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Ecologie

  • A partir de quand est-on écolo ?

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    Source Medness

    *mini réflexion sur cette écologie à la mode qui oublie parfois d'y accoler la décroissance.

    C'est assez marrant comme on hiérarchise les changements à faire dans nos vies pour être plus écolo. C'est un peu comme si chacun choisissait un camp et le trouvait toujours plus "important" que le camp du voisin. Certains revoient leur alimentation, d'autres changent leurs cosmétiques ou s'intéressent à la mode éthique. Certains prônent le zéro déchet, d'autre le végétarisme et d'autre encore le zéro plastique. Bien sûr de nombreuses personnes cumulent les changements, dans des thèmes très divers. Et tant mieux.

    Mais le flou de ce qu'on appelle aujourd'hui l'écologie amène aussi un flou dans les réponses apportées à titre individuel. Certains découvrent l'écologie par le biais des scandales sanitaires, des risques alimentaires ou de la santé au sens large. D'autres grâce à un documentaire bien pensé sur la pollution plastique, l'impact de l'industrie de la mode ou l'élevage intensif. 

    Il existe une partie de ces personnes qui font des changements radicaux dans de nombreux domaines de leur vie et qui ont vraiment un avant/après la prise de conscience écologique. Mais il y a surtout une très grande majorité de personnes qui se sensibilisent petit à petit, grâce aux nombreuses informations dont on dispose aujourd'hui (surtout plus médiatisées depuis quelques années).

    J'appelle ça l'effet COP21. Ce n'est qu'un constat personnel mais 2015 a marqué une vague médiatique sur l'écologie et une prise de conscience plus générale. Les sujets autrefois réservés aux "écolos-hippies" sont devenus populaires, à la mode et, surtout, il est désormais compliqué d'en faire abstraction (certains y arrivent quand même encore vachement bien). J'ai commencé mon post-doctorat sur l'économie circulaire juste avant la COP21 et je devais constamment expliqué ce que signifié ce terme. Un an après, tout le monde avait son avis à donner sur mon sujet d'étude. 

    Les changements sont donc plus courants, parfois encore subtils, mais de nombreuses personnes réorientent leur mode de vie en ayant conscience de l'impact qu'il a sur la planète : la consommation de produits issus de l'agriculture biologique, de produits locaux, l'attention portée aux cosmétiques, le tri sélectif, la diminution de la consommation de viande... Aujourd'hui, je croise très souvent des personnes qui "scannent" leurs produits alimentaires ou cosmétiques en magasin, cherchant à obtenir une validation écolo de leurs choix. 

    Pour tout cela, les cinq dernières années marquent un changement. Positif dans le sens où l'écologie n'est plus réservée à une élite informée mais se diffuse dans tous les foyers. Mais, sans être négatif, ce changement présente un inconvénient majeur : il perturbe l'essence même de l'écologie (ou plutôt de ce que devrait être l'écologie). 

    Entendons-nous bien. Je suis ravie que l'envie de changer son comportement quotidien se diffuse et touche des personnes qui étaient aux antipodes de ces questions. Chaque geste compte, c'est complètement vrai. Mais chaque geste ne vaut que si on est conscient du chemin qu'il reste à parcourir et non si on s'estime "écolo" parce que l'on mange bio ou que l'on a acheté une gourde en inox.

    A partir de quand est-on écolo ? 

    Je sais bien qu'il n'y a pas de "minimum", de critères à remplir, ni de vérité absolue. Le chemin n'a pas de fin, il est donc difficile de marquer son commencement. Mais l'écologie, ce n'est pas (que) adapter ses gestes non écolos du quotidien. C'est un peu le soucis des sujets à la mode qui créé de nouveaux segments de marché. On nous fait croire qu'il suffit d'acheter différemment : remplacer des objets polluants par des versions durables, acheter sous réserve d'un label reconnu, investir dans des nouvelles alternatives. C'est vrai pour l'essentiel mais cela efface complètement le message initial que sous-tend l'écologie : la décroissance

    La décroissance, c'est un concept qui prône la réduction de productions de biens (et de services) afin de préserver l'environnement. C'est le lien direct entre notre consommation et la destruction de nos ressources. Et même sans utiliser des théories économistes, être écolo ne peut se passer d'une réflexion sur la consommation, en terme quantitatif.

