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  • La slow influence

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    Petite saga sur ma réflexion suite à ma reconversion. Je sais que la thématique ne plaît pas à tout le monde, milles excuses mais c'est un peu ce qui m'occupe le plus en ce moment :) 

    Arf, que je n'aime pas ce mot d'influenceuse. Je vous l'avais déjà dit dans cet article, mais, pour moi, c'est une mauvaise traduction du terme anglais "influence" qui se rapproche davantage du fait "influer", c'est à dire "avoir une action sur".

    Mais j'ai beau reprendre chaque personne qui s'adresse à moi avec ce terme, j'ai bien conscience que je brasse de l'air. Je ne vous ai pas encore fait l'article sur ma reconversion professionnelle mais je ne suis plus juriste. Aujourd'hui, mon activité essentielle est l'écriture : de livres (bientôt!!!), de chroniques (Ma petite planète), sur ce blog et sur Instagram. Rien que cet aspect de ma vie crée une influence puisque je m'adresse à du public (vous!). Mais on m'appelle "influenceuse" simplement pour des raisons de chiffres. Ils ne sont pas secrets : ici, vous êtes entre 40 000 et 50 000 chaque mois, sur Instagram, vous êtes plus de 14 000. C'est d'ailleurs assez marrant de voir le changement sur Instagram dès que vous passez la fameuse barre des 10k : je l'ai attendu pour le fameux swipe et pouvoir vous mettre des liens en stories (qui, finalement, sont très peu utilisés ^^) mais je n'avais pas anticipé le changement de visibilité auprès des marques.

    Tous ces chiffres ne sont pas fous, beaucoup de blogs ou compte instagram font bien plus. Mais ils sont suffisants pour être intégré dans la case "influenceuse". 

    J'ai un peu tâtonné au début de ma reconversion professionnelle avec ce terme. Comme je dois bien trouver une source de revenu, j'ai réfléchi à la façon de l'utiliser. Et je suis rapidement arrivée à la conclusion que je ne voulais pas utiliser mon influence pour faire de la publicité, je vous en ai parlé récemment dans cet article. Du coup, je refuse désormais 98% des partenariats et des envois produits. Je perds évidemment une source de revenu et j'hésite encore parfois à me dire que c'est le bon choix.

    Pourquoi ? Déjà, parce qu'il y a peu de diversité dans les modes de fonctionnement d'une "influenceuse". A partir du moment où on entre dans cette case et où on créé du contenu (sur un blog, les réseaux...), on se retrouve dans un modèle de partenariat et de stratégie de gestion. On peut bien sûr décider de ne rien faire de cette influence, en tout cas rien de "professionnel" mais dans la plupart des cas, ça sera un "à côté" d'un autre travail et on diminue donc forcément le temps disponible pour cette partie de notre vie. Avoir un blog, des réseaux actifs, répondre à vos messages, aux mails, etc., tout cela demande beaucoup de temps et devient vite une véritable "activité professionnelle" à laquelle il faut bien raccrocher une rémunération. Et dans la majorité des cas, la rémunération viendra de partenariats divers et nécessitera de professionnaliser aussi sa présence "virtuelle" : avoir un blog optimisé, gérer le référencement, connaître le SEO, savoir utiliser Instagram...bref connaître les codes du métier.

    Et pour ma part, ça m'a complètement démoralisé. Je ne suis absolument pas "professionnelle" dans ce que je fais ici ou sur Instagram. Mon blog est encore hébergé sur une vieille plateforme, je ne connais rien au référencement ou SEO, je n'ai pas de stratégie sur Instagram, je n'ai quasiment jamais de #hastags sous mes photos, je n'ai pas de matériel pour faire des vidéos, je n'ai pas de planning de publications, je ne publie pas aux heures qu'il faudrait et même que parfois, je publie plusieurs fois à  la suite ! Rien que cet article est une mauvaise stratégie puisque ça énerve pas mal de monde toutes ces blogueuses qui parlent de leur métier. 

    Cette baisse de moral ne pouvait pas résolu par un "tant pis, je m'en fiche" puisque ma reconversion s'appuie en partie sur la visibilité que m'offre le blog et mes réseaux. Si je ne veux pas faire de partenariats rémunérés, je dois vivre autrement de mon activité. J'ai donc besoin de cette visibilité, comme n'importe quel autre personne qui professionnalise son influence.

    Le doute s'installe aussi en raison de la thématique de mon activité. Il y a 5 ans, on était peu nombreux à présenter une recette de lessive maison, à parler zéro déchet, écologie et slow cosmétique. Aujourd'hui, tout le monde en parle et il faut donc sans cesse se renouveler et s'améliorer pour rester visible. Honnêtement, je ne peux pas dire que ça ne me touche jamais, c'est frustrant d'avoir des messages me demandant si je connais un bon savon de Marseille pour la lessive, quand j'en parle depuis plus de 5ans, que ça m'a demandé un temps incalculable de travailler ce sujet à une époque où la lessive maison était un vrai truc de hippie ^^ Je sais que si j'avais mieux référencé mes articles, si je répétais plus souvent la recette sur Instagram, si j'avais fait une image spéciale Pinterest...je serais sans doute plus visible sur certaines thématiques.

