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Ecologie

  • Féminisme et écologie

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    (source : pinterest, je ne trouve pas l'original?)

    Le féminisme et l'écologie, voilà un sujet dont je voulais vous parler depuis bien longtemps ! Et pour être plus juste, c'est plus "égalité des sexes et écologie" le sujet du jour !

    Rien à voir à priori non? Enfin surtout des "combats" différents ? L'un pour l'égalité entre les sexes dans de nombreux domaines différents, l'autre pour améliorer notre rapport à la planète sur de nombreux aspects aussi ?

    Pourtant, plus j'avance dans mon intérêt pour l'écologie, plus j'apprends sur le féminisme ou plutôt sur l'inégalité entre les sexes. Et comme ça n'apparaît pas toujours comme une évidence, je me suis dis qu'un article pourrait permettre de lancer le débat et d'avoir votre avis sur le sujet !

    Je précise d'emblée qu'il est inutile de me dire "je connais quelqu'un qui..." ! Je ne cherche pas à faire des généralités, évidemment qu'il y a des cas différents de ceux que je vais exposer si dessous. Mais pour les besoins d'un article (et pour éviter qu'il ne fasse 130 000 mots!), je suis obligée de faire quelques raccourcis. Cela n'empêche pas des hommes ou des femmes d'être différents dans la vraie vie !

    Un positionnement différent sur la thématique "écologie"

    De manière générale, l'écologie, peut-être sans le vouloir, réunit tous les clichés sur les hommes et les femmes.

    Sur ce blog et mes réseaux sociaux, j'aborde beaucoup de choses en terme d'écologie mais plutôt dans une vision quotidienne : zéro déchet, cosmétique, ménage green, achat responsable, enfant, etc. Par contre, d'un point de vue professionnel, j'ai travaillé sur des thématiques tout aussi "écolo" mais différentes : les énergies renouvelables, l'économie circulaire, le changement climatique, la politique énergétique, etc. 

    Résultat (et là je fais un gros raccourci mais je vous jure qu'on en est pas loin) : je ne parle quasiment qu'à des femmes dans le premier cas et qu'à des hommes dans le second cas. 

    La slow cosmétique, le zéro déchet, la mode éthique, bref la sphère personnelle, quotidienne et familiale semblent concerner majoritairement des femmes. 

    Les énergies renouvelables, la mobilité durable, la rénovation énergétique, bref la sphère politique, nationale ou mondiale semblent ne concerner que des hommes. 

    Paye tes clichés ! Alors évidemment, c'est réducteur, surtout pour l'aspect masculin de certaines thématiques où il y a aussi des femmes qui sont mise en avant. Mais là encore elles sont plutôt dans des thématiques du changement climatique ou dans la biodiversité. Tous les articles que je lis sur la biomasse, l'énergie éolienne, la voiture électrique...sincèrement les femmes sont rares (et si elles existent, elles ont du mal à être mise en avant). Et sur ce blog ou sur instagram par exemple, j'ai vraiment très rarement des commentaires ou des questions de la part des hommes. Et vous savez le pire ? L'article de mon blog où il y a le plus de présence masculine et celui sur le mélange bicarbonate/vinaigre blanc où de nombreux hommes sont venus m'expliquer par a+b que j'avais tort vu que je n'étais pas scientifique...

    Devenir plus écolo...une intérêt typiquement féminin ? 

    Consommer plus durablement, utiliser des produits cosmétiques plus sains pour soi et ses enfants, nettoyer sa maison avec des produits moins toxiques, manger moins viande, etc. Cet intérêt pour un nouveau mode de vie m'apparaît souvent typiquement féminin sans que j'arrive encore à cerner l'explication. 

    Quand j'en discute avec des amis masculins ou quand je vois mon "lectorat" (ou même celui d'homologues blogueuses plus suivies!), il y a vraiment un gouffre de différences dans l'intérêt et la curiosité sur ces sujets. 

