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Ecologie

  • Savon de Marseille & huile de palme

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    Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que le savon de Marseille et moi, c'est une grande histoire d'amour. Originaire de Salon de Provence, je vais aux savonneries provençales depuis toujours et l'odeur du savon de Marseille fait partie de mes madeleines de Proust à moi. 

    Depuis, j'ai appris à l'utiliser pour mon linge, ma maison, mes plantes...et je vous partage ici plusieurs de mes recettes ou astuces. 

    Mais j'ai depuis longtemps de nombreux messages sur leur composition, la présence d'huile de palme, la différence entre le vert et le blanc ou autre. J'ai essayé de répondre à plusieurs questions dans l'article Comment reconnaître un vrai savon de Marseille ou encore dans la FAQ sur la lessive au savon de Marseille. Mais finalement les questions se cristallisent sur l'huile de palme présente dans certains savons de Marseille. 

    J'ai fait une mini storie sur Instagram pour expliquer un peu le cas de l'huile de palme dans les savons mais ça me semble utile d'y revenir ici dans un petit article. 

    La composition officielle du savon de Marseille : 100% huile d'olive

    Le savon de Marseille et plus largement la fabrication de savons en Provence est très ancienne en raison de la présence d'huiles végétales, de soude et de sel dans la région.

    Le processus de fabrication n'a été établit qu'en 1688, par l'Edit de Colbert, visant à limiter les dérives de certaines fabricants qui ajoutaient des graisses animales. C'est ainsi qu'un savon de Provence doit être cuit dans un chaudron (des chaudières) et ne contenir que de l'huile d'olive. Pas de graisses animales, pas d'autres huiles végétales. Il deviendra ensuite ce qu'on appelle aujourd'hui un savon de Marseille sous Napoléon. 

    L'ajout d'autres huiles végétales : palme, coprah... 

    Rapidement, les savonneries françaises se sont retrouvées en concurrence avec d'autres types de savons produits à l'étranger, notamment à base de graisses animales, qui produisaient ainsi un savon bien moins cher et plus facile à utiliser (plus de mousse, plus facile à rincer). La fabrication a base d'huile d'olive pure est en effet très complexe, coûteuse et le savon ne mousse que très peu.

    L'huile d'olive demeurait en effet une matière première très chère en raison de sa production (et c'est encore le cas aujourd'hui!). Le Port de Marseille a donc salué l'arrivée d'autres huiles végétales à partir de 1820 en provenance des Iles ou de l'Afrique du Nord, notamment l'huile de palme et l'huile de coprah (mais aussi la désormais célèbre arachide). 

    Les savonneries ont alors intégré une part de ces huiles à la recette originelle afin de faire baisser les prix et de sortir des savons plus faciles à utiliser. L'huile de palme ou de coprah notamment ont des propriétés "moussantes" (pour faire simple!) appréciées par les consommateurs. C'est à cette époque que les savonneries sortent aussi le savon blanc qui devient rapidement prisé pour le linge jusqu'à la seconde Guerre Mondiale. 

    La modification de la composition des savons de Marseille avec d'autres huiles végétales est ainsi très ancienne, sous les pressions économiques et celles des consommateurs. 

    La composition des savons de Marseille en 2017

    Aujourd'hui, il subsiste peu de véritables savonneries traditionnelles, tout simplement parce qu'il reste peu de "chaudrons" en activité. L'industrie a connu de grandes difficultés après la seconde Guerre Mondiale et l'arrivée de nouveaux produits chimiques plus économiques, plus faciles à utiliser, plus modernes, a fortement fait diminuer la demande en savon solide.

    A priori, il ne reste qu'un savon qui présente toutes les caractéristiques de l'Edit de Colbert, à savoir un 100% d'huile d'olive : Alepia. Cuit en chaudron et uniquement à base d'huile d'olive, il est cependant fabriqué en Ile de France, ce qui enlève un peu de son charme...à mon humble avis ^^ Mais il reste intéressant pour ceux qui cherchent à éviter à tout prix l'exploitation d'autres huiles végétales.

    Les autres savonneries offrent désormais un savon de Marseille qui contient de l'huile d'olive et d'autres huiles végétales, en très grande majorité de l'huile de coprah. A ma connaissance, il n'y a que Rampal Latour qui ajoute aussi de l'huile de palme dans son savon vert. En revanche, tous les savons blancs contiennent huile de palme et huile de coprah, comme depuis l'origine. 

    Alors, on évite l'huile de palme et l'huile de coprah dans les savons ? 

    C'est une question à laquelle je ne peux pas vous donner de réponse absolue, c'est un choix personnel. Par contre, je peux vous expliquer mon propre choix. 