    Il y a, pour moi, une vraie incohérence entre "l'écologie à la mode" d'aujourd'hui, celle où tout le monde peut se revendiquer "écolo", écrire des articles sur toutes les thématiques de l'écologie...et continuer à consommer de la même manière. Pour résumer, acheter différemment c'est bien - acheter moins, c'est mieux. Vous savez que je tiens plus au concept du "minimalisme" qu'à tous les autres concepts de l'écologie. C'est parce que c'est le seul qui permet de passer des messages complètement cohérents : si tu as besoin d'acheter, fais le mieux (bio, local, made in France, sans pétrole ou sans exploitation animale, etc.). Mais la priorité des priorités devrait justement être de ne pas acheter !

    Je sais bien que ce n'est pas la démarche la plus simple. Notre société est construite sur la consommation, à tel point qu'elle se réadapte rapidement à ces questions environnementales en ouvrant de nouvelles parts de marché. L'overdose de produits à disposition - rapidement et à moindre coût - de sollicitations marketing, l'impact des inégalités sociales, l'épuisement des vies professionnelles, font qu'acheter quelque chose, c'est un geste devenu automatique et rassurant. Et que si l'on prends conscience de l'urgence écologique, on ne remet pas systématiquement en question ce geste, que l'on déplace vers des alternatives plus respectueuses de l'environnement. On continue d'acheter autant mais différemment.

    Alors, je ne sais toujours pas à partir de quand on peut s'appeler "écolo". Mais je sais que je continuerais à me sentir vaguement mal quand je verrais certains en prendre le terme tout en déballant quantité d'achats quotidiens. Je sais combien le monde nous tente pour acheter, tout le temps, partout, à chaque heure de la journée. Mais peu importe les petits gestes écolos du quotidien si on a pas encore pris en compte notre consommation en terme quantitatif. Elle est là l'incohérence écologique, pour moi, pas dans nos défauts du quotidien (et que tout le monde aime pointer du doigt). Votre voisin fait encore trop de déchet ? Votre copine ne veut pas lâcher son shampoing au pétrole ? Votre mec continue à s'enfiler du saucisson en cachette ? Spoiler : ce n'est pas grave. Chacun ses incohérences, son rythme et ses qualités. Mais consommer comme pendant les Trente Glorieuses, ce n'est plus possible, nos défis sont devant nous, pas dans la victoire d'après-guerre et la fin des restrictions. 

    Alors, s'il te plaît, range un peu ta CB. Arrête les déballages de colis quotidiens. Au moins certains jours ou quelques heures. Dis non à ton cerveau qui te fait croire qu'acheter une vingtième paire de chaussures c'est cool. Arrête de cumuler les produits cosmétiques sous prétexte qu'ils sont bio. Ne cours pas acheter la dernière nouveauté pour produire moins de déchets...sans te demander si tu t'en sers vraiment. Ne te lance pas dans l'achat des 12 sachets de poudres ayurvédique si ton shampoing te convient. Sors, respire, plantes des tomates ou re-regarde Friends pour la 17ème fois. Ou écris moi un commentaire tiens, c'est gratuit ;) 

  • Organiser son tri à la maison

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    Il est toujours rigolo de voir la différence entre mon monde "des réseaux sociaux" et mon monde "réel". Alors que sur Instagram, je vois des personnes revenir des courses 100% vrac, montrer l'achat d'une brosse à dent en bambou ou des recettes de ketchup maison, dans ma "vraie vie", je suis souvent confrontée à des personnes qui ne tri absolument aucun déchet, bouteille en verre compris. 

    Si c'est parfois un peu schizophrène (et si je ne suis pas toujours à l'aise venu le moment d'expliquer ce que je fais dans la vie), j'aime beaucoup ces piqûres de rappel : le monde est loin d'être uniforme et surtout, il est loin d'être majoritairement sensibilisé à l'écologie. Notre cercle proche et surtout le cercle que l'on choisit via les réseaux sociaux, ont souvent les mêmes sensibilités que nous. Du coup, on est parfois inefficace à partager des infos, idées, articles ou autres, à des gens qui sont déjà dans la même démarche que nous. 

    C'est un peu pour ça que j'ai décidé de faire des ateliers ou encore que j'écris parfois sur des choses qui vous paraissent un peu simple. Parce que si j'adore montrer que faire sa lessive maison c'est archi simple, je sais très que de nombreuses personnes ont déjà besoin d'aide pour simplement comprendre comment trier !

    Alors, on ne va pas parler des consignes de tri en pratique (mais on reparlera très vite quand même!). Si vous avez des difficultés à savoir comment trier chez vous, je vous conseille de télécharger l'appli Citeo ou encore de regarder sur le site de votre agglomération. Les consignes (et les couleurs des poubelles) ne sont pas encore harmonisées sur l'ensemble du territoire, mais en gros, partout on peut faire du tri sélectif. 