    Dans une conversation classique, si je commence à parler de gel douche par exemple et de leur composition pas clean dans la grande distribution, une femme cherchera souvent à savoir pourquoi, ce que j'utilise, si c'est bien, efficace, cher, où on le trouve, etc. Un homme posera parfois des questions mais plutôt dans une optique générale, de réglementation, de marketing, de coût...mais très rarement pour sa propre consommation. Je te raconte même pas si je commence à parler lessive maison ^^

    Mais comme je le dis plus haut, je ne trouve pas l'explication. Je ne fais pas des généralités au point de penser qu'un homme n'en a rien à faire de la planète, de sa santé ou de celles de ses enfants ! Mais il semble y avoir une différence de champ d'intérêt où les hommes délaissent la sphère familiale et personnelle pour se concentrer sur les changements au niveau politique, juridique ou économique. 

    Et j'avoue que ce constat n'est pas très agréable ! Il rejoint tellement de clichés sur les femmes qui s'intéressent au foyer, les hommes à diriger la société... Clichés que je pensais quand même un peu dépassés, surtout dans les générations les plus jeunes.

    Devenir écolo, une tâche 100% féminine

    C'est le deuxième point du sujet "égalité des sexes et écologie". Et si le premier mériterait encore pas mal de comparaison pour savoir les raisons de ces différences, sur ce deuxième point, je vais être plus radicale et moins sympa. 

    Listons quelques comportements pour avoir un mode de vie plus écolo. En vrac, dans le désordre et évidemment sans préjuger du côte "bien ou pas" : acheter en vrac, faire sa lessive maison, acheter frais et de saison (donc plus souvent), choisir des cosmétiques solides ou même faire ses cosmétiques, trouver des alternatives zéro déchet à certaines choses à la maison, trier ses vêtements et pensez à la mode éthique, faire ses produits ménagers, cuisiner plus souvent pour éviter les plats ou les gâteaux industriels, faire attention aux soins pour les petits, tenter les couches lavables, expérimenter l'allaitement, se mettre aux achats de seconde main, s'inscrire à la médiathèque, etc. Et je pourrais continuer encore longtemps !

    Alors, maintenant regarde autour de toi, ouvres Instagram, Twitter, Facebook ou les blogs qui parlent de ces sujets, partagent leurs expériences, etc. : tu y vois des hommes ou des femmes ? 

    Malheureusement, la plupart des tâches qui nécessitent une modification dans l'optique "écolo", sont encore des tâches très féminines. Je connais des tas de femmes qui se lancent dans le zéro déchet ou la slow cosmétique. J'ai besoin d'une seule main pour compter les hommes que je connais sur ces thématiques ! Et c'est même quelque chose qui ressort de vos propres commentaires, on m'a souvent dit qu'il y a avait des choses "que monsieur acceptait et d'autres moins....!" (la féministe en moi saigne quand je lis ce genre de parole mais je comprends...). 

    Dans le meilleur des cas, les changements se font par la femme, avec l'homme dans une position "passive" : "attendons de voir le résultat et si c'est vraiment bénéfique". En général le bénéfice se mesure en terme d'économie financière, de gain de temps ou de place. On est loin du bénéfice écologique.

    Et dans le pire des cas, on me dit que certains changements se font contre ou du moins en opposition avec monsieur le conjoint. J'ai eu des tonnes d'exemple dans le zéro déchet où la femme déplore quand c'est le tour du mari de faire les courses puisqu'il ne suit pas du tout la logique zéro déchet et revient avec pleins de "conneries" (le mot est réellement utilisé par beaucoup!!). Le changement de produits dans la salle de bain posent aussi souvent plus de problème pour monsieur que pour les enfants. Sa position passive lui fait évidemment subir les changements imposés par madame. 

    Je ne prétends pas avoir la vérité et il y a évidemment (et heureusement!) des contre-exemples. Mais pour être honnête, même chez moi, c'est un peu comme ça. L'amoureux me suis dans tout mais il a toujours besoin d'un temps d'observation, que je teste moi même avant de voir comment il peut se l'approprier. Je me demande souvent où on en serait si j'avais pas envie de me lancer dans tout ça, est-ce qu'il serait venu un jour avec un savon solide en me disant "tiens on essaye ça, c'est mieux que le gel douche tout cracra qui fait des déchets non?". Et autour de moi, les rares hommes que je connais qui s'intéresse à ça sont...célibataires ! Il semble donc plus facile pour eux de s'emparer de certains sujets quand ils sont seuls qu'en couple ? 