    Premièrement, utiliser un savon de Marseille 100% huile d'olive pure est très différent d'un savon qui contient d'autres huiles végétales : il moussera moins, l'odeur sera plus forte, il se rincera plus difficilement. L'ajout de l'huile de palme ou de l'huile de coprah n'est pas le résultat d'une décision "tiens si on participait à la déforestation?". C'était à la fois une nécessité économique face au prix et parfois à la pénurie de l'huile d'olive. Et aussi une demande des consommateurs qui avaient des difficultés à s'approprier un savon si difficile à utiliser. 

    Deuxièmement, la problématique de l'huile de palme est souvent prise dans son ensemble sans réflexion (ou en tout cas, un peu rapidement à mon sens). 

    L'huile de palme, issue du palmier à huile, est majoritairement produite en Indonésie et en Malaisie, mais aussi en Amérique Latine. C'est désormais la plus grande production d'huile, en raison de sa rentabilité (le palmier produit beaucoup chaque année et pendant plus de 30 ans) et ils demandent moins de surface que la plupart des autres arbres à huiles. C'est donc uniquement des raisons de rentabilité économique qui font qu'aujourd'hui, c'est l'huile la plus consommée et la plus utilisée dans le monde. 

    Du coup, on augmente sans cesse les parcelles de palmiers à huile, en éliminant des forêts entières qui jouaient un rôle essentiel, notamment pour l'absorption du CO2, ainsi que toute la biodiversité qui dépendait de ses arbres divers. On pourrait ajouter que la consommation a proprement parlé d'huile palme n'est pas idéal pour la santé, vu que c'est une huile qui contient énormément d'acides gras saturés. 

    Si ça vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil à l'article du National Geographic sur l'huile de palme.

    Mais alors, si on veut éviter l'huile de palme, il faut absolument utiliser un savon de Marseille sans huile de palme ?

    Ben oui et non, je vous dirais. L'huile de palme est utilisée dans trois secteurs différents : 80% pour l'alimentaire, 19% en cosmétologie, 1% en énergétique (dans l'essence). Il est alors étrange de diaboliser les savons de Marseille pour l'ajout de l'huile de palme. Bien évidemment dans une logique pure, on devrait proscrire tout produit à base d'huile de palme. Néanmoins, comme on ne vit pas dans une logique pure, il me semble évident de commencer à éliminer l'huile de palme dans l'alimentaire. Et pour tenter de le faire, c'est loin de se limiter au Nutella !!

    Mais alors en cosmétologie, ça concerne aussi les savons non ? Il faut déjà comprendre que l'huile de palme se retrouve rarement sous sa forme originelle dans les cosmétiques mais elle est transformée. Présente dans la grande majorité des cosmétiques classiques, dans les crèmes, les démaquillants, etc., on la reconnaît grâce à différentes dénomination : tous les suffixes -capryl ou les préfixes -lauryl -cetear -palm...

    Pour plus d'infos, je vous recommande l'article de Oolution sur l'huile de palme en cosmétique. En gros, si vous évitez déjà la cosmétique classique ou que vous privilégiez des produits bruts, vous avez déjà une grande partie de la solution.  Et là encore, c'est loin d'être simple de reconnaître l'huile de palme dans toutes les compositions.

    On fait quoi alors pour le savon de Marseille ? 

    On privilégie au maximum les savons de Marseille qui ne contiennent que de l'huile de coprah et de l'huile d'olive (toujours le savon vert). Il ne s'agit pas de substituer l'huile de coco à l'huile de palme mais il semblerait que ce soit pour l'instant moins problématique d'un point de vue écologique. 

    Je continue personnellement à utiliser le savon de Marseille blanc, à l'huile de palme donc. Parce que la recette de la lessive maison a un bien meilleur résultat comme ça et que j'estime que mon impact reste meilleur à faire ma lessive maison qu'à utiliser les lessives conventionnelles (qui doivent en plus contenir aussi de l'huile de palme sous forme transformée).

    Pour l'instant, je traque l'huile de palme dans l'alimentation et la cosmétique classique. Et je ne culpabilise pas du tout de continuer à utiliser le savon de Marseille blanc pour ma lessive. J'estime que le fait de faire ma propre lessive est un geste important d'un point de vue écologique et un des rares gestes à faire en tant que consommatrice qui n'achète plus de lessive depuis 2 ans.

