il y a évidemment des situations particulières, des handicaps ou des maladies qui ne permettent pas de boire facilement au verre. Une paille restera sans doute nécessaire pour certaines personnes et dans ce cas-là, c'est chouette d'avoir des alternatives réutilisables. 

    Mais ce n'est pas l'exemple le plus fréquent que je vois ou que je lis. Et l'excuse la plus courante est celle des enfants : c'est plus pratique pour un enfant de boire à la paille. Mon article sur les trucs écolo pour les anniversaires des enfants m'a clairement fait peur : il n'y a pas une seule photo Pinterest sans paille et pour beaucoup de personnes, c'était vraiment le point compliqué pour la décoration. 

    Alors, soyons clairs, je ne juge pas. Tu aimes les pailles ou tes enfants aiment, pas de soucis et là encore c'est chouette de pouvoir trouver des alternatives non jetables. Mais pourquoi personne n'a jamais souligné le fait que la paille n'était pas un accessoire obligatoire ? 

    Un enfant sait parfaitement boire au verre. Oui il risque parfois de le renverser ou de boire trop vite...spoiler : il apprends, c'est normal ! Quand un enfant commence à manger à la cuillère, c'est un peu le bazar non ? C'est pas pour ça qu'on lui file tout en tube !

    Alors, paille, pas paille, paille réutilisable...

    Bref, si tu es #teampaille c'est super, tu as beaucoup d'option réutilisable aujourd'hui. 

    Shopping : en inox chez Brindilles ou chez GaspaJoe, en bambou chez Hakuna Tata, en verre sur Etsy.

    Si tu es un restaurant, bar, café, penses à demander si la paille est voulu et renseigne toi sur les pailles réutilisables! Personnellement, je trouves que le débat sur les pailles devraient s'arrêter aux portes des fast-food et autres bars, très grands consommateurs de pailles. 

    Si tu continues à utiliser parfois des pailles en plastique...oui c'est pas top mais ne te flagelles pas, n'aie pas honte et ne laisse personne te faire croire qu'il est mieux que toi parce qu'il a une paille en inox. 

    Sinon, tu as le droit de ne pas boire à la paille, de ne pas en proposer à tes enfants et même de rigoler quand ils boivent trop vite et qu'ils se renversent tout dessus ^^

  • Ça sent le chimique dis donc !

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    (Si vous saviez comme j'ai galéré à trouver comment illustrer cet article^^)

    En matière de consommation, la question des odeurs n'est pas si anodine. Il suffirait que je comptabilise le nombre de remarque que j'ai reçu sur cette question ou seulement d'écouter ce dont parle les gens en matière de produits de beauté, de nettoyage ou de lessive. Et les odeurs, ce sont aussi des souvenirs, des habitudes, des sensibilités différentes. 

    Mais comme on a tous été globalement élevés aux odeurs "chimiques", notre cerveau a appris à les apprécier, à les associer à des souvenirs ou à des sensations. Combien de personnes aiment dormir dans des draps fraîchement lavés à la lessive conventionnelle ? Combien de personnes testent des nouveaux gel douche en personne après avoir "senti" l'odeur en magasin ? Combien de parents ou futurs parents adorent sentir l'odeur des produits pour bébé ?

    Quand on passe à une consommation plus écologique, évidemment, c'est un nouveau monde d'odeurs qui s'ouvrent : les huiles essentielles, le savon, le vinaigre blanc ou même...le presque zéro odeur ! Je ne sais même plus combien de message je reçois sur la lessive maison qui ne sent "rien" ou combien de personne je vois acheter le nouveau gel douche juste pour son odeur de fraise tagada, malgré une composition catastrophique.

    C'est une question qui m'a beaucoup occupée parce que le passage aux produits plus écologiques ne m'a pas gêné au niveau des odeurs. Je suis quelqu'un de très sensible aux odeurs et j'ai toujours eu beaucoup de mal avec les odeurs chimiques. Je ne tiens pas longtemps dans une parfumerie et je suis vite écœurée par les odeurs trop fortes. Même quand j'utilisais des produits plus "cracra", je choisissais toujours des odeurs plus soft type savon de Marseille! Mais force est de constater que ça n'a pas l'air d'être le cas de la majorité ! J'ai donc cherché des alternatives pour faire "passer" ces changements qui me tiennent à coeur mais à vrai dire, je n'ai plus envie. 