    Changer de lessive, essayer les couches lavables, passer à une routine cosmétique moins toxique et se lancer dans le zéro déchet...ça ne vient que rarement des hommes mais surtout - et pire - ça reste à la charge des femmes ! Et autant je prône que tous ces changements apportent une vie plus simple, plus saine, moins coûteuse, il y a quand même une phase d'adaptation qui nécessite parfois plus de temps à passer sur la cuisine, les courses, le ménage ou autre. 

    Malheureusement, les courses, le ménage, les enfants...tout ça reste encore trop à la charge des femmes. Et l'adaptation que nécessite un mode de vie plus écolo revient alors naturellement à la femme. En charge de faire plus de cuisine, de trouver des produits sains pour les petits (et on parle même pas de l'éducation positive où là encore c'est majoritairement les femmes qui s'en occupent!).

    Conclusion 

    Evidemment, dans tout ça il y a des contre exemples ! Et j'ai envie de te dire "encore heureux" ! Mais je suis encore choquée par le manque de blogueur homme sur ces thématiques, de commentaires ou de questions de la part des hommes, etc. Et encore plus choquée quand on me dit devoir demander l'avis de l'homme ou ne pas pouvoir modifier quelque chose parce qu'il ne sera pas d'accord...

    Je n'ai pas d'explication ni réellement de solutions. Peut-être que c'est une question d'éducation, d'habitude, de partage mal effectué aussi par les femmes, etc. Mais je trouve dommage de trouver des hommes avec une connaissance et un avis intéressant sur la politique énergétique et la lutte contre le réchauffement climatique mais plus personne pour discuter des changements plus personnels pour réduire notre impact sur la planète.

    Et pour finir, je dirais que l'inverse est assez juste aussi. Pourquoi les femmes ne prennent pas plus de place dans la sphère politique, économique ou scientifique ? Pourquoi on ne trouve que des experts masculins invités sur les plateaux pour parler du nucléaire et des femmes pour parler du zéro déchet ? 

    Bref, l'écologie c'est bon pour la planète mais pas forcément pour l'égalité des sexes !

    Un avis ? 

  • Savon de Marseille & huile de palme

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    Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez que le savon de Marseille et moi, c'est une grande histoire d'amour. Originaire de Salon de Provence, je vais aux savonneries provençales depuis toujours et l'odeur du savon de Marseille fait partie de mes madeleines de Proust à moi. 

    Depuis, j'ai appris à l'utiliser pour mon linge, ma maison, mes plantes...et je vous partage ici plusieurs de mes recettes ou astuces. 

    Mais j'ai depuis longtemps de nombreux messages sur leur composition, la présence d'huile de palme, la différence entre le vert et le blanc ou autre. J'ai essayé de répondre à plusieurs questions dans l'article Comment reconnaître un vrai savon de Marseille ou encore dans la FAQ sur la lessive au savon de Marseille. Mais finalement les questions se cristallisent sur l'huile de palme présente dans certains savons de Marseille. 

    J'ai fait une mini storie sur Instagram pour expliquer un peu le cas de l'huile de palme dans les savons mais ça me semble utile d'y revenir ici dans un petit article. 

    La composition officielle du savon de Marseille : 100% huile d'olive

    Le savon de Marseille et plus largement la fabrication de savons en Provence est très ancienne en raison de la présence d'huiles végétales, de soude et de sel dans la région.

    Le processus de fabrication n'a été établit qu'en 1688, par l'Edit de Colbert, visant à limiter les dérives de certaines fabricants qui ajoutaient des graisses animales. C'est ainsi qu'un savon de Provence doit être cuit dans un chaudron (des chaudières) et ne contenir que de l'huile d'olive. Pas de graisses animales, pas d'autres huiles végétales. Il deviendra ensuite ce qu'on appelle aujourd'hui un savon de Marseille sous Napoléon. 

    L'ajout d'autres huiles végétales : palme, coprah... 

    Rapidement, les savonneries françaises se sont retrouvées en concurrence avec d'autres types de savons produits à l'étranger, notamment à base de graisses animales, qui produisaient ainsi un savon bien moins cher et plus facile à utiliser (plus de mousse, plus facile à rincer). La fabrication a base d'huile d'olive pure est en effet très complexe, coûteuse et le savon ne mousse que très peu.