    Et surtout, je n'ai pas du tout envie d'entrer en guerre contre les quelques savonneries traditionnelles pour leur utilisation de l'huile de palme ! Je comprends les remarques des personnes qui veulent limiter l'huile de palme et sont déçues de sa présence dans le savon de Marseille. Pourtant, chez moi, ce savon, qu'il soit avec ou sans huile de palme, me permet de me passer de lessive industrielle, de détachant, de gel douche ou de liquide vaisselle parfois, de produits pour mes plantes malades, etc... Clairement, je préfère limiter tout ces produits même si cela signifie d'acheter encore un savon à base d'huile de palme. Et autour de moi, je suis déjà loin d'être dans la majorité à ne plus acheter ces produits (ni ceux de la cosmétiques traditionnelles). 

    Quand on fera pression sur les industriels qui utilisent à tout va l'huile de palme, je n'aurais plus d'états d'âmes à faire pression sur les savonneries traditionnelles pour qu'elles utilisent autre chose. En attendant, c'est un combat que je trouve un peu injuste : blâmer un savoir faire traditionnel qui offre tant de possibilités pour utiliser des produits moins polluants et moins dangereux pour la santé, c'est (encore une fois à mon sens) une hérésie.

    Allons déjà combattre l'industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique ainsi que les gouvernements des pays qui traînent à mettre en place une règlementation contre la déforestation et à appuyer un label durable d'exploitation des palmeraies...puis on passera en Provence discuter savon de Marseille et huile de palme ♥

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  • L'écologie imparfaite (ou comment il faut bien faire des compromis)

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    J'ai eu envie de poser ici, en quelques lignes, ma vision de l'écologie. Pas comme une excuse à mes imperfections mais plutôt parce que je pars du principe que toute action sera imparfaite. Comme d'habitude, je n'entends accuser personne et j'admire chaque démarche et combat qui va dans le bon sens. Je souhaite uniquement vous amener à plus de tolérance envers les actions de chacun parce qu'en définitive, quoi qu'on fasse, il y aura toujours une part d'imperfection.

    Quand vous tenez un blog dit "green", vous vous exposez à toute une différence de communautés et d'avis sur l'écologie : les zéro déchets, les végétariens, les véganes, les pro-cosmétiques maison, les fashionistas éthiques, les minimalistes, etc. Il est souvent difficile de tout concilier et de satisfaire tout le monde. 

    Je le vois tous les jours dans les commentaires sur le blog ou sur les réseaux (chez moi ou chez les autres!). Chaque personne commente en fonction de ses propres convictions qui ne sont pas forcément les mêmes que les miennes (et les vôtres). J'accepte bien évidemment les critiques, on peut toujours apprendre et s'améliorer.  

    Néanmoins, derrière ces avis ponctuels se cache une certaine idéologie sur la question environnementale et l'écologie au sens large : l'utopie du changement radical à grande échelle.

    Il faudrait tout arrêter, tout changer, tout boycotter, tout modifier... C'était le cas pour mon article sur la pêche : pourquoi améliorer les conditions de pêche quand on pourrait arrêter de se nourrir de poisson ? Il en ira sans doute de même pour mon futur article sur les zoo : pourquoi améliorer leurs conditions alors qu'on pourrait les laisser dans leur état naturel ? Et même pour des sujets plus sensibles : pourquoi prendre une gamme "green" appartenant un groupe de marques conventionnelles ? Pourquoi utiliser un produit qui n'est pas 100% irréprochable ? Cette idée revient souvent dès qu'on parle des "grandes marques" et de leurs efforts écologiques : greenwashing, faire-valoir ou autre, pourquoi on boycotte pas tout simplement ? Bref, la liste est potentiellement très longue !

    Mais dans ces cas là, est-ce qu'on juge "l'utilité écologique" d'un comportement par rapport à notre propre comportement ? A un comportement "possible"? Possible où? En France? En Europe ? Dans le monde ?

    Et puis qui sait nous dire précisément l'impact de tel ou tel choix à grande échelle ? La production énergétique est un bon exemple pour montrer que l'écologie est loin d'être simple. Vous pensez que tout ce qui compte c'est des énergies qui émettent moins de CO2 ? Et le nucléaire alors ? Sur le papier, elle est bien meilleure que le pétrole. Pourtant, les experts sont loin d'être sûrs que c'est un choix "écologique" pour notre avenir ! Et les énergies renouvelables alors ? Pourquoi on est pas au 100% ? Parce que ça coûte cher ma p'tite dame ! Vous êtes prêt à voir votre facture doubler pour avoir une énergie verte les premiers temps ? Et puis, vous êtes prêt à avoir une éolienne à côté de chez vous ? Et les composants qui permettent de produire une énergie renouvelable, vous pensez qu'ils sont fabriqués à base de quoi? Et avec quelle énergie ? 