    J'aimerais surtout vous parler organisation de ce tri. Parce qu'une bonne organisation, c'est une vie plus simple et un tri plus efficace. Le seul mot d'ordre : pensez flemme ^^ Il faut que vos poubelles soient accessibles, faciles à transporter et reconnaissables. 

    On a trop tendance à cacher nos poubelles, à se compliquer la vie et du coup, à râler ensuite sur le fait qu'il est compliqué de trier. Alors, qu'il faut justement les rendre le plus visibles possibles, pour que ce soit plus simple, que ça devienne un réflexe et que même les plus petits puisent trier facilement. 

    Quel type de poubelle choisir ?

    Vous avez maintenant un choix important pour vos poubelles. Je trouve qu'il est important de surtout penser "pratique" c'est à dire des poubelles pas trop grandes ni trop lourdes. Vous pouvez aussi opter pour des paniers ou cagettes pour le tri plastique ou le verre.

    Ici, on a un trio de poubelles identiques mais avec un couvercle de couleur différente. Trouvées simplement à Gifi, elles sont surtout assez fines et pratiques à porter pour les descendre. Elles prennent la place d'une grande poubelle sauf qu'il y a les trois poubelles principales. Evidemment, j'aurais préféré une version pas en plastique mais je n'ai pas trouvé dans mes magasins les plus proches. N'hésitez pas à regarder aussi du côté de l'occasion ou chez Emmaüs !

    On note que la poubelle d'ordures ménagères est la seule à avoir un sac poubelle en plastique dedans puisqu'il faut la jeter fermée. Ne mettez pas de sacs poubelles dans les autres, le tri s'effectue toujours en vrac !

    Si vous habitez en maison et que vous avez des poubelles mises à disposition et à l'extérieur, n'oubliez pas de vous faciliter le tri en disposant une mini poubelle (ou autre) afin de ne pas avoir faire des allers-retours constants. 

    Enfin, si vous avez des enfants, pensez qu'il faut une ouverture facile pour eux. Il y a des poubelles qui s'ouvrent toute seule, d'autres avec un "bouton", bref, pensez aux plus petits !

    Combien de poubelles faut-il ? 

    Adapter le nombre de poubelles (et leur taille) à vos consignes de tri. Il vous faut au minimum trois "poubelles" : ordures ménagères, tri plastique/papier et tri du verre. A vous de choisir quel type de contenant pour chacune, notamment en fonction de là où vous les jetez et de la quantité de vos déchets. 

    Mais il est intéressant d'avoir d'autres zones de déchets, toujours en fonction de vos types de déchets : 

    - un panier, sac, cagette...pour les déchets à déposer en déchetterie ou à donner à une association par exemple (ou deux endroits distincts !) : les objets cassés, ceux dont vous ne voulez plus, etc. 

    - une petite boîte pour les piles et les ampoules usagés. 

    - une poubelle à compost : vous avez un composteur chez vous ou dans votre quartier ? Pour vous faciliter la vie, il est intéressant d'avoir une poubelle à compost pour pouvoir conserver vos déchets organiques quelques jours avant de les jeter dedans, sans avoir de problèmes d'odeur. Vous pouvez utiliser une boîte hermétique et la stocker au frigo ou investir dans une poubelle spécifique (Casa, Maison du monde, Natures et découvertes).

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    Et les autres poubelles alors ? Je suis partisane d'une méthode un peu radicale mais enlevez vos poubelles de salle de bain, de bureau. En général, on installe qu'un seul type de poubelle, ce qui ne permet pas de faire le tri et tout fini dans la poubelle des ordures ménagères. Mais c'est aussi une super idée pour se forcer à limiter les déchets dans ces endroits, vous trouverez tout de suite que les cotons lavables sont chouettes si vous devez faire les allers-retours pour jeter les cotons classiques :) 

    Où disposer ses poubelles ? 

    Un seul mot d'ordre ici, il faut que vos poubelles soient les plus proches de l'endroit où vous avez besoin de jeter et les plus visibles possibles, surtout si vous ne maîtrisez pas encore bien les consignes de tri. En général, il s'agit de la cuisine, trouvez un coin accessible pour tout le monde et bien en vue.

    On arrête de cacher ses poubelles, les déchets font partie de nos vies et vous n'aurez jamais envie de les réduire si vous ne le voyez pas !

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    Ma poubelle à compost est à côté de mon plan de travail et la boîte pour les ampoules/piles usagées dans un placard.Mais ces trois poubelles sont à l'entrée de la cuisine. 

    Comment les reconnaître facilement ?