    L'huile d'olive demeurait en effet une matière première très chère en raison de sa production (et c'est encore le cas aujourd'hui!). Le Port de Marseille a donc salué l'arrivée d'autres huiles végétales à partir de 1820 en provenance des Iles ou de l'Afrique du Nord, notamment l'huile de palme et l'huile de coprah (mais aussi la désormais célèbre arachide). 

    Les savonneries ont alors intégré une part de ces huiles à la recette originelle afin de faire baisser les prix et de sortir des savons plus faciles à utiliser. L'huile de palme ou de coprah notamment ont des propriétés "moussantes" (pour faire simple!) appréciées par les consommateurs. C'est à cette époque que les savonneries sortent aussi le savon blanc qui devient rapidement prisé pour le linge jusqu'à la seconde Guerre Mondiale. 

    La modification de la composition des savons de Marseille avec d'autres huiles végétales est ainsi très ancienne, sous les pressions économiques et celles des consommateurs. 

    La composition des savons de Marseille en 2017

    Aujourd'hui, il subsiste peu de véritables savonneries traditionnelles, tout simplement parce qu'il reste peu de "chaudrons" en activité. L'industrie a connu de grandes difficultés après la seconde Guerre Mondiale et l'arrivée de nouveaux produits chimiques plus économiques, plus faciles à utiliser, plus modernes, a fortement fait diminuer la demande en savon solide.

    A priori, il ne reste qu'un savon qui présente toutes les caractéristiques de l'Edit de Colbert, à savoir un 100% d'huile d'olive : Alepia. Cuit en chaudron et uniquement à base d'huile d'olive, il est cependant fabriqué en Ile de France, ce qui enlève un peu de son charme...à mon humble avis ^^ Mais il reste intéressant pour ceux qui cherchent à éviter à tout prix l'exploitation d'autres huiles végétales.

    Les autres savonneries offrent désormais un savon de Marseille qui contient de l'huile d'olive et d'autres huiles végétales, en très grande majorité de l'huile de coprah. A ma connaissance, il n'y a que Rampal Latour qui ajoute aussi de l'huile de palme dans son savon vert. En revanche, tous les savons blancs contiennent huile de palme et huile de coprah, comme depuis l'origine. 

    Alors, on évite l'huile de palme et l'huile de coprah dans les savons ? 

    C'est une question à laquelle je ne peux pas vous donner de réponse absolue, c'est un choix personnel. Par contre, je peux vous expliquer mon propre choix. 

    Premièrement, utiliser un savon de Marseille 100% huile d'olive pure est très différent d'un savon qui contient d'autres huiles végétales : il moussera moins, l'odeur sera plus forte, il se rincera plus difficilement. L'ajout de l'huile de palme ou de l'huile de coprah n'est pas le résultat d'une décision "tiens si on participait à la déforestation?". C'était à la fois une nécessité économique face au prix et parfois à la pénurie de l'huile d'olive. Et aussi une demande des consommateurs qui avaient des difficultés à s'approprier un savon si difficile à utiliser. 

    Deuxièmement, la problématique de l'huile de palme est souvent prise dans son ensemble sans réflexion (ou en tout cas, un peu rapidement à mon sens). 

    L'huile de palme, issue du palmier à huile, est majoritairement produite en Indonésie et en Malaisie, mais aussi en Amérique Latine. C'est désormais la plus grande production d'huile, en raison de sa rentabilité (le palmier produit beaucoup chaque année et pendant plus de 30 ans) et ils demandent moins de surface que la plupart des autres arbres à huiles. C'est donc uniquement des raisons de rentabilité économique qui font qu'aujourd'hui, c'est l'huile la plus consommée et la plus utilisée dans le monde. 

    Du coup, on augmente sans cesse les parcelles de palmiers à huile, en éliminant des forêts entières qui jouaient un rôle essentiel, notamment pour l'absorption du CO2, ainsi que toute la biodiversité qui dépendait de ses arbres divers. On pourrait ajouter que la consommation a proprement parlé d'huile palme n'est pas idéal pour la santé, vu que c'est une huile qui contient énormément d'acides gras saturés. 

    Si ça vous intéresse, allez jeter un coup d'oeil à l'article du National Geographic sur l'huile de palme.

    Mais alors, si on veut éviter l'huile de palme, il faut absolument utiliser un savon de Marseille sans huile de palme ?