    Bref, qui a LA bonne solution ? Est-ce qu'en 2017, elle existe seulement cette bonne solution ?

    En général, les critiques viennent de l'idée qu'on ne fait pas assez, ou pas parfaitement parce que au choix : c'est pas fabriqué en France, ça produit des déchets, ça fait souffrir des animaux, ce n'est pas bio, etc. 

    Croyez-moi, j'aimerais pouvoir vous dire pour chaque achat ou comportement du quotidien, ce qu'il faut faire pour être "parfaits". Mais c'est impossible. Pas parce que je n'y crois pas ou que je ne veux pas. Même pas parce que c'est trop cher ou trop compliqué. 

    Parce que chaque choix que l'on fait est issu de compromis

    Parce que le monde dans lequel on vit est lui-même issu de compromis

    J'admire les gens qui défendent corps et âme une cause sans se soucier de la globalité. C'est hyper important qu'il y ait des gens qui défendent leur cause, même lorsqu'elle n'est pas consensuelle. On a besoin de personnes qui prônent l'éthique animal, le zéro déchet, les énergies renouvelables, la cosmétique naturelle, l'agriculture biologique...

    Mais, on a aussi besoin d'arrêter de prôner sans cesse (et sans compromis) un changement immédiat de grande échelle. Ce n'est pas une question d'être utopiste ou réaliste. On peut très bien espérer ce changement, tout en ayant conscience qu'il nécessite une déplacement des forces, des logiques et des habitudes considérables. On doit arriver à souligner les efforts, les initiatives et les discours, même lorsqu'on les trouve imparfaits.  

    Pour moi, on a besoin d'humilité. De poursuivre ses combats, d'avoir ses convictions mais aussi d'admettre que l'on est un être humain plein de complexité, vivant dans un pays privilégié ! Pensez vous que les défis (et les avis!) sont les mêmes sur tous les continents ? 

    Vous savez, on sera près de 9,8 milliards d'habitants sur la planète en 2050. 2050, c'est demain. Je serais tout juste à la retraite, ma fille n'aura pas encore 40ans et la génération née cette année sera trentenaire. 

    On ne peut pas réfléchir de façon isolée. On ne peut pas garder les oeillères de la perfection et omettre de voir tous les défis qui nous attendent. Nourrir ces milliards de personnes, modifier notre production et consommation d'énergies, maintenir la biodiversité qui nous permettra de respirer, protéger les populations soumissent aux catastrophes climatiques, combattre la chaleur qui tuera sans cesse plus de personnes...la liste est encore longue. 

    Alors, il est important de montrer que l'on peut arrêter de manger des animaux, que l'on peut produire moins de déchets, que l'on peut acheter éthique ou consommer bio. Mais aussi que l'on doit arrêter de juger l'imperfection des autres par le prisme de nos propres convictions. Le monde est plus complexe, les êtres humains tous différents et les priorités changent d'un humain à l'autre. On découvre sans cesse de nouvelles techniques, de nouveaux procédés, de nouveaux défis pour la planète qui changent nos perceptions et qui déplacent les problèmes et les solutions.

    Savez-vous calculer l'impact de vos choix pour 9,8 milliards de personnes ? 

    On doit commencer à penser avec le système actuel, injuste et imparfait, pour trouver comment la planète pourra supporter le poids de 9,8 milliards de personnes. 

     

    écologie,humeurs,imperfection,humilité

  • La pêche durable et le label MSC

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    Si vous me lisez depuis quelques temps, vous connaissez mon attachement à l'Océan et à sa protection. J'essaye de mettre en avant de nombreuses problématiques qui contribuent à dégrader les Océans et ses habitants. Je vous ai déjà donné quelques idées pour contribuer à notre petit niveau à éviter la pollution des eaux. Pourtant, je ne vous ai jamais parlé de pêche alors que cette activité a un impact considérable sur l'environnement marin ! 

    J'ai été contacté par le MSC, le Marine Stewardship Council, pour vous parler du label et vous proposer leur box Océan à l'occasion de la Journée mondiale des Océans qui a eu lieu le 7 juin dernier. Bien sûr, au début je me suis dis "olala, la pêche, je vais me faire tomber dessus par la communauté Végane". Et puis je me suis rappelée avoir travailler dessus dans le cadre de mon post-doctorat sur l'économie circulaire et ma position n'est pas aussi radicale que celle qui prône d'arrêter la pêche. Après tout, ici, je parle à tout le monde non ? 

    Allez, fais toi un café et viens on discute poissons ! 

    Alors la pêche, c'est quoi le soucis ? 