    En général, les poubelles ne sont pas vraiment un point d'investissement qu'on aime. Déjà parce que ça coûte relativement cher mais aussi parce qu'on a du mal à mettre de l'argent dans quelque chose qui accueille nos déchets. Pourtant, vous les utilisez combien de fois par jour ? 

    Il est important de choisir des poubelles que vous pouvez différencier soit grâce à leur forme, taille ou à la couleur des couvercles, mais si vous ne voulez pas vraiment investir, il y a une chouette alternative de Ludilabel : les étiquettes pour le tri sélectif !

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    J'aime beaucoup les dessins, très pratiques pour les enfants à qui on apprend le tri, et le code couleur assez cohérent. Et big up pour avoir pensé aux déchets organiques, piles et ampoules usagées. Chez moi, la poubelle jaune réunie le plastique (étiquette jaune) et le papier (étiquette bleue), j'aurais pu me passer de coller les deux étiquettes mais je voulais que ce soit vraiment clair pour les enfants.

    Ludilabel m'a fait parvenir un petit set d'autocollants et si je ne pensais pas les utiliser au début (ici on est plutôt habitué à trier), j'ai finalement tenté l'expérience et gros succès ! J'aurais bien évité d'en coller une sur ma poubelle de compost que je trouve jolie mais ma fille m'a rappelé à l'ordre ! Dans tous les cas, ça nous a fait revoir le type de poubelle qu'on utilise pour que ce soit encore plus pratique pour les enfants, sans avoir à vérifier derrière eux (et ça si tu es parent, tu aimes ^^).

    Un dernier conseil ? On arrête de faire l'autruche et on regarde un peu ce qu'il y a dans nos poubelles pour trouver des idées afin de les réduire ! Si besoin, j'avais même fait un planning des déchets pour vous aider !

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    Et si jamais les étiquettes Ludilabel vous tentent, il y a un petit concours sur Instagram (@julie_pancakes).

  • Féminisme et écologie

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    (source : pinterest, je ne trouve pas l'original?)

    Le féminisme et l'écologie, voilà un sujet dont je voulais vous parler depuis bien longtemps ! Et pour être plus juste, c'est plus "égalité des sexes et écologie" le sujet du jour !

    Rien à voir à priori non? Enfin surtout des "combats" différents ? L'un pour l'égalité entre les sexes dans de nombreux domaines différents, l'autre pour améliorer notre rapport à la planète sur de nombreux aspects aussi ?

    Pourtant, plus j'avance dans mon intérêt pour l'écologie, plus j'apprends sur le féminisme ou plutôt sur l'inégalité entre les sexes. Et comme ça n'apparaît pas toujours comme une évidence, je me suis dis qu'un article pourrait permettre de lancer le débat et d'avoir votre avis sur le sujet !

    Je précise d'emblée qu'il est inutile de me dire "je connais quelqu'un qui..." ! Je ne cherche pas à faire des généralités, évidemment qu'il y a des cas différents de ceux que je vais exposer si dessous. Mais pour les besoins d'un article (et pour éviter qu'il ne fasse 130 000 mots!), je suis obligée de faire quelques raccourcis. Cela n'empêche pas des hommes ou des femmes d'être différents dans la vraie vie !

    Un positionnement différent sur la thématique "écologie"

    De manière générale, l'écologie, peut-être sans le vouloir, réunit tous les clichés sur les hommes et les femmes.

    Sur ce blog et mes réseaux sociaux, j'aborde beaucoup de choses en terme d'écologie mais plutôt dans une vision quotidienne : zéro déchet, cosmétique, ménage green, achat responsable, enfant, etc. Par contre, d'un point de vue professionnel, j'ai travaillé sur des thématiques tout aussi "écolo" mais différentes : les énergies renouvelables, l'économie circulaire, le changement climatique, la politique énergétique, etc. 

    Résultat (et là je fais un gros raccourci mais je vous jure qu'on en est pas loin) : je ne parle quasiment qu'à des femmes dans le premier cas et qu'à des hommes dans le second cas. 

    La slow cosmétique, le zéro déchet, la mode éthique, bref la sphère personnelle, quotidienne et familiale semblent concerner majoritairement des femmes. 

    Les énergies renouvelables, la mobilité durable, la rénovation énergétique, bref la sphère politique, nationale ou mondiale semblent ne concerner que des hommes. 