    Ben oui et non, je vous dirais. L'huile de palme est utilisée dans trois secteurs différents : 80% pour l'alimentaire, 19% en cosmétologie, 1% en énergétique (dans l'essence). Il est alors étrange de diaboliser les savons de Marseille pour l'ajout de l'huile de palme. Bien évidemment dans une logique pure, on devrait proscrire tout produit à base d'huile de palme. Néanmoins, comme on ne vit pas dans une logique pure, il me semble évident de commencer à éliminer l'huile de palme dans l'alimentaire. Et pour tenter de le faire, c'est loin de se limiter au Nutella !!

    Mais alors en cosmétologie, ça concerne aussi les savons non ? Il faut déjà comprendre que l'huile de palme se retrouve rarement sous sa forme originelle dans les cosmétiques mais elle est transformée. Présente dans la grande majorité des cosmétiques classiques, dans les crèmes, les démaquillants, etc., on la reconnaît grâce à différentes dénomination : tous les suffixes -capryl ou les préfixes -lauryl -cetear -palm...

    Pour plus d'infos, je vous recommande l'article de Oolution sur l'huile de palme en cosmétique. En gros, si vous évitez déjà la cosmétique classique ou que vous privilégiez des produits bruts, vous avez déjà une grande partie de la solution.  Et là encore, c'est loin d'être simple de reconnaître l'huile de palme dans toutes les compositions.

    On fait quoi alors pour le savon de Marseille ? 

    On privilégie au maximum les savons de Marseille qui ne contiennent que de l'huile de coprah et de l'huile d'olive (toujours le savon vert). Il ne s'agit pas de substituer l'huile de coco à l'huile de palme mais il semblerait que ce soit pour l'instant moins problématique d'un point de vue écologique. 

    Je continue personnellement à utiliser le savon de Marseille blanc, à l'huile de palme donc. Parce que la recette de la lessive maison a un bien meilleur résultat comme ça et que j'estime que mon impact reste meilleur à faire ma lessive maison qu'à utiliser les lessives conventionnelles (qui doivent en plus contenir aussi de l'huile de palme sous forme transformée).

    Pour l'instant, je traque l'huile de palme dans l'alimentation et la cosmétique classique. Et je ne culpabilise pas du tout de continuer à utiliser le savon de Marseille blanc pour ma lessive. J'estime que le fait de faire ma propre lessive est un geste important d'un point de vue écologique et un des rares gestes à faire en tant que consommatrice qui n'achète plus de lessive depuis 2 ans.

    Et surtout, je n'ai pas du tout envie d'entrer en guerre contre les quelques savonneries traditionnelles pour leur utilisation de l'huile de palme ! Je comprends les remarques des personnes qui veulent limiter l'huile de palme et sont déçues de sa présence dans le savon de Marseille. Pourtant, chez moi, ce savon, qu'il soit avec ou sans huile de palme, me permet de me passer de lessive industrielle, de détachant, de gel douche ou de liquide vaisselle parfois, de produits pour mes plantes malades, etc... Clairement, je préfère limiter tout ces produits même si cela signifie d'acheter encore un savon à base d'huile de palme. Et autour de moi, je suis déjà loin d'être dans la majorité à ne plus acheter ces produits (ni ceux de la cosmétiques traditionnelles). 

    Quand on fera pression sur les industriels qui utilisent à tout va l'huile de palme, je n'aurais plus d'états d'âmes à faire pression sur les savonneries traditionnelles pour qu'elles utilisent autre chose. En attendant, c'est un combat que je trouve un peu injuste : blâmer un savoir faire traditionnel qui offre tant de possibilités pour utiliser des produits moins polluants et moins dangereux pour la santé, c'est (encore une fois à mon sens) une hérésie.

    Allons déjà combattre l'industrie agroalimentaire, pharmaceutique et cosmétique ainsi que les gouvernements des pays qui traînent à mettre en place une règlementation contre la déforestation et à appuyer un label durable d'exploitation des palmeraies...puis on passera en Provence discuter savon de Marseille et huile de palme ♥

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  • L'écologie imparfaite (ou comment il faut bien faire des compromis)

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    J'ai eu envie de poser ici, en quelques lignes, ma vision de l'écologie. Pas comme une excuse à mes imperfections mais plutôt parce que je pars du principe que toute action sera imparfaite. Comme d'habitude, je n'entends accuser personne et j'admire chaque démarche et combat qui va dans le bon sens. Je souhaite uniquement vous amener à plus de tolérance envers les actions de chacun parce qu'en définitive, quoi qu'on fasse, il y aura toujours une part d'imperfection.