    La pêche dans le monde, c'est une personne sur dix qui en dépend pour ses revenus. C'est une ressource de première importance et le produit alimentaire de base le plus échangé au Monde, en priorité depuis les pays en développement. En terme de consommation, on a dépassé les 20kg par habitant au niveau mondial et le poisson (au sens large) reste indispensable pour certaines populations des pays en voie de développement, en raison de leurs apports en protéines, acides aminés, vitamines, etc. 

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    Pourtant, le développement de la pêche occasionne une pression sans précédent sur les Océans. La pêche intensive, l'augmentation des volumes prélevés et l'épuisement de certains stock, la destruction de certains écosystèmes, la pêche illicite...je pourrais continuer longtemps cette liste ! Il y a par exemple le problème du chalutage en eaux profondes ou encore des systèmes de pêche qui occasionnent des captures accessoires d'animaux vulnérables (tortues, requins, etc.). 

    Malgré ce que l'on pense, la question de la pêche durable est aujourd'hui très clairement mise en avant sur la scène internationale. Il y a quelques jours, 48 pays ont ratifié l'Accord international PSMA qui vise à lutter contre la pêche illicite (notamment en interdisant l'accès au marché et aux ports). Plusieurs accords ont eu lieu sur la pêche du thon aussi, tant sur leur pêche durable que sur les conditions de travail dans certains pays, et l'Union européenne renforce en ce moment sa politique sur les quotas de pêche.  

    Mais la question ne pourra pas être réglée par le végétarisme ? 

    Si on arrête d'en manger, ça suffit ? 

    Sincèrement, mon opinion c'est qu'on ne peut pas résoudre les problèmes de la pêche en prônant simplement le végétarisme. C'est sans doute triste mais c'est irréaliste par rapport à la situation de nombreux pays qui en dépendent. Je sais combien ce sujet est sensible pour ceux qui choisissent d'exclure la chair animale de leur alimentation. Mais on oublie un peu rapidement que l'on vit dans un pays où l'on peut choisir facilement son alimentation sans risquer des conséquences sur notre santé. Beaucoup de pays ont encore des difficultés à lutter contre certaines maladies infantiles ou des problèmes graves de malnutrition qui nous semblerait aberrants en France. On oublie aussi que bientôt, on devrait nourrir 9 milliards d'humains sur la planète et qu'à ce titre, les Océans fournissent quantité de nourriture qui peuvent être une alternative à l'élevage intensif terrestre.

    Personnellement, c'est ce que j'essaye de différencier ici, sur le blog, et dans ma vie personnelle. Les choix personnels et les actions que l'on peut mener ou soutenir pour le plus grand nombre. C'est ce qui fait que même si je ne mange plus beaucoup de poissons, je n'ai aucun problème à soutenir des initiatives pour améliorer la pêche. Ou encore si j'estime qu'on peut se passer de viande, il faut tout de même réfléchir à des alternatives pérennes pour l'élevage. Mes choix ne sont pas les choix du plus grand nombre à l'échelle de la planète et mes efforts n'empêchent pas de trouver d'autres solutions pour d'autres modes de vie. 

    J'aimerais aussi souligner que le problème des Océans ne se résume pas à la pêche : la pollution du plastique (ou plutôt microplastiques), les exploitations pétrolières et gazières, l'extraction minière, le réchauffement climatique... Tout ça cause bien des difficultés pour maintenir la qualité des eaux, la biodiversité sous-marine et même une activité de pêche responsable ! A ce titre, arrêter la consommation de poissons mais ne pas se pencher sur le cas du plastique ou de la pollution des eaux (y compris avec notre crème solaire!), est tout aussi utopiste. 

    C'est quoi la pêche durable ?

    Le label MSC offre alors un indicateur intéressant pour favoriser la pêche responsable et durable. Le label propose deux référentiels pour certifier la durabilité des pêches sauvages, en eau douce ou en mer. Il permet la traçabilité du produit, la certification repose sur trois critères : pérenniser les stocks de poissons, minimiser l'impact environnemental et assurer un système de gestion efficace. C'est le seul label qui réponds aux critères de certification de nombreuses organisations internationales dont ceux de l'ONU. 

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    Aujourd'hui, c'est 12% des captures de poissons sauvages proviennent de pêcheries certifiés MSC. Cela semble peu mais le chiffre augmente rapidement et l'organisme note de grands progrès dans la filière. Le label travaille étroitement avec WWF pour améliorer son référentiel. 

    En très bref, vous l'aurez compris, il existe un choix sur le marché d'une filière responsable pour la pêche. Et encore une fois, n'oubliez pas qu'achetez un produit plutôt qu'un autre a un impact considérable à long terme (l'achat vote, j'vous dis!).  