    J'ai envie de vous montrer que la sensibilité aux odeurs chimiques ne sont que culturelles, que le marketing depuis des années nous apprends à dire ce qui sent bon ou pas, et que les odeurs doivent passer avant l'efficacité (parfois les odeurs sont mêmes présentes pour vous faire croire à une efficacité!) ET la composition des produits. Mais quand on fait attention au reste, à ce qui compte, on se rends compte qu'on peut être sensible à pleins d'autres odeurs naturelles. C'est un peu bête à dire mais le monde a déjà pleins d'odeurs chouettes ! 

    Je me suis amusée à lister toutes les odeurs qu'on aime et qui sont en réalité issues d'un bureau de marketing qui a décidé que telle odeur était associée à tel produit ou tel sentiment. Rebellez-vous et ouvrez votre nez aux vraies odeurs autour de vous ♥ 

    L'odeur de bébé

    Combien de fois j'entends "oh cette crème sent le bébé"!! L'odeur c'est sans aucun doute la chose la plus difficile à faire comprendre quand on cherche des produits plus clean : les produits nettoyants pour bébé ont tous une odeur similaire qui rend complètement accro. Le passage à la cosmétique bio, souvent sans parfum, ou plus radical, au savon solide, est toujours accompagné d'un "oui c'est bien mais ça sent plus le bébé".

    Attention je vais spoiler les gens qui n'ont pas encore d'enfant : un bébé est déjà livré avec une odeur de bébé. La sienne, celle que l'on renifle dans son cou, ses petits cheveux et celle dont on se souvient à sa naissance. 

    Mais les industriels et leurs équipes de marketing ont tellement bien travaillé que maintenant, l'odeur de bébé c'est l'odeur de Mustela, de Nivéa, de Mixa...d'où la difficulté à passer à une routine naturelle. Sauf que cette odeur est complètement chimique, nécessite évidemment des ajouts de parfum (du musc en général) dans des compositions absolument pas clean pour la peau des bébé. 

    Alors si vous attendez un bébé ou si vous n'en avez pas encore : profitez de l'odeur de votre bébé qui est unique, réconfortante et dont votre cerveau se souviendra longtemps. Ne surlavez pas votre bébé après sa naissance (qui fait rarement un marathon en journée), utilisez des produits doux, sans tensioactifs et sans parfum !

    Si j'avais envie d'être chiante (loin de moi cette idée...), j'ajouterais même que l'odeur naturelle de la peau a une fonction essentielle chez tous les animaux dont les êtres humains. On reconnaît l'odeur de son enfant parmi des milliers d'autres et inversement. On dit souvent que le bébé a besoin de l'odeur de sa mère pour se rassurer et tous les parents finissent un jour par laisser quelque chose avec "leur odeur" pour rassurer bébé. Je passe aussi sur le fameux "peau à peau" rassurant pour un bébé malade ou qui a du mal à dormir. C'est pas pour rien et c'est sûrement pas l'odeur de Mixa bébé que cherche bébé !!

    Si vous cherchez des produits de soins plus sains pour bébé, n'hésitez pas à relire mon article Special Kid  ou pour le bain de bébé!

    L'odeur du linge propre

    Ah combien de fois j'ai cette question par commentaire ou mail : votre lessive maison est très bien mais je n'arrive pas à m'habituer au manque d'odeur, je peux utiliser quoi ?? 

    Ben oui, parce que le linge propre, depuis la fin de la guerre, ça sent le musc, la lavande, la papaye exotique ou la fleur de monoï. Evidemment, à côté, le savon de Marseille a du mal à lutter !

    Mais vous savez quoi ? Le propre n'a pas d'odeur ! Il sent à la rigueur légèrement l'odeur de savon mais il doit surtout sentir le "frais" après avoir sécher à l'air libre !