    Quand vous tenez un blog dit "green", vous vous exposez à toute une différence de communautés et d'avis sur l'écologie : les zéro déchets, les végétariens, les véganes, les pro-cosmétiques maison, les fashionistas éthiques, les minimalistes, etc. Il est souvent difficile de tout concilier et de satisfaire tout le monde. 

    Je le vois tous les jours dans les commentaires sur le blog ou sur les réseaux (chez moi ou chez les autres!). Chaque personne commente en fonction de ses propres convictions qui ne sont pas forcément les mêmes que les miennes (et les vôtres). J'accepte bien évidemment les critiques, on peut toujours apprendre et s'améliorer.  

    Néanmoins, derrière ces avis ponctuels se cache une certaine idéologie sur la question environnementale et l'écologie au sens large : l'utopie du changement radical à grande échelle.

    Il faudrait tout arrêter, tout changer, tout boycotter, tout modifier... C'était le cas pour mon article sur la pêche : pourquoi améliorer les conditions de pêche quand on pourrait arrêter de se nourrir de poisson ? Il en ira sans doute de même pour mon futur article sur les zoo : pourquoi améliorer leurs conditions alors qu'on pourrait les laisser dans leur état naturel ? Et même pour des sujets plus sensibles : pourquoi prendre une gamme "green" appartenant un groupe de marques conventionnelles ? Pourquoi utiliser un produit qui n'est pas 100% irréprochable ? Cette idée revient souvent dès qu'on parle des "grandes marques" et de leurs efforts écologiques : greenwashing, faire-valoir ou autre, pourquoi on boycotte pas tout simplement ? Bref, la liste est potentiellement très longue !

    Mais dans ces cas là, est-ce qu'on juge "l'utilité écologique" d'un comportement par rapport à notre propre comportement ? A un comportement "possible"? Possible où? En France? En Europe ? Dans le monde ?

    Et puis qui sait nous dire précisément l'impact de tel ou tel choix à grande échelle ? La production énergétique est un bon exemple pour montrer que l'écologie est loin d'être simple. Vous pensez que tout ce qui compte c'est des énergies qui émettent moins de CO2 ? Et le nucléaire alors ? Sur le papier, elle est bien meilleure que le pétrole. Pourtant, les experts sont loin d'être sûrs que c'est un choix "écologique" pour notre avenir ! Et les énergies renouvelables alors ? Pourquoi on est pas au 100% ? Parce que ça coûte cher ma p'tite dame ! Vous êtes prêt à voir votre facture doubler pour avoir une énergie verte les premiers temps ? Et puis, vous êtes prêt à avoir une éolienne à côté de chez vous ? Et les composants qui permettent de produire une énergie renouvelable, vous pensez qu'ils sont fabriqués à base de quoi? Et avec quelle énergie ? 

    Bref, qui a LA bonne solution ? Est-ce qu'en 2017, elle existe seulement cette bonne solution ?

    En général, les critiques viennent de l'idée qu'on ne fait pas assez, ou pas parfaitement parce que au choix : c'est pas fabriqué en France, ça produit des déchets, ça fait souffrir des animaux, ce n'est pas bio, etc. 

    Croyez-moi, j'aimerais pouvoir vous dire pour chaque achat ou comportement du quotidien, ce qu'il faut faire pour être "parfaits". Mais c'est impossible. Pas parce que je n'y crois pas ou que je ne veux pas. Même pas parce que c'est trop cher ou trop compliqué. 

    Parce que chaque choix que l'on fait est issu de compromis

    Parce que le monde dans lequel on vit est lui-même issu de compromis

    J'admire les gens qui défendent corps et âme une cause sans se soucier de la globalité. C'est hyper important qu'il y ait des gens qui défendent leur cause, même lorsqu'elle n'est pas consensuelle. On a besoin de personnes qui prônent l'éthique animal, le zéro déchet, les énergies renouvelables, la cosmétique naturelle, l'agriculture biologique...