    Alors, si vous consommez du poisson, pensez au label MSC et si vous en avez la possibilité, passez le mot autour de vous ! 

    Plus d'infos sur le site MSC et dans leur dossier presse pour connaître les pêcheries responsables : dossier-presse-0217 (1).pdf

    Et si vous voulez participer à la box Océan, c'est direction Instagram @blog_bananapancakes jusqu'à dimanche. Il y aura même une petite surprise ^^

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  • 3 trucs écolos #2 : dans la salle de bain

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    On continue la série des 3 trucs écolos en allant dans la salle de bain cette fois-ci !

    Si vous avez raté la première édition, je vous rappelle rapidement le concept de cette série d'articles : par thème, choisir 3 trucs écolos pour vous donner des idées de transition. Tout n'est pas à faire, certaines choses seront peut-être déjà connues mais l'objectif est de vous proposer des choses assez simples tout en étant importantes pour l'environnement. Bien entendu, n'hésitez pas à me donner vos trucs à vous en commentaire, je ferais un article à la fin avec vos conseils à vous ;) 

    Alors, la salle de bain ? Beaucoup de choses peuvent être faite en matière de produits cosmétiques et d'hygiène. Améliorer la qualité de vos produits, privilégier les produits bruts, chassez les mauvais ingrédients dans les compositions, éviter le jetable, trouver des marques cruelty-free, etc... C'est souvent pour ça qu'on est un peu perdu, il y a tellement à faire quand on part d'une consommation "standard" des produits ! 

    3 trucs écolos

    #2 Dans la salle de bain 

    Je vous donne 3 catégories avec plusieurs gestes abordables, qui ont a un impact important sur l'environnement mais un des conseils les plus global que je peux vous donner, c'est bien de simplifier sa salle de bain. Plus vous saurez simplifier votre routine, plus vous pourrez vous permettre d'investir dans des produits à la composition meilleure et éviter ainsi gaspillage et déchets inutiles. Cela ne signifie pas qu'il ne faut pas garder une part de plaisir, on aime forcément tester des nouvelles choses ou avoir certaines marques chouchous. Mais essayer de terminer vos produits avant d'en acheter un nouveau à tester, privilégier les bonnes marques et essayer de vous libérer de la consommation à l'excès que nous ordonne parfois les blogs ou les réseaux sociaux. 

    1- Alléger sa poubelle

    Avant de revoir entièrement sa consommation de cosmétiques, il est sans doute plus simple d'alléger d'abord sa poubelle de salle de bain. On y pense rarement au début mais dans une consommation "traditionnelle", c'est un des premiers lieux de fabrication de déchets difficilement recyclables. 

    Appliquer les mêmes priorités qu'en cuisine

    On privilégie les contenants en verre plutôt qu'en plastique ; on évite surtout le plastique opaque, difficilement recyclable ou les contenants trop petits en plastique qu'on ne sais pas encore recycler. On évite le gaspillage en utilisant les produits au fur et à mesure, en achetant la quantité qui nous convient ou inversement en grande quantité (typiquement les gels douches) pour produire moins de déchets. 

    On jette un oeil aux cosmétiques solides 

    Ce n'est pas forcément pour tout le monde mais il peut être intéressant de tester des produits solides qui produisent moins de déchets et ont des compositions généralement plus propres ou en tout cas plus simples. 

    On trouve facilement des savons solides pour la douche, privilégiez toujours la saponification à froid, plus douce avec la peau. Evitez le savon de Marseille qui n'a pas conservé les bienfaits des huiles en raison du procédé de saponification et qui peut donc assécher votre peau. Je privilégie les savons fabriqués chez moi (Le Moly ou Mylo par exemple) mais vous en trouverez aussi en ligne très facilement. 

    Pour les shampoings solides, vous trouverez facilement en magasin bio quelques marques comme Douce Nature ou Secrets de Provence. D'autres marques sont présentes surtout en ligne mais commencent à être distribué dans certains magasins, n'hésitez pas à vérifier les points de vente : Lamazuna, PachamamaÏ, les savons de joya, etc.

    Pour les déodorants solides, vous en trouverez aussi chez Lamazuna ou Les savons de Joya (sans HE) en version solide. 

    Passez au durable

    Le plus gros de la poubelle de salle de bain est plutôt directement lié à l'hygiène : cotons, serviettes hygiéniques, tampons, cotons-tiges...

    Je vous renvoie à mon article sur les cotons lavables si vous ne savez pas lesquels choisir. On garde éventuellement des cotons jetables pour le vernis ou pour soigner les bobos. 