    Sincèrement vous avez besoin de sentir la papaye sur vos vêtements ? Surtout qu'en général, on rajoute notre propre parfum dessus ensuite!! On me dit souvent que le plus difficile c'est pour les draps, il y a un côté rassurant dans un lit tout propre qui sent la lessive. Mais encore une fois, c'est votre cerveau qui vous domine ! Ce sont les souvenirs qui vous font aimer cette sensation. Et je vous assure que c'est tout aussi agréable sans que ça sente la lessive industrielle. 

    Cette idée est tellement ancrée que les partisans de la lessive maison (dont moi) ont élaboré toute une stratégie des huiles essentielles : dans chaque recette, comme dans la mienne, il y a écrit "huiles essentielles" en général de lavande ou de ylang-ylang. Depuis 3 ans que j'utilise ma recette, j'ai beaucoup évolué sur ce point. Les huiles essentielles ne sont pas miscibles dans l'eau et perdent complètement leur efficacité une fois chauffées donc j'ai de gros doutes sur l'utilité de cet ajout mais, surtout, c'est encore ajouter une "odeur" à celle du savon qui ne suffit pas. L'ajout d'un parfum peut s'entendre pour les vêtements très sales comme les vêtements de sport mais pour le reste, une fois propres, ils sentent le propre non ? 

    Désormais, mon linge sent le propre parce qu'il est propre et non parce que j'ai ajouté un parfum. Et je vous assure qu'on se déshabitue très vite à cette odeur chimique. Maintenant je suis gênée quand mon linge est lavée ailleurs par exemple et qu'elle sent la lessive classique. Si vous me suivez sur Instagram, vous savez que je teste en ce moment un service de location de vêtements (Le Closet mais on en reparle très vite) et clairement, le seul point négatif pour moi c'est ça : l'odeur des vêtements qui sortent du pressing ! Ils sentent objectivement bons mais je n'ai pas envie de porter cette odeur là sur moi ! Bref, tout est une question d'habitude mais personnellement, je n'ai pas envie que les grandes marques me disent quelles odeurs mon cerveau doit apprécier !

    Pour retrouver la recette de la lessive maison, direction l'article sur la lessive maison !

    L'odeur d'une maison propre

    Là encore c'est un peu le même combat que la lessive. Il y a tellement de produits ménagers et d'odeur chimique censé transformer votre intérieur en champ de fleurs qu'il est compliqué d'apporter une voix alternative. 

    Le ménage "green" c'est essentiellement du vinaigre blanc et du savon noir, comment veux-tu lutter !!! 

    Pourtant c'est pas faute d'être des produits hyper toxiques, mal tolérés par les enfants ou ceux qui ont les voies respiratoires sensibles. J'ai aussi souvent un retour sur des personnes ayant des migraines après le ménage et ne supportant plus les odeurs artificiels (extrêmement volatiles en plus dans ces produits). Mais on est d'accord, le vinaigre blanc ça pue ! 

    Alors clairement, l'odeur ne reste pas, chez moi ça ne sent pas le vinaigre blanc en permanence ! Mais quand je nettoie, effectivement, ça sent fort. En aérant et 15 min plus tard, ça ne sent plus rien ! Je préfère quand même nettoyer mes sols au savon noir, parce que j'aime bien son odeur plus douce et moins agressive sur une si grande surface. 

    Là encore vous pouvez utiliser des huiles essentielles si vous voulez améliorer l'odeur mais franchement, nettoyer, c'est ça qui compte non ? Et si besoin, il y a pleins de techniques pour donner une odeur plus franche à votre intérieur : cuisiner un gâteau au chocolat, piquer des clous de girofle dans une orange, utiliser ponctuellement des bougies végétales, un diffuseur d'huiles essentielles...

    Pour retrouver les recettes de ménage green, rendez-vous dans la catégorie Ménage green !

    L'odeurs des soins cosmétiques

    Je me répète, c'est la même chose mais en cosmétique c'est devenu complètement n'importe quoi !!! Attention je vais m'attaquer à une célèbre marque de gel douche que beaucoup adore...mais vraiment je ne comprends pas. 

    A quel moment notre société si évoluée, qui a inventé les antibiotiques, envoyé des gens sur la lune ou construit Notre Dame de Paris, a décidé que maintenant on avait besoin de gel douche...à la madeleine, à la brioche ou à la tartelette aux fraises ??