    Paye tes clichés ! Alors évidemment, c'est réducteur, surtout pour l'aspect masculin de certaines thématiques où il y a aussi des femmes qui sont mise en avant. Mais là encore elles sont plutôt dans des thématiques du changement climatique ou dans la biodiversité. Tous les articles que je lis sur la biomasse, l'énergie éolienne, la voiture électrique...sincèrement les femmes sont rares (et si elles existent, elles ont du mal à être mise en avant). Et sur ce blog ou sur instagram par exemple, j'ai vraiment très rarement des commentaires ou des questions de la part des hommes. Et vous savez le pire ? L'article de mon blog où il y a le plus de présence masculine et celui sur le mélange bicarbonate/vinaigre blanc où de nombreux hommes sont venus m'expliquer par a+b que j'avais tort vu que je n'étais pas scientifique...

    Devenir plus écolo...une intérêt typiquement féminin ? 

    Consommer plus durablement, utiliser des produits cosmétiques plus sains pour soi et ses enfants, nettoyer sa maison avec des produits moins toxiques, manger moins viande, etc. Cet intérêt pour un nouveau mode de vie m'apparaît souvent typiquement féminin sans que j'arrive encore à cerner l'explication. 

    Quand j'en discute avec des amis masculins ou quand je vois mon "lectorat" (ou même celui d'homologues blogueuses plus suivies!), il y a vraiment un gouffre de différences dans l'intérêt et la curiosité sur ces sujets. 

    Dans une conversation classique, si je commence à parler de gel douche par exemple et de leur composition pas clean dans la grande distribution, une femme cherchera souvent à savoir pourquoi, ce que j'utilise, si c'est bien, efficace, cher, où on le trouve, etc. Un homme posera parfois des questions mais plutôt dans une optique générale, de réglementation, de marketing, de coût...mais très rarement pour sa propre consommation. Je te raconte même pas si je commence à parler lessive maison ^^

    Mais comme je le dis plus haut, je ne trouve pas l'explication. Je ne fais pas des généralités au point de penser qu'un homme n'en a rien à faire de la planète, de sa santé ou de celles de ses enfants ! Mais il semble y avoir une différence de champ d'intérêt où les hommes délaissent la sphère familiale et personnelle pour se concentrer sur les changements au niveau politique, juridique ou économique. 

    Et j'avoue que ce constat n'est pas très agréable ! Il rejoint tellement de clichés sur les femmes qui s'intéressent au foyer, les hommes à diriger la société... Clichés que je pensais quand même un peu dépassés, surtout dans les générations les plus jeunes.

    Devenir écolo, une tâche 100% féminine

    C'est le deuxième point du sujet "égalité des sexes et écologie". Et si le premier mériterait encore pas mal de comparaison pour savoir les raisons de ces différences, sur ce deuxième point, je vais être plus radicale et moins sympa. 

    Listons quelques comportements pour avoir un mode de vie plus écolo. En vrac, dans le désordre et évidemment sans préjuger du côte "bien ou pas" : acheter en vrac, faire sa lessive maison, acheter frais et de saison (donc plus souvent), choisir des cosmétiques solides ou même faire ses cosmétiques, trouver des alternatives zéro déchet à certaines choses à la maison, trier ses vêtements et pensez à la mode éthique, faire ses produits ménagers, cuisiner plus souvent pour éviter les plats ou les gâteaux industriels, faire attention aux soins pour les petits, tenter les couches lavables, expérimenter l'allaitement, se mettre aux achats de seconde main, s'inscrire à la médiathèque, etc. Et je pourrais continuer encore longtemps !

    Alors, maintenant regarde autour de toi, ouvres Instagram, Twitter, Facebook ou les blogs qui parlent de ces sujets, partagent leurs expériences, etc. : tu y vois des hommes ou des femmes ? 

    Malheureusement, la plupart des tâches qui nécessitent une modification dans l'optique "écolo", sont encore des tâches très féminines. Je connais des tas de femmes qui se lancent dans le zéro déchet ou la slow cosmétique. J'ai besoin d'une seule main pour compter les hommes que je connais sur ces thématiques ! Et c'est même quelque chose qui ressort de vos propres commentaires, on m'a souvent dit qu'il y a avait des choses "que monsieur acceptait et d'autres moins....!" (la féministe en moi saigne quand je lis ce genre de parole mais je comprends...). 

    Dans le meilleur des cas, les changements se font par la femme, avec l'homme dans une position "passive" : "attendons de voir le résultat et si c'est vraiment bénéfique". En général le bénéfice se mesure en terme d'économie financière, de gain de temps ou de place. On est loin du bénéfice écologique.