    Mais, on a aussi besoin d'arrêter de prôner sans cesse (et sans compromis) un changement immédiat de grande échelle. Ce n'est pas une question d'être utopiste ou réaliste. On peut très bien espérer ce changement, tout en ayant conscience qu'il nécessite une déplacement des forces, des logiques et des habitudes considérables. On doit arriver à souligner les efforts, les initiatives et les discours, même lorsqu'on les trouve imparfaits.  

    Pour moi, on a besoin d'humilité. De poursuivre ses combats, d'avoir ses convictions mais aussi d'admettre que l'on est un être humain plein de complexité, vivant dans un pays privilégié ! Pensez vous que les défis (et les avis!) sont les mêmes sur tous les continents ? 

    Vous savez, on sera près de 9,8 milliards d'habitants sur la planète en 2050. 2050, c'est demain. Je serais tout juste à la retraite, ma fille n'aura pas encore 40ans et la génération née cette année sera trentenaire. 

    On ne peut pas réfléchir de façon isolée. On ne peut pas garder les oeillères de la perfection et omettre de voir tous les défis qui nous attendent. Nourrir ces milliards de personnes, modifier notre production et consommation d'énergies, maintenir la biodiversité qui nous permettra de respirer, protéger les populations soumissent aux catastrophes climatiques, combattre la chaleur qui tuera sans cesse plus de personnes...la liste est encore longue. 

    Alors, il est important de montrer que l'on peut arrêter de manger des animaux, que l'on peut produire moins de déchets, que l'on peut acheter éthique ou consommer bio. Mais aussi que l'on doit arrêter de juger l'imperfection des autres par le prisme de nos propres convictions. Le monde est plus complexe, les êtres humains tous différents et les priorités changent d'un humain à l'autre. On découvre sans cesse de nouvelles techniques, de nouveaux procédés, de nouveaux défis pour la planète qui changent nos perceptions et qui déplacent les problèmes et les solutions.

    Savez-vous calculer l'impact de vos choix pour 9,8 milliards de personnes ? 

    On doit commencer à penser avec le système actuel, injuste et imparfait, pour trouver comment la planète pourra supporter le poids de 9,8 milliards de personnes. 

     

    écologie,humeurs,imperfection,humilité

  • La pêche durable et le label MSC

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    Si vous me lisez depuis quelques temps, vous connaissez mon attachement à l'Océan et à sa protection. J'essaye de mettre en avant de nombreuses problématiques qui contribuent à dégrader les Océans et ses habitants. Je vous ai déjà donné quelques idées pour contribuer à notre petit niveau à éviter la pollution des eaux. Pourtant, je ne vous ai jamais parlé de pêche alors que cette activité a un impact considérable sur l'environnement marin ! 

    J'ai été contacté par le MSC, le Marine Stewardship Council, pour vous parler du label et vous proposer leur box Océan à l'occasion de la Journée mondiale des Océans qui a eu lieu le 7 juin dernier. Bien sûr, au début je me suis dis "olala, la pêche, je vais me faire tomber dessus par la communauté Végane". Et puis je me suis rappelée avoir travailler dessus dans le cadre de mon post-doctorat sur l'économie circulaire et ma position n'est pas aussi radicale que celle qui prône d'arrêter la pêche. Après tout, ici, je parle à tout le monde non ? 

    Allez, fais toi un café et viens on discute poissons ! 

    Alors la pêche, c'est quoi le soucis ? 

    La pêche dans le monde, c'est une personne sur dix qui en dépend pour ses revenus. C'est une ressource de première importance et le produit alimentaire de base le plus échangé au Monde, en priorité depuis les pays en développement. En terme de consommation, on a dépassé les 20kg par habitant au niveau mondial et le poisson (au sens large) reste indispensable pour certaines populations des pays en voie de développement, en raison de leurs apports en protéines, acides aminés, vitamines, etc. 

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    Pourtant, le développement de la pêche occasionne une pression sans précédent sur les Océans. La pêche intensive, l'augmentation des volumes prélevés et l'épuisement de certains stock, la destruction de certains écosystèmes, la pêche illicite...je pourrais continuer longtemps cette liste ! Il y a par exemple le problème du chalutage en eaux profondes ou encore des systèmes de pêche qui occasionnent des captures accessoires d'animaux vulnérables (tortues, requins, etc.). 