    Je vous passe la composition absolument pourrie (désolée hein mais en vrac : Sodium Laureth Sulfate, parfum en haut de la liste, Ppg-5-Ceteth-20, Ceteareth-60 Myristyl Glycol, etc....bref une petite bombe de produits irritants qui ont tendance à rendre la peau perméable ou à être suspectés d'être des perturbateurs endocriniens). 

    Infliger tout ça à sa peau (ou pire à celle de ses enfants) pour sentir la madeleine !! Là je suis désolée mais je suis à court d'argument. 

    Ok la douche c'est un moment de plaisir. Mais ça sert aussi à se laver hein ! On sent le savon, on est propre et voilà voilà... Tout ces inventions pour vous faire croire qu'il est indispensable de polluer et de mettre sa santé en danger juste pour des odeurs improbables. J'irais plus loin, je pousserais même la réflexion au pourquoi ce rapport cosmétique/plaisir olfactif. Certes quand ça sent bon c'est mieux mais il y a des tonnes de choses naturelles qui sentent bon ! Est-ce que le plaisir ne devrait pas être ailleurs que dans des produits industriels extrêmement polluants et problématique pour la santé ? Est-ce qu'on a pas un rapport bizarre avec le plaisir olfactif, complètement déconnecté du plaisir à appliquer des produits sains. 

    Si vous aimez vraiment les madeleines, allez en cuisine plutôt ^^ et pour retrouver des soins cosmétiques sains, direction l'article sur ma routine visage ou celui sur les savons solides !

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    Voilà, loin de moi l'idée de vous dire quoi utiliser comme produits mais j'aimerais qu'on prenne l'habitude de réfléchir aux odeurs avec un peu plus de "raison". Un mode de consommation plus naturel implique forcément de s'adapter à ces nouvelles odeurs plus brutes, plus fortes parfois et moins persistantes dans le temps. Mais notre cerveau devrait apprendre à se méfier des odeurs chimiques qui sont souvent le signe d'une composition moins clean. Et apprécier certains composants naturels, certaines odeurs qui ont aussi des effets positifs sur notre moral ou notre santé. 

    Et vous, vous en êtes où niveau odeur ? 

  • Savon de Marseille & huile de palme

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    Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que le savon de Marseille et moi, c'est une grande histoire d'amour. Originaire de Salon de Provence, je vais aux savonneries provençales depuis toujours et l'odeur du savon de Marseille fait partie de mes madeleines de Proust à moi. 

    Depuis, j'ai appris à l'utiliser pour mon linge, ma maison, mes plantes...et je vous partage ici plusieurs de mes recettes ou astuces. 

    Mais j'ai depuis longtemps de nombreux messages sur leur composition, la présence d'huile de palme, la différence entre le vert et le blanc ou autre. J'ai essayé de répondre à plusieurs questions dans l'article Comment reconnaître un vrai savon de Marseille ou encore dans la FAQ sur la lessive au savon de Marseille. Mais finalement les questions se cristallisent sur l'huile de palme présente dans certains savons de Marseille. 

    J'ai fait une mini storie sur Instagram pour expliquer un peu le cas de l'huile de palme dans les savons mais ça me semble utile d'y revenir ici dans un petit article. 

    La composition officielle du savon de Marseille : 100% huile d'olive

    Le savon de Marseille et plus largement la fabrication de savons en Provence est très ancienne en raison de la présence d'huiles végétales, de soude et de sel dans la région.

    Le processus de fabrication n'a été établit qu'en 1688, par l'Edit de Colbert, visant à limiter les dérives de certaines fabricants qui ajoutaient des graisses animales. C'est ainsi qu'un savon de Provence doit être cuit dans un chaudron (des chaudières) et ne contenir que de l'huile d'olive. Pas de graisses animales, pas d'autres huiles végétales. Il deviendra ensuite ce qu'on appelle aujourd'hui un savon de Marseille sous Napoléon. 

    L'ajout d'autres huiles végétales : palme, coprah... 

    Rapidement, les savonneries françaises se sont retrouvées en concurrence avec d'autres types de savons produits à l'étranger, notamment à base de graisses animales, qui produisaient ainsi un savon bien moins cher et plus facile à utiliser (plus de mousse, plus facile à rincer). La fabrication a base d'huile d'olive pure est en effet très complexe, coûteuse et le savon ne mousse que très peu.