    Et dans le pire des cas, on me dit que certains changements se font contre ou du moins en opposition avec monsieur le conjoint. J'ai eu des tonnes d'exemple dans le zéro déchet où la femme déplore quand c'est le tour du mari de faire les courses puisqu'il ne suit pas du tout la logique zéro déchet et revient avec pleins de "conneries" (le mot est réellement utilisé par beaucoup!!). Le changement de produits dans la salle de bain posent aussi souvent plus de problème pour monsieur que pour les enfants. Sa position passive lui fait évidemment subir les changements imposés par madame. 

    Je ne prétends pas avoir la vérité et il y a évidemment (et heureusement!) des contre-exemples. Mais pour être honnête, même chez moi, c'est un peu comme ça. L'amoureux me suis dans tout mais il a toujours besoin d'un temps d'observation, que je teste moi même avant de voir comment il peut se l'approprier. Je me demande souvent où on en serait si j'avais pas envie de me lancer dans tout ça, est-ce qu'il serait venu un jour avec un savon solide en me disant "tiens on essaye ça, c'est mieux que le gel douche tout cracra qui fait des déchets non?". Et autour de moi, les rares hommes que je connais qui s'intéresse à ça sont...célibataires ! Il semble donc plus facile pour eux de s'emparer de certains sujets quand ils sont seuls qu'en couple ? 

    Changer de lessive, essayer les couches lavables, passer à une routine cosmétique moins toxique et se lancer dans le zéro déchet...ça ne vient que rarement des hommes mais surtout - et pire - ça reste à la charge des femmes ! Et autant je prône que tous ces changements apportent une vie plus simple, plus saine, moins coûteuse, il y a quand même une phase d'adaptation qui nécessite parfois plus de temps à passer sur la cuisine, les courses, le ménage ou autre. 

    Malheureusement, les courses, le ménage, les enfants...tout ça reste encore trop à la charge des femmes. Et l'adaptation que nécessite un mode de vie plus écolo revient alors naturellement à la femme. En charge de faire plus de cuisine, de trouver des produits sains pour les petits (et on parle même pas de l'éducation positive où là encore c'est majoritairement les femmes qui s'en occupent!).

    Conclusion 

    Evidemment, dans tout ça il y a des contre exemples ! Et j'ai envie de te dire "encore heureux" ! Mais je suis encore choquée par le manque de blogueur homme sur ces thématiques, de commentaires ou de questions de la part des hommes, etc. Et encore plus choquée quand on me dit devoir demander l'avis de l'homme ou ne pas pouvoir modifier quelque chose parce qu'il ne sera pas d'accord...

    Je n'ai pas d'explication ni réellement de solutions. Peut-être que c'est une question d'éducation, d'habitude, de partage mal effectué aussi par les femmes, etc. Mais je trouve dommage de trouver des hommes avec une connaissance et un avis intéressant sur la politique énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique mais plus personne pour discuter des changements plus personnels pour réduire notre impact sur la planète.

    Et pour finir, je dirais que l'inverse est assez juste aussi. Pourquoi les femmes ne prennent pas plus de place dans la sphère politique, économique ou scientifique ? Pourquoi on ne trouve que des experts masculins invités sur les plateaux pour parler du nucléaire et des femmes pour parler du zéro déchet ? 

    Bref, l'écologie c'est bon pour la planète mais pas forcément pour l'égalité des sexes !

    Un avis ? 

  • Savon de Marseille & huile de palme

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    Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que le savon de Marseille et moi, c'est une grande histoire d'amour. Originaire de Salon de Provence, je vais aux savonneries provençales depuis toujours et l'odeur du savon de Marseille fait partie de mes madeleines de Proust à moi. 

    Depuis, j'ai appris à l'utiliser pour mon linge, ma maison, mes plantes...et je vous partage ici plusieurs de mes recettes ou astuces. 

    Mais j'ai depuis longtemps de nombreux messages sur leur composition, la présence d'huile de palme, la différence entre le vert et le blanc ou autre. J'ai essayé de répondre à plusieurs questions dans l'article Comment reconnaître un vrai savon de Marseille ou encore dans la FAQ sur la lessive au savon de Marseille. Mais finalement les questions se cristallisent sur l'huile de palme présente dans certains savons de Marseille. 

    J'ai fait une mini storie sur Instagram pour expliquer un peu le cas de l'huile de palme dans les savons mais ça me semble utile d'y revenir ici dans un petit article. 

    La composition officielle du savon de Marseille : 100% huile d'olive

    Le savon de Marseille et plus largement la fabrication de savons en Provence est très ancienne en raison de la présence d'huiles végétales, de soude et de sel dans la région.