    Pour les cotons-tiges, on se félicite aussi que la France interdise la commercialisation de cotons-tiges dont la tige est en plastique à partir de 2020. En attendant, on opte pour des cotons-tiges dont la tige est en papier qu'on trouve facilement en magasin bio (Douce nature, Tidoo..). L'avantage est que l'embout est souvent en coto bio et non blanchi au chlore (si vous le saviez pas, vous vous frottez l'oreille au chlore avec un coton-tige classique!!). 

    Vous pouvez aussi passer complètement au durable en optant pour l'oriculi de Lamazuna : un petit bâton pensé pour nettoyer vos oreilles sans créer de bouchons. 

    Pour les règles (allons-y franco), plusieurs alternatives pour éviter la production de déchets : les serviettes lavables ou la cup. Si vous n'êtes pas partantes, passez au moins aux protections en cotons bio, sans chlore et sans plastique. Les marques les plus faciles à trouver (et approuvées par moi-même ;) : Natracare et Naty. 

    Un bon article d'Echos verts pour se renseigner sur les serviettes lavables et quelques liens sur la cup : génération cobayes, sur le blog de Gala ou chez Antigone XXI.

    Si besoin, j'avais fait une revue de quelques produits Lamazuna

    2- Chassez les micro-billes plastiques 

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    J'avais déjà fait un article sur ces microbilles en vous présentant des alternatives pour les gommages et le site Qu'est-ce qu'on fait avait sorti une chouette infographie pour rappeler les dégâts de ces microbilles (et m'avait même cité à la fin #jmelapète).

    C'est un geste tout simple à faire et l'impact sur l'environnement sera considérablement diminué. On les trouve majoritairement dans nos produits de gommage mais aussi dans les dentifrices, produits nettoyants, crème à raser...et malheureusement, ne sont pas toujours visible à l'oeil nu. 

    Reconnaître les microbilles

    Ce n'est pas simple car c'est généralement uniquement le composé qui est mentionné : polyéthylène ou polypropylène, en entier ou sous le sigle PEG, PPG. Ce n'est pas toujours signe de microbilles mais c'est mauvais signe, surtout dans un produit gommant. Et dès que vous achetez un produit avec "billes" (gommage, nettoyant exfoliant, dentifrice), vérifier l'absence de ces ingrédients et la présence d'ingrédients naturels (sucre, poudre de noyaux, etc...). 

    Plus facilement, vous pouvez télécharger l'appli Beat the microbead qui vous permet de scanner vous produits pour savoir s'ils en contiennent !

    Opter pour un gommage naturel 

    Je vous renvoie à mon article sur les gommages naturels mais sachez qu'avec du sucre, du café et une huile végétale, vous avez déjà de quoi faire un gommage efficace et non polluant! 

    Attention aux produits étrangers 

    Vous pouvez vous féliciter d'habiter en France puisqu'à partir du 1er janvier 2018, la France interdit la commercialisation des produits contenant des "particules plastiques solides". Il faudra donc veiller aux produits venant de pays n'ayant pas légiférer sur la question et que vous pouvez acheter sur internet ou en déplacement. 

    3- Se familiariser avec les compositions

    Pour le coup, ce n'est pas un geste simple. Les compositions sont souvent difficiles à décrypter et il devient complexe de savoir quoi éviter. Bien sûr, vous pouvez taper chaque composé sur google pour savoir s'il est potentiellement toxique ou classé comme allergène mais je doute que ce soit à la portée de tout le monde. 

    Je vous donne une piste pour débuter dans la lecture des cosmétiques et éviter ainsi quelques ingrédients polémiques. Il y en a bien sûr beaucoup d'autres mais petit à petit, c'est mieux que rien du tout ;) 

    Privilégier la cosmétique bio

    C'est l'option "flemme" qui permet d'éviter plusieurs composants interdits en cosmétique biologique. Ce n'est pas parfait mais vous vous assurez une composition plus propre sans avoir à vérifier la liste. 

    Attention cependant à vérifier les labels : Ecocert et CosmeBio (le fameux BIO) sont les labels de base pour vous repérer. Mais il y a d'autres labels plus "contraignants" qui peuvent être intéressants : Nature & Progrès et BDIH notamment sont plus contraignants. 

    Encore une fois, l'ADEME a sorti un guide très complet sur les comparatifs des labels si besoin. Sinon, Idecologie avait sorti une chouette infographie sur la thématique. 