    La multitude de personnes présentes sur le même thème me fait évidemment douté de la pertinence de ma présence. Qu'est-ce que j'apporte de plus que les autres ? Surtout quand moi je ne sais pas en faire une jolie photo/image/vidéo ? Pourquoi ce que j'abordais il y a des années est désormais visible chez d'autres, nouvelles arrivantes dans la sphère green ? Je sais, ça sonne un peu dinosaure frustré...et ça mériterait un autre article sur ce sujet :)

    Je vous rassure, l'objectif de cet article est bien plus positif : je voulais montrer que l'on peut sortir de ces doutes en se posant un peu sur soi et son activité. Et surtout participer à écrire autre chose que "comment faire pour gagner des abonnés sur Instagram". J'ai compris de toute cette période de doutes et de remise en question, que mon principal problème était de ne pas rentrer dans une case, celle de l'influenceuse qui gère à merveille les aspects techniques, marketing, financiers de son activité. Et qu'il me manquait des modèles alternatifs de présence sur internet.

    Oui tu peux très bien t'en sortir sans avoir de stratégie à ta publication, en ne postant pas forcément tous les jours, en faisant des stories sur un coup de tête ou en montant des projets sans y avoir réfléchi. Je sais très bien que ça ne fonctionne pas pour tout le monde, que j'ai sans doute eu une part de chance ou de bon timing. Mais clairement, je suis bien incapable de vous dire pourquoi je gagne toujours autant d'abonnés par semaine sur Instagram et pourquoi vous êtes toujours ici (merci merci merci). Mais en me posant un peu, je me dis que la comparaison avec d'autres comptes est inutile. Tant mieux si mon modèle fonctionne pour moi, pourquoi chercher à entrer forcément dans une case ? On voit toujours le verre à moitié vide en mode "je ne suis pas aussi pro qu'untel ou untel" alors que sous une autre perspective, on peut aussi estimé qu'en étant moins "pro", on arrive à pleins de choses quand même. Franchement, je pense que je fais tout ce qu'il ne faut pas sur Instagram pour gagner des abonnés. Et ça ne m'a pas empêché de dépasser les 10k et d'avoir un chouette taux d'engagement. Pourquoi je devrais me dévaloriser de ne pas être pro alors ? Tu vas me dire, je pourrais peut-être avoir 20k si je faisais les choses correctement mais j'ai déjà tellement de mal à répondre à tout le monde parfois que je préfère largement augmenter petit à petit. 

    Bref, il y a encore tout à construire mais je voulais montrer que l'on peut avoir une activité "d'influence" sans entrer dans la case "j'élabore une stratégie/je fais des partenariats". Cette case fonctionne très bien pour certaines mais elle est étouffante pour d'autres. Tu peux décider de faire les choses autrement, plus doucement...de la slow influence. 

    Et enfin, oui tu peux trouver d'autres sources de rémunération que la publicité. Je ne vais pas vous cacher que ce n'est pas le modèle le plus rentable et qu'il me faut encore réfléchir à comment ajuster ma vie professionnelle pour m'en sortir financièrement. Je vais aussi essayer de résoudre ce souci de blog/référencement un peu archaïque mais sans devenir une technicienne que je ne suis pas. Et je vais tenter de valoriser un peu plus ce que je fais, en arrêtant de me comparer à celles qui maîtrise les codes (jeu de mot quand tu nous tiens). Je suis fière de partager avec vous des projets comme Santa is Green ou le Gang des tomates. Oui, c'est zéro revenu pour moi mais, tant pis, c'est à moi de trouver une solution à tout ça et pas en me forçant de rentrer dans le seul moule que l'on connaît. Et puis zéro revenu, ce n'est pas tout à fait vrai. L'énergie que j'ai dépensé à faire un blog éphémère sur Noël ne m'a rien rapporté en terme financier sur le moment. Mais ça m'a rapporté en "notoriété" et la notoriété, c'est du potentiel revenu...qui me permet aujourd'hui de travailler sur sa version livre !

    Voilà, c'était un article complètement décousu (ça va pas arrangé mon référencement tout ça!) mais je voulais prendre la parole pour montrer qu'il y a en réalité pleins de façon d'être "professionnelle" et d'utiliser son influence pour en faire un métier, sans forcément rentrer dans une case pré-établie. Tout ça reste finalement très nouveau et je crois qu'il y a de la place pour tout le monde. Même quand on est nulle en SEO ou qu'on refuse de faire de la publicité rémunérée. Si le sujet vous intéresse, je serais ravie d'avoir votre avis évidemment.