    Le processus de fabrication n'a été établit qu'en 1688, par l'Edit de Colbert, visant à limiter les dérives de certaines fabricants qui ajoutaient des graisses animales. C'est ainsi qu'un savon de Provence doit être cuit dans un chaudron (des chaudières) et ne contenir que de l'huile d'olive. Pas de graisses animales, pas d'autres huiles végétales. Il deviendra ensuite ce qu'on appelle aujourd'hui un savon de Marseille sous Napoléon. 

    L'ajout d'autres huiles végétales : palme, coprah... 

    Rapidement, les savonneries françaises se sont retrouvées en concurrence avec d'autres types de savons produits à l'étranger, notamment à base de graisses animales, qui produisaient ainsi un savon bien moins cher et plus facile à utiliser (plus de mousse, plus facile à rincer). La fabrication a base d'huile d'olive pure est en effet très complexe, coûteuse et le savon ne mousse que très peu.

    L'huile d'olive demeurait en effet une matière première très chère en raison de sa production (et c'est encore le cas aujourd'hui!). Le Port de Marseille a donc salué l'arrivée d'autres huiles végétales à partir de 1820 en provenance des Iles ou de l'Afrique du Nord, notamment l'huile de palme et l'huile de coprah (mais aussi la désormais célèbre arachide). 

    Les savonneries ont alors intégré une part de ces huiles à la recette originelle afin de faire baisser les prix et de sortir des savons plus faciles à utiliser. L'huile de palme ou de coprah notamment ont des propriétés "moussantes" (pour faire simple!) appréciées par les consommateurs. C'est à cette époque que les savonneries sortent aussi le savon blanc qui devient rapidement prisé pour le linge jusqu'à la seconde Guerre Mondiale. 

    La modification de la composition des savons de Marseille avec d'autres huiles végétales est ainsi très ancienne, sous les pressions économiques et celles des consommateurs. 

    La composition des savons de Marseille en 2017

    Aujourd'hui, il subsiste peu de véritables savonneries traditionnelles, tout simplement parce qu'il reste peu de "chaudrons" en activité. L'industrie a connu de grandes difficultés après la seconde Guerre Mondiale et l'arrivée de nouveaux produits chimiques plus économiques, plus faciles à utiliser, plus modernes, a fortement fait diminuer la demande en savon solide.

    A priori, il ne reste qu'un savon qui présente toutes les caractéristiques de l'Edit de Colbert, à savoir un 100% d'huile d'olive : Alepia. Cuit en chaudron et uniquement à base d'huile d'olive, il est cependant fabriqué en Ile de France, ce qui enlève un peu de son charme...à mon humble avis ^^ Mais il reste intéressant pour ceux qui cherchent à éviter à tout prix l'exploitation d'autres huiles végétales.

    Les autres savonneries offrent désormais un savon de Marseille qui contient de l'huile d'olive et d'autres huiles végétales, en très grande majorité de l'huile de coprah. A ma connaissance, il n'y a que Rampal Latour qui ajoute aussi de l'huile de palme dans son savon vert. En revanche, tous les savons blancs contiennent huile de palme et huile de coprah, comme depuis l'origine. 

    Alors, on évite l'huile de palme et l'huile de coprah dans les savons ? 

    C'est une question à laquelle je ne peux pas vous donner de réponse absolue, c'est un choix personnel. Par contre, je peux vous expliquer mon propre choix. 

    Premièrement, utiliser un savon de Marseille 100% huile d'olive pure est très différent d'un savon qui contient d'autres huiles végétales : il moussera moins, l'odeur sera plus forte, il se rincera plus difficilement. L'ajout de l'huile de palme ou de l'huile de coprah n'est pas le résultat d'une décision "tiens si on participait à la déforestation?". C'était à la fois une nécessité économique face au prix et parfois à la pénurie de l'huile d'olive. Et aussi une demande des consommateurs qui avaient des difficultés à s'approprier un savon si difficile à utiliser. 

    Deuxièmement, la problématique de l'huile de palme est souvent prise dans son ensemble sans réflexion (ou en tout cas, un peu rapidement à mon sens). 

    L'huile de palme, issue du palmier à huile, est majoritairement produite en Indonésie et en Malaisie, mais aussi en Amérique Latine. C'est désormais la plus grande production d'huile, en raison de sa rentabilité (le palmier produit beaucoup chaque année et pendant plus de 30 ans) et ils demandent moins de surface que la plupart des autres arbres à huiles. C'est donc uniquement des raisons de rentabilité économique qui font qu'aujourd'hui, c'est l'huile la plus consommée et la plus utilisée dans le monde. 