    L'huile d'olive demeurait en effet une matière première très chère en raison de sa production (et c'est encore le cas aujourd'hui!). Le Port de Marseille a donc salué l'arrivée d'autres huiles végétales à partir de 1820 en provenance des Iles ou de l'Afrique du Nord, notamment l'huile de palme et l'huile de coprah (mais aussi la désormais célèbre arachide). 

    Les savonneries ont alors intégré une part de ces huiles à la recette originelle afin de faire baisser les prix et de sortir des savons plus faciles à utiliser. L'huile de palme ou de coprah notamment ont des propriétés "moussantes" (pour faire simple!) appréciées par les consommateurs. C'est à cette époque que les savonneries sortent aussi le savon blanc qui devient rapidement prisé pour le linge jusqu'à la seconde Guerre Mondiale. 

    La modification de la composition des savons de Marseille avec d'autres huiles végétales est ainsi très ancienne, sous les pressions économiques et celles des consommateurs. 

    La composition des savons de Marseille en 2017

    Aujourd'hui, il subsiste peu de véritables savonneries traditionnelles, tout simplement parce qu'il reste peu de "chaudrons" en activité. L'industrie a connu de grandes difficultés après la seconde Guerre Mondiale et l'arrivée de nouveaux produits chimiques plus économiques, plus faciles à utiliser, plus modernes, a fortement fait diminuer la demande en savon solide.

    A priori, il ne reste qu'un savon qui présente toutes les caractéristiques de l'Edit de Colbert, à savoir un 100% d'huile d'olive : Alepia. Cuit en chaudron et uniquement à base d'huile d'olive, il est cependant fabriqué en Ile de France, ce qui enlève un peu de son charme...à mon humble avis ^^ Mais il reste intéressant pour ceux qui cherchent à éviter à tout prix l'exploitation d'autres huiles végétales.

    Les autres savonneries offrent désormais un savon de Marseille qui contient de l'huile d'olive et d'autres huiles végétales, en très grande majorité de l'huile de coprah. A ma connaissance, il n'y a que Rampal Latour qui ajoute aussi de l'huile de palme dans son savon vert. En revanche, tous les savons blancs contiennent huile de palme et huile de coprah, comme depuis l'origine. 

    Alors, on évite l'huile de palme et l'huile de coprah dans les savons ? 

    C'est une question à laquelle je ne peux pas vous donner de réponse absolue, c'est un choix personnel. Par contre, je peux vous expliquer mon propre choix. 

    Premièrement, utiliser un savon de Marseille 100% huile d'olive pure est très différent d'un savon qui contient d'autres huiles végétales : il moussera moins, l'odeur sera plus forte, il se rincera plus difficilement. L'ajout de l'huile de palme ou de l'huile de coprah n'est pas le résultat d'une décision "tiens si on participait à la déforestation?". C'était à la fois une nécessité économique face au prix et parfois à la pénurie de l'huile d'olive. Et aussi une demande des consommateurs qui avaient des difficultés à s'approprier un savon si difficile à utiliser. 

    Deuxièmement, la problématique de l'huile de palme est souvent prise dans son ensemble sans réflexion (ou en tout cas, un peu rapidement à mon sens). 

    L'huile de palme, issue du palmier à huile, est majoritairement produite en Indonésie et en Malaisie, mais aussi en Amérique Latine. C'est désormais la plus grande production d'huile, en raison de sa rentabilité (le palmier produit beaucoup chaque année et pendant plus de 30 ans) et ils demandent moins de surface que la plupart des autres arbres à huiles. C'est donc uniquement des raisons de rentabilité économique qui font qu'aujourd'hui, c'est l'huile la plus consommée et la plus utilisée dans le monde. 

    Du coup, on augmente sans cesse les parcelles de palmiers à huile, en éliminant des forêts entières qui jouaient un rôle essentiel, notamment pour l'absorption du CO2, ainsi que toute la biodiversité qui dépendait de ses arbres divers. On pourrait ajouter que la consommation a proprement parlé d'huile palme n'est pas idéal pour la santé, vu que c'est une huile qui contient énormément d'acides gras saturés. 