    Malgré ce que l'on pense, la question de la pêche durable est aujourd'hui très clairement mise en avant sur la scène internationale. Il y a quelques jours, 48 pays ont ratifié l'Accord international PSMA qui vise à lutter contre la pêche illicite (notamment en interdisant l'accès au marché et aux ports). Plusieurs accords ont eu lieu sur la pêche du thon aussi, tant sur leur pêche durable que sur les conditions de travail dans certains pays, et l'Union européenne renforce en ce moment sa politique sur les quotas de pêche.  

    Mais la question ne pourra pas être réglée par le végétarisme ? 

    Si on arrête d'en manger, ça suffit ? 

    Sincèrement, mon opinion c'est qu'on ne peut pas résoudre les problèmes de la pêche en prônant simplement le végétarisme. C'est sans doute triste mais c'est irréaliste par rapport à la situation de nombreux pays qui en dépendent. Je sais combien ce sujet est sensible pour ceux qui choisissent d'exclure la chair animale de leur alimentation. Mais on oublie un peu rapidement que l'on vit dans un pays où l'on peut choisir facilement son alimentation sans risquer des conséquences sur notre santé. Beaucoup de pays ont encore des difficultés à lutter contre certaines maladies infantiles ou des problèmes graves de malnutrition qui nous semblerait aberrants en France. On oublie aussi que bientôt, on devrait nourrir 9 milliards d'humains sur la planète et qu'à ce titre, les Océans fournissent quantité de nourriture qui peuvent être une alternative à l'élevage intensif terrestre.

    Personnellement, c'est ce que j'essaye de différencier ici, sur le blog, et dans ma vie personnelle. Les choix personnels et les actions que l'on peut mener ou soutenir pour le plus grand nombre. C'est ce qui fait que même si je ne mange plus beaucoup de poissons, je n'ai aucun problème à soutenir des initiatives pour améliorer la pêche. Ou encore si j'estime qu'on peut se passer de viande, il faut tout de même réfléchir à des alternatives pérennes pour l'élevage. Mes choix ne sont pas les choix du plus grand nombre à l'échelle de la planète et mes efforts n'empêchent pas de trouver d'autres solutions pour d'autres modes de vie. 

    J'aimerais aussi souligner que le problème des Océans ne se résume pas à la pêche : la pollution du plastique (ou plutôt microplastiques), les exploitations pétrolières et gazières, l'extraction minière, le réchauffement climatique... Tout ça cause bien des difficultés pour maintenir la qualité des eaux, la biodiversité sous-marine et même une activité de pêche responsable ! A ce titre, arrêter la consommation de poissons mais ne pas se pencher sur le cas du plastique ou de la pollution des eaux (y compris avec notre crème solaire!), est tout aussi utopiste. 

    C'est quoi la pêche durable ?

    Le label MSC offre alors un indicateur intéressant pour favoriser la pêche responsable et durable. Le label propose deux référentiels pour certifier la durabilité des pêches sauvages, en eau douce ou en mer. Il permet la traçabilité du produit, la certification repose sur trois critères : pérenniser les stocks de poissons, minimiser l'impact environnemental et assurer un système de gestion efficace. C'est le seul label qui réponds aux critères de certification de nombreuses organisations internationales dont ceux de l'ONU. 

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    Aujourd'hui, c'est 12% des captures de poissons sauvages proviennent de pêcheries certifiés MSC. Cela semble peu mais le chiffre augmente rapidement et l'organisme note de grands progrès dans la filière. Le label travaille étroitement avec WWF pour améliorer son référentiel. 

    En très bref, vous l'aurez compris, il existe un choix sur le marché d'une filière responsable pour la pêche. Et encore une fois, n'oubliez pas qu'achetez un produit plutôt qu'un autre a un impact considérable à long terme (l'achat vote, j'vous dis!).  

    Alors, si vous consommez du poisson, pensez au label MSC et si vous en avez la possibilité, passez le mot autour de vous ! 

    Plus d'infos sur le site MSC et dans leur dossier presse pour connaître les pêcheries responsables : dossier-presse-0217 (1).pdf

    Et si vous voulez participer à la box Océan, c'est direction Instagram @blog_bananapancakes jusqu'à dimanche. Il y aura même une petite surprise ^^

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