    Du coup, on augmente sans cesse les parcelles de palmiers à huile, en éliminant des forêts entières qui jouaient un rôle essentiel, notamment pour l'absorption du CO2, ainsi que toute la biodiversité qui dépendait de ses arbres divers. On pourrait ajouter que la consommation a proprement parlé d'huile palme n'est pas idéal pour la santé, vu que c'est une huile qui contient énormément d'acides gras saturés. 

    Si ça vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil à l'article du National Geographic sur l'huile de palme.

    Mais alors, si on veut éviter l'huile de palme, il faut absolument utiliser un savon de Marseille sans huile de palme ?

    Ben oui et non, je vous dirais. L'huile de palme est utilisée dans trois secteurs différents : 80% pour l'alimentaire, 19% en cosmétologie, 1% en énergétique (dans l'essence). Il est alors étrange de diaboliser les savons de Marseille pour l'ajout de l'huile de palme. Bien évidemment dans une logique pure, on devrait proscrire tout produit à base d'huile de palme. Néanmoins, comme on ne vit pas dans une logique pure, il me semble évident de commencer à éliminer l'huile de palme dans l'alimentaire. Et pour tenter de le faire, c'est loin de se limiter au Nutella !!

    Mais alors en cosmétologie, ça concerne aussi les savons non ? Il faut déjà comprendre que l'huile de palme se retrouve rarement sous sa forme originelle dans les cosmétiques mais elle est transformée. Présente dans la grande majorité des cosmétiques classiques, dans les crèmes, les démaquillants, etc., on la reconnaît grâce à différentes dénomination : tous les suffixes -capryl ou les préfixes -lauryl -cetear -palm...

    Pour plus d'infos, je vous recommande l'article de Oolution sur l'huile de palme en cosmétique. En gros, si vous évitez déjà la cosmétique classique ou que vous privilégiez des produits bruts, vous avez déjà une grande partie de la solution.  Et là encore, c'est loin d'être simple de reconnaître l'huile de palme dans toutes les compositions.

    On fait quoi alors pour le savon de Marseille ? 

    On privilégie au maximum les savons de Marseille qui ne contiennent que de l'huile de coprah et de l'huile d'olive (toujours le savon vert). Il ne s'agit pas de substituer l'huile de coco à l'huile de palme mais il semblerait que ce soit pour l'instant moins problématique d'un point de vue écologique. 

    Je continue personnellement à utiliser le savon de Marseille blanc, à l'huile de palme donc. Parce que la recette de la lessive maison a un bien meilleur résultat comme ça et que j'estime que mon impact reste meilleur à faire ma lessive maison qu'à utiliser les lessives conventionnelles (qui doivent en plus contenir aussi de l'huile de palme sous forme transformée).

    Pour l'instant, je traque l'huile de palme dans l'alimentation et la cosmétique classique. Et je ne culpabilise pas du tout de continuer à utiliser le savon de Marseille blanc pour ma lessive. J'estime que le fait de faire ma propre lessive est un geste important d'un point de vue écologique et un des rares gestes à faire en tant que consommatrice qui n'achète plus de lessive depuis 2 ans.

    Et surtout, je n'ai pas du tout envie d'entrer en guerre contre les quelques savonneries traditionnelles pour leur utilisation de l'huile de palme ! Je comprends les remarques des personnes qui veulent limiter l'huile de palme et sont déçues de sa présence dans le savon de Marseille. Pourtant, chez moi, ce savon, qu'il soit avec ou sans huile de palme, me permet de me passer de lessive industrielle, de détachant, de gel douche ou de liquide vaisselle parfois, de produits pour mes plantes malades, etc... Clairement, je préfère limiter tout ces produits même si cela signifie d'acheter encore un savon à base d'huile de palme. Et autour de moi, je suis déjà loin d'être dans la majorité à ne plus acheter ces produits (ni ceux de la cosmétiques traditionnelles). 

    Quand on fera pression sur les industriels qui utilisent à tout va l'huile de palme, je n'aurais plus d'états d'âmes à faire pression sur les savonneries traditionnelles pour qu'elles utilisent autre chose. En attendant, c'est un combat que je trouve un peu injuste : blâmer un savoir faire traditionnel qui offre tant de possibilités pour utiliser des produits moins polluants et moins dangereux pour la santé, c'est (encore une fois à mon sens) une hérésie.

    Allons déjà combattre l'industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique ainsi que les gouvernements des pays qui traînent à mettre en place une règlementation contre la déforestation et à appuyer un label durable d'exploitation des palmeraies...puis on passera en Provence discuter savon de Marseille et huile de palme ♥

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