    Si ça vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil à l'article du National Geographic sur l'huile de palme.

    Mais alors, si on veut éviter l'huile de palme, il faut absolument utiliser un savon de Marseille sans huile de palme ?

    Ben oui et non, je vous dirais. L'huile de palme est utilisée dans trois secteurs différents : 80% pour l'alimentaire, 19% en cosmétologie, 1% en énergétique (dans l'essence). Il est alors étrange de diaboliser les savons de Marseille pour l'ajout de l'huile de palme. Bien évidemment dans une logique pure, on devrait proscrire tout produit à base d'huile de palme. Néanmoins, comme on ne vit pas dans une logique pure, il me semble évident de commencer à éliminer l'huile de palme dans l'alimentaire. Et pour tenter de le faire, c'est loin de se limiter au Nutella !!

    Mais alors en cosmétologie, ça concerne aussi les savons non ? Il faut déjà comprendre que l'huile de palme se retrouve rarement sous sa forme originelle dans les cosmétiques mais elle est transformée. Présente dans la grande majorité des cosmétiques classiques, dans les crèmes, les démaquillants, etc., on la reconnaît grâce à différentes dénomination : tous les suffixes -capryl ou les préfixes -lauryl -cetear -palm...

    Pour plus d'infos, je vous recommande l'article de Oolution sur l'huile de palme en cosmétique. En gros, si vous évitez déjà la cosmétique classique ou que vous privilégiez des produits bruts, vous avez déjà une grande partie de la solution.  Et là encore, c'est loin d'être simple de reconnaître l'huile de palme dans toutes les compositions.

    On fait quoi alors pour le savon de Marseille ? 

    On privilégie au maximum les savons de Marseille qui ne contiennent que de l'huile de coprah et de l'huile d'olive (toujours le savon vert). Il ne s'agit pas de substituer l'huile de coco à l'huile de palme mais il semblerait que ce soit pour l'instant moins problématique d'un point de vue écologique. 

    Je continue personnellement à utiliser le savon de Marseille blanc, à l'huile de palme donc. Parce que la recette de la lessive maison a un bien meilleur résultat comme ça et que j'estime que mon impact reste meilleur à faire ma lessive maison qu'à utiliser les lessives conventionnelles (qui doivent en plus contenir aussi de l'huile de palme sous forme transformée).

    Pour l'instant, je traque l'huile de palme dans l'alimentation et la cosmétique classique. Et je ne culpabilise pas du tout de continuer à utiliser le savon de Marseille blanc pour ma lessive. J'estime que le fait de faire ma propre lessive est un geste important d'un point de vue écologique et un des rares gestes à faire en tant que consommatrice qui n'achète plus de lessive depuis 2 ans.

    Et surtout, je n'ai pas du tout envie d'entrer en guerre contre les quelques savonneries traditionnelles pour leur utilisation de l'huile de palme ! Je comprends les remarques des personnes qui veulent limiter l'huile de palme et sont déçues de sa présence dans le savon de Marseille. Pourtant, chez moi, ce savon, qu'il soit avec ou sans huile de palme, me permet de me passer de lessive industrielle, de détachant, de gel douche ou de liquide vaisselle parfois, de produits pour mes plantes malades, etc... Clairement, je préfère limiter tout ces produits même si cela signifie d'acheter encore un savon à base d'huile de palme. Et autour de moi, je suis déjà loin d'être dans la majorité à ne plus acheter ces produits (ni ceux de la cosmétiques traditionnelles). 

    Quand on fera pression sur les industriels qui utilisent à tout va l'huile de palme, je n'aurais plus d'états d'âmes à faire pression sur les savonneries traditionnelles pour qu'elles utilisent autre chose. En attendant, c'est un combat que je trouve un peu injuste : blâmer un savoir faire traditionnel qui offre tant de possibilités pour utiliser des produits moins polluants et moins dangereux pour la santé, c'est (encore une fois à mon sens) une hérésie.

    Allons déjà combattre l'industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique ainsi que les gouvernements des pays qui traînent à mettre en place une règlementation contre la déforestation et à appuyer un label durable d'exploitation des palmeraies...puis on passera en Provence discuter savon de Marseille et huile de palme ♥

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