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    Reconnaître les ingrédients synthétiques les plus problématiques

    Il y a quantité d'ingrédients qui serait à éviter dans les compositions. Soit parce qu'ils sont néfastes à l'environnement soit en raison de leur toxicité pour la santé (ou les deux!). Mais parce qu'il n'est pas simple de se repérer, on peut débuter en évitant 3 familles d'ingrédients problématiques :

    - les huiles minérales : ces huiles sont bien loin des huiles végétales dont je vous parle régulièrement. Elles sont issues des minéraux, soit lors du raffinage soit par distillation de la houille, du pétrole ou autre. Elles sont à l'origine massivement utilisées pour l'industrie automobile mais se retrouvent aussi dans nos cosmétiques. Elles sont très bon marché et permettent la stabilité des formules. Mais, à part vous dire franchement "est-ce que vous avez envie de vous tartiner de pétrole?", elles ont un impact catastrophique pour l'environnement et des conséquences sur l'efficacité des produits : en étant "occlusives", elles forment un film sur la peau qui peut avoir un effet positif immédiat (peau lisse, cheveux gainés, etc.) mais en réalité elles n'apportent aucun bienfaits et empêchent même les autres composants de faire leur job. 

    Pour les reconnaître : en général, vous les trouverez sous le nom de paraffinum liquidum, petrolatum, cera microcristallina, mineral oil...

    Malheureusement, elles sont présentes dans de nombreux produits conventionnels et même dans beaucoup de produits à destination des enfants. 

    - l'huile de palme : vaste sujet que l'huile de palme mais les conséquences environnementales de la production d'huile de palme sont tellement catastrophiques qu'il peut être intéressant de savoir la reconnaître. Je privilégie la chasse à l'huile de palme dans l'alimentation mais je fais quand même attention à la limiter dans les produits cosmétiques. Le plus complexe reste le savon de marseille qui en contient en majorité : l'astuce étant de privilégier les savons de marseille classique, le vert, qui normalement ne contient que de l'huile d'olive et huile de coprah (notamment chez Marius Fabre). 

    Pour la reconnaître : cherchez sodium palmate dans la liste !

    - les matières plastiques : outre les microbilles dont je vous parle au dessus, les cosmétiques contiennent de la matière plastiques sous deux formes principales : le silicone et les polymères. Elles ont pour objectif de stabiliser les formules, d'apporter l'effet lissant, souple ou gainant aux produits. D'un point de vue environnemental, c'est une catastrophe tant du point de vue de la production (usage de gaz toxique pour leur production) que de la dégradation (plusieurs années) notamment pour les produits que l'on rince directement dans l'eau (shampoings, gel douche...). Et d'un point de vue "santé", non seulement elles ont un effet contreproductif similaire au pétrole vu qu'elles empêchent la pénétration des actifs. En très simplifié, ce sont des "caches misères" mais elles n'ont aucun avantage en terme de "soin". 

    Pour les reconnaître : le silicone se reconnaît par les suffixes -icone, -iconol ou -siloxane comme le dimethicone, dimethiconol, cyclotertrasiloxane... Pour les polymères, le plus simple est de chercher la mention de PEG ou PPG (pour polyéthylène ou polypropylène). 

    Pour aller plus loin : UFC QUE CHOISIR a mis à disposition une liste des composants les plus problématiques ainsi qu'une carte-repère pour emmener lorsque l'on fait les courses. 

    Savoir ce qu'est un liste INCI

    La liste INCI est la liste de tous les ingrédients contenus dans la formule du produit, elle est obligatoire mais parfois bien cachée ! 

    Les mentions utilisent généralement le nom latin ou anglais des produits donc il faudra vous familiariser avec les  noms et ne pas avoir peur de certains ingrédients uniquement en raison de leur nom scientifique. 

    La liste est construite par ordre décroissant c'est à dire de l'ingrédient le plus dosé au moins dosé. C'est pourquoi vous trouverez généralement "aqua" (eau) en premier puisque c'est souvent l'ingrédient principal des formules. En gros, les 4 premiers ingrédients forment la majorité du produit, les suivants sont à des taux de concentrations très minimes.

    Cela vous permet, soit d'éviter les produits "miracles" qui vantent un ingrédient se retrouvant en réalité à la fin de la composition, soit à dédramatiser la présence d'ingrédients problématiques, qui, s'ils sont à la fin, sont peu présents. 

    Autre chose à repérer : l'alcool et le parfum, notamment en début de liste INCI signifie un dosage élevé qui peut être problématique pour les peaux sensibles, les allergies et les enfants. 

    Plus d'info : sur le blog de Julien (slowcosmétique) ou sur Consoglobe

    Voilà, il y aurait encore beaucoup à dire mais finalement, c'est déjà beaucoup de petits gestes si on les cumule ! N'hésitez pas à me dire vos idées !

    A lundi prochain pour le #3 !